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Pour une candidature du Mouvement Social aux élections de la CTM en juin 2021

Les plus sombres présages nous sont annoncés ici et là pour notre pays comme pour le monde : Exode massif de la jeunesse, enfoncement de couches de plus en plus larges du peuple dans la précarité, le chômage et la misère …Un sentiment se répand dangereusement dans la population, celui qu’il n’y aurait pas de futur.

Pendant ce temps le bal des prétendants à la direction de la CTM s’enrichit chaque jour. Parmi les derniers en date, le président en exercice de la chambre de commerce vient nous rappeler que les milieux économiques n’entendent pas rester l’arme aux pieds.
La majorité sortante s’enorgueillit des bâtiments grandioses, du TCSP, qu’elle a construits, des aides qu’elle a distribuées. En réalité elle est loin d’avoir résolu les problèmes qu’elle listait comme justification de sa candidature en 2015.

Sur bien des points le quotidien qu’elle prétendait améliorer vire au cauchemar : les inégalités sociales croissent, l’alimentation en eau est bien incertaine, les transports par terre et par mer restent encore largement à mettre en place, une formation adaptée et une vie artistique ne sont pas au rendez-vous, les services publics, (dont ceux, cruciaux de la santé pour tous et toutes, de l’intégration sociale des plus démuni.es),

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Septembre, mois du 150ème Anniversaire de l’Insurrection du Sud à la Martinique.

Une lecture théâtralisée est organisée par l’Association Féministe Martiniquaise « Culture Égalité », ce mercredi 30 septembre 2020, de 18:30 à 20:30, à la Maison pour toutes et tous de Tivoli

La lecture est celle de « 1870, FEMMES AU CONSEIL DE GUERRE », une pièce d’Huguette Bellemare et Hervé Deluge, d’après les travaux de l’historien Gilbert Pago.

Le site « Cases Rebelles » parle de la place des Femmes dans les procès qui ont suivi les événements ; extraits.

Un conseil de guerre : 

L’instruction judiciaire aura lieu alors que le Sud est en état de siège, sous l’entière responsabilité des forces armées coloniales : c’est donc un conseil de guerre « réuni pour juger les accusés compromis dans l’insurrection du Sud ». Aux lendemains de l’insurrection, la bourgeoisie blanche réactionnaire avait réclamé des mesures expéditives et une répression terrible qui devrait « une fois pour toutes, mater toutes velléités de résistance ». 

La place des Femmes : 

Quant aux femmes , elles se signalèrent par leur ardeur, ce qui fit dire au gouverneur  qu’elles « se sont montrées dans la lutte plus cruelle que les hommes ».

Les pressions de l’accusation ont commencé dès les interrogatoires lors des arrestations.

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Sur la situation politique que nous vivons

— Par Philippe Pierre-Charles et Gilbert Pago —
Lorsqu’une situation est complexe, la prise en compte de la totalité de ses aspects est la seule façon de voir clair et d’éviter de sombrer dans un opportunisme ou un autre. Voyons ces éléments sans les hiérarchiser ni oublier leur imbrication.

1). Un mouvement martiniquais et mondial de dénonciation du grand mensonge colonial européen (pour l’essentiel), de rétablissement de quelques vérités occultées par les dominants secoue la planète. Nous disons Eya ! Woulo ! Bravo ! Nous en sommes partie prenante comme bien d’autres de nos prédécesseurs. Mener ce travail de vérité ne peut aller sans débats et controverses. Refuser ces débats, en se prétendant détenteur unique et prétentieux de la vérité, reviendrait à accepter le risque que des contrevérités soient légitimées en lieux et place (et à la manière de l’encrage) du mensonge colonial. Rarement la petite phrase de Lénine a été aussi importante : seule la vérité est révolutionnaire !

2). Ce contexte idéologique enveloppe des sociétés dans lesquelles le colonialisme est maintenu sous toutes sortes de déguisements avec son cortège de domination sociale, de dépossession politique, de maldéveloppement chronique.

