M' A

« De la mémoire à la réparation »

— Par Béatrice Bellay, députée de la Martinique —

 » Il y a des moments où la mémoire ne peut plus demeurer un hommage, une cérémonie ou une date inscrite dans le calendrier. Il y a des moments où elle devient une exigence politique. Nous y sommes. La France a franchi, avec la loi portée par Christiane Taubira et adoptée en 2001, un seuil historique : elle a reconnu que la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien et l’esclavage colonial constituaient des crimes contre l’humanité.

Cette reconnaissance n’était pas seulement symbolique. Le texte de loi engageait déjà l’école, la recherche, les archives, les sources orales, l’archéologie, ainsi que l’action internationale de la France. Autrement dit, la République n’a pas seulement nommé un crime : elle a accepté que ce crime appelle une politique publique de vérité.

Vingt-cinq ans après cette avancée, la question n’est donc plus de savoir si la France doit se souvenir. Elle s’en souvient. Elle commémore. Elle enseigne davantage, même si trop inégalement. Elle a bâti des lieux, soutenu des travaux, reconnu des figures, ouvert des archives.

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Mythos : la boîte de Pandore de la cybersécurité est ouverte

— Collectif (*) —

Le nouveau modèle d’Anthropic ne se contente plus de repérer des vulnérabilités dans les logiciels : il peut aussi imaginer comment les exploiter. Une avancée majeure pour la cybersécurité défensive, mais aussi un signal d’alarme pour un monde numérique déjà criblé de failles.

Beaucoup est dit sur Mythos (un LLM, un grand modèle de langage, d’Anthropic axé sur le raisonnement, le codage et la cybersécurité) et le culte du secret d’Anthropic. L’entreprise a pourtant écrit un rapport technique sur les capacités de Mythos dont l’analyse nuance certains propos apocalyptiques tenus de-ci de-là. Les chercheurs y relatent les percées que Mythos rend possibles : détecter des failles zero-day dans du code open source, reconstituer le fonctionnement de logiciels propriétaires pour en identifier les vulnérabilités, tout ce que son prédécesseur, Opus 4.6, faisait déjà bien.

Le saut de Mythos, c’est sa capacité à exploiter ces failles. Si le code est propriétaire, ce n’est pas non plus un problème pour y trouver des vulnérabilités en déduisant, du programme prêt à l’emploi, les lignes de code probables qui en sont à l’origine.

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Antilles 2035 : entre chaos et refondation

Comment la mutation de la société antillaise se profile, non sans très gros risque, à l’horizon 2035 ?

—Par Jean-Marie Nol —

À l’horizon 2035, la société antillaise pourrait entrer dans une phase de transformation historique comparable aux grands bouleversements qui ont marqué les périodes de transition du XXe siècle. Ce qui se profile désormais en Guadeloupe et plus largement dans les Antilles françaises dépasse largement le cadre d’une simple future crise économique ou sociale. Il s’agit d’une mutation profonde des structures sociétales collectives, des repères culturels, du rapport à l’État, du modèle économique et même de la manière dont les individus envisagent leur avenir dans un autre univers politique.

À l’horizon 2035, la société guadeloupéenne et martiniquaise pourrait être confrontée à une impasse sociétale en raison d’une fracture culturelle et identitaire d’une ampleur inédite depuis la fin de la colonie et de l’actuelle départementalisation. En réalité, la désintégration de la société antillaise semble programmée en raison d’une disparition du sens de l’intérêt général et de l’affaissement de la notion de vivre ensemble.  

Derrière les crises économiques, sociales et institutionnelles qui s’annoncent, une autre mutation beaucoup plus profonde semble déjà émerger : celle de la fragmentation du récit collectif qui structurait jusqu’à présent le vivre-ensemble antillais.

