« Le Code Noir ». Opéra-Comique de Louis Clapisson, en tournée.

Direction Musicale : Jérôme Correas. Mise en Scène : Jean-Pierre Baro

« Je Composai il y a quelques années trois Leçons de Tenébres pour le Vendredy Saint, à la prière des Dames Religieuses de Longchamps, ou elles furent Chantées avec succès (…) quoyque le Chant en soit notté sur la Clef de dessus, toutes autres Especes de Voix pourront les Chanter, d’autant que la plus part des personnes d’aujourd’huy qui accompagnent scavent transposer… ».

C’est ainsi que s’exprime François Couperin dans sa préface aux Leçons de Ténèbres du Mercredy Saint. Il ne considère pas l’attribution originelle pour deux voix de soprano comme absolument obligatoire. Evoquant la facilité de ses contemporains à transposer, il nous renseigne sur les nombreuses possibilités d’adaptation de toute œuvre musicale à son époque, tant pour les voix que pour les instruments : « si l’on peut joindre une basse de viole ou de violon à l’accompagnement de l’orgue ou du clavecin cela fera bien ». On voit ainsi que, contrairement à une idée reçue, l’orgue n’est pas le seul instrument à clavier requis pour accompagner la musique religieuse.

Les différentes options que suggère Couperin nous ont conduits à varier les possibilités d’accompagnement en fonction de la nature du texte : orgue, clavecin, théorbe et viole de gambe s’assemblent ou se séparent pour souligner et mettre en valeur les couleurs vocales.

La préface de Couperin nous a également donné envie d’explorer la piste des « toutes autres espèces de voix », et de présenter ici une version pour deux hautes-contre, ce registre de ténor léger typique de la musique française des XVIIème et XVIIIème siècles. Le passage de la voix féminine à la voix masculine nous a permis d’explorer des couleurs, des nuances et des sons très différents, sans aucun des repères auxquels nous sommes habitués dans les versions avec sopranos. A tel point qu’il nous a même parfois semblé entendre une toute autre musique.

Dans ce concert imaginaire, nous avons profité de la liberté d’interprétation qu’offre le répertoire baroque pour explorer les possibilités expressives d’un chef-d’œuvre du théâtre religieux. Imaginons un instant l’émotion du public d’alors à l’écoute des artistes de l’Académie royale de musique interprétant ces Leçons de Ténèbres, passant des fastes du théâtre lyrique à ceux de la musique sacrée.

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En tournée 2019-2020

les 7-8-9 novembre 2019 : Théâtre de Corbeil-Essonnes

en partenariat avec le Théâtre-Sénart, Scène Nationale de Lieusaint

le 13 novembre 2019 : Théâtre de Cornouaille, Scène Nationale de Quimper

le 29 novembre 2019 : Centre d’Art et de Culture de Meudon

le 16 janvier 2020 : Centre des Bords de Marne, Le Perreux sur Marne

le 31 janvier 2020 : Opéra de Massy

 

 Production : Les Paladins

Coproduction : Théâtre des Quartiers d’Ivry, CDN du Val de Marne – Théâtre de Corbeil-Essonnes – CDBM Le Perreux – Opéra de Massy – Théâtre de Cornouaille, Scène Nationale de Quimper, Centre de création musicale

Avec le soutien financier de : Conseil Régional d’Ile-de-France – Conseil Départemental de l’Essonne – DRAC Ile-de-France au titre de l’aide à la résidence artistique – l’ADAMI

Avec le soutien de : la Fondation Singer-Polignac

 

Paris, 12 juin 1842. L’Opéra-Comique présente Le Code Noir, fruit de la collaboration entre Louis Clapisson et Eugène Scribe. Sujet brûlant en ces années de combat pour les libertés individuelles, le thème de l’Esclavage est à la mode. Six ans plus tard, la 2e République mettra fin à cette institution et un lent processus de libération des esclaves pourra commencer. Le code noir, règlement institué par Colbert, aura cessé d’exister.

C’est donc dans un contexte sociétal passionnant qu’il faut considérer une œuvre qui par son seul titre nous met face à notre ancien système esclavagiste. Le courage ne manque pas sous la plume des auteurs : Le Code Noir est de ces pièces qui font avancer parce qu’elles proposent un monde meilleur.

Une œuvre rare, donc, et ce pour plusieurs raisons. Jamais un portrait aussi féroce de notre système colonial – ici en Martinique – et des relations entre dominants et dominés n’a été porté sur la scène lyrique. L’œuvre n’a rien perdu de sa violence et d’un certain goût de la provocation. Un sujet fort, qui n’est pas consensuel, voilà une grande originalité dans le monde musical de l’époque. L’œuvre est rare également parce qu’elle n’a pas été jouée depuis le XIXe siècle. Elle nous donne l’occasion de découvrir un compositeur de grand talent admiré de son vivant, oublié après sa mort. Enfin, les exigences des rôles nous amènent à distribuer deux chanteurs noirs, deux chanteurs métisses et trois chanteurs blancs : une mixité artistique impensable au XIXe siècle, mais possible aujourd’hui. Lors de cette première collaboration avec Jean-Pierre Baro, nous partageons le plaisir de présenter au public une œuvre inédite et ressentons également le devoir de parler de notre époque à travers l’enseignement du passé.

 

avec :
Marie-Claude BOTTIUS, soprano – Zamba
Isabelle SAVIGY, soprano – Gabrielle
Luanda SIQUEIRA, soprano – Zoé
Martial PAULIAT, ténor – Donatien
Jean-Baptiste DUMORA, baryton – Denambuc
Nicolas RIGAS, baryton – le Marquis de Feuquière
Jean-Loup PAGESY, basse – Palème
 
et Les Paladins, direction Jérôme Correas
Catherine Plattner, violon solo
Julia Boyer, Aurélie Debeule, Rebecca Gormezzano, Yuna Lee, Vivien Steindler, violons
Benoît Bursztejn, Leïla Pradel, altos
Nicolas Crnjanski, Sarah Catil, violoncelles
Franck Ratajczyk, contrebasse
Nicolas Bouils, flûte et piccolo
Nathalie Petibon, hautbois
Nicolas Rosenfeld, basson
Benjamin Locher, cor
Dominique Lacomblez, percussions.
 
Cécile Trémolières, scénographie
Majan Pochard, costumes, coiffures et maquillage
Bruno Brinas, création lumières
Adrien Wernert, création sonore
Marie-Christine Goueffon, Cheffe de chant
Jeanne Desoubeaux, assistante à la mise en scène
Estelle Boul, assistante costumes
Adrien Wernert, régie générale et son
Bruno Brinas, régie lumières
Léa Coquet, régie plateau
FÖRMAT Productions, construction décor