Catégorie : Poésies

Words for Samuel (July 2021-June 2022)

— Par Nicolas Kurtovitch —

​When I will be young I will be in love
I’ll walk arm in arm with a woman
with my own nonchalant pace along the lagoon
I’ll be in the gaze of passers-by
like a young man at peace
I will be in love and all my body
will be like a volcano
​When I will be young I’ll have a great sword
I’ll fight against death
with sharp and steady blows
I’ll fight from sunrise
for the poor and those I protect
I will fear neither hurricanes nor fires
nor the succession of ghosts launched in attack
​When I will be young I’ll leave my country
I’ll go to discover the world
the sand plains the snow-capped plateaus
the oceans submitted to storms
the overcrowded cities the bucolic valleys
no nothing in this world will hold secrets anymore

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En regardant la mer du Carbet

— Par Philippe Charvein —

La Mer du Carbet Martinique

Je te contemple, mer des Caraïbes enveloppée de ta grande robe sur laquelle sont imprimés tant de navires en partance, vers des lointains.

Mon esprit les accompagne comme des oiseaux marins en quête d’un ailleurs, d’un paradis perdu d’émeraudes improbables.

Quand mon esprit s’anime à mesure que le tissu bleu se fronce et se défait, j’entends parfois les cris fusant au ras de l’eau comme des poissons volants : bancs de coulirous à babord ! non à tribord !… et c’est toute la vie qui s’écoule entre les mailles du filet.

Les raisiniers du bord de mer Au pied des raisiniers, c’est toute une rumeur de vagues qui recompose les sables comme les strophes d’un poème… une rumeur pour dire la versatilité du monde, le temps inconsistant, la poussière des songes.

Eternelle présence de la vie, cette déesse innombrable aux yeux vert bleu épouse du soleil… dans tes plis mystérieux se fomentent tous les drames de la Création depuis que s’est déployée la première algue des grands fonds.

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Madrid

—Par Gary Klang —
Au pays du grand maître qui défit les visages
Et de l’ours blanc plus grand que tous les autres
Dans ce pays des jeux de mort
Où nous voyions l’homme à la cape défier la bête mythique
Nous avions des nuits fauves et des joies
Où l’amitié seule avait son mot à dire
C’était le temps d’avant
Celui où la fissure ne perçait pas
Cachée par l’enthousiasme d’une jeunesse faite de rire et de poèmes
Nous écoutions alors Garcia Lorca et Machado
Son las cinco de la tarde
 
C’était l’heure où le toréador rendait l’âme dans l’arène de Madrid
L’heure des bars et des flamencos
Je me souviens d’une fille rencontrée par hasard
Avec qui nous marchâmes dans Madrid jusqu’à l’aube
Malgré celui qui citait Cervantès du haut de son balcon
Et les serenos qui répondaient très vite à l’appel de nos mains
C’était l’heure des soupers sans fin
Et des promenades sur la Gran Via jusqu’au petit matin
Nous relisions Hemingway et Lorca
Son las cinco de la tarde
 
GARY KLANG 

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Synesthésies : les « Haïkus » de Michel Herland

— par Rodica Gabriela Chira —

Je suis vraiment touchée par ce volume d’une élégance exquise que j’ai vu, goûté et écouté en même temps, sous l’empire des sensations inouïes engendrées par une succession d’images et de paroles. On ne pourrait penser à un volume pareil s’il n’était porté par une expérience de vie et une sensibilité poétique. Depuis toujours les poètes interprètent la rencontre entre l’homme et la Nature, sachant que l’image deviendra poétique seulement si les sens du poète comme ceux du lecteur sont prêts à l’accueillir. Déjà aveugle, Borges avait témoigné dans sa Prière de sa reconnaissance pour avoir su reconnaître ce que des gens qui disposent encore de la vue ne savent pas voir. Il témoignait ainsi que nos sens, suffisamment éveillés, peuvent nous porter au-delà des trois dimensions.

Compagne de la contemplation, la sagesse, si elle vient avec l’âge, peut être la meilleure des amies. Ainsi le château de ce haïku, « Dominant la mer/ Quelques cailloux entassés/ Le château des pauvres » (8-9), nous rappelle-t-il, entre autres, le passage du temps dans de modestes cailloux, là où un géologue décrypterait les traces des siècles et des millénaires.