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Points de vue sur un évènement marquant de ce 22 mai 2020

France Antilles du 22 mai 2020 :  l’événement à Fort-de-France

« En ce jour de commémoration du 22 Mai, un groupe d’activistes a fait tomber deux statues de leur socle avant de les endommager à coups de masse. Les militants sont passés à la vitesse supérieure cette année, contestant l’action de Victor Schœlcher et lui reprochant notamment le décret suivant l’abolition de l’esclavage, ayant permis l’indemnisation des propriétaires d’esclaves. »

Sur People Bò Kay : un acte assumé, un témoignage

Deux militantes martiniquaises ont revendiqué samedi, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, avoir participé à la destruction des deux statues de Victor Schoelcher le 22 mai, jour du 172ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique.

« Ceci est un message à la gendarmerie de la Martinique, la police, les forces armées, les juges, les magistrats. Nous assumons pleinement notre acte parce que nous en avons assez, nous jeunes Martiniquais d’être entourés de symboles qui nous insultent », déclare Jay Assani, activiste martiniquaise très connue sur les réseaux.

« Et nous avons pris la décision, nous ne sommes pas les premiers à s’en prendre à ces symboles.

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Casser les statues de Schoelcher est une démarche qui méconnait une part de l’histoire de la fin de l’esclavage!

— Par Gilbert Pago —

Ma lettre traduit une volonté de dialogue ( serait-elle impossible ?) avec les jeunes activistes. Accepteront elles et ils cette invite ?

Des statues de Victor Schoelcher tant au centre Camille Darsières ( ex tribunal de Fort de France) que celle de l’entrée du bourg de Schoelcher ( à Case Navire), ont été abattues ce vendredi 22 mai.

Le coup d’éclat se définit grandement comme militant, il reste très malheureusement erroné et perturbe encore plus notre compréhension de notre histoire.

Les militants et militantes des années 1960 et 1970 (avec lesquels je suis fier d’avoir très fortement agi) rejetaient le rôle d’une France qui aurait octroyé l’émancipation, par l’action bienfaitrice de ses seuls abolitionnistes dont Schoelcher. Cette génération exigeait de ne pas minorer le rôle de la lutte des esclaves pour l’arrachement de leur émancipation. Elle faisait ressortir que l’ignorance et la méconnaissance des 22 et 23 mai, ne devaient pas perdurer.

Le 22 mai, jour de 5 événements marquants à Saint Pierre et au Prêcheur, devenait à juste raison la date-phare qu’elles et ils érigeaient comme date de commémoration et de célébration, avant même celle du 23 mai, date réelle et officielle de l’abolition de l’esclavage.

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Dolor Banidol, Évremont Gène et 60 personnes, délibéremment tués.

— Par Gilbert Pago —

Une série de 3 articles de 2minutes 30 de Guadeloupe la première au journal télévisé ont porté à la connaissance du public une affaire resté bien enfouie depuis 50 ans ; le crash le 3 décembre 1969 d’un vol Air France venant du Vénézuéla. Martinique la première n’a passé que l’émission concernant la Martinique le 9 juin dernier, ce qui ne permettait pas de comprendre tout l’enjeu de cette affreuse tragédie.

Lire aussi : Dolor Banidol a disparu « parce qu’il était l’un des meilleurs d’ »entre nous » par Yves-Léopold Monthieux

Ce jour du 3 décembre 1969, 62 passagers et personnel d’équipage, venant du Chili, transitant au Vénézuela pour se rendre à Pointe à Pitre, meurent en mer. Il avait été doucement dit à l’époque que tout cela paraissait trouble mais les dénégations n’étaient restées finalement qu’à ce seul stade. Quand on reprenait la liste des passagers, il n’y avait pas de personnalités attirant l’attention médiatique. On y relevait cependant deux membres des partis communistes : l’un secrétaire général du PC Guadeloupéen (Évremond Gène), l’autre membre de la direction du PC Martiniquais (Dolor Banidol, ex ouvrier agricole, petit planteur et syndicaliste).

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Lettre ouverte aux Parlementaires de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane

— Par Gilbert Pago —

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

L’histoire et la géographie de nos territoires se conjuguent pour rendre selon nous évidente la mission pour vous qui découle de la brûlante actualité de notre partie du monde. Personne ne peut être sourd aux bruits de bottes que l’on entend poindre pour le Venezuela.