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« À voix basse », un film de Leyla Bouzid

Mercredi 27 mai – 19h | Jeudi 28 mai – 14h | Mercredi 3 juin – 19h | Madiana

Synopsis :
De retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, Lilia retrouve une famille qui ignore tout de sa vie à Paris. Déterminée à éclaircir le mystère de cette mort soudaine, Lilia se retrouve confrontée aux secrets d’une maison où cohabitent trois générations de femmes.
Par Leyla Bouzid | Avec Eya Bouteraa, Hiam Abbass, Marion Barbeau
22 avril 2026 en salle | 1h 53min | Drame
La presse en parle :

Abus de Ciné par Olivier Bachelard
Une œuvre une nouvelle fois vibrante et délicate.

Bande à part par Olivier Pélisson
Leyla Bouzid retrouve sa Tunisie originelle pour son puissant troisième long-métrage. L’occasion de tendre à son pays un miroir profond sur le tabou de l’homosexualité et l’acceptation collective, à travers le portrait de trois générations de femmes, et d’un homme, filmé en creux.

Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Avec le même soin et la même compassion que Hafsia Kerzi avec La Petite Dernière, Leyla Bouzid explore avec finesse la condition de femme lesbienne confrontée à la culture musulmane la plus conservatrice.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

L’éphéméride du 25 mai

Naissance de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) le 25 mai 1963

L’Organisation de l’unité africaine (OUA) est une organisation inter-étatique, ayant précédé l’Union africaine. Elle a été créée et présidée par l’empereur Haïlé Sélassié Ier le 25 mai 1963 et dissoute en 2002.

Le 25 mai 1963, 32 États créèrent l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba en Éthiopie. Parmi les chefs d’État fondateurs, les avis divergeaient sur sa nature. Les partisans du fédéralisme, menés par le président du Ghana Kwame Nkrumah, s’opposaient aux tenants d’une « Afrique des États » avec à leur tête le président sénégalais Léopold Sédar Senghor. Ces derniers imposèrent leur vision et l’Organisation de l’unité africaine devint un outil de coopération, et non d’intégration, entre les États. Depuis, la Journée mondiale de l’Afrique est célébrée tous les 25 mai.

Durant le même mois, la charte de l’organisation (qui fut rédigée notamment par le président malien Modibo Keïta et le président togolais Sylvanus Olympio quelque temps avant sa mort) fut signée par trente États africains indépendants. Le Togo n’est pas représenté du fait de l’assassinat de son président Sylvanus Olympio par des éléments pro-français ; le président tanzanien Julius Nyerere appelle les autres États africains à ne pas reconnaitre le nouveau régime togolais.

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1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

24 5 2026.☺️

Nasses échouées

dans le squelette de bois ti-baume et la mâchoire des fils de fer

la prédation s’est naufragée

seuls demeurent

l’espérance de l’ouvrage
et le voeu d’une chance
sous les doigts abîmés
par les rêves du pêcheur.

P.C.

21/05/2026.
Cosmopolitiques
Au Lieu Unique, à Nantes.

Échanges
entre Patrick Boucheron
et Patrick Chamoiseau

L’IDENTITÉ RELATIONNELLE

Le cosmopolitisme classique
ouvre souvent
à la juxtaposition ou à la libre circulation des différences dans l’hospitalité d’un universel abstrait.

La créolisation,
dans les Antilles et dans les Amériques,
résulte quant à elle
de la « mise-sous-relation »
chaotique
de différences
(massacrées, exilées, déportées,
mythifiées ou déshumanisées),
qui se sont retrouvées en inter-rétro-actions
existentielles
massives, brutales, accélérées.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VIII

Huitième partie

___________________

Sauver Carthage, c’est anéantir le néolibéralisme

« Vous me demandez ce qui me pousse à l’action? C’est la volonté de me trouver au cœur de toutes les révoltes contre l’humiliation, c’est d’être présent, toujours et partout, chez les humiliés en armes. »

(Ernesto Che Guevara)

