Antilles : surveiller les signaux faibles

Oui assurément , la crise budgétaire et financière était évitable en Martinique , avec le recours à la veille et à l’analyse prospective !

— Par Jean-Marie Nol —

L’image que l’on dépeint fréquemment de l’homme politique est celle, un peu poussiéreuse, de l’élu qui endort ses auditoires par des explications idéologiques soporifiques que les citoyens doivent mémoriser sans trop savoir pourquoi ni comment faute de transparence . L’explication officielle de la dérive financière de la CTM fait état d’un déséquilibre structurel et non de mauvais choix de gestion. Mais force est de souligner que cette explication est un peu trop courte et à la limite de la caricature ,car fort éloignée des réalités de l’ensemble des régions et collectivités d’outre-mer, où la Martinique fait seule exception quant à la dégradation accélérée des paramètres budgétaires et financiers. La véritable question qui se pose aujourd’hui aux Antilles n’est plus seulement celle de la gestion du passé et du présent en solitaire d’une certaine collectivité , mais celle de la capacité collective à anticiper un avenir devenu beaucoup plus incertain. Dans un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement public, les tensions sociales, la fragilisation des finances publiques et la transformation rapide des modèles économiques, gouverner ne peut plus consister à mettre en avant un déséquilibre structurel et encore moins à réagir après coup aux crises lorsqu’elles surviennent.  Lire Plus