En tant que Parlementaires, vous pouvez goûter facilement aux amères délices de la fiction suivante.

Imaginez le Président de votre Assemblée Nationale ou de votre Sénat, soudain atteint par la folie du pouvoir ou gagné par le “dégagisme” qui s’exprime en ce moment dans les rues de nombreuses villes de France, depuis 14 semaines contre le Président en exercice, se déclare Président à sa place ( on appelle ça un ” président autoproclamé ” ) au motif , d’ailleurs vrai !, que celui-là n’a été élu que par une minorité du corps électoral français.

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Au bout de 36 ans, Mumia Abu-Jamal ex-condamné à mort, obtient le droit de faire appel de sa condamnation

— Par Gilbert Pago, Président du Comité Martiniquais « Sauvez Mumia Abu Jamal ».—
 Jeudi 27 décembre, le juge Tucker a fait connaître sa décision. Elle est fondée sur le fait que Ronald Castille, alors juge en chef à la Cour suprême de Pennsylvanie, aurait dû se récuser lors de l’examen de l’affaire Mumia en raison de son implication précédente en qualité de procureur sur le même dossier et de ses déclarations favorables à la peine de mort lorsqu’il s’agissait d’homicide de policiers.
Le juge Tucker écrit « L’attente du public d’une justice impartiale était nécessaire. La moindre apparence de partialité ou d’impartialité mine le système judiciaire dans son ensemble ». Et de conclure « Une nouvelle plaidoirie devant la Cour suprême de Pennsylvanie serait donc préférable ». C’est une manière de reconnaître la nécessité d’un nouvel appel non entaché de parti pris.
L’avenir judiciaire de Mumia est désormais entre les mains du procureur général Larry Krasner, élu en 2017 et connu pour ses positions progressistes, notamment sur l’incarcération de masse, les discriminations sociales et raciales, les agissements de la police. Le procureur est en train d’examiner la décision et n’a pas encore décidé de la contester.

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1917-1967-2017 : un retour vivifiant et critique sur l’histoire des luttes révolutionnaires !

— Par Gilbert Pago, militant du GRS —

Le Groupe Révolution Socialiste (G.R.S) a organisé une série de quatre conférences- débats sur le centenaire de la révolution russe de 1917 et le cinquantenaire de l’assassinat de Ché Guévara en 1967. Dès le début nous avions dit que cette double commémoration ne serait pas le prétexte à réciter des messes surannées mais l’occasion d’un échange militant critique, éclairé par toute l’expérience accumulée depuis et par les nouveaux travaux de recherche effectués sur ces sujets par des intellectuels obstinés, minutieux et tatillons.
Nous avions retenu une relecture des évènements russes de 1917 à 1924 à partir des structures de base et du peuple qui vivait, faisait la révolution, y souffrait et modifiait ses comportements et réactions. Si la guerre civile, le communisme de guerre, la famine sont des conditions terribles comment se sont aussi greffés le bureaucratisme, la régression, la mainmise des arrivistes et du stalinisme qui démantèlent les cadres de la révolution et en modifie les objectifs. Nous avions aussi voulu voir le Ché dans sa pratique d’une révolution cubaine s’ouvrant à l’Amérique latine puis au monde et qui ne devait être que socialiste pour qu’elle ne soit pas une caricature de révolution.

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La Révolution cubaine à ses débuts et l’opinion publique en Martinique

— Par Gilbert Pago —
cuba_revolutionEn 1958, quelques enjeux politiques tant intérieurs (autonomisme, indépendance, construction fédéraliste) que caribéens (émergence politique d’afro-descendants à la direction d’états en pleine décolonisation), se font jour.
Tant le le Parti Communiste Martiniquais (P.C.M), que le Parti Progressiste Martiniquais (P.P.M) de Césaire rejettent la politique de départementalisation et revendiquent leur anticolonialisme. C’est aussi le cas du Groupe de la Gauche Socialiste (futur P.S.U).
Les autres membres des élites politiques et administratives de l’île pour des raisons différentes et contradictoires ont un œil ouvert sur ce qui se passe dans le bassin Caribéen et ses abords continentaux. Ce milieu restreint suit depuis longtemps les travaux de la Commission des Caraïbes. L’Information, deux à trois fois par semaine, suit quelques actualités des îles mais surtout argumente avec permanence sur la construction de la Fédération des Antilles Anglaises, prélude à l’indépendance de cette nouvelle nation avec des dirigeants comme Grantley Adams, Norman Manley et Eric Williams.
Les planteurs martiniquais vont piocher dans les petites îles voisines, la main d’œuvre agricole à très bon marché pour leurs champs de canne à sucre.

