— Par Daniel M. Berté —

Le soleil arachnéen blessait furieusement la Terre à coups de rayons denses et amers et bleuissait douloureusement les cœurs… Jour de malheur…
Lèy té foukan dòmi, lalin té pati entjèt kon an tatjèt adan an finèt nèf, san ba maléré an soufrans an ti dousin klarté… Jou movèzté…
Le soleil scorpionnite dardait ses rayons assoiffeurs qui brûlaient bêtes et roches, hommes et plantes dans sa géhenne infernale… Jour fatal…
Van lalizé té fèmen djòl-i kon lanmen boug chis èk raden toutalafwa ki pa lé ba’w an sikdòj ajijéwè an akakwèl, èk tout dlo kouri séré dé dègré pli ba ki kabann vètè…. Jou malè…
Le soleil trigonocéphalique strangulait la souffrance gratellisée en fourmis rouges de ces êtres étranges des champs de cannes mortifères… Jour de chimère…
Latè fann kon zékal tòti, piébwa pèd fèy, zandoli rantré majòl-yo èk arété pran glisad anlè fèy koko… Jou bobo…
Le soleil scolopendré asséchait à mort la gorge des rhumieurs, docteurs es dèkolaj-pétépié, spécialisés en labsent, mabiyaj et autres kokoyaj… Jour de dernier voyage…
La riviè pèd fwa, pèd fos, pèd dlo, èk tout krapolad ki té ka fè plodwari adan’y fèmen djol-yo di kon klou… Jou vin fou…
Le soleil fourmi-rougé carbonisait dans son crématorium, toute l’engeance des fils maudits de Cham perdus en la dérive giratoire cyclonale… Jour létal…
Sété plis ki an dékalé mangouss… Sété an vré dézarmeman… Pi !





An flè wouj félisitaj
L’article de Pierre-Yves Roy, «
Sitiyasion kritik, YO gaté Matnik
Lé vakans ka rivé
On meurt énormément en mon île
Republié à l’occasion des 50 ans du Syndicat de la magistrature.
Pou pen ou partajé
L’idée selon laquelle seul le créole doit être aménagé en Haïti est défendue par une petite minorité de bilingues créole français, bien scolarisés en français, la plupart du temps non linguistes et plus ou moins liés à l’Académie créole. Cette idée, disons-le tout net, exprime un aveuglement volontaire chez ceux des bilingues haïtiens qui nient avec légèreté le caractère bilingue de notre patrimoine linguistique biséculaire. Est-il aujourd’hui utile de démontrer l’inanité de l’aveuglement volontaire chez ceux qui confondent la juste et nécessaire défense du créole et le mirage de l’unilatéralisme créolophile ? Pareil aveuglement créolophile doit-il avoir préséance sur l’Histoire, sur la sociologie et les sciences du langage ainsi que sur l’impératif de l’aménagement simultané des deux langues officielles du pays ?
Lé moun ki goumen rèd
Sur nos terres brisées aux mille souffrances

À Lyon se sont tenues pendant une semaine Les assises internationales du roman. Comme tous les ans, ce festival a accueilli une cinquantaine d’écrivains prestigieux venus du monde entier. La nouveauté de cette édition : un week-end consacré à la langue française.
Ebé Bondié !
L’architecture un peu raide de la Salle Frantz Fanon à Tropiques-Atrium ne s’y prêtait pas et pourtant la soirée « Poésie Pays » a bal(l)adé le public du coté du café-concert. Poésie Pays, est une déclinaison de ces soirées proposées et mises en scène par Guy Régis Jr, metteur en scène, dramaturge et comédien haïtien, accompagné de Wooly Saint Louis Jean, grand interprète de la chanson créole et de Daphné Ménard, chanteur ténor et comédien diseur. Chaque semaine, à Port-au-Prince, sont organisées des soirées au cours desquelles auteurs, comédiens, chanteurs, lecteurs viennent se retrouver et, tour à tour, partager avec les autres, poèmes et chansons. Guy Régis Jr en maître de cérémonie, au pied de la scène, Wooly Saint Louis Jean, guitare sur les genoux assis sur le proscenium et Daphné Ménard à la voix angélique, au milieu du plateau ont pris par la main la salle pour l’emmener visiter ou revisiter les plus beaux poèmes de la littérature haïtienne contemporaine du côté de Georges Castera, Syto Cavé, Lyonel Trouillot, James Noël, Pierre Richard Narcisse, Frankétienne, Gary Augustin mais aussi, assurés qu’ils sont d’une identité conquise dans la lutte, du coté de Brassens, Brel, Victor Hugo, Gainsbourg.
Labitasion Duchamps an gérè désidé