— Par Roland Sabra —
Rentrée au théâtre foyalais

au théâtre de Fort-de-France
Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
Le Maître est innommable, on ne connaîtra jamais son nom, peu importe il s’agit ici d’une figure de maître. Seul le valet porte un nom il s’appelle Jacques. L’un est paresseux, peu curieux, ayant pour rares centres d’intérêt son tabac, sa lunette et sa montre. Le valet est virevoltant, bavard, têtu, ingénieux. Comment ne pas penser par anticipation à la dialectique du maître et de l’esclave? Comment ne pas lire une leçon de matérialisme, comme dénonciation du spiritualisme et de l’idéalisme de l’époque, justifications métaphysiques et morales des hiérarchies sociales, quand maître et valet rencontrent une aubergiste qui s’adresse indifféremment et sur le même mode à l’un et à l’autre? Lire Plus



Raconter l’histoire multimillénaire d’un peuple à travers sa musique, ses chants et ses danses tel est le pari magnifiquement réussi de deux femmes sud-africaines, Thelmi Nyandemi, ancienne danseuse étoile d’un spectacle renommé « Ipi Ntombi » et Todd Twala, chorégraphe qui dans les vingt dernières années du vingtième siècle décidèrent d’unir leur forces et de mettre au service d’une noble cause : sortir les enfants des boulevards qui mènent au crime et leur offrir une possibilité de s’approprier leur histoire niée par le régime de l’apartheid. Umoja nous conte une histoire éternelle, universelle, parce que très précisément inscrite en un lieu géographique, historique, ethnographique on ne peut plus précis, celui du peuple Zoulou. A travers toutes les vicissitudes de l’histoire, mais aussi ses moments flamboyants, dans les rites de la naissance, de l’initiation, des mariages, de la mort des proches et des ancêtres UMOJA nous rappelle que l’ histoire de l’humanité n’est rien d’autre que l’histoire des hommes et des femmes, de leurs amours, de leurs rivalités, de leurs différences irréductibles, et de leurs rencontres possibles et impossibles.


Le choix de deux interprètes blancs pour évoquer la négritude surprend au prime abord.
Il y a, selon moi, deux approches de la notion d’actualité :







Chorégraphié et interprété par Laurence Couzinet et Thierry Sirou