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Fillon, à l’aise dans le cambouis identitariste !

— Par Gilbert Pago —

cambouis_identitaireA Sablé-sur-Sarthe, ce dimanche 28 août, l’ancien premier ministre, François Fillon, candidat à la candidature présidentielle aux primaires de la droite et du centre s’est est pris aux programmes scolaires dont il pense le plus grand mal. Ce faisant, il s’intéressait à ce qui nous importe.

Ecoutons l’argumentaire : Il s’insurge contre les enseignements qui apprennent aux élèves à avoir “honte” de leur pays : la France. Il se mobilise afin de “retrouver la confiance dans notre patrie” et de “revoir l’enseignement de l’Histoire à l’école primaire”.
Il s’insurge contre le fait que les enseignants sont ” obligés d’apprendre aux enfants à comprendre que le passé est source d’interrogations” car “Faire douter de notre Histoire ! Cette instruction est honteuse !”.
Puis il se met à expliciter ce dont il s’agit.

Ecoutons ce qu’il assène : « Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du nord”. “Non la France n’a pas inventé l’esclavage ! La France, c’est quinze siècles d’histoire depuis le baptême de Clovis à Reims ».

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USA : Le vieux racisme tue toujours

— Par Gilbert Pago, (président du Comité martiniquais « Sauvons Abu Jamal ») , Max Rustal, Jacqueline Tally
lesha_evansAutant il est bien établi que le concept de « races humaines » est disqualifié par les progrès de la génétique, autant on peut observer que sur le terrain, les impalpables chromosomes s’effacent devant les couleurs de la peau, les cultures et les mœurs, et invariablement les intérêts.
Loin d’être le seul théâtre des drames découlant de la racialisation des rapports humains, les USA en constituent cependant un terrain d’observation aussi immense que particulier : génocide amérindien, traite des Noirs et esclavage, guerre d’indépendance, guerre de sécession, abolition suivie d’un siècle de ségrégation raciale dûment codifiée, dur combat inachevé pour l’égalité formelle. Et puis tout récemment, le grand paradoxe de l’accession d’un Afro-étasunien à la magistrature suprême de ce pays toujours majoritairement blanc ; événement impensable dans bien d’autres républiques présumées au-dessus de tout soupçon, et qui fit naître bien des espoirs.

Un président afro-descendant, et pourtant…
Pourtant, l’élection de Barack Hussein Obama à la présidence de la république du pays actuellement le plus puissant et le plus riche (en termes de PIB) de la planète, n’a pas généré longtemps des illusions.

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Wanted : Gilbert Pago

17 mai 19h à la médiathèque du Saint-Esprit

rpl_pago-400— Par DéGé —

Rencontre pour le Lendemain clôture*, en force, sa saison « Carte Blanche à », avec GILBERT PAGO.

Professeur agrégé, historien spécialiste de la Martinique, de la Caraïbe, des Amériques, conférencier, ex-enseignant, anticolonialiste et féministe convaincu, politique militant… On sait tout cela.

Mais le connaît-on ? Connaît-on l’homme ? Lançons nous à sa recherche.

Pour moi, sa voix éraillée de fumeur en fait un fabuleux conteur. Conteur non pas de fables qui nous projetteraient dans un Merveilleux, imaginaire ou philosophique ; ou dans une fable thérapeutique sensée nous apporter résilience. Non.

Plutôt un narrateur critique, rigoureux d’une histoire qui déterre les événements étouffés, détournés, dénaturés…; qui exhume les obscurs, ceux dont l’existence continuaient à être niée au-delà de leur vie, les « ceux qui n’ont pas de voix »…

Il rétablit des vérités cachées, réhabilite la justice pour les opprimés, les victimes, les faibles, les oubliés.

