— Par Roland Sabra —
Maloya
de Sergio Grondin, Kwalud & David Gauchard
Troujours dans la veine inépuisable du théâtre documentaire, en provenance de La Réunion, la Compagnie Karanbolaz de Sergio Grondin offre au public avignonnais un petit bijou : Maloya. Le cadre est fixé dès la scène d’exposition. « Il y a deux ans à la naissance de mon fils […] Sael, un prénom hébraïque que veut dire conciliant […] je lui ai dit Bienvenue Saël, ta maman et moi on est heureux de te voir. […] Je n’ai pas tout de suite réalisé que je lui avais parlé en français.3 Alors qu’il parle créole quotidiennement à avec sa famille le « voilà incapable de parler créole, comme si la naissance de son fils était venue annoncer la mort de (sa) langue maternelle. ». L’’enfant serait-il la mort des parents ?
Un trouble inexorable s’installe. Le défenseur de la créolité, élément fondamental de son identité, est submergé par un flot d’interrogations qui la questionnent. Le trouble est d’autant plus grand que Sergio Grondin partage la position glissantienne de la mondialité, inverse de la mondialisation qui met en évidence la relation et la diversité des cultures. Lire Plus

Opal
Don Delillo,
Texte et mise en scène d’Élise Chatauret

De Stéphanie Loïk, actrice, metteur en scène et dramaturge, nous avions découvert en 2016 à Tropiques-Atrium, un spectacle présenté comme une « adaptation-lecture théâtrale » de l’ouvrage éponyme d’Alain-Gilles Bastide,
« Comédies tragiques », d’après Catherine Anne
Rien n’a voir

RÉSURGENCE
Texte de Iliana Prieto Jimenez & Cristina Rebull Pradas


La 30e Nuit des Molières a récompensé le meilleur du théâtre français, d’Ariane Mnouchkine à Jean-Philippe Daguerre, en passant par Blanche Gardin ou encore Jean-Pierre Darroussin.
— Par M’A —
Quatre comédiennes se mettent en scène dans un 8 mars 2020 utopique : jour extraordinaire de la fin des inégalités entre les hommes et les femmes, et des injustices sexistes !
Quelle mouche me pique, après tant d’années d’exercice légal de la médecine critique, de vouloir porter par écrit un diagnostic hasardeux sur une activité d’aussi peu de valeur fiduciaire ? C’est que j’aurais l’impression, n’écrivant pas ce livre, d’éviter un bilan et de compter pour rien toute une existence d’activité pratique, dans un domaine dont la validité concrète apparaît malaisément mesurable, pour ne pas dire impossible. Le temps est venu d’un peu sérieusement me pencher sur l’espèce de forcerie que constitue cette accumulation de spectacles, saison après saison, sur quelque cinquante ans et qui ont donné lieu à une accumulation de « papiers » en un domaine dont la nécessité sociale s’avère de plus en plus aléatoire.
«Mi Bel Mè»
Le spectacle se vit comme un rêve éveillé, enchaînant une dizaine de tableaux. Chacun d’entre eux évoque l’univers singulier de Jean Cocteau, s’inspirant de ses films, de ses dessins, de ses poésies, de sa passion pour la mythologie. Une résonance scénique, subtile et originale de son œuvre orchestrée par Philippe Beau, illusionniste et spécialiste des ombres, reconnu internationalement, qui a travaillé avec le Cirque du soleil, Philippe Découflé et Peter Brook entre autres. Il fait ici parler les ombres pour mettre en lumière l’œuvre prolifique et multiforme de Cocteau. L’art de l’un, sur scène, rejoint ainsi l’art de l’autre, évoqué, montré. L’alchimie de ces deux univers prend tout son sens grâce à la voix de François Morel, qui clame les vers du poète et aux notes du piano de Marek Kastelnik, qui joue la musique originale de Philippe Bachman et des extraits de l’œuvre d’Eric Satie, proche de Cocteau. Des images fascinantes, troublantes comme un texte de Cocteau, se succèdent à l’écran, des bruitages se mêlent aux extraits de films, aux jeux d’ombres et de miroirs, jusqu’au final bluffant. 


