Tag Archive for Roland Tell

La montagne est-elle toujours verte ?


— Par Roland Tell —

Le progrès dans la conscience de l’histoire esclavagiste est définitivement acquis à la Martinique. C’est, bien là, la spécification éthique du peuple martiniquais. Cependant, la recherche d’un commun dénominateur, entre nègres et békés, crée délibérément la conscience d’une société sans conscience collective. Le moindre problème social se ramène à des principes de proportionnalité. Il n’y a pas de solution vers l’unité de la communauté ! Pas d’unité du corps social dans son ensemble, du fait du poids historique très lourd de l’esclavage. Le dernier politicien héros de la CTM, de droite, de gauche, ou indépendantiste, qu’il soit président ou conseiller exécutif, est chaque jour plus soucieux de construire sa propre image de gouvernant dogmatique, pour les générations à venir, comme exemplaire de « godillot » sur papier imprimé de l’alliance de gestion, que de chercher à unir les Martiniquais sur un minimum doctrinal.
Mais par quel moyen ? En avançant toujours leurs intérêts de militants tourmentés à entretenir la confusion entre le gain historique, et le chantage institutionnel.…

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Dans l’autre règne de la politique …

Par Roland Tell —

Les politiques sont exposés à subir la division des partis existants, dont les symptômes caractérisent aujourd’hui l’Etat Français. L’impuissance à engendrer un consensus à propos des « Gilets Jaunes », après les entretiens de Matignon, n’est-ce pas déjà un symptôme inquiétant ? En effet, il n’a pas été possible de sauvegarder l’essentiel, à savoir les lois qui font vivre la démocratie. Au lieu de cela, chaque dirigeant s’est empressé d’insister sur ce qui fait plutôt l’académisme de ses idées, et donc de souligner les différences.

Ici, on fait appel à un quelconque référendum, là on prône la refonte du système, en s’accrochant furieusement à la fonction du dialogue, en dépit de l’absence de tout consentement préalable de la part des « Gilets Jaunes ». Les politiciens en cause sont toujours tentés de préférer la route, exigeante et solitaire, des divisions, donc la route vers l’inconnu, à travers les manifestations destructrices des « Gilets Jaunes ».

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Les « Gilets jaunes », montreurs de vandalisme…

— Par Roland Tell —

Au fil des manifestations, le mouvement des « Gilets Jaunes » s’enlise dans l’insurrection. Désormais, violences, saccages, profanations, destructions, pillages, incendies, malheurs, se propagent partout en France. C’est assez dire que les « Gilets Jaunes » sont eux-mêmes prêts à violenter, à transgresser les droits constitutionnels, à violer la conscience populaire, par des idées de plus en plus subversives, telle, par exemple, celle de la mise en place, ici ou là, d’assemblées citoyennes, pour aboutir à une France, de plus en plus douce, aux bruits de leur fureur. Leurs revendications premières semblent avoir disparu, ou réduites au minimum, ou parfois même purement allusifs ! De plus en plus, puisqu’il n’y a pas de porte-parole désigné, il n’y a pas de revendication majeure explicite.
Seules les manifestations de masse sur les routes, les autoroutes, les péages, demeurent implicites, s’agissant, ici ou là, du trafic ordinaire des voitures, et autres poids lourds. Ce sont là surtout images débonnaires pour les télévisions… N’est-ce pas, en ce cas, la description médiatique de leur printemps revendicatif, de leurs débuts d’émotion collective créatrice, qui ont tant ébranlé l’opinion publique ?…

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Quelle philosophie des institutions éducatives ?

— Par Roland Tell —

Aujourd’hui, l’univers culturel est à la fois présent et irréel. Il est omniprésent, par le foisonnement d’informations, qui le caractérisent, d’où des perspectives nouvelles pour le système éducatif, pour sa rénovation pédagogique. Il y a , maintenant, et fort heureusement, complicité entre l’idéologie et l’évolution de la connaissance. Que reste-t-il alors à faire ? Il reste à entreprendre des actes irréversibles, et à mettre en oeuvre cette philosophie des institutions éducatives, en s’appuyant sur tout ce qui permet de s’élever à une conception, à la fois idéologique et opérationnelle, des nouvelles formes du système enseignant.
Une telle optique déborde le cadre scolaire. Elle concerne l’autorité politique, et l’opinion publique en général. L’unanimité arrive à se faire progressivement, au niveau d’une analyse approfondie sur les conditions de la transformation, dans la perspective même de la philosophie éducative. Certes, il ne saurait y avoir de rénovation pédagogique, qui ne soit pas, en même temps, une rénovation administrative, une transformation du statut des professeurs, une rénovation des conditions d’activités des élèves.…