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Autour du 14 juillet…

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Place de la Bastille, place de la Nation, ou place des Antilles, à chacun sa place sans perdre la face, sans contrefaçon..

On fête au quatorze juillet
en France la Fête Nationale
en l’honneur de la Liberté
de haute lutte récupérée
des mains du pouvoir Royal
avec en toile de fond
la prise d’une prison
comme le pétard mouillé
de cette Révolution
fêtée aujourd’hui par ses fils
avec des feux où l’artifice
l’emporte sur la réalité !
La Bastille ! Combien ont été
reconstruites sous d’autres noms,
en d’autres lieux et d’autres temps,
mêmes symboles d’un judiciaire
au service de l’arbitraire
d’un pouvoir aux limites peu claires…
Mais pour nous, Martiniquais,
c’est plutôt le vingt-deux mai
mil huit cent quarante-huit en vrai
que le peuple s’est libéré
des chaînes de l’oppression,
pouvoir absolu du colon.
Même si la Révolution
de mil sept cent quatre vingt-neuf
avait pendant la Convention
par une décision fort sage
aboli déjà l’esclavage
et accueilli des députés
de couleur à l’Assemblée
avant que la de Beauharnais,
Joséphine de son prénom,

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« Douleurs fantômes » & « Point à la ligne ! »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Douleurs fantômes

Au gré changeant de mes envies
et le bonheur en cœur de cible,
j’écorchai mon âme sensible
sur l’âpre chemin de la vie…

Après maints chagrins, maints déboires,
j’ai fini par perdre l’espoir
d’être un jour enfin satisfait
et que mon esprit soit en paix…

De ces trop nombreuses blessures
coula le sang d’une écriture,
coagulant en une croûte
de mots tout au long de ma route…

La poésie fut efficace
pour panser les plaies de mon cœur
et le temps la douleur efface
comme d’oubli une liqueur
mais les cicatrices demeurent
gravées au fond de la mémoire…

On a beau essayer de boire
et ces fantômes d’oublier
auxquels on ne voudrait plus croire,
ils reviennent toujours hanter
la solitude de nos soirs…

Point à la ligne !

Quand de vie notre ligne
brusquement s’interrompt
dans le creux de la main,
serait-ce un mauvais signe ?
On n’est plus sûr de rien,
pas même de demain…

La mort est en ligne de mire,
ligne de mort d’un avenir
qui devient flou et incertain…
Semble la ligne d’horizon
être le mur d’une prison !

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An zafè dlo

An zafè dlo

— Par Daniel M. Berté —
Gro lapli ka tonbé
Laviè ka débòdé
Lè gro kanrèm rivé
Poutan nou mantjé dlo
Man vréyé dlo, man pa mouyé pèsonn

Lasopama sloganné
Tè sé bwa, bwa sé dlo, dlo sé lavi
Epi dot i goumen
Pou sa protéjé dlo
Dlo pa ka monté mòn

Lasétéèm mandé
lotorité inik
Lé konséyé jiré
Pou tout moun menm pri dlo
Ou pa ka sali dlo’w

Lakasem ek Kapnò
Di wop tjenbon-tiré
Lespassid déklaré
Sé an fo bon lidé
Pa pran dlo mousach pou let

Laduem li afiwmé
Fok fè diféraman
Puma di réparé
Tout tiyo ki krévé
Chayé dlo an pannyé

Odisi Esème
Di sé nou lé fewmyé
Sé nou ki pou fiksé
Pri pou moun péyé dlo
Kout kouto an dlo pa ka lésé mak

Lamses ka djoubaké
Pou pé sa dépolyé
Fo déklòwdékoné
Pou sové la santé
Pwason an dlo toulong men i ka santi fré

Komité sitwayen lisid
Dénonsé la jésyon
Mandé fè an réfowm
Dlo potab pou tout moun
Dlo pyé’w an difé, ou pa menm sav

Pandan yo ka babyé
Dlo ka ped anba tè
Pandan yo ka palé
Lé pépa ka pijé
Dlo dépasé farin Daniel M.

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“Alea jacta est !” & « Nomade’s land »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

“Alea jacta est !”

