Les “Gilets jaunes”, montreurs de vandalisme…

— Par Roland Tell —

Au fil des manifestations, le mouvement des “Gilets Jaunes” s’enlise dans l’insurrection. Désormais, violences, saccages, profanations, destructions, pillages, incendies, malheurs, se propagent partout en France. C’est assez dire que les “Gilets Jaunes” sont eux-mêmes prêts à violenter, à transgresser les droits constitutionnels, à violer la conscience populaire, par des idées de plus en plus subversives, telle, par exemple, celle de la mise en place, ici ou là, d’assemblées citoyennes, pour aboutir à une France, de plus en plus douce, aux bruits de leur fureur. Leurs revendications premières semblent avoir disparu, ou réduites au minimum, ou parfois même purement allusifs ! De plus en plus, puisqu’il n’y a pas de porte-parole désigné, il n’y a pas de revendication majeure explicite.
Seules les manifestations de masse sur les routes, les autoroutes, les péages, demeurent implicites, s’agissant, ici ou là, du trafic ordinaire des voitures, et autres poids lourds. Ce sont là surtout images débonnaires pour les télévisions… N’est-ce pas, en ce cas, la description médiatique de leur printemps revendicatif, de leurs débuts d’émotion collective créatrice, qui ont tant ébranlé l’opinion publique ?
Malgré tout, le sens implicite des revendications reste encore indéterminé, même après les noirs samedis de désastres à Paris, qui, à coup sûr, leur ont procuré bien des délectations, par l’aspect de poésie collective morbide, sur les Champs Elysées, au Panthéon, à l’Étoile, où il s’agissait pour eux de donner signe et signification, et puis encore rayonnement, à leur mouvement. Certes, à Paris, en deux samedis noirs, les “Filets Jaunes” ont reçu de nouveaux sens, pour mieux pénétrer, cette fois, dans l’inconscient collectif du monde entier, notamment récemment à l’heure du G20, qui se tenait en Argentine. N’est-ce pas là le processus typique d’une mondialisation politique, où toute démocratie paraît susceptible de s’achever à petit feu, comme celle de la France ? Manifestation sans parole. Manifestation destructrice, déchirée, entière pour dire à peu près : “Ceci est la France ! Nous l’avons en héritage … désormais !” Oui, seule compte la science des moyens, donc de direction du peuple de suivants, que sont les syndicats, et les partis politiques “officiels”.
Quelle transmutation, n’est-ce pas, a ainsi subi le mouvement des “Gilets Jaunes” ? Il est à la fois lui-même, et ce qu’il signifie désormais, sans les autres. Les “Gilets Jaunes” ont donc une unique et multiple identité, pour le grand voyage de tous les changements, d’ores et déjà entrepris en France. N’est-ce pas là un émerveillement sans fin, devant la face du monde ? Pourquoi ne pas continuer de rêver sur la chaussée des Champs-Élysées, chaque samedi que Dieu fait ? Tout est parti, n’est-ce pas, d’une taxe sur l’essence, à travers les faiblesses de l’âge avancé, les échecs de la vie sociale, l’approfondissement progressif et ininterrompu des difficultés financières, oui, oui, voilà comment sont venues à l’esprit les choses secrètes de la vie revancharde ! Aujourd’hui, n’en sortent-ils pas transfigurés, les désormais célèbres “Gilets Jaunes”, après leurs deux samedis à Paris ? N’est-ce pas là, pour chacun, le stimulant fondamental de leur nouvelle existence ? Oui, c’est un long moment de purification de soi, qui, aujourd’hui, rend, chacun d’eux, maître de toutes les chaussées de France..
ROLAND TELL