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Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !

L’épée est levée, non pour déclarer une guerre aux hommes... Pour trancher dans l’oubli

— par Rodolf ETIENNE

Elles sont ici vingt-cinq noms dans une histoire beaucoup plus vaste : celle des femmes de Martinique qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays bien au-delà de ses rivages.

L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité.

La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant : Ils sont immenses !

Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir !

Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise !

Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Alors : pour une fois, faisons exactement l’inverse ! Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !<p>  Lire Plus

Renaissance Africaine : Quand la nouvelle conquête du continent est énergétique

Enjeu crucial : l’Afrique nouvelle devra-t-elle encore exporter ses nombreuses richesses pour ensuite importer les produits, technologies et services fabriqués avec elles ?

— Par Rodolf Étienne —

Au moment où l’Europe redécouvre brutalement sa vulnérabilité énergétique et recherche de nouveaux fournisseurs, l’Afrique, elle, redevient l’objet de toutes les attentions.

Pétrole namibien, gaz tanzanien et mozambicain, cobalt congolais, cuivre, manganèse, uranium, solaire, hydroélectricité : le continent africain possède une part considérable des ressources nécessaires au monde d’aujourd’hui comme à celui de demain.

Il suffit parfois d’une simple crise pour que les cartes que l’on croyait connaître changent brutalement de couleur ou, plus simplement, de mains.

Ainsi, pendant plusieurs années, l’Europe a parlé de sortie des hydrocarbures, de neutralité carbone, d’électrification et d’économie post-pétrolière. Puis sont venues les guerres, les tensions commerciales, la rupture avec une large partie du gaz russe, les inquiétudes autour du Moyen-Orient et des routes maritimes.

Le vocabulaire a changé, change encore et changera certainement avec les années. On reparle de sécurité énergétique, de stocks, de raffineries, de gaz. Et, surtout, dans ce contexte nouveau, tous les regards se tournent directement vers l’Afrique.<p>  Lire Plus

Fort-de-France : l’usure du pouvoir dans le miroir de l’Afrique

La ville d’Aimé Césaire, grand penseur de l’émancipation noire du XXᵉ siècle, est aussi une ville où la même filiation politique municipale gouverne depuis 1945.

— Par Rodolf Étienne —

À un moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.

Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.

Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste.

Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable.

Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014. Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale.

Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde.

Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.<p>  Lire Plus

Quand la célébrité déplace le doute vers la victime présumée

Qui est cru, qui est protégé, qui est exposé, qui supporte le coût du doute

— Par Rodolf Étienne —

La notoriété ne crée pas la violence, mais elle peut en modifier tout l’écosystème. Une femme parle…

L’esentiel du débat devrait porter sur ce qu’elle rapporte… 

Très vite, autre chose occupe la scène : le nom de l’homme mis en cause, sa carrière, son œuvre, ses admirateurs, ses contrats, ses soutiens.

Face à elle, il n’y a plus seulement une personne, mais une réputation et tout ce qui s’est construit autour d’elle.

Avant même l’examen des faits, la parole entre ainsi dans un rapport de forces profondément inégal.

  • Cette contribution ne veut traiter d’aucune affaire particulière et ne vise aucune personne identifiable.
  • Il interroge un mécanisme général : que devient la parole d’une femme lorsqu’elle rencontre la puissance sociale, économique et symbolique de la célébrité ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 840 millions de femmes et de filles — près d’une sur trois — ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie.

Il ne s’agit donc ni d’un phénomène rare ni d’une succession de faits isolés, mais bien d’un fait social mondial.<p>  Lire Plus