Nous nous sommes réveillés le samedi 11 avril 2020 à l’aube avec l’idée que le Christ venait de décéder la veille, vendredi après-midi, dans l’indifférence mondiale. Sincèrement, y avons-nous pensé nous-mêmes? C’est vrai qu’avec le temps, les traditions socioreligieuses ont beaucoup changé. Le dimanche, qui était autrefois le jour consacré au Seigneur, est usurpé par les forces capitalistes qui cherchent toujours les moyens de mousser leurs plus-values. Le salarié n’a plus de repos. Toute sa vie est vendue au « Diable » de l’impérialisme. Le « dieu » de l’argent n’est-il pas en train de déloger tranquillement le « Dieu » du paradis? Au Canada, les églises vaticanes se ferment les unes après les autres. Pour défaut d’acquittement des bordereaux de l’eau chaude, de l’électricité, du chauffage etc.

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La France fragilise ses outre-mer

La crise importée qui vient en Martinique et Guadeloupe, sera douloureuse pour les trésoreries des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages , en raison d’un constat alarmant de la santé de l’économie de la France.

— Par Jean-Marie Nol —

La crise qui s’installe en France n’est plus un simple ralentissement conjoncturel ni une turbulence passagère liée aux tensions géopolitiques internationales. Elle prend désormais la forme d’un choc économique profond, cumulatif et structurel, dont les répercussions risquent d’être particulièrement brutales pour des territoires ultramarins comme la Guadeloupe et la Martinique. Dans un contexte de guerre durable au Moyen-Orient, de flambée des prix de l’énergie, de ralentissement de la croissance européenne, d’endettement massif de l’État français et d’essoufflement du tissu entrepreneurial, les Antilles françaises apparaissent aujourd’hui comme des économies extrêmement vulnérables à une crise importée dont elles ne maîtrisent ni les causes ni les leviers de sortie.

Le premier constat est celui d’une économie française qui donne des signes de faiblesse de plus en plus inquiétants. La croissance est quasiment à l’arrêt, le chômage repart à la hausse, les faillites d’entreprises explosent, l’inflation repart sous l’effet du choc pétrolier et la consommation des ménages ralentit fortement.

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“Autofiction” : l’élégie crépusculaire de Pedro Almodóvar

Madiana : en VOst, Lundi 25 à 20h45 & Mardi 26 à 16h

Autofiction (Amarga Navidad) est une comédie dramatique espagnole réalisée par Pedro Almodóvar et sortie en 2026.
Après sa sortie en Espagne, le film a été présenté en compétition lors du festival de Cannes 2026.
Synopsis
Après le décès de sa mère en décembre, Elsa, réalisatrice de publicités, se réfugie dans le travail pour surmonter son deuil. Lorsqu’une crise d’angoisse l’oblige à faire une pause, elle décide de partir à Lanzarote avec son amie Patricia pendant le long week-end de la fête de la Constitution de 2004, tandis que son petit ami (Bonifacio, strip-teaseur et pompier) reste à Madrid. Pour se remettre à l’écriture créative, elle s’inspire des malheurs personnels de ses amis proches. Dans une trame temporelle se déroulant en 2025, l’intrigue explore la manière dont le cinéaste Raúl écrit un scénario qui s’avère être l’histoire d’Elsa, l’alter ego de Raúl. Raúl se plonge dans l’autofiction pour surmonter sa panne d’inspiration, et s’inspire de sa propre vie, de son petit ami Santi et de son assistante Mónica

*****

“Autofiction” : chef-d’œuvre introspectif ou cinéma en roue libre ?

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L’éphéméride du 24 mai

Le pont de Brooklyn est ouvert à la circulation le 24 mai 1883

Le pont de Brooklyn (en anglais Brooklyn Bridge), à New York, est l’un des plus anciens ponts suspendus des États-Unis. Il traverse l’East River pour relier les arrondissements de Manhattan et de Brooklyn.

