Opéra

L’Opéra, documentaire de Jean-Stéphane Bron

« J’ai filmé une utopie. »

Le documentaire de Jean-Stéphane Bron, à l’affiche depuis une semaine, vous plonge dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Récit d’une saison, récits de vie, genèses de spectacles s’entrecroisent dans ce film joyeux, où le collectif et la pulsion vitale de la musique tiennent une grande place.

« Une réussite totale, un documentaire qui devrait être montré à
tous ! »
Opera-Online

« Attention, documentaire exceptionnel, une merveille pas moins »
Le Parisien magazine

« À ne rater sous aucun prétexte »
Les Echos

« Une immersion toute en grâce et en musique. »
Le Figaro

« On aimerait que le film continue et dure… L’Opéra est Un chef-d’œuvre ! »
Toutelaculture.com

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« J’ai filmé une utopie. » Entretien avec Jean-Stéphane Bron



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Opéra: Pretty Yende, la génération post-apartheid à la conquête de la scène lyrique

pretty_yende« Je n’ai jamais connu l’apartheid »: Pretty Yende, 31 ans, croit en « un monde aux possibilités infinies ». La pétulante sud-africaine sera vendredi à l’Opéra de Paris la première soprano noire à tenir le rôle de « Lucia di Lammermoor ».
« Nous vivons des temps merveilleux, où la couleur de la peau importe moins que le talent », dit la jeune femme au sourire éclatant, qui assure n’avoir rencontré aucune discrimination de la part des grandes scènes lyriques.
Née en 1985 dans la petite ville de Piet Retief à 300 km de Johannesburg, elle fait connaissance avec l’opéra à 16 ans en entendant le fameux « Duo des fleurs » de Lakmé à la télévision dans une publicité.
« J’ai trouvé ça magique, surnaturel », dit-elle en riant. « Quand j’ai appris que cela s’appelait de l’opéra et que ce son surnaturel venait de la voix humaine, je me suis dit qu’il fallait que je chante comme ça. …

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Prélude à Avignon : Warilkowski à Aix

— Par Selim Lander —

Haendel Warilkovski1En Provence, la saison des festivals vient de commencer. Aix qui a ouvert le ban programme du 30 juin au 20 juillet sept opéras ou oratorios ; Arles propose 40 expositions de photos du 4 juillet au 25 septembre ; quant à Avignon, auquel nous consacrerons les billets suivants, c’est du 6 au 24 juillet la débauche habituelle avec plus de 1400 pièces de théâtre ou « seuls en scène » dans le OFF (record battu) et quelques dizaines de spectacles dans le IN. Et c’est sans compter avec les a-côtés : projections, rencontres entre professionnels et avec le public, débats, et, spécifiquement à Aix, les concerts, récitals et autres « master classes ».…

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Carmen la Cubana

carmen_habaneraAdapter le célèbre opéra Carmen de Bizet en le transposant dans le monde contemporain ? Déjà Oscar Hammerstein II l’avait fait en 1943 pour Broadway avec Carmen Jones, dont Preminger devait tirer un film culte en 1954. L’œuvre devient aujourd’hui un musical cubain, le premier du genre, d’après Bizet mais en espagnol et situé cette fois à La Havane, à la veille de la révolution cubaine. Carmen travaille toujours dans une fabrique de cigares, mais la habanera retrouve ici son pays d’origine !

Situant l’action à l’époque où Castro et ses militants entreprirent de renverser le dictateur Batista, le dramaturge cubain Norge Espinosa Mendoza donne une résonance contemporaine à l’histoire intemporelle de Carmen. À Guantánamo, dans la campagne cubaine, Carmen, fille d’un soldat américain et d’une prostituée cubaine métisse, rêve d’une vie meilleure. Prisonnière de la fabrique à cigares locale, elle ne dispose que de son puissant pouvoir de séduction pour tromper l’ennui. Elle remarque José, un jeune soldat aussi naïf qu’innocent engagé dans l’armée de Batista qui finit lui aussi par succomber à sa beauté sensuelle.…

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Quand l’opéra dénonce les crimes contre l’humanité

— Par Alain Boeuf —

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Benjamin, dernière nuit, de Michel Tabachnick sur un livret de Régis Debray. —Photo : Stofleth—

Avec son festival annuel, l’Opéra national de Lyon ose la prise de risque avec des œuvres rares et une création.

