Étiquette : Fort-de-France

Agenda culturel en Martinique (27 – 30 octobre 2026)

La Martinique poursuit sa saison culturelle avec une programmation particulièrement diversifiée du mardi 27 au vendredi 30 octobre 2026.

La première édition de la Biennale de danse « L’Intervalle », le XVIIe Colloque international des études créoles, plusieurs concerts, des spectacles d’humour, des expositions et des rencontres littéraires composent ces quatre journées.

De Fort-de-France à Sainte-Marie, du Lamentin à Saint-Joseph, Madinin’Art vous propose une sélection des rendez-vous annoncés, avec leurs horaires et leurs informations pratiques.

Mardi 27 octobre — Gospel, humour et ouverture de la Biennale

Fort-de-France — Chérubins Gospel : La Voix de l’Espoir. Le Grand Carbet du Parc culturel Aimé Césaire accueille à 20 h le spectacle La Voix de l’Espoir, proposé par Chérubins Gospel, ensemble vocal célébrant quarante années de parcours artistique. Le spectacle réunit gospel, théâtre et danse autour d’une création musicale et scénique consacrée à l’espérance et à la transmission. Lieu : Grand Carbet, place José-Marti, Fort-de-France. Tarifs : à partir de 30 €. Billetterie sur Bizouk.

Fort-de-France — Open Mic au Free Comedy Club. La scène ouverte du Free Comedy Club donne rendez-vous à 19 h 30 aux amateurs d’humour et de stand-up, forme de spectacle dans laquelle un artiste s’adresse directement au public.  Lire Plus

« L’Intervalle » : La Martinique au-delà des frontières

  • par Rodolf Etienne

Du 27 au 31 octobre 2026, la Biennale de danse de Martinique revient sous une forme renouvelée, portée par La Maison Rouge et la chorégraphe Christiane Emmanuel.

Entre bèlè, danses urbaines, créations contemporaines et rencontres internationales, cette renaissance interroge la place des femmes dans les arts, la transmission des patrimoines corporels et les conditions d’existence de la création chorégraphique martiniquaise.

La danse comme territoire de liberté

Il existe des histoires que les mots ne suffisent pas à raconter. Des blessures que le langage peine à nommer, des mémoires qui se transmettent sans archives, des émotions qui traversent les générations et trouvent dans le mouvement une forme singulière d’expression. La danse appartient à ces langages essentiels. Elle engage le corps tout entier dans une expérience qui peut devenir esthétique, sociale, intime et politique.

En Martinique, cette dimension prend une résonance particulière. Le mouvement dansé participe d’une histoire où se rencontrent les héritages africains, les bouleversements de la société coloniale, les pratiques populaires, les créations urbaines et les expérimentations contemporaines.

Du bèlè aux écritures chorégraphiques les plus récentes, les corps demeurent des lieux de transmission, d’invention et parfois de résistance.

  Lire Plus

Agenda culturel des 24 et 25 octobre 2026

Agenda | Culture | Sorties 

Cinéma, musique, littérature, patrimoine, arts plastiques, contes et célébrations du créole : à quelques jours de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, la Martinique propose un week-end riche en rencontres et en découvertes. Les principaux rendez-vous à ne pas manquer.

Ce dernier week-end d’octobre met particulièrement en lumière la vitalité de la création artistique et culturelle martiniquaise. La langue créole sera célébrée au Saint-Esprit et à La Trinité, le cinéma international refermera sa vingtième édition du CinéMartinique Festival, tandis que la musique, les expositions et les ateliers de création investiront plusieurs lieux de l’île.
Des propositions pour le jeune public aux concerts en soirée, en passant par les arts visuels et les contes au bord de la mer, voici notre sélection pour les samedi 24 et dimanche 25 octobre.