Pago n’édulcore pas, il est dans le réel : la réalité d’un passé fondateur d’une réalité présente, agenda est.

Parmi d’autres, G. PAGO a rendu ainsi aux Martiniquais, aux Antillais une reconnaissance d’eux-mêmes, un désir d’eux-mêmes, et à l’image des Afro Américains, une fierté d’eux-mêmes.

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Et voilà Laurence Rossignol !

— Par Gilbert Pago —

laurence_rossignol-2Laurence Rossignol ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes juge utile de répondre à une interview sur les vêtements de mode islamique mis en vente par des grandes marques européennes. Nous n’avons pas à redire de son droit de s’exprimer encore qu’il existe en ce temps de crise sociale et de matraquage du droit du travail, des thèmes bien plus immédiats à aborder dans les atteintes aux droits des femmes.

Elle monte en première ligne contre les longues robes, le voile, les foulards, le burkini, en justifiant cela par le refus « du contrôle social sur les corps des femmes » et la dénonciation de « l’enfermement du corps des femmes ». Elle veut nous faire accroire que ce sont dans leurs habits que les « franco-musulmanes » (sic !) font le plus de mal à la cause féministe dans ce monde qu’elle et son gouvernement livrent à la sujétion du capitalisme mais aussi dans bien des aspects au patriarcat.

L’interviewer l’interroge alors sur les femmes qui choisissent seule de porter le voile, Laurence Rossignol s’insurge : « Il y avait aussi des nègres afric… et des nègres américains qui étaient pour l’esclavage… ».

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CTM : Une nouvelle période politique ?

— Pour le GRS Rita Bonheur, Max Dorléans, Gilbert Pago, Philippe Pierre-Charles, Max Rustal —
drapeau_972-tt_couleursIl y a celles et ceux qui voient dans le changement de majorité dans la direction des affaires martiniquaises une « véritable libération » , une « ère nouvelle » , etc. L’avenir ne tardera pas à montrer l’outrance du propos. Mais en ce qui concerne l’autre nouveauté de la période, à savoir l’alliance Marie-Jeanne/Monplaisir, les mêmes commentateurs se divisent en deux : celles et ceux qui y voient une transformation importante inaugurant une coopération profonde, durable, riche de promesses ; et celles et ceux pour qui cette simple manoeuvre électorale ne modifiera en rien la ligne des « Patriotes » .
En réalité nous avons affaire là, à une accentuation assez radicale d’une tendance largement présente dans les orientations marijeannistes. Du fameux « blan douvan/blan dèyè » qui a prolongé le pouvoir RPR d’Émile Maurice en 1989, jusqu’à l’alliance avec Pierre Petit, il y a un fil conducteur d’alliance avec telle ou telle fraction de la droite. L’incorporation ici ou là d’un ou d’une politicienne de droite dans telle ou telle liste « patriotique » avait valeur de confirmation.

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Largement, elle fut un exemple !

— Par Gilbert Pago —

Yvette Guitteaud-Mauvois est décédée à 93 ans. Il faudra certainement écrire l’histoire de la vie de cette militante en dehors des lieux communs ou des généralités mais on peut d’ores et déjà en dire quelques traits. De mon témoignage, je voudrais souligner trois points qui me paraissent essentiels.
D’abord la caractéristique de son engament féministe dès ses débuts, puis la force de ses convictions de libre penseuse, ensuite la tonicité et la longévité de sa combativité.

Dans l’entre-deux –guerres, la famille Guitteaud vit aux Terres Sainville dans un nouveau faubourg qui se construit sur les marécages du « Quartier des Misérables ». Le père Guitteaud est commerçant de petite quincaillerie à l’actuelle rue Yves Goussard ex rue de la république prolongée. Il est aussi éleveur de coqs de combat ( coq game – prononcez djemm), il en vend à Eugène Aubéry, ce baron du sucre et du rhum. Son épouse, épicière et tenancenière d’un « débit de la régie » s’établira plus tard à Ravine Bouillée où elle subit une à deux fois l’an, les rudes inondations de ce bouillant ruisseau en temps de pluie.

