— Par Roland Sabra —
Après Camus et son Caligula, c’était au tour de Gombrowicz de nous balader du coté de l’absurde avec sa princesse de Bourgogne prénommée Yvonne. Mais si Camus emprunte les chemins de la philosophie, de la rationalité et de la dramaturgie conventionnelle l’auteur polonais, lui s’aventure du coté de Beckett ou de Ionesco quand bien même il réfutait cette comparaison. On retrouve chez lui la réduction des personnages au rôle de pantin et la disparition de toute logique sociale dans les comportements. La seule préoccupation de Gombrowicz semble être le Moi de ses personnages qu’il fragmente, brise, névrotise à l’image d’une perception de la réalité confondue avec la fiction. Fidèle à Buffon il reprend à son compte l’aphorisme « Le style c’est l’homme même » quand il déclare : « « Ce n’est pas de ce mystérieux « talent » que part l’écrivain pour écrire, mais de lui-même. »
Il est prince, s’ennuie et pourtant ses désirs sont des ordres. Il veut faire la nique à son père le roi et décide donc d’épouser une roturière laide, apathique, peureuse, anémique, « molichonne », se déplaçant avec l’énergie d’une nappe d’huile sur un papier buvard.

Avec acteurs inconnus
La cordillère des songes
Par Mats Grorud, Trygve Allister Diesen
Avec Anna Magnani, Ettore Garofalo, Franco Citti plus
Quelle était votre intention principale quand vous avez commencé à travailler sur So Long My Son ?
Avec Christos Loulis, Alexandros Bourdoumis, Ulrich Tukur
L’attente était grande. Elle était partagée comme en atteste la foule qui se pressait à l’entrée de la salle Frantz Fanon de Tropiques-Atrium. Pensez-donc ! Une pièce de Camus et pas n’importe laquelle : celle qu’il commence à écrire en 1938 et dont il ne donne la version définitive qu’en 1958 et qui est la pièce de l’auteur la plus jouée. Elle est le troisième élément de la « trilogie du négatif » après « L’étranger » ( roman), « Le Mythe de Sisyphe » ( essai philosophique). Pièce philosophique par excellence elle en porte les saveurs et les contradictions. Les saveurs des débats autour des thèmes camusiens de l’étrangeté et de l’ ennui, de l’absurde et du désespoir, du suicide et du meurtre comme issues possibles allaient-elles se trouver affadies ou rehaussées par leur théâtralisation ? Francis Crémieux dès 1946 posait la question en ces termes : « Au lever du rideau, quand les lumières de la salle s’éteignent et que le spectateur a refermé son programme, il doit choisir entre ce qu’il a lu et ce qu’il va voir.
Création
Les vendredis 15 et 22 novembre 2019 à 20h30
La 20 ème édition du Mois du film documentaire se tient, en Martinique comme partout dans le monde, du 2 au 30 novembre.
En co-diffusion avec l’Artchipel Scène nationale de Guadeloupe
Avec Wang Jing-chun, Yong Mei, Qi Xi
Avec Wanlop Rungkumjad, Aphisit Hama, Rasmee Wayrana
Musique
— Par Gérald Rossi —
Avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone

Spectacle présenté en public à Montsinery le 12 octobre en GUYANE