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Le professeur, la machine, l’élève…

— Par Roland Tell —
Les technologies éducatives ont introduit un mouvement de réflexion, et de conscience pédagogique, une dialectique vers la réflexion et la conscience pédagogique, à caractère essentiel. Donc, elles constituent des facteurs de changement, dont les conséquences sont d’ores et déjà technologiques. Le surgissement de la technologie entraîne donc le surgissement de la prise de conscience, qui ne se limite pas à la procédure de transmission des connaissances. Il va beaucoup plus loin, en mobilisant, de proche en proche, tous les facteurs de la rénovation, y compris ceux qui ne sont pas technologiques. Ils déterminent ainsi à la fois un mouvement de technicité, et de dépassement de la technicité, qui finira par déterminer, dans une même perspective opérationnelle, l’évolution des problématiques éducatives.
Dans ce but, l’Éducation Nationale doit avoir une attitude technique opérationnelle, à caractère conquérant. Il ne s’agit pas de démissionner, ni de se jeter dans le « technicisme ». S’abandonner aux « médias » ne signifie pas renoncer à ses responsabilités !…

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Alliance de gestion ou processus de substitution…

Par Roland Tell —

Comment des hommes et des femmes, jusque là antagonistes, ont-ils accepté de sacrifier, par une nuit de décembre 2015, les formes de conscience politique, qui leur correspondaient, les produits de leur pensée idéologique, dans un commerce et un marchandage de mandats, façonnés en allure d’alliance de gestion ? Ainsi la morale, l’idéologie, les valeurs transcendantes, s’y rapportant, s’en sont trouvées éliminées ! Depuis, pour chacun des partis politiques considérés, il n’y a plus d’histoire, plus de développement, plus d »existence même (cf. les deux MIM), mais des illusions, des conceptions de la vie politique, vécues de manière aléatoire.

La superstructure de gouvernance, ainsi montée, n’a toujours pas trouvée de signification réelle, pour le peuple martiniquais, et pour la vie humaine de celui-ci, tant dans ses besoins sociaux de formation et d’évolution, que dans son développement économique, notamment du côté des nécessités les plus urgentes, comme le travail des jeunes à la Martinique. Idéologies de camouflage, conduisant à des formes irrationnelles d’alliance, à la victoire d’un chef de parti indépendantiste, dont la mainmise actuelle sur la Martinique confine à la dictature.

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La violence au lycée.., un vide affamé ?

— Par Roland Tell —

La violence actuelle de certains lycéens serait-elle enracinée dans les ghettos de nos banlieues prolétaires ? Il est évidemment facile, trop facile, de mettre les faits délictueux récents en relation avec le phénomène d’immigration, très manifeste, à vrai dire, à la périphérie des grandes villes. La violence serait-elle la vertu même de la jeunesse immigrée ? Nous voici, en effet, devant des manifestations significatives de bandes rivales, dont l’aspiration générale est d’en découdre avec les autorités de toutes natures, de police, de justice, d’éducation. N’est-ce pas là une aspiration typique de l’art de vivre en paria, au sein d’une banlieue nue et sauvage ? Est-ce là la véritable cause de l’éloignement d’une certaine jeunesse, se sentant exclue de l’évolution normale de la vie communautaire ?
Alors, le processus en question de violence au lycée ne serait-il donc pas un processus d’affirmation de soi ? Ne s’agit-il pas, en ce cas, de chercher à libérer les forces intrinsèques de sa nature propre, contre toute autorité, toute contrainte, toute loi, dans le but de transformer au possible les apparences sociales, partout appliquées, à l’endroit des jeunes ?…

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De l’ éducation scolaire à l ‘éducation permanente….

