— Par Michèle Bigot —
80è festival d’Avignon 2026
Les festivaliers l’attendaient avec impatience; ils avaient pu apprécier l’art de la dramaturgie chez Christiane Jatahy, lors de la représentation de Le Présent qui déborde en 2019 et de Entre chien et loup en 2021. Cette fois encore, elle ne nous a pas déçus. Travaillant avec Wagner Moura (exceptionnel comédien en première ligne dans Un procès), elle continue à marier le cinéma et le théâtre, tout en se laissant inspirer par d’autres auteurs: (Lars von Trier pour Entre chien et loup, Ibsen pour Un procès. De quoi s’agit-il exactement et quel est ce procès?
Tout se passe comme si la pièce faisait suite au drame écrit par Ibsen en 1882, Un Ennemi du peuple: un médecin, le docteur Thomas Stockmann, tente de convaincre les habitants de sa cité que les eaux curatives de leur source sont empoisonnées. Il se met à dos tous les habitants qui le jugent « ennemi du peuple ». Un Procès imagine que le tribunal siège à nouveau, dans ce qui pourrait être une session d’appel.<p> Lire Plus

— Par Michèle Bigot —
D’après le roman de Camille de Toledo
— Par Michèle Bigot —
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Le Sommet, Christophe Marthaler, Avignon In, La FabricA
« M. Un amour suprême », conception, texte, m.e.s. Gustavo Giacoso, musique: Fausto Ferraiuolo |
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C’est un monologue, une charge contre l’identité que
En dépit du tire, il s’agit moins d’un journal que d’une narration au fil des jours de la vie du petit fonctionnaire Pétersbourgeois, Aksenty Ivanovitch Poprichtchine. quoique d’antique noblesse et fier de son sang bleu, Aksenty a tout d’un déclassé., un de ces ronds de cuir dont fourmillent les administrations du XIXèsiècle et pas seulement en Russie: voir chez Balzac ou Maupassant. Le réalisme littéraire raffole de cette triste figure. Mais chez Gogol la figure se teinte d’une dimension métaphysique; il fait sombrer son anti-héros dans la folie . Vivant seule avec sa domestique ( Mavra, une paysanne ukrainienne nostalgique de la vie au village et qui éprouve un secret mépris pour ces hobereaux russes perdus dans le système et fort incultes à ses yeux, déjà!!), Aksenty se voit contrarié dans son ambition comme dans ses amours. La frustration qu’il accumule est telle qu’il finit pas sombrer dans la folie. L’univers parallèle que lui inspire ses bouffées délirantes le protège de sa déception. Il s’y accroche comme au seul remède à sa solitude et à son désespoir.<p>
— Par Michèle Bigot —
Impressionnée et quelque peu déroutée de voir son texte porté sur scène , Marie NDiaye écrit: « Le spectacle somptueux, furieusement féerique de Blandine Savatier m’a mise en présence de ce que je n’avais pas su ni compris en l’écrivant: cette histoire est un télescopage d’apparitions ou, plus précisément de revenantes. » Belle expérience d’extériorité par rapport à son propre texte, résultat de ce qu’on nomme publication. En rendant un texte public , on le lâche dans la société, il a désormais libre cours et fait son chemin loin de l’auteur. Cette extériorisation est décuplée lorsque ce texte est adapté à la scène: miracle de la scénographie, de l’incarnation par des actrices, des chanteuses, éclairé par des lumières , porté par des voix, des effets de rythme, des évolutions chorégraphiées.
— Par Michèle Bigot —
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