L’envie de remonter le temps
comme on remonterait un fleuve
en ramant à contre-courant
n’est certes pas une idée neuve…

Croire en reculant qu’on avance,
refusant de devenir vieux,
vouloir une seconde chance
en espérant faire un peu mieux…

On prend les mêmes, on recommence,
on dit je t’aime à qui l’on pense,
on veut retomber en enfance
en retrouvant son innocence…

Mais à cela, hélas, la science
nous apporte son désaveu…
Car, en dépit de tous nos vœux,
rebrousser chemin ne se peut !

Vivre est une drôle de danse
qui nous consume de son feu,
de hasard un genre de jeu
dans lequel on a peu confiance

car dès que les dés sont jetés
on sait qu’on ne pourra rejouer
mais jusqu’au bout nous faut aller…
“alea jacta est !”

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« Fête de la Musique »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Fête de la Musique

Ce soir, faites-en tous :
je veux des décibels
car la musique est belle !

Elle est comme des mots d’émotion
dont avec le cœur tous
comprennent la signification

car elle n’est pas intellectuelle…
C’est un langage universel,
échec à la tour de Babel !

Quand la musique est belle,
qu’elle déploie ses ailes
au vent des instruments,

unissant mâles et femelles
en un même mouvement :
cette danse rituelle,

cette transe d’amour
qui mouille les aisselles
jusqu’à l’orée du jour,
on oublie nos querelles…

Alors je vous en prie,
sous la voûte du ciel,
amis, faites du bruit
jusqu’au bout de la nuit !

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« Puanteur! » & « Titanic »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Puanteur!

Les champions du on-dit,
rois de la calomnie,
princes de médisance,
ceux dont la complaisance

dans cette puanteur
leur donne l’apparence
d’une vraie fausse aisance
à remuer la merde

de leur fosse d’aisances,
n’ont donc rien à y perdre
sinon un temps précieux…
Tous ces fieffés menteurs

colporteurs de rumeurs
qui, sans honte et sans peur,
aiment par-dessus tout
se vautrer dans la boue,

ces oiseaux de malheur
dont les mots sont la fiente,
qui sans cesse nous hantent
de leurs boules puantes,

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An laviya, lé sa ki, sé yo

— Par Daniel M. Berté —

An laviya, lé sa ki, sé yo

An laviya, lé sa ki
ka brilé
lavi paw lé dé bout
ka woulé
a dé-san anlè tout vié lawout
ka kontinyé
fonsé san krent épi san dout
sé yo ki ka siwviv

An laviya, lé sa ki
ka alé
ek ka ba lari chenn
ka éré
touléjou kondi an nanm an penn
ka viré
san ayen kon an konkonm san grenn
sé yo ki ka déviv

An laviya, lé sa ki
ka pléré
pou an wi pou an non
ka lonjé
an lanmen pou vòlè an bonbon
ka anvyé
sa ki bon ek menm sa ki pa bon
sé yo ki ka souviv

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« La beauté du geste », « Au bout du rêve » & « Un rêve en couleur »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

La beauté du geste 

Comme de pas les traces
sur du sable ou la glace
et des paroles écrites
à la mine graphite,

petites lettres noires
sur le blanc d’un papier,
ton reflet au miroir,
ton nom dans les mémoires,
eux, vite aussi s’effacent

puisque sur cette Terre
tout n’est que vanité
et aucune matière
n’est faite pour durer…

Volonté de créer
malgré tout la beauté
dont on n’est pas moins fier
si elle est éphémère…

Nous sommes des semeurs
et le faisons sans peur
et sans même l’espoir
de pouvoir récolter

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Chan lé chan

— Par Daniel M. Berté —

chan koton,
chan kafé,
chan kann,
chan mizè…

An solitid-mwen…
An solitid-mwen…

adan chan koton-yo,
malè-mwen ka pléré,
malè-mwen ka lévé,
malè-mwen ka palé…

adan chan doulè-mwen…
adan chan doulè-mwen…

an solitid-mwen,
adan chan kafé-yo,
doulè-mwen ka monté,
doulè-mwen ka kriyé,
doulè-mwen ka palé…

adan chan soufrans-mwen…
adan chan soufrans-mwen…

An solitid-mwen,
adan chan kann-yo,
soufrans-mwen ka pété,
soufrans-mwen ka rélé,
soufrans-mwen ka palé…

adan chan dévenn-mwen…
adan chan dévenn-mwen…

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« Nos amis les mots… », « Le pouvoir des mots », « Écrire… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Nos amis les mots…

Les mots sont nos amis !
Parfois ils sont lointains,
parfois ils sont anciens…
On ne les connaît pas
comme une famille éloignée
qu’on a envie de rencontrer.