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Après l’horreur, notre combat pour l’émancipation !

— Par Gilbert Pago & Philippe Pierre-Charles pour le G.R.S.—

charlie_solidaireLes clameurs se sont (presque) tues. L’émotion n’est plus à son paroxysme. Le moment de l’analyse est venu.
Chacun sait bien la position constante du GRS : le terrorisme aveugle ou ciblé, les assassinats de masse ou individuels, éthiquement insupportables, sont absolument contraires aux méthodes du mouvement ouvrier. Ces crimes  ne peuvent servir que les ennemis de la cause de l’émancipation des peuples. Ils ont choqué à juste titre la conscience universelle. L’indignation, la réprobation, la colère ne peuvent être ni sélectives ni hiérarchisées. La tuerie de Charlie Hebdo, le lâche assassinat de notre compatriote policière municipale, l’odieux massacre de clients d’un magasin casher, la mise à mort génocidaire de milliers de Nigérians, relèvent de l’abjection la plus absolue tant dans les mobiles que dans les faits eux-mêmes.
La présence d’une jeune martiniquaise parmi les victimes tout comme hier le kidnapping de Thierry Dol, ou encore la certitude que d’autres jeunes martiniquais se trouvent dans les rangs des djihadistes, montrent que les problèmes du monde sont aussi nos problèmes pour le meilleur comme pour le pire.

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Relaxez les miltantes, Bonheur et Ramael!

Plusieurs tribunes de soutien

— Par Gilbert Pago —
justice_femmeLe tribunal de Fort de France, lors de son audience de ce mardi 27 mai et lors de la délibération qui en suivra, saura signifier sans ambiguïté qu’il ne criminalise pas les associations, les personnalités, les citoyennes et citoyens, les militantes et militants qui combattent « LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES ».
C’est une pratique sordide qui chez nous a fait de trop nombreuses victimes et a conduit à des dizaines de meurtres comme celui de Sandra pour qu’on poursuive la présidente de l’Union des femmes et l’écoutante sociale aujourd’hui convoquées.
Il faut relaxer Rita Bonheur et Nicole Ramael !
Une éventuelle condamnation de l’UFM et de deux de ses militantes, serait un mauvais signal donné aux harceleurs, aux tabasseurs, aux compagnons violents qui penseraient pouvoir s’échapper des griffes de la justice et de la condamnation de la partie grandissante de l’opinion publique qui veut la stricte égalité entre hommes et femmes.

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Alain Plénel est mort !

— Par Gilbert Pago —

alain_plenelCe lundi soir 18 novembre, Alain Plénel est mort d’un arrête cardiaque à l’âge de 91 ans, en Suisse où il habitait après avoir dîné le soir avec son fils. Il avait tenu dans son testament que la nouvelle de sa mort ne soit diffusée qu’après sa crémation qui a eu lieu ce jour jeudi 21 novembre.
L’an dernier, il avait tenu à rendre une dernière  visite à  la Martinique qui a représenté une grande part dans sa vie professionnelle et de militant.
Nous nous étions attaché à ce grand homme qui a joué un grand rôle dans la dénonciation des exactions des forces de l’ordre lors des événements de Décembre 59 en Martinique.
Nous lui rendrons un hommage ce mercredi 27 novembre lors de notre meeting à la Mutualité de Fort de France, sur le parcours  des deux figures marquantes du communisme antillais que furent Aimé Césaire et Rosan Girard. Il les avait bien connus et avait milité avec eux lors des débats des années 60 et 61 en France pour la constitution du Front Antillo guyanais sur l’Autonomie.

