- Par Thierry Mathiasin
Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.
Thierry Mathiasin ou la palette du multiple
À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.
QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre. Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.
Sans Titre
Mât de cocagne aux rivages de pagnes.
Ciel insulaire au soleil de la sardane.
Brisants de misère aux murailles d’échines.
Roucou des airs aux marelles des étales.
A l’heure pour une larme
Au zénith de son image.
En nage pour une rivière
Aux gués de son couchant.
Lucide pour une ombre
Aux absides de son levant.
A jeun pour un corps
Aux tumescences de son transfert.
Déphasé pour une bête
Aux arènes de ses bucranes.
En vertige pour un suicidé
Aux reliefs de son décor.
En maquillage pour une nonne
Aux harems de ses mannequins.
Sans titre
Vanité
Sans l’ombre
D’une mesure.
Vanité des heurts
Au mépris de l’augure.
Légèreté
Du tréfonds
Aux extrémités
Erodées.
Croissances
Lamifiées
En deçà
De l’incréé.
Sans titre
Que le seuil
Balaie nos crânes.
Configurations difformes
Aux épanchements de l’informe.
Hésitation de l’ombre
Dans l’antre de tes figures.
Dénaturations creusées
Dans l’orbe de tes jours.
Mémorisation en notre absence
fécondée.