Samedi 24 octobre — La langue créole à l’honneur

La Dikté Kréyol au Saint-Esprit : écrire la langue, penser le monde

10h – 12h | Médiathèque Alfred Melon-Dégras, Saint-Esprit. À l’approche de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, célébrée le 28 octobre, la médiathèque Alfred Melon-Dégras accueille une nouvelle édition de la Dikté Kréyol, organisée par Martinique Écologie avec le concours de la municipalité.  Lire Plus

Saison 2026–2027 : Le tourisme à l’épreuve des réalités économiques

Économie | Tourisme

Croisières, transport aérien, hôtellerie, nouveaux marchés et retombées locales : la Martinique aborde une saison touristique décisive.

Entre ambitions de croissance et fragilités structurelles, une question s’impose : accueillir davantage de visiteurs suffit-il encore à développer l’économie du territoire ?

À quelques semaines de l’ouverture de la haute saison touristique, la Martinique se trouve dans une situation singulière. Les perspectives commerciales annoncées depuis le début de l’année 2026 laissent entrevoir de nouvelles possibilités de développement. Les compagnies de croisière programment davantage d’escales, les transporteurs aériens renforcent certaines dessertes et la fréquentation hôtelière retrouve une dynamique positive. Pourtant, derrière ces indicateurs encourageants, les professionnels expriment des inquiétudes croissantes sur le niveau des réservations, le coût des transports, les difficultés économiques et les tensions sociales.

Les annulations des escales du Coral Princess, le 20 octobre, puis du Carnival Miracle, attendue le 23 octobre, donnent brutalement corps à ces incertitudes. Deux paquebots, près de 5 000 passagers annoncés au total, et autant d’occasions manquées pour les taxis, les commerces, les restaurateurs et les prestataires d’excursions. Ces annulations ne permettent pas, à elles seules, de préjuger du résultat de la saison.  Lire Plus

Fernand Bibas : Photographe de l’histoire

  • par Rodolf Etienne

Pendant quarante-quatre ans, Fernand Bibas a photographié la Martinique pour la presse.

De Gaulle, Césaire, Senghor, Jean-Paul II, manifestations, élections, sport, spectacles, anonymes : son appareil a accompagné une société en mouvement.

Aujourd’hui, les Archives territoriales de Martinique exposent ces images. Ce qui fut hier de l’actualité est aujourd’hui devenu mémoire.

Il y a ceux que l’Histoire place devant l’objectif et ceux qui doivent être là, présent, au moment précis où elle passe. Depuis le 19 septembre 2026, les Archives territoriales de Martinique présentent en l’honneur de Fernand Bibas : « Dans le viseur de Fernand Bibas – 60 ans de vie martiniquaise », une exposition organisée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.

Le ministère de la Culture le présente comme le premier photographe professionnel de presse de la Martinique.

Derrière les négatifs, les tirages et les images numériques, ce n’est pourtant pas seulement la carrière d’un homme qui apparaît : c’est une Martinique entière qui remonte à la surface.

Fernand Bibas entre à France-Antilles en 1964. La photographie est déjà présente dans sa vie.  Lire Plus

Marc Alie : L’architecte des mots et des formes

  • par Rodolf Etienne

Écrivain, architecte, musicien et pionnier des radios libres, Marc Alie a traversé plusieurs décennies de création martiniquaise en refusant de s’enfermer dans une seule discipline.

Derrière les édifices qui ont marqué le paysage de l’île se découvre un auteur dont l’œuvre littéraire mérite aujourd’hui d’être relue. 

Marc Alie appartient à la catégorie d’artistes dont le parcours oblige à franchir les frontières habituelles entre les disciplines.

Né en 1944 à Nausselles, dans l’Aveyron, et décédé le 8 novembre 2020 à Paris, Marc Alie a consacré une part essentielle de son existence à la Martinique, où son nom demeure associé à plusieurs réalisations architecturales. Chez lui, la création semble avoir répondu à une nécessité constante : inventer des formes, interroger le monde et proposer d’autres manières de l’habiter.

L’architecture comme expérience de liberté

Diplômé de l’École spéciale d’architecture, Marc Alie a été marqué par les recherches de Claude Parent et Paul Virilio, notamment autour de la fonction oblique, qui entendait bouleverser les conceptions traditionnelles de l’espace. Inscrit à l’Ordre des architectes en Martinique dès 1973, il a participé à plusieurs projets importants, parmi lesquels les logements sociaux des Hauts du Port, à Fort-de-France, et le centre administratif de l’ancien conseil général.  Lire Plus

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

—- par Rodolf Étienne —

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

Patrimoine : Trois façons de transmettre la Martinique

– par Rodolf Etienne

Edouard Glissant, Eugène Mona, Valérie Kristofic. 