— Par Roland Tell —

L’Éducation Permanente, tel est le but de l’éducation scolaire et universitaire, mais c’est aussi son inspirateur. Il faut apprendre aux élèves et aux étudiants à tirer parti des sources d’information, pour leur propre perfectionnement, et donc à utiliser un certain nombre d’outils pour cette fin. Ce qui change complètement les structures de transmission des connaissances, et l’attitude pédagogique de type autoritaire ! En effet, celle-ci se fonde sur une dénivellation statutaire entre les générations, qui séparent l’adulte, responsable et indépendant, du jeune, irresponsable et dépendant – séparation, qui est devenue inséparable à la jeunesse, et qui n’a pas été comprise par l’éducateur dans sa véritable dimension. Cette séparation est liée à la séparation entre l’idée de formation autoritaire, le savoir donné entièrement par le professeur, et le contrôle du savoir, d’une part, et le changement d’attitude, où un certain nombre de responsabilités sont transférées à la jeune génération. Il faut éviter cette séparation, et celle qui existe entre l’univers scolaire, lié à des normes respectables, mais conventionnelles, et l’univers concret, où jouent les nécessités de travail, les engagements personnels, les responsabilités.…

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Idéologies de camouflage à la C.T.M.

Par Roland Tell —

Infidèles à leurs principes, les partis, constituant l’alliance de gestion à la CTM (droitistes, centristes, indépendantistes) mènent, de plus en plus, une politique de ressentiment contre le monde social martiniquais. Que d’antagonismes engendrés ici ou là par un régime sans précédent de licenciements, particulièrement significatifs, et premièrement déterminants, s’agissant de l’idéal historique envisagé, donc de son image prospective, à laquelle aspirent les tenants majoritaires de l’alliance au pouvoir. Sommes-nous déjà dans la phase utopique du séparatisme, préparant les réalisations temporelles futures ? En effet, sans avoir jamais fourni une explication du contenu de sa politique à la CTM, le Président Exécutif, particulièrement cynique, ne cesse de condamner la lourdeur des effectifs de la Collectivité, oubliant que ce n’est pas sa conscience de partisan, qui détermine la vie humaine à la Martinique, mais ce sont les conditions et les formes de vie, les besoins, les tendances du peuple martiniquais, qui, seuls, déterminent la conscience collective, de plus en plus conditionnnée par l’éducatif, l’économique, le social.

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L’inspecteur, troisième œil, de la classe ?

Par Roland Tell —

Quoi faire pour que les professeurs cessent de projeter leurs finalités dans les élèves ? Comment faire aussi pour qu’ils cessent d’attribuer à ceux-ci, par autogratification naturelle, cet élan qui les a poussés vers l’enseignement ?

Certes, il faut se méfier des périodes de grâce, de talent. L’enseignant n’est pas un acteur. Il doit regarder les élèves, et se regarder, lui-même, comme un élément du système, regarder quelle est sa rentabilité, son efficacité. C’est une chose difficile à réaliser. On y est porté par des considérations technologiques. Si l’organisation du travail pédagogique entraîne le travail en équipe, alors l’autogratification ne sera plus possible. En étant seul dans sa classe, le professeur se décerne facilement des « satisfécit », même inconscients. S’il travaille tous les jours avec un collègue, ou des collègues, la projection n’est plus possible. Il perd, certes, une des satisfactions personnelles, esthétique, artistique, créatrice, les plus intenses du métier.

Cette introduction d’une considération, comme celle de rentabilité, c’est l’introduction d’un regard « externe » dans le rapport pédagogique, dans un rapport pédagogique, qui définissait jusqu’alors, du point de vue des attitudes, et du point de vue de l’élan subjectif, l’aspect personnel de la philosophie de l’éducation.

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L’ ego en politique martiniquaise…

Par Roland Tell —

Comment comprendre le manque de dialogue social dans la gouvernance CTM ? Une telle question oblige à distinguer entre le Soi essentiel de la création politique, et l’Ego dictatorial, constamment centré sur lui-même. Quand l’individualité prend le pas sur la personne, notamment chez celui qui dirige, ce qui se manifeste alors, c’est l’étroitesse de l’égo, se sentant toujours menacé, et voulant accaparer le pouvoir pour lui-même. La personnalité n’apparaît jamais en cas de crise sociale, comme lors des mafestations des quarante agents contractuels, licenciés sans raison, par volonté présidentielle.

