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Trente ans plus tard le groupe Bélénou créé en 1980 par Edmond Mondésir et Léon Bertide est en train de réussir son pari. Le Bélé instrumental que développe le groupe, le renouveau des mélodies et des textes inscrits au cœur de la réalité caribéenne que l’on a pu découvrir le jeudi 12 mai au CMAC en témoignent, ainsi que les reconnaissances internationales qui commencent auréoler Bélénou. Le 24 mars dernier Olivier Morel Maroger directeur délégué de France Musique décernait à Edmond Mondésir le Prix France Musique du Monde lors de l’ouverture du Forum Babel Med à Marseille. Ce forum international participe aux rencontres professionnelles de la World Music connues sous le nom de Dock du Sud. La grande intelligence créatrice du groupe se manifeste par une alliance, un dialogue permanent entre l’hier et l’aujourd’hui, on serait même tenté de dire, compte tenue de la formation universitaire de philosophe d’Edmond Mondésir une dialectique vivante et enrichissante. Comme quoi on peut être ( ou avoir été) marxiste et musicien! Défenseur d »une authenticité qui s’enracine dans les luttes contre l’esclavage, puis dans les luttes ouvrières et paysannes il développe donc des formes instrumentales, mélodiques et harmoniques nouvelles avec des emprunts venus du blues, du jazz etc.












Cette phrase de Jean-Paul Sarte à propos des « Mains sales » s’applique assez bien au théâtre de Marivaux (1688-1763) qui invite le spectateur à réfléchir sur l’inégalité sociale, sans pour autant réclamer un changement politique. Marivaux n’est pas révolutionnaire. Dans le langage moderne, tout au plus serait-il « réformiste ». Moraliste est semble-t-il le mot le plus adéquat. Dans l’Ile aux esclaves, qui nous est présentée le 28 janvier à 20 h 30 dans la salle Frantz Fanon du CMAC-ATRIUM, il fait appel sinon à l’humanisme des personnages, tout au moins à leur humanité, à leur raison, ce en quoi il préfigure le siècle des Lumières sans en avoir les audaces politiques. Résumons l’intrigue. En un temps qui fait référence à la Grèce antique, mais que le vocabulaire de la pièce dément, et à la suite d’un naufrage, quelques survivants, maitres et valets, échouent sur une ile dans laquelle les rapports sociaux sont inversés. D’anciens esclaves ont pris le pouvoir et rééduquent les maîtres qui débarquent dans la République en leur imposant l’ancien statut d’esclave tandis que les anciens esclaves sont mis dans la condition de maître.