Le 21 septembre 1928 naît Édouard Glissant. Le 21 septembre 1991 disparaît Eugène Mona. Et le 21 septembre 2024 Fabienne Valérie Kristofic, autrice martiniquaise de littérature jeunesse s’éteint.

Il est des dates qui, sans l’avoir cherché, finissent par dessiner une géographie de la mémoire. Trois générations, trois univers, trois engagements, trois manières de dire le pays. 

Le 21 septembre en est une pour la Martinique. 

Chez Édouard Glissant, la Martinique devient pensée du monde. Né le 21 septembre 1928, l’écrivain, poète et philosophe élargit l’expérience antillaise jusqu’à en faire une réflexion sur la Relation, les langues, les mémoires, l’archipel et les identités qui ne se ferment pas sur elles-mêmes. L’œuvre d’Edouard Glissant interroge la façon dont nous entrons en relation avec les autres.

Chez Eugène Mona, cette même interrogation passe par le corps, la voix, le tambour et la flûte. Le chanteur martiniquais meurt le 21 septembre 1991, à 48 ans. Son œuvre plonge dans la langue créole, l’oralité, les mornes, les héritages africains, européens et indiens. Mona n’écrit pas un traité de l’identité martiniquaise : il la fait entendre.  Lire Plus

Mémoire : Garvey, la Négritude, l’Afrique, la biguine

— Par Rodolf Étienne

Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?

Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !

Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.

Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.

Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel

Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.  Lire Plus

Cinquante ans après, le SERMAC toujours là !

  • par Rodolf Etienne

À Fort-de-France, la rentrée culturelle 2026 a une saveur particulière. Le SERMAC — Service municipal d’action culturelle — prépare sa cinquantième rentrée.

Né en 1976 dans le prolongement de la politique culturelle voulue par Aimé Césaire, il porte depuis un demi-siècle une ambition forte : mettre la culture à la portée de tous, promouvoir les arts martiniquais et lutter contre l’aliénation culturelle.

Pour Aimé Césaire, la culture n’était pas un supplément d’âme réservé à quelques initiés. Elle participait pleinement de l’émancipation. Elle devait permettre aux Martiniquais de retrouver leurs formes d’expression, leurs imaginaires, leurs rythmes, leurs gestes, leur histoire. Avant même la naissance officielle du SERMAC, la municipalité foyalaise avait commencé à structurer cette politique autour du Festival culturel de Fort-de-France et de l’OMDAC. En 1975, le conseil municipal décide de créer un organisme spécifiquement consacré à l’action culturelle ; installé au Parc Floral, il développe progressivement ses interventions, notamment dans les quartiers populaires. Le SERMAC prolongera cette dynamique à partir de 1976.

L’un des principaux foyers de la vie culturelle foyalaise

Depuis lors, plusieurs générations ont fréquenté ses ateliers.  Lire Plus

MARTINIQUE 2026 : Les cinq hommes qui pèsent

– Par Rodolf Etienne

Qui détient aujourd’hui le pouvoir en Martinique ?

La question dérange presque autant qu’elle intrigue. Politique, économie, communes, intercommunalités : derrière les institutions, quelques hommes concentrent aujourd’hui une capacité particulière à orienter les décisions en Martinique. 

Serge Letchimy, Stéphane Hayot, Didier Laguerre, Bruno Nestor Azérot et Justin Pamphile sont les hommes qui apparaissent au centre du réseau de pouvoir.

Un classement nécessairement discutable et, précisément pour cela, révélateur. 

Il serait évidemment absurde de chercher un homme qui, seul, commanderait l’île. La Martinique est traversée par plusieurs pouvoirs : celui du suffrage universel, celui de l’argent, celui de l’administration, celui des communes, celui des réseaux professionnels, celui de la rue, celui des médias et, de plus en plus, celui de la capacité à mobiliser rapidement l’opinion publique. Mais tous les acteurs ne disposent pas du même nombre de leviers.