La personnalité n’apparaît pas, parce que l’esprit d’ouverture et de dialogue s’est éclipsé, caché dans l’étoffe et l’apparât de la gouvernance ! L’esprit de fermeture, plus que de fermeté, surabonde alors en morgue, en dédain, en mépris, pour le petit peuple agitateur des « contrats aidés ». Alors, le pouvoir de Cluny se fait intériorité à soi-même, comme dans la classe de collège, où s’est révélée naguère la racine première d’une individualité sévère.

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Les défis portés au système éducatif français

Les conditions générales de la mutation

Par Roland Tell —

Le système éducatif français a reçu des chocs et des défis, venant de l’extérieur. C’est ce qui a rendu sa transformation possible, car un système éducatif ne saurait se transformer par sa propre conscience interne. Ces chocs et ces défis, les autres systèmes européens les ont également connus. C’est ainsi que sont apparues des réformes de l’enseignement entre 1960 et 1980, avec des modalités communes, mais avec des stratégies d’application différentes. Au lieu de faire l’analyse des causes de sa transformation, il importe de voir quelles sont les réponses, que le système éducatif français a apportées à ces défis.

A – Le défi lancé par la société de croissance :

La société de croissance est une société, où il y a une accélération de la socié globale vers une société scientifico-technique. Dans une société de ce type, les problèmes pédagogiques et politiques ne peuvent plus se poser dans des termes empruntés au passé, car celle-ci résulte d’une mutation considérable de l’idéologie et de la philosophie de l’existence.

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Culture vécue et enseignement

— Par Roland Tell —

Il est admis, de plus en plus, que l’enseignement ne constitue plus le lieu unique de la référence culturelle. En gros, on peut dire que la culture, ce sont les connaissances, mais c’est aussi le réseau capable d’organiser ces connaissances. Les réseaux conceptuels donnent, à ces connaissances, une structure. Autrefois, l’école fournissait les connaissances, en même temps que les réseaux. Aujourd’hui, en 2018, il n’en est plus de même ! En ce qui concerne les connaissances, l’école est dépassée, de toutes parts, par le foisonnement, par la démultiplication des « culturèmes » – petits éléments de culture, dispersés et reçus, de manière aléatoire, par les micro-milieux ( A. Moles, cybernéticien pluridisciplinaire). Une analyse des connaissances des élèves met en évidence leur prodigieuse diversité, et l’extraordinaire désorganisation de ces connaissances.
Ces « culturèmes », ainsi que les efforts de certaines institutions extérieures à l’enseignement, pour donner une certaine articulation en réseau à ces culturèmes, forme ce que l’on appelle actuellement « l’école parallèle ».…

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Petit conte de la haine domestiquée..

Par Roland Tell —

Au retour des vacances, il est ici, chaque jour, quelque chaos, parmi les nouvelles qui tombent ! C’est le temps des faits divers crapuleux, où se relatent les derniers crimes, hélas, de plus en plus impunis. Délinquance domestiquée aussi sur le terrain politique, où la Martinique, devenue de plus en plus petite, est en train de se payer deux congrès du MIM, au profit des derniers présidents les plus vieux. Car, de part et d’autre, de jouissances ils ont besoin, au sein de leurs troupes aguerries, où doit se sélectionner une nouvelle engeance, susceptible de fonder la énième indépendance. Pour quelle morale politique ? Pour quel destin des Martiniquais ? Certes, dans les discours entendus, à toute gueule ne convient pas toute parole … d’alliance ! Certes, les deux MIM commencent leur dernière migration politique, ici, sous la protection vigilante de la justice, là, sous le regard nostalgique de la droite.

Que faire ? Faut-il abandonner la CTM, où il est de plus en plus dur de vivre, même si, tout compte fait, le travail territorial, devient plus récréatif, depuis que le TCSP fait rêver les vaches des pâturages lamentinois !

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L’école est finie ..

