— Par Yves Untel Pastel —
Et quand sifflent les bombes, choisirai-je un camp ?
Quand les boules de feu enflamment les écoles,
Choisirai-je un camp ?
Quand on s’empoigne et s’étrangle aux frontières,
Choisirai-je un camp ?
Entre deux estropiés de camps opposés
Qui brandissent leurs béquilles
Et s’insultent, choisirai-je un camp ?
Quand la bataille diplomatique fait rage
Pour étouffer la voix du camp ennemi,
Choisirai-je un camp ?
Quand un forcené haineux se lance
Dans une expédition vengeresse
Et réduit à néant une réconciliation fragile,
Choisirai-je un camp ?
Et quand, à la morgue reposent côte à côte
Deux corps nus méconnaissables,
Quand désemparée,
Chaque famille s’incline
Devant chaque dépouille
Avec la même ferveur,
Et quand, brisées de douleur,
Les mères élèvent vers Dieu
Une même poignante prière,
Choisirai-je un camp ?

I
Sété an tan krab té lé fè élèksion 



La lisse blancheur de la couverture de
Lang k ?
An bal lavi lanmou
Mon île aux mille douceurs,
Il est vrai que les roses m’offrent un sourire,
Man né dan an pies-kann
Le grand tout
Le rêve de nos amours…
Emé kriyé anmwé anba twant-kat dègré
Tentation
L’animal en moi
An gran-nonm ka gadé

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Ki malè latè ka péyé
J’ai rêvé que mon île, larguant la longue et lourde chaîne qui l’ancre à ce continent européen avec lequel elle n’a rien en commun si ce n’est un usage de la langue coloniale,