La dette comme impensé politique : chronique d’une austérité annoncée

L’outre-mer sur la sellette avec la politique budgétaire de l’État qui préfigure d’ores et déjà en 2028 une violente crise d’austérité pour la Guadeloupe et la Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Le budget actuellement débattu apparaît moins comme un exercice de redressement des finances publiques que comme un budget de renoncements successifs, révélateur d’une incapacité persistante de l’État à se projeter au-delà de l’urgence politique immédiate. Derrière l’affichage d’une trajectoire de déficit prétendument maîtrisée et la répétition incantatoire de l’objectif de retour sous la barre des 5 % du PIB, se dessine une réalité beaucoup plus préoccupante : celle d’un pays qui ne prépare en rien le choc budgétaire désormais inévitable à partir de 2028, faute d’économies structurelles, de réformes de fond et surtout d’une stratégie crédible de désendettement.

La question de la dette publique est traitée comme un sujet périphérique alors qu’elle constitue le cœur du problème. En dépit des engagements pris dans le cadre du nouveau traité européen, le gouvernement n’a apporté aucune démonstration tangible de sa capacité à inverser durablement la dynamique de l’endettement. Les choix opérés privilégient une opération de compromis et une logique d’équilibre politique à court terme : renoncement à certaines recettes fiscales pour éviter la censure, maintien ou extension de dépenses sociales significatives, et recours à des mesures temporaires comme la surtaxe ciblant un nombre limité de grandes entreprises, érigée en variable d’ajustement commode mais insuffisante.

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