 — Par Roland Tell —

L’interprétation de la situation des vacances scolaires reste variable pour les élèves et pour les enseignants. Restent, d’un côté, la crise du savoir scolaire des transmetteurs que sont les professeurs, de l’autre, celle du savoir-être des élèves, de leur entrée dans la vie morale, sociale, civique. Particulièrement lourde en est la pression sur les uns et sur les autres, après un troisième trimestre d’évaluations et d’examens de toutes natures, du Cours Préparatoire aux classes de baccalauréat. D’une étape à l’autre, le recommandation pédagogique n’est-elle pas de mettre à jour les connaissances et les méthodes, aussi bien pour apprendre à lire en zone prioritaire, que pour enseigner les connaissances nouvelles dans les lettres, les sciences, les techniques, en classes de collèges et de lycées ?
A tous les niveaux, l’explosion des savoirs éveille en chaque enseignant une résonance plus profonde que les formations du passé. Ne s’agit-il pas de recourir à la science des synthèses, à un travail personnel inventif, à une certaine perfection des vertus pédagogiques.…

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Guérir les fièvres de la vie migrante..

Par Roland Tell —

L’une des orientations vicieuses du monde politique moderne, c’est le populisme ! De Washington à .. Fort-de-France, en passant par Prague,Varsovie, Budapest, Vienne, Rome, une sorte d’avilissement de la démocratie se fait jour, avec pour corollaire la glorification de l’égo présidentiel. Ce qui se manifeste, en effet, c’est le mutuel emmêlement de la volonté du pouvoir et des profondeurs intérieures de l’esprit populaire, s’agissant tout particulièrement, en Europe, des étrangers et des migrants. Comment donc la démagogie ne serait-elle pas à l’affût d’une telle politique ?

Pour paraphraser Sartre, les inconnues du problème des migrations, c’est ce qui n’existe aucunement pour les peuples européens ! Elles doivent donc rester dans l’obscurité de l’imaginaire, comme enracinées au plus profond du psychisme humain, là où croît et se développe le racisme. Les « autres », qui viennent d’ailleurs, ne sont pas seulement différents par la couleur de la peau, mais ne seraient-ils pas aussi inférieurs, dégénérés, maudits, et donc condamnés aux fièvres de la migration ?

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La politique et l’injure…

— Par Roland Tell —

Parler d’injure à propos de la politique est courant à la Martinique, même hors périodes électorales. En effet, sans l’injure qu’adviendrait-il du politicien ? Qu’adviendrait-il de la politique ? En effet, n’est-ce pas le goût de l’insulte qui met en ordre aujourd’hui le monde politique martiniquais ? C’est du fait du président de la Collectivité Territoriale que les offenses graves et délibérées font désormais irruption au sein même de la gouvernance de la Martinique. Récemment, en effet, c’est contre ses alliés de droite, redevenus en un jour ses meilleurs ennemis, que la hache de guerre est déterrée, toujours, comme ailleurs, selon la théorie du complot permanent. Quelle cause à venir pour cette nouvelle guerre ?
En vue de baliser le tracé des ambitions, menant aux lointaines élections régionales, le Président se rapporte volontiers à cette doctrine, qu’en adepte éminent de l’invective -ce qui fait sa distinction, sa plus « digne » attitude politique, telles que maintes fois révélées et formulées, au cours de sa carrière, sur les tréteaux de bataille électorale.…

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Aux assises des réfugiés de l’Aquarius

— Par Roland Tell —

Que reste-t-il de la communauté de solidarité européenne ? L’élection des populistes en Italie a-t-elle entraîné la fin de la contrainte d’unité à l’endroit des migrants ? Dans ce processus de transformation politique, la solidarité signifie-t-elle désormais « ne plus être ensemble »? Chaque port européen de la Méditerranée devient-il désormais une frontière ? L’évolution politique en Italie a-t-elle engendré des sentiments de rejet, d’exclusion, de xénophobie, à l’encontre de tous migrants, et particulièrement des naufragés de l’Aquarius ?
Autant de questions à propos de ce retournement politique, face auquel le monde entier reste constamment en alerte, depuis que la voix de l’Espagne s’est faite entendre, pour, au contraire, essayer d’entrer dans la souffrance des 629 réfugiés de l’Aquarius ! Ce moment décisif en politique européenne a mis à jour la banalité du mal, pénétrant l’Union Européenne – celui des enfants, des femmes, des hommes, en fuite depuis l’Afrique, leur anéantissement par la guerre, par la persécution politique, par la famine, par la misère, telles qu’elles existent en Afrique.…

