Ttb, Avignon off, 4>23-07-2026
— Par Michèle Bigot —
Voici bien le spectacle le plus audacieux et le plus réussi qu’on puisse imaginer. Dont l’ambition le dispute à l’humilité de sa mise en oeuvre. Il ne s’agit de rien moins que de la mise en espace du texte (ou plus exactement d’un montage de fragments du texte) prononcé par Roland Barthes lors de plusieurs séances au Collège de France ayant pour sujet « la préparation du roman » entre 1979 et 1980.
Dit comme ça, on pourrait redouter le pire, à savoir une suite de considérations théoriques et historiques sur le genre littéraire du roman. Au lieu de ça on assiste à la confession d’un être fragile qui consent à parler de lui, à dire à la fois son désarroi à la suite du décès de sa mère et son désir de commencer une nouvelle vie. Comme si le deuil était l’occasion d’une vita nova, une renaissance telle que l’imagine Dante dans son long poème. Barthes interprète cette vita nova comme un passage, la conséquence d’une rupture, le choix difficile et salutaire d’une vie nouvelle, une métamorphose.

— Par Michèle Bigot —
Le Sommet, Christophe Marthaler, Avignon In, La FabricA
« M. Un amour suprême », conception, texte, m.e.s. Gustavo Giacoso, musique: Fausto Ferraiuolo |
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
C’est un monologue, une charge contre l’identité que
En dépit du tire, il s’agit moins d’un journal que d’une narration au fil des jours de la vie du petit fonctionnaire Pétersbourgeois, Aksenty Ivanovitch Poprichtchine. quoique d’antique noblesse et fier de son sang bleu, Aksenty a tout d’un déclassé., un de ces ronds de cuir dont fourmillent les administrations du XIXèsiècle et pas seulement en Russie: voir chez Balzac ou Maupassant. Le réalisme littéraire raffole de cette triste figure. Mais chez Gogol la figure se teinte d’une dimension métaphysique; il fait sombrer son anti-héros dans la folie . Vivant seule avec sa domestique ( Mavra, une paysanne ukrainienne nostalgique de la vie au village et qui éprouve un secret mépris pour ces hobereaux russes perdus dans le système et fort incultes à ses yeux, déjà!!), Aksenty se voit contrarié dans son ambition comme dans ses amours. La frustration qu’il accumule est telle qu’il finit pas sombrer dans la folie. L’univers parallèle que lui inspire ses bouffées délirantes le protège de sa déception. Il s’y accroche comme au seul remède à sa solitude et à son désespoir.
— Par Michèle Bigot —
Impressionnée et quelque peu déroutée de voir son texte porté sur scène , Marie NDiaye écrit: « Le spectacle somptueux, furieusement féerique de Blandine Savatier m’a mise en présence de ce que je n’avais pas su ni compris en l’écrivant: cette histoire est un télescopage d’apparitions ou, plus précisément de revenantes. » Belle expérience d’extériorité par rapport à son propre texte, résultat de ce qu’on nomme publication. En rendant un texte public , on le lâche dans la société, il a désormais libre cours et fait son chemin loin de l’auteur. Cette extériorisation est décuplée lorsque ce texte est adapté à la scène: miracle de la scénographie, de l’incarnation par des actrices, des chanteuses, éclairé par des lumières , porté par des voix, des effets de rythme, des évolutions chorégraphiées.
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
— Par Michèle Bigot —
L’affiche est alléchante,
Ce n’est pas le tramway, mais le café que l’on nomme désir, slogan publicitaire oblige. Le titre annonce la couleur, littéralement. A la fois ironique, satirique et corrosif. L’ensemble du spectacle est à l’avenant, mordant, caustique, agressif, dérangeant. Le festival n’est pas dans sa zone de confort!
Milo Rau et sa troupe du NT Gent een compagnie de l’atelier des activistes du MST revient en Avignon, aprè avoir présenté en 2018
— Par Michèle Bigot —