Long de 1 825 mètres et haut de 84 mètres, ce pont a coûté plus de 15 millions de dollars de l’époque et on estime que 27 personnes ont perdu la vie pendant les travaux, qui ont duré 14 ans. Son architecte, John Augustus Roebling étant mort des suites d’un accident sur le chantier, quelques jours seulement après le début de la construction, c’est son fils, Washington Roebling, puis sa belle-fille, Emily Warren Roebling, qui menèrent le projet à son terme. Le pont de Brooklyn est ouvert à la circulation le 24 mai 1883 : pendant cette seule journée, il est emprunté par 1 800 véhicules et 150 300 personnes.

Données techniques
Le pont de Brooklyn est un pont suspendu monté sur des piles de 90 m qui sont enterrées à 35 m de profondeur ; le tablier se situe à une hauteur de 44 m1.

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Fête patronale 2026 du Saint-Esprit

Le Saint-Esprit célèbre sa fête patronale sous le signe du « Retour aux sources »

Du 24 au 30 mai, la commune de Le Saint-Esprit vibrera au rythme de sa fête patronale autour du thème « Retour aux sources ». Pendant une semaine, habitants et visiteurs sont invités à partager un moment de découverte, de transmission et de convivialité à travers une programmation riche mêlant culture, patrimoine, musique, spectacles et traditions populaires.

Dans la continuité des actions menées pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel de la commune, cette édition met à l’honneur ce qui unit les Spiritains à leur histoire et à leurs racines. Concerts, ateliers, animations, expositions, démonstrations artistiques et rencontres viendront rythmer ces célébrations pensées pour tous les publics.

La manifestation contribue également au rayonnement culturel et touristique du territoire martiniquais. En valorisant les savoir-faire, les traditions et les acteurs locaux, la fête patronale participe à renforcer l’attractivité du centre de l’île tout en créant une dynamique économique pour les commerçants et artisans.

Parmi les personnalités mises à l’honneur cette année figurent la designer capillaire internationale Murielle Kabile, présidente d’honneur de la manifestation, la créatrice de mode Aurélie Arnaud, l’artisan d’art Raymond Rijo ainsi que Jean-Charles Varacavoudin, invité d’honneur.

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Quid de la question des réparations de l’esclavage ?

— Par Jean-Marie Nol —

La nécessité de l’heure oblige à regarder cette problématique sous un autre angle plus rationnel , et qui demain devrait être appréhendée et traitée nécessairement sur le plan économique et financier.

Pendant des décennies, la question des réparations de l’esclavage a souvent été enfermée dans une approche essentiellement morale, mémorielle et symbolique. Les débats publics se concentrent sur les excuses officielles, les commémorations, les monuments, les journées du souvenir ou encore la reconnaissance de crimes contre l’humanité. Si cette dimension historique et humaine demeure fondamentale, elle reste pourtant incomplète lorsqu’elle évacue la réalité centrale qui a présidé à la naissance même du système esclavagiste : l’économie. L’esclavage colonial n’a jamais été conçu comme un projet moral ou civilisationnel ; il fut avant tout un système économique, financier et industriel destiné à enrichir les puissances européennes, notamment l’Espagne , le Portugal , la Hollande, la France et l’Angleterre. Dès lors, traiter aujourd’hui la question des réparations uniquement sous l’angle mémoriel revient à occulter la logique fondamentale qui a structuré plusieurs siècles de domination coloniale : l’accumulation du capital.

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Le Canada soutient-il indirectement la corruption en Haïti via les Journées de la diaspora 2026 ?

L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, avalise-t-il l’appui public des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 à la corruption au Fonds national de l’éducation ?

