« Pensée politique » par Roland Tell

Pensée Politique n°9.

Selon Bolsonaro, la politique et la beauté ne vont l’une sans l’autre, surtout si la beauté en question présente toutes les caractéristiques, pour être sa propre fille. Le Président du Brésil souhaite ainsi mettre en évidence le rôle essentiel joué par le clinquant et la bêtise dans la gestion de son pays et dans sa diplomatie. Au Brésil donc, tout cela comporte ainsi un sens bien plus démagogique qu’ailleurs, qui se révèle, par nécessité de nature, dans le fonctionnement de son pouvoir. En d’autres termes, la beauté de l’épouse présidentielle, n’est-ce pas la force secrète, permettant au peuple de ressentir du désir citoyen, au-delà de toute fin ?
Dans le mouvement bolsonarien, il est possible de capter toutes adhésions humaines, tous intérêts humains, à travers l’idole insatiable, étrange et ambigue, tenant lieu de compagne dans l’expérience présidentielle. N’est-ce pas là sa grandeur, d’être déjà l’époux président de Michelle, qui a vingt-sept-ans de moins que lui ? Son existence présidentielle ne dérive-t-elle pas d’ailleurs de la beauté de Michelle ? Ne l’a-t-elle pas rendu enfin victorieux dans sa lutte pour le pouvoir suprême ?
Maintenant au pouvoir, il a toute aptitude de dire tout propos au monde entier, toutes bulles de paroles ici ou là, susceptibles d’aller crever au loin.., pourquoi pas jusqu’à Paris? Ce faisant, il a créé un nouveau mythe diplomatique, pour le bien de son pays, croit-il, bien avant le dernier gémissement d’échec, que lui vaudra un jour le peuple de son pays ! Il est inévitabie qu’à l’avenir le peuple brésilien saura mettre en échec les puissances de la démagogie ! Et si la beauté perdait éclat ? Si toutes différences entre femmes de présidents étaient abolies partout, quelle répudiation, par la peuple brésilien, du vide pathétique que deviendrait Michelle ? Dieu merci, la politique se remettrait au service de l’utile et du bien commun !
C’est pourquoi le peuple brésilien détient là, désormais, une mission exceptionnelle de guérison de sa démocratie, et donc de conscientisation de la communauté nationale. Ainsi l’héroïsme frauduleux de Bolsonaro, centré sur la beauté de Michelle, pour se donner une image présidentielle à l’égard de la France et des Français, ne sera plus, dans les archives de la diplomatie, en ses moments les plus bas, qu’un désordre – le désordre d’un mâle, d’un macho, comme on dit là-bas, envahi par une double maladie : les pulsions de rêves refoulés sur l’Amazonie et le plein pouvoir des obsessions, que lui suggère sa trop dévote Michelle !
Comment conclure en extrapolant ? De quel pouvoir la beauté tiendrait-elle ce plein pouvoir de commander en général le tréfonds charnel des hommes présidentiels ? Tout cela ravage-t-il leur être, fait-il mourir en eux les postures de l’esprit critique, aisi que toute contenance de sagesse ? Même en France, leur cri de subjectivité vers la beauté est un cri de révélation vers le pouvoir suprême. C’est là leur principale fêlure, que ces concepts fatigués ! Par exemple, écoutez actuellement les clameurs de fond de gouffre de femmes d’anciens présidents, en France tout particulièrement.. Parures de la beauté auprès de présidents élyséens, ne passent-elles pas leur temps solitaire d’aujourd’hui à livrer à tous médias toute la lourdeur des trahisons subies ? Il y a même d’anciens présidents, dont les ruptures post-présidentielles sont devenues des thèmes philosophiques, dans des ouvrages à succès.Tout cela semble plutôt des pièces de rechange pour décor de théâtre élyséen ! Tous ces parjures, en amour de beauté fatale, pour mieux séduire le peuple français, étalent maintenant leur nouvelle haine, partout, dans les livres, et les journaux populaires, avec une frénésie animale. La beauté de la victoire présidentielle est devenue faux usage après l’échec ! Ne jurent-ils pas maintenant, avec nouvelles compagnes, forcément belles et jeunes, qu’ils avaient alors des yeux à la cécité… jusqu’aux prochaines élections ?