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La fin d’un monde

— Texte du 9 Novembre 2016 par Roland Tell —
Voici Donald TRUMP, élevé au-dessus de tout pouvoir, après une campagne de sentences et de menaces, où il faisait reposer et trembler le poids du monde sur sa solide personnalité ! C’est vrai : il est toujours quelque délire dans la politique, surtout sur les estrades, où il est mieux de paraître vil, par le poids des excès de paroles, mettant en garde ici, vitupérant là, en maître de malédictions, notamment à l’encontre du Moyen-Orient et de l’Asie.
Son élection se présente-t-elle aujourd’hui comme un mal universel ? S’agit-il, pour le nouveau Président des Etats-Unis d’Amérique, de vivre désormais du sang de l’avenir, quand il annonçait, dans des discours de flamme, particulièrement « aimer la guerre » ?
Hélas, de la politique traditionnelle, il en est maintenant l’héritier, pour demeurer proche de l’Europe, en dépit de toute volonté de puissance, compte tenu des valeurs partagées de la démocratie. Certes, ailleurs, hors de l’Europe, tout mérite-t-il de périr ?…

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« Nous sommes ici parce que vous étiez là-bas. »

Par Roland Tell —

La classe politique française, suivant en cela l’allégorie de la Caverne, racontée par Socrate, considère l’immigration en France comme un théâtre d’ombres. Captifs du dénuement et de la misère, les immigrés, avec ou sans papiers, sont soustraits à la lumière citoyenne, qui flamboie derrière eux, que l’élite politique promet désormais à ceux d’Europe, tels les travailleurs détachés, faits à leur image.

Et pourtant, la mère des Continents, l’Afrique, tant et tant exploitée par le colonialisme et le néo-colonialisme, a eu à subir des millions d’émigrés européens, alors attirés par ses richesses en culture et ses ressources naturelles. Aujourd’hui, en 2018, relation de cause à effet, la voilà devenue le continent le plus pauvre, déversant à son tour des peuples en fuite vers les capitales européennes. Tel est le poids de l’historicité !

Les Bantous de Bruxelles, les Haoussas de Paris, les Yorubas de Berlin, les Ewés de Londres, répondent à tous ceux et toutes celles des autochtones, qui leur demandent de quel droit ils viennent en Europe :

« Nous sommes ici, parce que vous étiez là-bas.. 

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Existe-t-il un système éducatif français ?

Par Roland Tell —

Ce problème est un problème général. La question de l’unité organique du système d’enseignement est posée, dans tous les pays, à l’ensemble des structures éducatives. Elle se pose d’autant plus que les Ministères de l’Education Nationale sont loin de répondre, à l’heure actuelle, aux besoins éducatifs, repérés dans leur généralité. D’autre part, cette question renvoie à deux autres problèmes :

– le problème de l’existence du système en tant que tel.

– le problème de la place de ce système éducatif formel, institutionnalisé, par rapport aux structures informelles d’éducation et de formation.

Par exemple, à partir des années 1980, des dispositifs dans les médias, dans les entreprises économiques, dans le privé, en insistant sur la relation entre résultats scolaires et débouchés professionnels, prennent en charge la formation de leurs employés, afin de mieux garantir la réussite de l’entreprise elle-même. L’homme, étant considéré comme le premier capital de l’entreprise, il importait donc de faire évoluer les formations en fonction des évolutions économiques rencontrées par les entreprises.

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Recyclage de la politique martiniquaise…

Par Roland Tell —

L’esprit collectif martiniquais fonde sa compréhension de la vie politique sur le dualisme perpétuel de l’origine et de l’histoire, comme s’il s’agissait de les distinguer interminablement. D’un parti à l’autre, les analyses idéologiques cherchent l’avenir dans le passé. C’est là un art difficile, que d’avancer à reculons, quand il est déjà dans le peuple martiniquais, rédemption des souffrances vécues, et soif de lendemains meilleurs. Car pour lui, en politique partisane, tout naître est un mourir !