Lyon, correspondance. Il y eut Claude de Thierry Escaich, sur un livret de Robert Badinter, et cette année Benjamin, dernière nuit, de Michel Tabachnik sur un livret de Régis Debray. Pour Serge Dorny, le directeur de la scène lyonnaise, si l’art divertit, également il questionne et « c’est essentiel dans notre civilisation menacée par le repli sur soi, l’intolérance et la violence ». Dans ce festival intitulé « Pour l’humanité », quatre œuvres sont en alternance à l’affiche, qui résonnent comme des voix de la liberté : violence des intégrismes et des religions sources de conflits, avec la Juive de Halévy, chants des ténèbres venus des camps de concentration d’où Viktor Ullmann (l’Empereur d’Atlantis) et Hans Kràsa (Brundibar) font entendre leurs voix et, comme pour enrichir le patrimoine de demain, la création mondiale de Benjamin, dernière nuit.…

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Opéra. La passion du sang et de la mort

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Photo : Bernd Uhlig/Opéra de Paris

— Par Maurice Ulrich —
L’Opéra Garnier de Paris propose, en les enchaînant l’un à l’autre, « le Château de Barbe-Bleue », de Bartok, et « la Voix humaine », de Cocteau 
et Poulenc, sous la direction d’orchestre d’Esa-Pekka Salonen et dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski. Une réussite.

Bartok achève la composition du Château de Barbe-Bleue, son seul opéra sur le livret de son ami Béla Balazs, en 1911. Assez mal reçu, il ne sera joué pour la première fois qu’en 1918. Sans doute ce huis clos en enfer de deux personnages ne correspond pas vraiment à ce qu’on pense alors de l’opéra. Il y a ici beaucoup d’instruments de torture, beaucoup de sang sur les bijoux, sur les fleurs. Une dizaine d’années auparavant, Octave Mirbeau avait publié le Jardin des supplices, cette terrifiante promenade d’un couple amoureux dans le raffinement esthétique de l’horreur. Au moment où Bartok compose, la psychanalyse est encore balbutiante.…

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L’Amant anonyme : rafraîchissant et délicieusement désuet

— Par Roland Sabra —

chevalier_de_saint_georgeC’est à la générosité de la Fondation d’Entreprise SPHERE, que l’on doit la présentation de l’Amant anonyme le seul opéra du Chevalier de Saint-George qui nous soit parvenu complet. L’argument est d’une grande minceur. Qu’on en juge : Alain Guédé, apôtre zélé de la cause de Joseph Boullongne de Saint-George, rapporte ainsi les circonstances de la création de L’Amant anonyme : « Valcour, un riche aristocrate, est secrètement amoureux de la belle Léontine dont il est devenu le confident depuis que son mari l’a quitté. Mais, n’osant lui déclarer son amour, il lui adresse anonymement fleurs, présents et lettres enflammées. Le cœur de la prude Léontine finit bien vite par balancer entre la présence douce et rassurante d’un Valcour et la passion qui éclate dans les lettres de son amant anonyme. Le dilemme est tranché lorsqu’elle découvre que les deux ne forment qu’une seule et même personne. ».
Le livret est issu d’une comédie homonyme en cinq actes écrite par Stéphanie Félicité du Crest de Saint-Aubin, autrement connue sous son nom de plume  de Félicité de Genlis.…

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« L’amant anonyme » du Chevalier de Saint-George : un joli cadeau

— Par Selim Lander —

L'amant anonyme (Saint-Georges)En offrant aux Martiniquais cet opéra du Chevalier de Saint-George (1739-1799), le seul de lui dont on ait conservé la partition intégrale, l’EPCC Atrium permet de mieux connaître ce musicien né esclave en Guadeloupe, qui devint la coqueluche de la Cour, puis s’illustra comme colonel des armées de la Révolution.  Au mois de décembre dernier, un spectacle musical consacré au « Nègre des Lumières » avait raconté sa vie aventureuse en l’illustrant par des extraits de ses compositions[i]. Cette fois, c’est donc une œuvre entière de lui qui est représentée, en formation d’opéra, avec une vingtaine de musiciens de l’orchestre de Pressbourg  (Bratislava, Slovaquie ) dans la fosse (essentiellement des cordes) et les chanteurs en costume d’époque. Pour le chœur, il a été à nouveau fait appel aux ressources locales, en l’occurrence la chorale de Sainte-Thérèse qui, malgré une partie plutôt restreinte, a séduit par son ampleur et sa justesse.…