Pensée Politique N°8

Les temps d’aujourd’hui semblent se nourrir des rares valeurs de la vraie nature humaine. Voilà que, de sa faux, même l’union hommes-femmes est sacrifiée sous le nom funeste de « féminicides ». Qu’est-ce à dire ? N’y-a-t-il plus de normes objectives de la moralité ? Pas de devoirs, de lois, de règles, et même de suprèmes amours ! Où donc est passée la mesure de la raison ? Pourquoi tant d’hommes font-ils aujourd’hui le mal, qu’ils ne veulent pas en tant que mal ? Est-ce là l’appel obscur de leur destinée ? Ont-ils une autre mesure ?
Certes, il y a l’esprit envieux, les hontes, et parfois les temps creux du chômage, pour étendre encore plus les raisons et l’étendue de la jalousie. En ce cas, l’homme parle alors d’amour aux yeux grands ouverts, le détruisant progressivement, et se faisant de plus en plus le guetteur de sa femme. Pensant que, trop lointaine de lui, parce que seule travaillant, donc trop prochaine pour tel ou tel collègue de travail, il se donne une destinée d’obsédé, dans toutes les parties de soi. Redoutable situation, où pour tout cela, il n’y a nul remède pour ses impulsions intérieures, reçues de tous les chagrins ressentis quotidiennement. Alors, les nerfs s’y mêlent, ouvrant la porte à toutes les transgressions, toutes les méchancetés, faisant ainsi passer femme et enfants par le temps infernal de la tyrannie domestique.
D’autres hommes sacrifient l’éthique de différentes façons, selon le degré de profondeur de la vie morale. Il y a l’homme animal qui, à peine passé le seuil de la jeunesse, cherche à dominer, écraser sa compagne sous sa loi unique, parce que voulant avant tout l’obéissance absolue à sa volonté, à ses désirs et à ses appétits, de manière toujours souveraine. C’est là plaisir de barbare ! Dans cette dernière catégorie, il faut ranger ceux qui ont reçu très tôt, selon Léon Bloy, « la bonne nouvelle de la damnation »! Tôt ou tard, pour ces hommes méchants, à la cruauté reconnue, il est mieux d’être vil que d’être jugé vil, par quelque procès d’assises, du fait du poids de leurs excès, de leurs forfaits. Hommes mauvais, régnant depuis toujours dans le mauvais, dont la vie est amie des tempêtes, comme les fils de la femelle du requin.
Quelle lune pour éclairer le destin de ces hommes perdus ? A défaut de crédo humain, pleinement inscrit en la durable mémoire éducative des écoles, collèges, lycées, et autres universités, existe-t-il aussi un crédo religieux à leur révéler, afin qu’ils tendent peu à peu vers les vrais biens de la vie humaine ? Ce qui importe avant tout, c’est que, pour tous les hommes, il existe une racine commune de toutes les puissances de l’esprit, où intelligence, imagination, désir, amour, émotion, s’enveloppent l’une l’autre, et stimulées et activées depuis la petite enfance, selon une morale et une éducation à la fois cognitive et productrice. Car c’est là, dans l’esprit, dans la vie même de l’intelligence, que tout prend sa source, même la moralité, formée et vivifiée, pour mieux intégrer les vertus de la vie en société.

