— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Douleurs fantômes
Au gré changeant de mes envies
et le bonheur en cœur de cible,
j’écorchai mon âme sensible
sur l’âpre chemin de la vie…
Après maints chagrins, maints déboires,
j’ai fini par perdre l’espoir
d’être un jour enfin satisfait
et que mon esprit soit en paix…
De ces trop nombreuses blessures
coula le sang d’une écriture,
coagulant en une croûte
de mots tout au long de ma route…
La poésie fut efficace
pour panser les plaies de mon cœur
et le temps la douleur efface
comme d’oubli une liqueur
mais les cicatrices demeurent
gravées au fond de la mémoire…
On a beau essayer de boire
et ces fantômes d’oublier
auxquels on ne voudrait plus croire,
ils reviennent toujours hanter
la solitude de nos soirs…
Point à la ligne !
Quand de vie notre ligne
brusquement s’interrompt
dans le creux de la main,
serait-ce un mauvais signe ?
On n’est plus sûr de rien,
pas même de demain…
La mort est en ligne de mire,
ligne de mort d’un avenir
qui devient flou et incertain…
Semble la ligne d’horizon
être le mur d’une prison !
Le temps est un trou noir
où tout disparaît, tout s’efface :
la lumière comme l’espace,
les rêves avec les illusions
se perdent dans cet entonnoir
où s’engloutit même l’espoir !
Ce qu’il y a au-delà ?
Un grand point d’interrogation
avec des points de suspension
à la réponse à la question :
“Et après ?” Nul ne le sait…
Un point, c’est tout : point à la ligne !
