« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie 2

Deuxième partie
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La France n’a jamais oublié sa défaite à Vertières
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«… Les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais [1]. »

(Victor Hugo)

Depuis l’assassinat du fondateur de la patrie, les masses populaires haïtiennes s’enfoncent dans le sable de la déchéance. L’historien Philippe Girard [2] explique : « La nouvelle Haïti, libérée du carcan colonial français, mais pas de celui du travail forcé, était née. » Les Haïtiens ne sont pas non plus libérés de la pauvreté extrême. Les puissances néocolonialistes les regardent disparaître lentement, sans les secourir. Les bras croisés derrière le dos, comme l’empereur Napoléon Bonaparte, elles observent un peuple, qu’elles qualifient d’effronté pour son passé historique brave et hardi, un pays qu’elles ont maudit – comme Canaan le fils de Cham le fut par son grand-père Noé – qui descend vertigineusement dans les profondeurs nébuleuses de l’abîme. Elles attendent, comme le chasseur qui guette sa proie, l’année, le mois, la semaine, le jour, l’heure, la minute, la seconde décisive de l’instant fatidique.

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