Pensée Politique n°7

Quelle est ta « substance », cher enfant de 3 ans, que papa, maman, et marraine, accompagnent aujourd’hui à l’école ? L’Etat te reconnaît, comme étant à toi seul, la personnification même de l’instruction obligatoire, alors que jusqu’ici tes parents te croyaient unique en tant que toi, au sein du foyer familial. Mais voilà encore qu’à l’entrée de la classe, d’autres enfants, faits à ton image, vont t’escorter désormais tout au long de la vie scolaire. Combien plus belle va te paraître la classe, par votre rassemblement, et par tous les ornements, dont elle se pare, pour former désormais la merveilleuse vision, sur laquelle tout oeil est fixé. Il y a longtemps, en effet, que la vertu de beauté esthétique s’est enracinée dans l’école maternelle, afin que les enfants se trouvent dans la condition la plus appropriée pour éprouver une délectation tout ensemble du sens et de l’intelligence. N’est-ce pas en vertu de cette beauté esthétique, qu’on cherche à les attirer vers les sources du savoir, vers les apprentissages ? Quel titre heureux ici, que celui d’èlève, dans cette classe-nature, entièrement subordonnée à la fonction créatrice ! Ici, il y a toujours, une apprentissage à faire, à partir d’objets, de jeux, généralement en groupes, selon des procédures actives, destinées à faire exister les acquisitions.
Ah, quelle belle musique à entendre, que la voix de la maitresse, toute de douceur et de douceur, de joie et de joie, en ce jour de rentrée !
Dès la première heure, la concorde est faite en classe. Concorde des voix enfantines, qui crient à tue-tête : « Maitresse ! Maitresse ! » Sans oublier les voix sans paroles des Taties, passant d’une rangée à l’autre, afin de porter l’amour maternel, et douceur d’elles-mêmes, à qui que ce soit, dont les ultimes pleurs en abondance risquent de gagner en mutuel ordre, l’un à l’autre, une grande partie de la classe.
Harassés enfin par l’effort de pleurer, soudainement ces derniers se blottissent, paupières mouillées, dans les bras généreux des Taties, comme cherchant un ultime refuge à leurs lamentations. Peu à peu, regardant autour d’eux, ils se décident à faire comme les autres, déjà à leurs travaux de rangement. Alors, dans la classe, règne un doux silence pensant, appelant, par groupe de quatre enfants, en des espaces bien délimités, en relation les uns avec les autres, à l’unité d’une œuvre à réaliser. Ainsi, dès le premier jour, la maîtresse en appelle au concours vital du multiple, à une unité orchestrale des groupes, aux fins d’affirmer les réalisations.
C’est gagné, pour le professeur et ses aides maternelles, dès le premier jour, l’intérêt est concentré, la classe devient un monde à soi-même, un microcosme important, en ce 2 Septembre 2019, du fait de la densité éducative, que lui confère le prime âge de l’obligation scolaire. La fière livrée de l’enfance est donc particulièrement regardée en ce jour, sollicitée dans chaque école, pour faire neuf dans le temps venu de la scolarisation. C’est pourquoi il importe, en ce jour de rentrée, de mettre en pleine clarté l’École Maternelle, par-delà toute date, en lui attribuant désormais une sorte de sur-existence, pleinement inscrite dans les temps d’aujourd’hui.

 

Pensée Politique n°6

La dernière réunion du G7 à Biarritz a donné à entendre, aux participants, et à l’opinion publique mondiale, la musique de la dépendance réciproque, ô combien bonne à entendre par les peuples concernés. Ces derniers n’ont-ils pas trouvé là contentement légitime de ce mutuel ordre mondial ?
Mystique politique des temps modernes, où les États ne se font plus la guerre, où les différences de gouvernement sont abolies, la dépendance réciproque porte la bonne nouvelle d’une coopération de la paix. De ce fait, à Biarritz, ce fut le parfait cérémonial des rites diplomatiques, pour plaire aux pays concernés, et créer délibérément l’image d’hommes d’État, se célébrant dans leurs œuvres, et dans leur fonction héroïque de rassembleurs. Même si, le G7 terminé, il convient de faire, ici ou là, le triste compte des mécomptes, des espérances mortes, que les uns et les autres paient, une fois revenus dans le monde intérieur de leur pays, il est notoire que la dépendance mutuelle demeure, en sa glorification existentielle, sans déformation aucune. Elle demeure, plus que jamais indépendante du temps et de l’espace, processus d’échanges et de développement, devrait-on dire pur et éternel, faisant partie liée du total de chaque Etat.