En septembre 2026, cinq hommes paraissent disposer d’une influence locale particulièrement importante.

Il ne s’agit ni d’un palmarès de popularité, ni d’un jugement sur leurs qualités personnelles, encore moins d’une mesure scientifique. L’influence dont il est question ici est la capacité concrète à faire entrer une question dans l’agenda public, à réunir des acteurs, à mobiliser des moyens ou à peser sur une décision concernant la Martinique.   Lire Plus

FORT-DE-FRANCE : L’usure du pouvoir dans le miroir de l’Afrique

– Par Rodolf Étienne

Au moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.

Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.

Aimé Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste. Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable. Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014.

Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale. Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde. Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.

Une majorité arrivée depuis quatre ans peut invoquer l’héritage. Après quatre-vingts ans, l’héritage devient aussi un bilan.

  Lire Plus

Téléphérique Fort-de France -Schœlcher, le réalisme en action.

— Par Piere Alex Marie-Anne —
Rhai chien dit dents i blanc !, ayant toujours dénoncé le système en vigueur à la Collectivité Territoriale de Martinique, caractérisé par l’affrontement permanent et stérile de deux clans irréconciliables, je n’en suis que plus à l’aise pour applaudir aux initiatives positives prises, dans le domaine du transport, par ses dirigeants ;
Après la liaison maritime Case-Pilote –FdF (prolongée peut-être demain vers Saint-Pierre dont les matériaux de carrière gagneraient, en outre, à être transportés par barges ), voici que se profile à l’horizon le projet d’une liaison aérienne, au moyen de cabines tractées par câbles, de grande capacité, (téléphérique urbain ), entre le campus de Schœlcher et la capitale.
Dans le journal France-Antilles du3 0-04-2014, j’avais suggéré au nouveau maire de Fort-de France, qui venait d’être élu, de lancer une étude sur la faisabilité de ce mode de transport écologique considéré par différentes villes dans le monde :(Brest, Orléans, Toulouse, Caracas, Medellin, Saint-Denis de la Réunion ,Saint -Domingue…),comme une solution alternative pertinente aux nuisances de plus en plus importantes causées par la pollution automobile.
L’objectif était d’améliorer en priorité la desserte des quartiers Nord et Ouest de la ville-capitale, où se trouvent de fortes concentration de population et dont le réseau routier, limité du fait du relief et sous-calibré par rapport au trafic, risque en permanence la paralysie (il suffit d’un véhicule en panne sur la Rocade pour que la liaison avec Schoelcher, en particulier, devienne problématique).  Lire Plus

Un artiste méconnu

Par Selim Lander

Il existe sur les hauteurs de Fort-de-France une route à l’écart de la circulation prisée par les sportifs. Trois kilomètres à plat à parcourir dans les deux sens en marchant, en courant ou à vélo autant de fois que désiré. Le paysage agreste, gouffres profonds, arbres géants, lianes qui tombent depuis le haut des cimes, fleurs exotiques et oiseaux joueurs, seulement ponctué par quelques modestes demeures avec parfois une chèvre alanguie, ou le vestige d’une installation périmée, inspirerait au romantisme si nous n’étions en Martinique, terre des paradoxes, le moindre n’étant pas que les édiles qui ne cessent de vanter la vocation touristique de l’île ne se pressent guère pour envoyer sur le terrain les employés des services techniques municipaux ou autres afin qu’ils effectuent les travaux de nettoyage et d’entretien qui leur incombent. C’est en particulier le cas de cette route bordée de divers « encombrants » (réfrigérateur ou congélateur rouillé, canapé défoncé, …) et autres VHU (véhicules hors d’usage), tandis que des fils électriques peuvent traîner sur le sol pendant des mois, avant que quiconque se décide à intervenir.  Lire Plus

Indignons-nous !