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L’amant anonyme

 Atrium : Jeudi 16 & Vendredi  17 avril à 20h

amant_anonyme-afficValcour, riche aristocrate, aime en secret Léontine dont il est le meilleur ami. Il se confie à Ophémon, son ami. De peur d’être rejeté, il n’ose se déclarer et lui envoie d’une manière anonyme des cadeaux et des lettres enflammées, ce qui intrigue fortement Léontine qui se confie à son amie Jeannette et à Valcour pour chercher à savoir qui est cet homme.
Jeannette, elle, est amoureuse de Colin mais elle est aussi sensible au riche et puissant Ophémon, l’ami et confident de Valcour. Léontine ne sait plus que faire entre les lettres enflammées de l’inconnu et la douce amitié de Valcour. Perdue dans ses sentiments, elle revit lorsqu’enfin Valcour se déclare comme étant l’amant anonyme pendant que le coeur de Jeannette fond pour Colin.
L’amour triomphe tandis que les villageois chantent la joie de voir les amants et qu’Ophémon laisse les amoureux à leur heureux destin.

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Le Chevalier de Saint-George
Né esclave en Guadeloupe en 1739, il sera l’une des figures de la société parisienne des Lumières.…

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« Le Nègre des Lumières » – Belle musique, ravissantes images

Par Selim Lander

Le Nègre des LumièresLe chevalier de Saint-George (1739-1799) fut l’un de ces hommes que leurs multiples talents entraînent au-dessus de leur état ; il parvint à s’affranchir de sa condition méprisée de mulâtre, gagner ses entrées à la Cour et devenir l’une des personnalités les plus en vues de l’Ancien Régime finissant. On connaît la phrase de Sartre : « Nous sommes ce que nous faisons de ce que les autres veulent que nous fassions ». Ce qui signifie que nous ne sommes rien si nous nous contentons de suivre le chemin qui nous est indiqué par l’habitude, le conformisme, la paresse ; et que nous ne commençons à exister et à devenir quelqu’un (puisque « l’existence précède l’essence », autre moto sartrien) qui si nous nous montrons capables de forger nous-mêmes notre propre destin. Saint-Georges fut l’un de ces êtres d’exception, comme, plus près de nous, Jean Genet et quelques autres parias qui ont refusé les cartes pipées trouvées dans leur berceau et inventé un jeu à leur manière.…

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« L’île de Merlin ou le monde renversé » : un accueil triomphal !

ile_merlin— Par Roland Sabra —

Il est des talents cachés, des passions tues. Celle pour l’art lyrique en outremer en est une. Qui en doute encore n’était pas au théâtre A. Césaire le 16 juillet 2014 pour assister au triomphe de « L’île de Merlin ou le monde renversé ». Cela faisait des décennies que cette salle n’avait pas croulé si longtemps sous des applaudissements aussi nourris. Le bonheur se lisait sur les visages ravis des spectateurs. Et c’était largement mérité. On connait l’argument⋅ Deux naufragés, Pierrot et Scapin, arrivent sur une île qui est le reflet inversé du monde parisien dont ils sont issus⋅ Les hommes et les femmes sont d’une fidélité à toute épreuve, la misère est éradiquée, les avocats font preuve de probité, ils prennent à leur charge les frais liés aux procès , les médecins guérissent les malades, les marchands ignorent la cupidité.…

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« L’île de Merlin ou le monde renversé » de Christoph Willibald Gluckun, opéra comique sur des textes français

l_ile_d_merlinLes 16 & 17 juillet 2014 à 19h 30 Théâtre A. Césaire

L’Île de Merlin ou Le Monde renversé de Christoph Willibald Gluck. Opéra comique en un acte sur des textes français