Pourtant, quelles possibilités d’avenir dans le monde d’aujourd’hui ! De la surabondance même, avec la France et l’Europe, par-delà les mers lointaines de l’Atlantique et de la Mer du Nord, de la création et de la re-création avec la Caraïbe et les Amériques, pour délivrer du néant le devenir de la caribéanité, comme symétrie transcendantale de l’européanisme, – symétrie apte à combler le destin, ce à quoi est appelée la Martinique.

Désormais, proximité doit être entre le citoyen martiniquais, et son histoire – histoire vive, non comme représentation lointaine des ennemis du passé esclavagiste, non comme reconnaissance de ce qui est déjà contenu dans l’origine, mais comme manifestation du sens de l’histoire moderne, comme mutation historique et culturelle, compte tenu des nouveaux jeux de relations à l’oeuvre dans le monde.

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L’enfant d’aujourd’hui à l’école…

Par Roland Tell —

Quels problèmes sont posés à l’éducation moderne par le changement de statut de l’enfant ? Certes, il y a une promotion sociale manifeste de celui-ci, ce qui suscite bien des difficultés à la famille et à l’école. En effet, le paysage culturel de la société moderne s’est profondément modifié, donc aussi, par contre-coup, l’image même de l’enfant, telle que portée par la nouvelle culture.

Il convient de distinguer deux sortes de civilisation :

– il y a encore des civilisations, dans lesquelles la tâche de prise en charge éducative est prise en compte par la communauté. Ces sociétés sont des sociétés très cohérentes et organiques. On ne sent pas le besoin d’une initiation de l’enfant, donnée par une institution. Il est évident que le jour, où l’on voudra installer des écoles dans de telles civilisations, celles-ci vont se greffer sur un corps social, qui ne l’avait pas souhaité auparavant. Le problème sera de confronter deux civilisations.

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Regarde en ta gestion comme en un miroir …

— Par Roland Tell —

La notion de bonne gestion politique est-elle une utopie à la Martinique ? Voilà bien la question essentielle ! C’est le noeud du débat actuel, qui consiste à savoir si la gouvernance de la Collectivité est un produit passif de la classe politique, ou si elle agit efficacement, pour transformer la vie culturelle et sociale du citoyen martiniquais, et, en même temps, développer les conditions de travail et de redistribution, nécessaires à l’oeuvre commune, à laquelle s’appliquent les entreprises. C’est à ce titre d’idéal politique, qu’il importe précisément de s’interroger..
Avant tout, il est primordial de retenir la notion d’alliance politique à la tête de la gouvernance, dans sa valeur morale, dans sa fonction éxécutive, compte tenu du processus historique actuel de la Martinique. N’est-ce pas, en ce cas, un processus artificiel, sans fondement idéologique, monté à la hâte, entre deux tours de scrutin, par des carriéristes de la politique, soucieux de se maintenir comme élite gestionnaire de la Martinique ?…

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La différenciation, vivante et fertile problématique des changements..

Par Roland Tell —

La Martinique est née, comme on sait, de cette vieille histoire d’esclavage, où le nègre n’était pas réputé blond comme le colon. En son état d’île, entourée de mers, elle paraît alors, tel un entonnoir naturel, où sont venus aboutir tous les versants géographiques d’Europe, d’Afrique, d’Asie, pour faire ici creuset de civilisation, et aujourd’hui dauphine de nation. C’est là pour ainsi dire sa différenciation, tout ce qui est sève pour l’avenir, tout ce qui est vie, tout ce qui est âme dans une communauté, où la conscience de soi révèle des possibilités inouïes de précieuses découvertes dans son environnement caribéen et américain.

La Martinique politique entre ainsi dans une croissance perpétuelle, depuis que, ces dernières années, elle est devenue consciente d’elle-même, à condition que sa politique, vivifiée, jour après jour, dans un travail créateur d’évolution, s’organise, au mieux, pour convertir la prise de conscience de sa Collectivité Territoriale, en une espèce supérieure d’émancipation. C’est la marche immémoriale vers son destin de peuple, échoué ici par l’histoire, au fil des eaux de mers, vers le milieu de la Caraïbe et des Amériques.

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