— Par Michel Herland —

Face aux désordres du monde, le citoyen se sent impuissant. Les guerres avec leur cortège d’atrocités, le dérèglement climatique, la pollution des milieux naturels et l’épuisement des ressources, les injustices criantes dans la répartition des richesses, tout cela nous accable d’autant plus que nous ne voyons pas comment faire advenir un monde meilleur. Notre arme est le bulletin de vote, mais l’expérience nous a appris que les politiciens qui se succèdent aux pouvoir, d’un côté ou de l’autre, ne changent jamais les choses en profondeur, soit qu’ils aient peur de heurter les corporatismes de tous bords dont les intérêts seraient atteints nécessairement par une réforme un tant soit peu radicale, soit qu’ils ne sachent tout simplement pas quoi entreprendre pour remplir effectivement les promesses qui les ont fait élire. La politique a eu ses moments glorieux, malheureusement exceptionnels, lors desquels les gouvernants poussés par le peuple firent faire à la société plus de progrès en quelques semaines ou quelques mois que pendant des décennies. Ce n’est hélas pas d’actualité.  Lire Plus

Pierre Aliker, un militant de l’émancipation

— Par Pierre Chaillan —

pierre_alikerLe 20 avril 2008, Pierre Aliker avait prononcé l’unique discours des obsèques d’Aimé Césaire. C’était sa dernière apparition publique de premier plan. Devant le chef de l’État de l’époque, Nicolas Sarkozy, il avait rappelé, dans une grande dignité, que « les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises sont les Martiniquais » sous une pluie d’applaudissements. Il avait cité Karl Marx. Cet engagement pour l’émancipation, la dignité humaine et la justice ne l’a jamais quitté, telle son habitude de se vêtir de blanc, en hommage à son frère, le journaliste André Aliker, assassiné en 1934. Ce dernier, militant communiste martiniquais, membre du groupe Jean Jaurès et rédacteur en chef du journal Justice, avait été retrouvé sans vie, noyé près d’une plage. Quelques semaines auparavant, il avait dénoncé dans Justice les agissements de békés dans une affaire trouble de fraude fiscale et de corruption.   Lire Plus

 » Transmissions » 42ème Edition du Festival Culturel de la Ville de Fort-de-France

 jazz_night-2013

La 3 ème Edition de la Jazz Night 

Fort-de-France fait son Jazz.

Sous un ciel étoilé, dans un cadre idyllique, le dimanche 14 Juillet 2013

Le cœur du Parc Culturel Aimé Césaire vibrera au son du Jazz.

Une soirée entre musique et saveur culinaire.

Au menu dès 19H

Horizon Jazz Kreol quand le conte rencontre le Jazz

Gilles Rosine Quartet

Vibrations Cubaines rencontre Guy Marc Vadeleux en Terre Martiniquaise

Cette édition focus sur les États-Unis 

Découvrez la voix d’or de Shenel Johns et World Harmony Ensemble  venant tout droit des États-Unis après avoir séduit les clubs de Jazz de Manhattan. 

Et swingez au son de la clarinette de Doreen’s Jazz New Orleans qui enflammera cette soirée.  Lire Plus

Daniel Robin : « La coopération avec la Dominique : Un mensonge de plus ! »

mensonge« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! »
Le mensonge, oui c’est la voie définitivement choisie comme mode d’expression et de gouvernance de dits élus qui n’ont ni projets, ni idées ni visiblement la moindre considération pour le peuple martiniquais qu’ils ont choisi visiblement de traiter en idiot.
Mentir, mentir et encore mentir et se complaire dans cette confortable imposture de la facilité du mensonge telle semble leur devise.

La liste de ces pratiques prend désormais des proportions démesurées : le Rond-point de « tilo », et la passerelle de Fond Giromon, les carences techniques des travaux de la RN5, l’inéligibilité d’Yvette Galot, sur l’utilisation des terres agricoles pour le fermes voltaïques, sur une « certaine » opacité des aides sociales, sur les apprentis, sur l’aide aux étudiant, etc…  Lire Plus

Volga-Plage : un article révoltant tant sur le fond que sur la forme. Lettre ouverte au NouvelObs.