L’Île de Merlin ou Le Monde renversé de Gluck a été initiée par la Délégation générale à l’Outremer de la Mairie de Paris. Scapin et Pierrot viennent d’échapper à une tempête et échouent sur la plage d’une contrée inconnue. Alors qu’ils se plaignent de leur infortune, ils voient tomber du ciel un saucisson, une bouteille, une table servie portant volaille … Quel beau pays ! Deux jolies jeunes filles, des habitants valeureux et honnêtes, des lois favorables aux jeunes gens sans le sou, c’est le «monde renversé», l’île enchantée … l’île de Merlin !
Seule ombre au tableau, les deux jolies filles ont déjà des prétendants …

La communauté d’outremer sait peu à quel point la musique classique, et plus particulièrement l’art lyrique, passionne certains d’entre eux, ni qu’au sein de la nouvelle génération de chanteurs français, des chanteurs d’outremer sont des artistes reconnus par le métier, ou débutent une carrière prometteuse.…

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Aix-en-Provence, une Flûte très enchantée

la_flute_enchantee— Par Hélène Jarry —

Le festival d’art lyrique offre des moments de belle intensité. Et laisse entendre les voix des intermittents.
Au Festival d’Aix-en-Provence, la question de l’intermittence s’affiche en rouge. Instrumentistes, techniciens, chanteurs, chefs d’orchestre, arborent sur leur tenue de travail et jusque dans certains costumes de scène le badge “Culture en danger”. Si le choix a été fait d’assurer les représentations, à l’exception de celle de la première du Turc en Italie, le jour de la grève nationale, les prises de parole rappellent l’attaque entamée par le gouvernement contre les “privilégiés du système”.
L’usage de ce terme, qui vise à donner mauvaise conscience aux salariés par rapport aux chômeurs ou aux travailleurs du spectacle par rapport à ceux du bâtiment, rejoint le cercle hautement vicieux des concepts mettant à l’abri des regards les profiteurs du capitalisme.
Si conscience d’un privilège on peut avoir, c’est de celui qu’il existe, qu’il continue d’exister, malgré toutes les difficultés de vie qu’ils rencontrent, des femmes et des hommes capables de déployer un tel talent pour faire vivre l’art et la culture.…

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Le CMAC en crise : historique

Opération de déstabilisation au CMAC : après Manuel Césaire, Josiane Cueff ?

— par Roland Sabra —

Le débrayage du 06-12-2011

Le 30 avril 2010 Claude Lise, alors Président du Conseil Général mettait fin aux fonctions de Manuel Césaire, administrateur de l’éphémère regroupement CMAC-Atrium et qui de toute façon ne souhaitait pas s’aventurer davantage sur une planche savonnée.  Ce n’était là que l’épilogue, provisoire et non définitif, on va le voir, d’un énième épisode de la guerre picrocholine qui agite le vaisseau amarré rue Cazotte à Fort-de-France. Manuel Césaire avait estimé que les entraves du Conseil Général de l’époque à l’accomplissement de ce pourquoi il avait été nommé, « filialement » relayées à l’intérieur de la structure par des enjeux de pouvoir lui rendaient impossible l’accomplissement de sa mission, en conséquence de quoi il préférait jeter l’éponge. Parmi les chausse-trappes, on assista à une grève minoritaire, sept grévistes en tout et pour tout, se conclure en quelques heures par une augmentation de salaire de 150 Euros.…

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Manuel Césaire aux commandes

— Par Roland Sabra —

Poster-TabouEdito du 20/10/2007

  La rentrée des Mercredi-Cinéma de l’Atrium s’est faite sur les chapeaux de roues. Il y eu d’abord  » L’avenir est ailleurs« , déjà vu et puis l’admirable « Persépolis » d’après la B.D. de Marjane Satrapi. . Plusieurs projections avec débats sont prévues pour « Gouverneurs de la rosée » déjà vu lui aussi. Côté théâtre nous avons déjà évoqué « Manteca« , et nous attendons vivement « L’échange » de Paul Claudel (08 & 09-XI-07) et « L’amour » adaptation de José Pliya du roman « Amour, Colère et Folie » de Marie Vieux-Chauvet ». Monter Claudel est une gageure difficile à soutenir. On lira avec intérêt les propos de  Brigitte Salino, confirmés à postériori par le relatif échec de « L’échange » de Julie Brochen, cet été en Avignon , dont on  a constaté, avec regret, que la profondeur, indiscutable, de sa lecture avait été trahie par une distribution un peu faible.

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