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UAG : “Vive la crise si elle permet d’aller plus loin”

—Par Gilbert Pago—

uagJe suis abasourdi par les décisions catastrophiques du gouvernement, prises de manière cavalière :
— Aucune volonté de rechercher l’apaisement dans ce conflit et le dialogue entre les interlocuteurs,
— Mise à l’écart brutale de la gouvernance de l’UAG en Guyane,
— Désaveu et contournement de la présidente de l’U.A.G,
— Nomination d’une administratrice provisoire membre de ces groupes de recherche en Guyane indifférents (quand pour le moins, ils ne sont pas hostiles) à l’U.A.G,
— Mesures prises sous la coupe de Taubira et probablement de Lurel.
— Consultation seulement après les faits, de la direction de l’U.A.G, des parlementaires des deux îles et des conseils régionaux de Guadeloupe et Martinique
— Mesures qui loin de calmer les choses ne vont qu’amplifier la division entre Guadeloupéens, Martiniquais et Guyanais sous l’œil goguenard et condescendant des quelques uns de « nos observateurs ».
La crise dans l’U.A.G couvait, elle a éclaté et quoique trop tardivement il fallait réagir en positif aux réclamations guyanaises !

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Salut Jean-Claude !

—Par Gilbert Pago —

poing_leve    Notre ami Jean-Claude Courbain est mort dans la nuit du mardi 22 octobre au mercredi 23 d’une crise cardiaque.
Il avait apporté une semaine plus tôt au centre Robert Loyson de la ville du Moule, assis tout à mes côtés, son témoignage brillant lors du Symposium sur le centenaire de Rosan Girard. Il y avait évoqué les années 67 et 68 en Guadeloupe où récent bachelier et étudiant en sciences économiques, il avait beaucoup espéré d’un possible rattachement de Rosan Girard, leader communiste, maire du Moule et ex député, au combat que la jeunesse guadeloupéenne menait contre le colonialisme. Rosan n’avait pas franchi le pas !
Au même moment, les cellules contestataires du parti communiste guadeloupéen (P.C.G.) étaient exclues dont celle de Courbain à Pointe à Pitre. Il est vrai que Jean-Claude, dynamique, orateur brillant, entraîneur d’hommes et de femmes, avait la carrure d’un dirigeant. Il y eut donc la formation du CCEG (centre culturel des élèves et étudiants guadeloupéens), du groupe La Vérité autour de Victor Cécile, d’Yvan Leborgne, de Max Ganot, de Plumasseau. Il y eut surtout la polémique violente du PCG et du journal La Vérité mais aussi les élections de mars 67 et la candidature d’Yvon Leborgne, à défaut d’avoir la présence de Rosan face à Ibénée du PCG.

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Insurrection de Septembre 1870 : vers une légitime restitution

— Par  APM – CNCP – MIM – MODEMAS – PALIMA – PCM – RDM —

septembre-1870Depuis plusieurs dizaines d’années, un puissant mouvement de recherche et de reconnaissance de l’histoire Martiniquaise se développe. L’épais voile colonial qui tentait de présenter notre peuple comme une « population » sans histoire propre, est définitivement déchiré.

L’héroïque insurrection du sud, survenant seulement 22 ans après la révolution antiesclavagiste du 22 mai 1848, est aujourd’hui contée, analysée, chantée, célébrée……

Il est toujours nécessaire de rappeler les faits déclencheurs de cet important évènement.

Léopold LUBIN, jeune artisan originaire du Marin est injustement « cravaché » par un fonctionnaire français…. Cet incident provoquera un mouvement d’une grande ampleur qui dépassera rapidement les « frontières » du sud du pays.

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Un point de notre histoire dans les débats en cours.

par Gilbert Pago.

 

–Bruno Nestor-Azérot, député de la Martinique vient de faire une déclaration retentissante à l’Assemblée Nationale Française dans le débat sur le mariage pour tous. Je ne reviendrai pas sur son positionnement qui relève de ses convictions personnelles, qu’il faut tolérer même si je ne suis pas d’accord,  mais sur l’argument qu’il a considéré comme le plus important dans son argumentation. Il a déclaré :

« Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement, où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté ».

L’argument mérite d’être commenté car l’histoire et notre passé d’esclave sont souvent utilisés, à tort et souvent en total contre-sens. C’est donc en ma qualité d’historien que je me prononce.

Si des maîtres se sont souvent opposés aux mariages des esclaves, pour leurs intérêts. Ce n’étaient ni le cas de la totalité ni le sens de la politique royale exprimée à travers les instructions royales et le fameux Code Noir qui était enregistré par  le Conseil souverain.

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