Alors, quelle dépendance pure et éternelle pour notre Martinique, dont la technique actuelle de dérèglement institutionnel obsède les Martiniquais ? Quel remède pour ces manies de politiciens, attirés à la fois par l’éclat du néant séparatiste, et par la vertu du vide gestionnaire, en cours à Plateau Roy ? Généralement, l’oeil de la Martinique, à bien les scruter, retrouve de vieux dirigeants dans nouvel habit partisan. N’est-ce pas là, pour chacun d’eux, seconde vie politique sur seconde tête d’alliés, peu à peu consumés sur les cendres de leurs partis d’origine ? N’est-ce pas malsain de se trouver dans une alliance, comme dans une tombe, où l’idéologie ensevelie repose ? Malgré le deuil du passé, il faut leur dire et redire lourdement.. attention, inlassablement : le rejet de toute dépendance, même idéologique en ce monde, finira par payer très cher ! Quand on voit le parfait désespoir de la gestion sociale et économique d’aujourd’hui, poussant à l’exil nombre de jeunes martiniquais, le peuple se dit que, sous l’excès de la gestion personnelle actuelle, c’est toute la Martinique, qui meurt à petit feu, d’une politique devenue folle ! Car la dépendance, en ce cas, c’est l’expression d’un immense amour de soi, prenant en otage la vie même des Martiniquais. A coup sûr, leurrés par le mythe de l’homme politique comme héros, nos gestionnaires en chef de Plateau Roy glissent à la glorification permanente de leur égo. Toute l’eau de la mer des Salines ne suffirait pas à laver leurs symptômes de déformation en despotes, ainsi que les difficultés et les échecs de leur gestion, elle-même de plus en plus infectée par la frénésie despotique et le ressentiment agressif, toujours présents dans les replis secrets de l’esprit, tels des fantômes de caméléons ! Il est donc clair que le malaise politique, qui les habite, les prive de plus en plus de l’air sain du peuple martiniquais.
Certes, tout cela peut être surmonté. La jeunesse, encore au pays, détient là une mission exceptionnelle pour toutes les élections à venir. D’ores et déjà, elle est à la fois le pouvoir de guérison, par son souffle de vitalité, et donc le puissant agent de rénovation, dont a besoin notre communauté.

 

Pensée politique n°5

Placer la culture comme une mort, quand on voit les déviations, les désordres, qui obscurcissent celle-ci à travers de récentes manifestations au Lamentin, au Vauclin, où la rançon payée fut des victimes dans les foules. Ainsi, condition mortelle horrible, masquant des fêtes populaires, donc tendant à produire, ici ou là, une oeuvre de vie collective, par le chant et par la danse, entièrement contenues dans le folklore antillais, en conformité avec les nécessités intérieures, et les intérêts humains des foules déplacées. Hélas, quelles mains avec des armes se lèvent pour empêcher la fête – cette chose toujours bellement faite à la Martinique ? Dire ici, en traits d’encre noire, que jamais telle rapine de culture n’était survenue, tel crime de lèse-culture n’avait causé de perte et de chagrin dans des familles martiniquaises.
Car notre culture populaire de la fête et de la danse est plus riche que richesse. N’est-ce pas la gloire de nos fêtes patronales, pour ne pas dire leur propriété spéciale ? Un tel art culturel ne cherche que le plaisir des sens de chacun, en soi et pour soi – fin de semaine, généralement, en des moments de plaisir, ayant leur existence propre, selon les intérêts de la vie humaine, généralement les samedis, cousus l’un à l’autre, dans le temps de la vie, comme une attente hebdomadaire si parfaite, ne craignant ni infortune, ni désillusion !
La jeunesse, surtout, a gloire de leur venue, aux joies escomptées, sans penser un instant que tout cela puisse lui être ôté, la déshéritant ainsi de sa culture populaire, la laissant blessée et détruite, par des guerres inconnues, à la mode des temps. Où maintenant trouver une joie collective à celle-ci, plus grande, plus intense ? Ceux qui ont pouvoir de blesser, voire de tuer, en tirant au hasard sur des foules en liesse, quelle sorte d’enfer est donc leur univers ? Comment y sont-ils descendus ? Quelle vision de l’amour humain y ont-ils acquise ?
Telle presse ici dit que faute est jeunesse en général, telle autre parle de grande infection par potions hallucinogènes : n’est-ce pas double pénitence pour l’époque ? Dans l’ajustement du bestial à l’humain, dans la futile soumission aux démons du temps, quelle place pour l’éducation ? Comment faire reconquérir à la jeunesse perdue les certitudes existentielles ? Ne pas se sentir destructeur à l’intérieur. Ne pas faire éclater ses limites, même s’il y a lutte en soi. Où et comment retrouver le bienheureux équilibre de la vie en société ? Ah, si l’éducation pouvait apprendre l’esprit !
En ces temps de rentrée scolaire, où l’obligation d’aller à l’ècole concerne désormais les enfants de 3 ans, ah ! si chaque professeur pouvait apprendre l’esprit ! N’est-ce pas que besoin de connaissances, et désir d’expression, de création, sont les deux aspects essentiels de la nature intellectuelle ? D’une part cognitivité pour la production des savoirs, d’autre part créativité pour la production d’idées, de concepts, de jugements, de raisonnements, nécessaires à la vie spirituelle de l’enfant, et à son actualisation progressive au monde. Le fruit d’un tel travail intellectuel est la réussite dans l’existence scolaire, et hors de celle-ci.
Donc, en apprenant l’esprit, on fait progressivement exister l’enfant dans le mouvement de la vie sociale. Ah ! si chaque professeur pouvait apprendre l’esprit à l’enfant, les jours scolaires s’embelliraient de clartés, au-delà de toute fin !