Mais qu’on les appelle,
qu’à haute voix on les épelle,
aussitôt ils sont là
quand on en a besoin
afin de nous aider
à communiquer nos pensées
et partager nos émotions…

Les mots ont une histoire,
ils ont une mémoire,
en eux un grand pouvoir,
en eux un grand savoir,
ils sont chargés d’espoir !
Si l’on apprécie leur musique,
c’est parce qu’elle est magique…

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« Que dire « , « Makandal & Frankétienne », de Jean-Bernard Bayard

Que Dire

Que dire du Bleu et Rouge de 1803
Que dire de Vivre Libre ou Mourir
Que dire du Noir et Rouge de 1805
Que dire de L’Union Fait La Force
_____
Que dire du pouvoir executif à vie
Que dire de tous ces coups d’état
Que dire de 24 constitutions 1805-1987
Que dire de tant de crimes avec impunité
_____
Que dire de toutes ces élites parasites et prédatrices
Que dire de tous ces politiciens criminels et voleurs
Que dire de toutes ces institutions bancales et bordèles
Que dire de la Justice faussaire et absente depuis 1804
_____
Que dire de la tutelle et curatelle étrangères depuis 1825
Que dire de notre paysannerie abandonnée et méprisée
Que dire de la tromperie et de l’hypocrisie des religions
Que dire des hommes d’affaire avides, cupides, et magouilleurs
_____
Que dire des quatre langues créoles qui nous colonisent
Que dire de la langue haïtienne infériorisée et dévalorisée
Que dire de l’identité nationale qui n’a jamais été définie
Que dire d’une reconstitution possible pour Haïti ou Ayiti
Jean-Bernard Bayard

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Poésies : parutions de mai 2026

✨ Espaces littéraires

📘 Frankétienne : ce génial mégalomane

Sony Calixte

Considéré comme l’une des figures majeures de la littérature haïtienne contemporaine, Frankétienne s’impose comme un créateur hors norme, dont l’œuvre traverse les frontières et les disciplines. Écrivain, peintre et homme de théâtre, il déploie un univers foisonnant, déroutant et profondément singulier.

Cet ouvrage propose une lecture originale de cette œuvre protéiforme en explorant les dimensions esthétiques, philosophiques et politiques qui fondent l’univers de Frankétienne.

📖 166 pages
📅 Parution : 30 avril 2026
📚 Collection : Espaces littéraires
💶 18,00 €
🔖 EAN : 9782336607788

🌿 Poésie(s)

🔮 La boule de verre 

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Mon frère Davertige

— Par Gary Klang —

Davertige, mon frère, et Port-au-Prince, ma ville natale, si mal en point. Ma ville natale, qui fut si belle, et Davertige dont les vers d’Idem expriment cette beauté morte dans une langue unique.

« Omabarigore la ville que j’ai créée pour toi 
En prenant la mer dans mes bras »

Port-au-Prince est aussi mon Omabarigore et demeure dans mes souvenirs la ville qu’elle fut jadis, un lieu mythique où s’enracinent mes rêves d’enfant et mes poèmes. Et non la ville-poubelle que les médias occidentaux exposent avec une joie sadique sous son plus mauvais jour. Ville-détritus, ville-enfer, Calcutta des Antilles, où les assassins kidnappent et tuent en plein midi. Ville kafkaïenne, à l’opposé de celle de mes songes et dont Davertige nous restitue l’atmosphère tranquille d’avant la dictature :

« O mémoire ô mémoire redites-moi sa vie parmi les fleurs blanchies 
Parmi les fers à repasser et les vieux moulins à café 
Parmi les tables de lessiveuse et les cuvettes de linge frais »

Il faut lire Davertige. L’universel se mêle ici au particulier, et s’il nomme Port-au-Prince c’est pour s’échapper aussitôt dans une surréalité qu’André Breton eût appréciée :

« Je voulais librement m’en aller à travers Port-au-Prince 
Quand un monsieur en bleu me dit – Arrêtez mon cher Ange… 
Ma petite folle s’en allait les cheveux pleins de vers luisants 
Mille Messieurs en bleu m’encerclaient un instant 
Me tenaient par le cou Et j’arrivais à me défaire d’eux 
En disant – Sales punaises aux yeux rouges de feu…»

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Pétrol

Pétrol

An gro tet jòn-fol
Ki ka jwé pliziè wol
Mété limond an bòbol
Pou an zafè pétrol…
Sa pa drol !