Lettre ouverte au Nouvel observateur et aux journalistes

 

Une fois de plus, alors que l’on croyait Jean Raspail, autre journaliste “spécialiste des Antilles” mort et ses émules antédiluviens noyés par les nouvelles intelligences du Tout-Monde voici qu’une journaliste française vient faire un reportage et veut vendre son tiers monde Pulitzer et son mépris pour celui-ci. Mais elle a oublié que Volga-Plage est tout simplement “la France”, ne lui en déplaise. Et que le quartier Texaco, créé autour d’un site d’entrepôts de barils, est aussi “la France”, couronné par un prix Goncourt attribué à Patrick Chamoiseau, qui plus tard n’hésite pas à faire avec Guy Deslauriers un documentaire sur Vieux-Pont, autre quartier d’habitat spontané, qui n’adopte pas le misérabilisme sensationnel et le mépris comme conducteur.

Cette journaliste connaît-t-elle tout cela ? C’est une honte que toujours et encore ce regard, cette absence de déontologie nous expose comme bibelots, comme “sujets” (au sens créole) et nous souhaitons  que les journalistes de la Martinique s’en inquiètent.

Si de ma pratique de l’anthropologie j’ai une fierté et une reconnaissance, c’est d’avoir par Volga acquis un vrai regard d’anthropologue bien des années après la fin de mes études,lors d’une enquête avec Serge Domi et Gustavo Torres, de pouvoir comprendre une identité collective d’un quartier qui laisse la place aux individus.

  Lire Plus

Volga-Plage : La « putain » de Fort-de-France

 

par Marie Vaton, du Nouvel Obs

–Avoir vingt ans dans ce quartier du sud-est de la ville, c’est tourner en rond dans un coin oublié de tous et rêver de partir sans en avoir les moyens

Avec son nom qui fleure bon les cocotiers, sa rivière bordée de mangroves et sa petite zone de pêche Volga-Plage passerait presque pour un sympathique village de vacances, Les bicoques en tôle peinte ont des jardinets, et les placettes sont ensoleillées Pourtant, contrairement h ce que son nom indique, il n’y a ni plage ni touristes !cl.  » Volga-Plage, c’est le cul-de-sac de la Martinique, la verrue de Fort-de-France, sa putain « énonce Anicet Soquet, médiateur social au sein de l’association Mediadom. L’ancien enfant du quartier a grandi ici, au cœur du <(ghetto de la rivière  » le long des berges souillées par les bouteilles de rhum, les canettes et les m6gots, l’horizon barré par les cheminées de la centrale électrique. C’était il y a plus de trente ans et, pourtant, rien na changé. Les bandes de mauvais garçons font toujours le guet A l’entrée du quartier et les règlements de comptes sanglants n’ont jamais cessé II y a.  Lire Plus

Pavillon BOUGENOT

 

Un édifice d’un intérêt patrimonial certain.

 

–__-

Le pavillon Bougenot, un Bâtiment du conseil général à découvrir

Moins connu que la bibliothèque Schoelcher dont il est une annexe, le pavillon Bougenot est pourtant plus ancien et recèle quelques surprises. A plus d’un titre, il vaut le détour et mérite que l’on s’y attarde.

Situé dans la rue Victor Sévère, à côté de la bibliothèque Schoelcher, entre la préfecture, l’hôtel de police et l’immeuble Plein Ciel, le pavillon Bougenot est aisément repérable dans le centre ville de Fort-de-France. Datant de la seconde moitié du 19eme siècle, cet édifice, tout de bois et de fer forgé, constitue un témoignage intéressant sur l’architecture coloniale de l’île de l’époque. Entouré d’un agréable jardin aux palmiers centenaires, il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques. D’une superficie à l’origine de 600 m2, avec un soubassement en béton et une charpente métallique, il se distingue par ses nombreuses fenêtres hautes en bois, sa véranda à l’étage et son intérieur sobre et raffiné.

Cette belle demeure bourgeoise doit son nom à l’un de ses anciens propriétaires, Emile Bougenot (1838-1925), ingénieur et industriel français, ayant joué un rôle majeur dans le développement des usines centrales de la Martinique à partir de 1860.  Lire Plus