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

  1. MISE EN CONTEXTE FACTUELLE

Les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) se sont tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. Durant ces Assises, les JIDH2026 ont accordé, sur le mode d’un actif partenariat institutionnel, une ample tribune promotionnelle et politique un micro ouvert sans contrepartie critique–, au Fonds national de l’éducation (FNE). Ce partenariat institutionnel et politique est explicitement mentionné sur le profil Facebook du Fonds national de l’éducation, dès le 18 avril 2026, dans les termes suivants : « À Montréal, le Directeur général du FNE invite la diaspora haïtienne à s’engager dans un projet éducatif moderne et inclusif pour Haïti. (…) Partenaire principal de cette édition, le Fonds national de l’éducation (FNE) s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Elysé Colagène.

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« Les Mots », « 38 Ans d’Enseignement », L’Haïtien Est-Il Nomade?

Les Mots
Les mots causent le bien-être aussi bien que les maux
Ils sont utilisés pour honorer ou pour insulter l’autre
Ils soignent la pensée et communiquent la générosité
Ils blessent l’esprit et insultent avec un dédain venimeux
_____
Les mots formulent l’inclusion ou provoquent l’exclusion
Ils stimulent l’imagination ou détruisent l’amour propre
Ils réconfortent d’un côté ou dévalorisent de l’autre côté
Ils rassurent certains tout en avilissant tant d’autres
_____
Ils se conjuguent, s’accordent, se définissent et s’illustrent
Ils créent, construisent, érigent, instituent, organisent, ouvrent
Ils suppriment, désintègrent, démolissent, destituent, ferment
Ils représentent la lumière de l’humanité ou l’obscurantisme
_____
Peut-on les maîtriser pour le bienfait la compassion et la justice
Peut-on les utiliser pour motiver, solliciter, admirer et honorer
Peut-on les manipuler pour s’entraider, se réconforter et s’aimer
Peut-on les ramener à notre humanité et retrouver notre fraternité
Jean-Bernard Bayard

 

38 Ans d’Enseignement
De 1975 à 2013 j’ai enseigné du jardin d’enfant à l’université dans les États de New-York et du New-Jersey aux Etats-Unis. J’ai enseigné le français, les sciences humaines, l’arithmétique, la géométrie et l’algèbre élémentaire, l’anglais, l’anglais aux étrangers et la science pédagogique.

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L’éphéméride du 23 mai

Découverte de Blanche Monnier, séquestrée pendant 25 ans

Blanche Monnier, née le 1er mars 1849 à Poitiers (France) et morte le 13 octobre 1913 à Blois, est une femme française connue pour avoir été secrètement enfermée par sa famille pendant 25 ans.
Biographie
Blanche Monnier naît à Poitiers en 1849 et grandit dans une famille de la bourgeoisie royaliste. Son père, Charles-Emile Monnier est ancien doyen de la Faculté de Lettres. Elle fut séquestrée par sa famille durant 25 ans dans le domicile familial. Après avoir été libérée, Blanche Monnier est internée dans un hôpital psychiatrique à Blois durant plus de dix ans, où elle décédera en 1913.

Faits
À la suite d’une dénonciation par lettre anonyme, le procureur général de Poitiers ordonne une perquisition chez Louise Monnier, devenue veuve. Blanche Monnier fut découverte le 23 mai 1901, à l’âge de 52 ans par un commissaire, accompagné de trois policiers, ligotée sur son lit, sous-alimentée et dans un état de faiblesse extrême. L’affaire suscite un émoi considérable après la parution du journal L’Illustration du 1er juillet 1901, affichant la photo de Blanche Monnier, amaigrie avec une chevelure particulièrement abondante.

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Faire du 22 Mai la fête nationale de la Martinique

— Par Guy Lordinot —

La Martinique fait partie de la république française dont l’emblème est le drapeau bleu blanc rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve.

La fête de la nation se déroule le 14 Juillet.

La Martinique est une collectivité d’Outremer, ce qui signifie qu’elle a quelques spécificités venant de sa géographie et de son histoire qui peuvent justifier qu’elle ait en plus du 14 juillet, sa propre fête nationale.

Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848 mais l’abolition effective date du 22 mai 1848, date à laquelle la révolte des esclaves a imposé au gouverneur Rostoland de la décréter. Depuis 43 ans que le 22 mai est devenu un jour férié, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
Pour faire peuple, une population a besoin d’un symbole. Pour la France c’est le drapeau bleu blanc rouge qui est bien sûr celui des martiniquais.

Nous proposons de faire du 22 mai une fête nationale.

Le symbole qui peut permettre aux martiniquais de faire peuple provient du sport.

En effet les seuls évènements qui unissent la quasi-totalité de population de la Martinique sont le Tour des Yoles et le Tour cycliste.

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Honorer nos aïeux en bâtissant demain

  Chaque mois de mai, la Martinique s’habille de mémoire. Le 22, nous commémorons l’abolition de l’esclavage de 1848, ce jour où nos ancêtres sont passés du statut de biens à celui d’hommes et de femmes libres.
  Nous avons bien sûr raison de le faire. La mémoire est une dette sacrée. Oublier serait trahir. Mais la sagesse créole d’aujourd’hui nous enseigne aussi qu’il ne faut pas rester le regard fixé dans le rétroviseur pendant que la route file devant. Commémorer, oui. Se figer dans la commémoration, non.
  Le passé nous a légué des blessures, des forces et des complexités. Il nous a donné le sens de la dignité, la rage de vivre, le goût de la liberté chèrement acquise. Pourtant, le présent nous interpelle avec urgence : chômage qui ronge surtout les jeunes, départ massif des forces vives, dépendance économique encore trop lourde, services publics qui peinent, violence qui abîme nos quartiers, préservation de notre environnement menacé par le changement climatique et nos propres négligences.
  Alors que faire ? Faut-il choisir entre honorer nos morts et nourrir nos vivants ?

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Cyber harcèlement sexiste au Lycée Jardin d’essai aux Abymes.

Ce mois de mai, 80 jeunes femmes du Lycée Jardin d’essai aux Abymes se sont retrouvées sans leur consentement sur une liste publiée dans les réseaux sociaux, les classant dans des catégories dégradantes avec leurs photos et des commentaires sexistes. Elles ont réagi en manifestant le 6 mai, et l’établissement a porté plainte, excluant les auteurs présumés de cette liste humiliante.

Cet événement témoigne, de façon inquiétante, de la persistance du sexisme et de la progression du masculinisme le plus abject largement propagés sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France1 attire l’attention sur une dynamique préoccupante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes.

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L’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti

Synthèse actualisée et perspectives

 — Par Robert Berrouët-Oriol —

« On ne peut plus écrire son paysage ni écrire sa propre langue de manière monolingue. Par conséquent, les gens qui, comme par exemple les Américains, les États-Uniens, n’imaginent pas la problématique des langues, n’imaginent même pas le monde. Certains défenseurs du créole sont complètement fermés à cette problématique. Ils veulent défendre le créole de manière monolingue, à la manière de ceux qui les ont opprimés linguistiquement. Ils héritent de ce monolinguisme sectaire et ils défendent leur langue à mon avis d’une mauvaise manière. Ma position sur la question est qu’on ne sauvera pas une langue dans un pays en laissant tomber les autres. » (Lise Gauvin : « L’imaginaire des langues – Entretien avec Édouard Glissant », revue Études françaises, 28, 2/3, 1992 – 1993, Presses de l’Université de Montréal, 1993.)

Les éditions Zémès (Haïti) et Cidihca (Canada) s’apprêtent à publier à la mi-juin 2026 le premier livre de la jurilinguistique haïtienne entièrement consacré à l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti, le créole et le français. Ce livre, le huitième du linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol, a pour titre « Plaidoyer pour l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti ».