Epi konpè’y ki pa boug mol
Yo ladjé bonm anlè lékol
Tjenbé détwa Dowmuz pa kol
Fouté Kiba dan an lajol…
Sa pa drol !

Yo fouté péyi an lakol
Désann lékonomi an vol
Di nò o sid ant lé dé pol
Tousa pou an zafè pétrol…
Sa pa drol !

Zopozan ki lé fè kakol
Kisiswa Pyè kisiswa Pol
Pyé-yo maré dan an ti-bol
Ek yo ka pèdi lapawol…
Sa pa drol !

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Mai . Poésie : 5ème édition du 8 au 16 mai 2026 | Martinique

…Trouver l’eau nocturne qui lavera nos yeux

Du 8 au 16 mai, la Martinique accueillera la 5e édition du festival Mai.Poésie, rendez-vous désormais incontournable porté par l’association Balisaille. Pendant plus d’une semaine, lectures, débats, performances, rencontres, musique et moments de partage feront circuler la poésie à travers plusieurs communes de l’île, dans une programmation entièrement gratuite et ouverte à tous.

Cette nouvelle édition s’inscrit sous un thème puissant et profondément symbolique : « Trouver l’eau qui lavera nos yeux ». Une formule inspirée d’un vers du poète Saint-John Perse, pseudonyme d’Alexis Léger, extrait du cinquième chant d’Anabase publié en 1924 :
« Duc d’un peuple d’images à conduire aux Mers Mortes, où trouver l’eau nocturne qui lavera nos yeux ? »

À partir de cette interrogation poétique, les organisateurs ont voulu construire une réflexion collective sur notre époque, nos fragilités et notre besoin de renouvellement. Dans l’imaginaire caribéen, « se laver les yeux » signifie autant retrouver l’émerveillement face à la beauté du monde que sortir de l’ignorance pour accéder à une conscience nouvelle. Quant à l’eau, elle apparaît ici comme un symbole de purification, de renaissance et de vie.

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Guerrier du verbe ou « Les armes miraculeuses » & Requiem pour aujourd’hui !

Guerrier du verbe ou « Les armes miraculeuses »

Pour stopper la souffrance
et consoler les larmes
mes mots seront des armes
qui sculptent le silence…

Tranchants et acérés
tels des silex taillés :
pointes dures de lances,
de flèches décochées

contre l’iniquité
que je prendrai pour cible…
Et si ces mots je lance
parfois avec violence,

c’est que tout est possible
à qui sait s’en servir,
non pas pour asservir
mais pour se rendre libre,

rétablir l’équilibre
rompu par l’égoïsme,
la haine et le racisme…
Puisque depuis toujours

je dis que les poètes
sont guerriers de l’amour
et leurs mots sont en fait
de miraculeuses armes
pour sécher bien des larmes,

faire cesser les guerres,
repousser la misère
comme a écrit Césaire
et puis pour être “Aimé”
de ceux qu’ils ont sauvés !

Requiem pour aujourd’hui !

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Lavé zyé-nou

— Par Daniel M. Berté —

A la baz Saint-John Perse mandé dan Anabase
« koté pou touvé dlo lannuit ki ka’y lavé zyé-nou ? »
Mai-Poésie épi krey Balisaille mandé osi
« touvé dlo lannuit ki ka’y lavé zyé-nou »

Dlo-lannuit sé ki dlo ?

Dlo-fret Dlo-benyen Dlo-lavandé ?
Dlo-lariviè Dlo-lasous Dlo-glasé ?
Dlo-brè Dlo-dous  Dlo-gazez ?
Dlo-danmjann Dlo-lanmè  Dlo-férijinez ?