 

Pensée politique n°4

Quand on est disgracié du regard des autres, et qu’on a la bonne fortune d’être élu, pourquoi donc chercher à obséder les yeux de ses administrés ? Pourtant, chaque oeil de la foule cherche à faire hommage à la vision nouvelle du vainqueur des urnes, dans la rue, au marché, à la mairie, en tous lieux et en toutes circonstances. C’est la manière du public de servir des regards, comme on dispense des hommages ! Alors, habillez-vous proprets, Messieurs des Collectivités, dans l’exercice de vos fonctions !
A défaut, les yeux, déjà fort inquiets du laisser-aller vestimentaire général, ne vous honoreront plus de leur vision, lors de vos sorties. Car les regards du peuple sont des témoignages de grand intérêt. Si les vêtements sont sales, tristes, ennuyeux, démodés, le citoyen ne trouvera pas contentement, mais dédain, puis douleur, enfin oubli. En effet, pourquoi aller voir ou regarder celui qui désormais fait honte, et offense ? Désormais, le tourment journalier du suffrage passé rendra le chagrin plus lourd. Le citoyen manifestera alors une insoutenable interrogation quotidienne : lui aurait-on fait un bâtard dans l’isoloir ?
Il est ainsi parfois de la pratique de l’alliance après élection, pour tenter d’exister au pouvoir, où les trahisons sont souvent paiements. Alors les yeux adultérés des partisans d’hier se font plaisir de relever les défauts dans l’habillement, en font le compte jour après jour, relevant tout ce qui est de travers dans les tenues, carence d’être, blessure dans la fonction. Certes, pour l’électeur, ce n’est pas l’épiphanie du citoyen ! Cruelle désillusion de voir, exclu de classe et de valeur, tel président en jean et chemisette à l’enterrement d’un notable, où les costumes noirs sont légion ! Comment décrire le simulacre de mariage par un maire, au troisième ciel de l’indécence, face à un cortège dérivant de la divine beauté, la plus naturellement faite de fleurs à foison, de robes blanches toutes belles, en toutes les perfections essentielles, que la Martinique connaît dans ces circonstances heureuses !
Messieurs les Elus enfin, habillez-vous proprets, décents, car vous êtes constamment à découvert, en possesion de privilèges significatifs de modèles d’évolution sociale, de faiseurs de progrès, et surtout de faiseurs d’unité, bien évidemment sous les regards permanents du public. Par exemple, la cravate n’épuise pas le sang du cou ! De plus en plus, il est vrai, l’élu majeur dans la collectivité se fait existant singulier, vivant le plus souvent dans le débraillé, en toutes circonstances, on l’a vu, selon ce qu’il croit être un esprit de désintéressement et de pauvreté volontaire, en dépit de ses indemnités. Songeant au poète Max Jacob, on peut se demander s’il s’agit d’un sorte de dépouillement, comme il en est dans la nature évangélique. Est-ce pauvreté volontaire de nos élus d’aujourd’hui, du Président de la Collectivité Territoriale jusqu’au plus petit maire de la Martinique ? Est-ce recherche de quelque vertu esthétique, en vue de parvenir à la conscience de soi ? Mais alors, où est donc le travail créateur produit ? Où est la raison opérative assez forte, pour parvenir en tout à la … simplicité ?