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L’éphéméride du 22 mai

Les esclaves de Martinique se libèrent de leurs chaines le 22 mai 1848

Sous la Révolution française, les députés de la Convention abolissent l’esclavage une première fois pour calmer la révolte des esclaves dans les colonies des Antilles et empêcher l’Angleterre de s’en emparer. Mais Napoléon Bonaparte abroge cette mesure le 20 mai 1802, sitôt acquise la paix avec l’Angleterre.

Ce faisant, le Premier Consul répond à une demande du Sénat et cède à la pression de sa femme, Joséphine de Beauharnais, née Tascher de la Pagerie, originaire de la Martinique ( Point contesté).

En 1833, l’esclavage est définitivement aboli dans les colonies britanniques. La France attend l’avènement de la Deuxième République, quinze ans plus tard, pour suivre son exemple. Le décret d’abolition est publié grâce à la ténacité de Victor Schoelcher (44 ans), qui libère par décret 250.000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion comme à Saint-Louis du Sénégal.

Lire Edouard de Lépine : Sur l’abolition de l’esclavage 

Le décret, qui prévoit l’abolition dans un délai de deux mois, arrive dans les colonies quatre à cinq semaines plus tard.

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Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

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Transport terrestre en Martinique : quelles suites au débat

— RS n° 447 lundi 18 mai 2026 —

Il faut saluer la « conférence-débat » organisée par Francis Carole, Béatrice Bellay, Daniel Marie-Sainte mercredi dernier, et la participation du comité de grève de Transaglo animé par la CGT. C’est parce que cette initiative du débat public sur un sujet qui est dans toutes les conversations est positive que nous souhaitons la poursuivre avec quelques remarques. La volonté d’équilibre entre intérêts des salariés et ceux des usagers était manifeste dans le propos introductif. Mais si le souci des trois éluEs de se démarquer de la majorité actuelle en charge des organismes qui gèrent l’activité était évidente et normale, il reste beaucoup à dire et faire pour avancer réellement dans une solution intégrant tous les intérêts légitimes concernés. L’intérêt global, écologique et sanitaire de la population, avec un transport public réduisant la folie du tout automobile. L’intérêt social pour une mobilité de qualité, plus proche possible de la gratuité. L’intérêt des travailleurs/ses du secteur (conditions de travail, rémunération, sécurité…). L’intérêt économique pour la collectivité.

Pour venir à bout de ce vaste chantier, il faudra plus que la seule empoignade d’éluEs, la seule négociation avec telle ou telle partie des salariés, et la seule écoute des récriminations renouvelées d’associations d’usagers/ères.

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Chan lé chan

— Par Daniel M. Berté —

chan koton,
chan kafé,
chan kann,
chan mizè…

An solitid-mwen…
An solitid-mwen…

adan chan koton-yo,
malè-mwen ka pléré,
malè-mwen ka lévé,
malè-mwen ka palé…

adan chan doulè-mwen…
adan chan doulè-mwen…

an solitid-mwen,
adan chan kafé-yo,
doulè-mwen ka monté,
doulè-mwen ka kriyé,
doulè-mwen ka palé…

adan chan soufrans-mwen…
adan chan soufrans-mwen…

An solitid-mwen,
adan chan kann-yo,
soufrans-mwen ka pété,
soufrans-mwen ka rélé,
soufrans-mwen ka palé…

adan chan dévenn-mwen…
adan chan dévenn-mwen…

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« Nos amis les mots… », « Le pouvoir des mots », « Écrire… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Nos amis les mots…

Les mots sont nos amis !
Parfois ils sont lointains,
parfois ils sont anciens…
On ne les connaît pas
comme une famille éloignée
qu’on a envie de rencontrer.

Mais qu’on les appelle,
qu’à haute voix on les épelle,
aussitôt ils sont là
quand on en a besoin
afin de nous aider
à communiquer nos pensées
et partager nos émotions…

Les mots ont une histoire,
ils ont une mémoire,
en eux un grand pouvoir,
en eux un grand savoir,
ils sont chargés d’espoir !
Si l’on apprécie leur musique,
c’est parce qu’elle est magique…

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