Dlo-twalet Dlo-prop Dlo-ma ?
Dlo-karaf Dlo-boutey Dlo-ja ?
Dlo-marigo Dlo-mang Dlo-béni ?  
Dlo-kalbas Dlo-kourant Dlo-dòmi ?

Dlo-lafontèn Dlo-sal Dlo-cho ?
Dlo-plat Dlo-minéral Dlo-koko ?
Dlo-potab Dlo-bonm Dlo-robiné ?
Dlo-lasénisman Dlo-sitèn Dlo-kafé ?

Dlo-divin Dlo-de-révey Dlo-mennen-vini ?
Dlo-de-viktwaw Dlo-piman Dlo-lapli ?
Dlo-briz-tout Dlo-damérik Dlo-ben-démaré ?
Dlo-kloruré Dlo mousach Dlo-sawlé ?

Lavé zyé kiles nou ?

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« L’amour, pas la guerre ! » , « Si c’était à refaire… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

L’amour, pas la guerre !

Souvent la révolte en moi gronde,
l’envie de refaire le monde !
Hélas, on se sent impuissant
à empêcher toutes ces guerres

où l’on verse inutilement
le sang de tant d’hommes innocents,
plongeant d’autres dans la misère,
faisant de leur vie un enfer…

Comme je ne peux rien y faire,
ça soulève en moi la colère
contre ces pseudo gouvernants
mais vrais assassins en col blanc,

tous ces vils profiteurs de guerre
planqués bien à l’abri derrière,
s’enrichissant tranquillement
sur la mort de milliers de gens…

Paix, amour et fraternité
sur Terre doivent enfin régner…
Cessons de vivre dans la peur :
tout être a le droit au bonheur !

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Kankan milan ek chui-chui-chui

Kankan milan ek chui-chui-chui

— Par Daniel M. Berté —

Kankan milan ek chui-chui-chui
Pa koté lakay-nou sé an spow nasional

Kankangnez otjipez pandan tout lajounen
Anlè do lafanmi, lé zami, lé vwazen

Milannez soutirez ka rakonté zafè
Anlè tet nonm kon fanm ka di sa yo pa wè

Chui-chui-chui san fè bwi, ka palé épi fwa
Mété bouch anba bra, ek sé pa pawol swa

Kankangnez bien alez adan radio-fey-chou
Ka kòlpòwté anchay tou lé jou ki fè jou

Milannez annafez vini modernizé
Yo kité kwen-lari, délésé lé mawché

Chui-chui-chui, chui-chui-chui, véyé zafè lézot
Pawol janbé finet ek soté pa lapot

Malpawlez jòdijou dan média ofisiel
Séré dèyè pòwtab ka dévèsé bon fiel

Epi lé nouvel mod, yo anko pli fetchiez
Yo jis chanjé non-yo ek yo ka fè bon djez

Tanto yo fesboukez, dot lè enstagramez
Yo osi gran twitez, rèn rézo-sosioez

Daniel M. Berté 91118

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« Poème pour une danseuse », « Passagère de la pluie… »,  » Le bonheur »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Poème pour un danseuse

Si tu danses pour moi,
si sensuelle et lascive,
et qu’ainsi tu ravives
mes plus profonds émois,

lors j’écrirai pour toi
le plus beau des poèmes
pour dire combien j’aime
la magie de tes pas…

Quand, si belle à mes yeux,
tu t’élèves en dansant
telle fumée d’encens
légère vers les cieux,

je suis sûr que de toi
les insensibles dieux
et même aussi des rois
tomberont amoureux…

Et, contemplant ta danse,
je m’envole avec toi…
Mon cœur s’emplit de joie
et mon corps entre en transe !

Passagère de la pluie…

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Kracha

— Par Daniel M. Berté —

Kracha

Kracha bet
Kracha dromadè
Kracha lama
Kracha kobra
Kracha zagriyen
Pas …

Kracha kolonié
Kracha rayisans
Kracha sipériorité
Kracha limiliasion
Kracha dominasion
Non !

Kracha nonm
Kracha mépri
Kracha lakolè
Kracha lensilt
Kracha rasis
Janmen sa !

Manman té ka di :
Man ka kraché atè, pa kité’y sek
Sé té pou’w ba kò’w balan
Lè’y té vréyé’w fè konmision
Respé pou’y souplé !

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