 

Pensée Politique n°3

Quel est le vice propre de la politique martiniquaise ? Est-ce le fait qu’il n’existe pas une conscience commune du peuple martiniquais ? Par exemple, négation affichée d’une minorité isolée, fermée sur soi, donc de plus en plus exclusive de tout ce qui n’est pas elle-même, rappelant, encore aujourd’hui, les pires malheurs des temps passés, même si ceux-ci ont une autre mesure, celle de l’oligarchie financière. Quel remède pour ces souvenirs obsédants, et pour ces péchés de l’histoire, hélas bien plantés dans le profond des coeurs de la majorité noire, autrefois servile ?
Même pour la vie humaine ordinaire, voire pour le mouvement de l’histoire d’aujourd’hui, ce sont là encore des mutilations très sérieuses, pleinement inscrites en la mémoire durable, qui continuent d’exister à chaque crise sociale, même à propos de la géographie des lieux d’habitation et de vie, et en toute période, par delà tout évênement, toute date, en éternité même, pourrait-on dire, s’agissant de l’oligarchie financière en question, restes des familles de colons, s’agissant surtout du mouvement actuel de progression économique, et du caractère moral des relations sociales, dans le grand commerce, à l’usine, dans les plantations. Progressivement, on entend dire que la démocratie à l’esclavage s’installe à la Martinique, déterminant d’ailleurs un fort mouvement de départ des jeunes, vers d’autres horizons, où la justice sociale embellit le jour. En effet, pourquoi devrait-elle vivre dans la servitude excessive des plus riches, dans l’industrie, les affaires, le commerce ?
Comment donc réparer toutes ces amputations de la vie sociale, que la meurtrière main du chômage des temps d’aujourd’hui cherche à imposer, tels les ravages d’un passé enseveli ? Par quels changements faut-il passer pour voir enfin la démocratie imposer ses vues à l’oligarchie, donc transformer la civilisation mercantile, qui a cours ici, du fait de la fécondité de l’argent ? En conséquence, appelons de nos voeux des Etats Généraux, à fondement éthique et culturel, pour choisir définitivement entre le bon et le meilleur, et, sur la base de la coopération de tous les Martiniquais, blancs, noirs, indiens, commençons enfin d’organiser l’oeuvre commune de gestion de l’héritage historique, en associant toujours, dans la vie humaine d’aujourd’hui, justice sociale et politique. C’est pourquoi, au concept de marché, qui a favorisé, dès l’Assimilation, le groupe des Békés, comme forces productives, et donc comme classe dominante à la Martinique, il importe de substituer un véritable contrat social martiniquais, en vue de la paix civile définitive, au sein de notre société. Un tel basculement ne manquera pas de donner sens à l’idéal politique d’autonomie dans l’Union Européenne, de plus en plus garante de nos préoccupations politiques et économiques d’aujourd’hui, bien sûr tout en gardant intacte notre identité au sein de la Caraïbe, vers la pleine connaissance de notre environnement.

 

Pensée politique n°2

Un pays, qui vit dans le passé, peut-il bien apprendre l’esprit collectif ? Dans l’incessant tourbillon du temps, notre triple mélange de subjectivités, est-ce seulement du revêtement spirituel dans la construction du peuple ? En ce cas, quelle identité inscrire au fronton de l’édifice martiniquais ?
Certes, il faut rester ouvert à ce que communique l’histoire passée, dans sa barbarie esclavagiste, sans y privilégier aujourd’hui, les sentiments coutumiers d’alors. Car l’identité martiniquaise ne saurait se construire, ni sur les délations incessantes, ni sur le lavage de cerveau ! Laissons l’esprit de discorde aux oubliettes de l’abolition, puisque, selon le poète africain Senghor, « il n’y a pas de contradiction entre la négritude et la francité. »
N’est-ce pas là, pour nous attirer, tel l’anneau magnétique de Platon, le consentement préalable à une vraie communauté martiniquaise, une participation active de tous, noirs, indiens, blancs, à en accroître les ressources, vers la conscience collective du pays-Martinique, donné en héritage. N’est-ce pas là encore un don historique, vers la connaissance pleine et entière du mouvement de notre vie humaine ?

 

Pensée Politique N°1

Que ne désire-t-on pas pour le pays d’où l’on est ? Pays où l’on naît, donc par nature commis à l’activité productrice des hommes et des femmes, qui y vivent encore. Des naissances, bien sûr, afin que l’hérédité jamais ne meurt. L’abondance économique, aussi, cette raison suprême de l’élite politique..
Mais hélas, hélas, dans l’île-Martinique, nos élus sont plus gloutons de pouvoirs, que de bâtir nouvelle puissance de vie sociale. Petits pouvoirs parcellaires, ici ou là, où les mandats sont brefs, comme jours d’hivernage, où les élus, trop vieux pour tout changer, sommeillent dans des collectivités-tombes..
Que d’hymnes funèbres ont accablé celles-ci depuis la nuit des temps !