— par Gary Klang —Écrits
Les Chiens des ténèbres
— par Gary Klang —
— par Gary Klang —— Par Rodolf Étienne
Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?
Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !
Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.
Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.
Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel
Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.<p> Lire Plus
Entretien : Rodolf Étienne / Pierre-Roland Bain, KEPKAA
À Montréal, le Mois du Créole s’apprête à franchir un cap symbolique.
Pour ouvrir cette année l’édition anniversaire du Festival créole de Montréal, deux grandes voix martiniquaises seront à l’honneur : Jocelyne Béroard et Tony Chasseur, réunis le 3 octobre au Monument-National de Montréal pour un spectacle associant zouk, biguine, kreyòl jazz et rythmes caribéens.
Du 3 au 30 octobre 2026, le KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisation — organise la 25e édition du Mois du Créole à Montréal, autour de la transmission, du dialogue, de la solidarité et de la diversité culturelle.
« Le festival, lancé à Montréal en octobre 2002, s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de mise en relation des différents espaces créolophones. »
C’est l’un des fils rouges de cet entretien avec Pierre-Roland Bain, président du KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisationà l’occasion de cette 25e édition.
Rodolf Etienne : Dans le vif du sujet, et depuis votre position, vingt-cinq éditions après les débuts du Mois du Créole, où en est la langue créole ? <p> Lire Plus
— par Gary Klang —
L’autonomie politique sans indépendance financière : le grand paradoxe de la schizophrénie antillaise ?
— Par Jean-Marie Nol —
Aux Antilles, le débat sur l’autonomie bute désormais sur une vérité politique que personne ne peut éternellement contourner : on ne peut pas réclamer le pouvoir de décider seul et demander, dans le même temps, à l’État français de payer lorsque les décisions deviennent trop difficiles à assumer. C’est pourtant cette contradiction qui structure aujourd’hui une grande partie du débat public en Guadeloupe et en Martinique. Et elle révèle une réalité beaucoup plus profonde : derrière la revendication d’autonomie se trouve encore une dépendance financière à l’égard de l’État, tandis que la confiance des citoyens dans leurs propres institutions locales s’est considérablement érodée. Et c’est là que l’on retrouve une position schizophrénique des élus locaux des Antilles qui réclament l’autonomie et dans le même temps appelle l’État à l’aide pour suppléer les manquements graves des élus locaux dans la gestion de l’action publique et leur incapacité à régler les problématiques de déficits et d’effondrement des filières agricoles et du BTP. En réalité,les Antilles attendent trop de l’Etat or dans le même temps veulent l’autonomie et la responsabilité locale qui à leurs yeux sont indispensables au retour de la confiance, qui est donc plus faible qu’ailleurs.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
L’appartenance doctrinale ou idéologique, dès qu’elle omet d’établir la transcendance de sa passion et la nuance entre les limites saines et les promiscuités nécessairement malsaines de son action, peut faire basculer l’homme dans la bestialité la plus primitive, la barbarie la plus férocement criminelle.
L’homme doit toujours appartenir au bon sens et au jugement juste avant de relever des rationalités doctrinales de groupes, de clans ou encore des prescrits idéologiques de classes, de catégories sociales où il évolue par adoption ou par héritage.
L’appartenance sociale ou ethnique sans balise spirituelle et morale, risque de dégénérer en fanatisme. C’est au nom de l’appartenance que des millions d’allemands ont consenti à voir les hécatombes nazies par la guerre et les lieux de torture.
L’homme se doit toujours d’être fidèle à sa vérité de nature avant toutes visions ou options de classe.
La valeur proprement humaine doit primer les valeurs culturelles et idéologiques du social, sinon c’est l’humanité elle-même qui se dénie et perd la face dans le bourbier des incohérences. La propension à tout céder aux forces sociales par besoin d’être approuvé par ceux que l’on considère siens, est une des causes d’innombrables maux.
La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée
et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage
— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? Aurait-il choisi le fictif repos du guerrier ou la complaisante amnésie sélective pour se conformer aux ludiques rituels du baboukèt ? Existe-t-il un « déficit épistémologique » dans le champ intellectuel haïtien autrefois habité par d’âpres débats d’idées ? À l’aune de l’intellection du refus de l’esprit analytique/critique dans le champ intellectuel haïtien, le présent article démontre que le silence contrit et faussement oecuménique de nombreux intellectuels face à l’insignifiance multifacette de l’Akademi kreyòl ayisyen (AKA) entre 2014 et 2026 n’est pas la traduction d’un simple échec institutionnel mais l’expression contemporaine d’un relatif « déficit épistémologique » qui génère l’aveuglement consenti et le nanisme de l’esprit critique face à l’absence de la politique linguistique de l’État conforme à la Constitution de 1987. En référence à la pensée analytique de Hanna Arendt (la « démission du jugement ») et de Pierre Bourdieu (la « reproduction et la conservation des idées générant le statu quo »), le présent article prend acte que de nombreux intellectuels haïtiens ont renoncé à exercer une vigilance critique envers les différents appareils d’État et envers une micro- institution –l’Akademi kreyòl ayisyen–, lourdement défaillante et dont l’insignifiance et l’échec multifacette sont de notoriété publique.<p> Lire Plus
La Journée du livre haïtien de Montréal est désormais un patrimoine littéraire majeur en Amérique du Nord
—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
Trois générations de lecteurs à Montréal. Ils se sont donné rendez-vous à l’entame de « leur » Journée du livre haïtien ce samedi matin 22 août 2026 : les Boucard, jeunes migrants arrivés de Jacmel dans les années 1960 et venus se mettre à l’abri du massacre de Thiotte sous François Duvalier. Ce massacre s’inscrit dans le cadre des tueries du 26 avril 1963 considérées comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la dictature de François Duvalier et visant des opposants présumés, des militaires et leurs familles. La seconde génération des Boucard, trois enfants, nés au Québec et biberonnés au petit-lait de « Gouverneurs de la rosée » et de « Mon pays que voici ». La troisième génération des Boucard, petits-enfants eux-aussi nés à Montréal et assidus aux cours de culture et de langue créole du Centre N A Rive. Chez les Boucard de Jacmel comme chez les Boucard de Montréal, les livres, la lecture, c’est à la fois un plaisir et un liant, c’est également une histoire, une cordée de mémoires, celles de la transmission, d’une génération à l’autre, d’une île (Haïti) à l’autre (Montréal)…
Trois générations de Boucard, lecteurs fervents et assidus de l’annuelle Journée du livre haïtien du Centre N A Rive.<p> Lire Plus
— Par Patrick Chamoiseau —

17/09/26
Sur l’octroi de mer
La problématique de l’octroi de mer est assez simple.
C’est un outil fiscal.
Il n’a, en lui-même, aucune vertu particulière.
Tout dépend du projet politique, économique, social, culturel et écologique auquel il se trouve adossé.
Mis au service d’un système d’hyper-consommation importée, d’assistanat, de dépendance et de déresponsabilisation, il conforte ce système et devient aliénant.
Mis au service d’un Faire-pays — produire davantage, assainir nos consommations, réduire nos dépendances, protéger le vivant et nous projeter dans la Caraïbe, les Amériques et le reste du monde… — il peut devenir un vecteur d’émancipation.
L’octroi de mer ne vaut donc ni par son maintien, ni par son aménagement, ni par sa suppression.
Il vaut par la vision politique qui l’ordonne et par le devenir collectif qu’il conforte.
p. c.<p> Lire Plus
— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —
Alors que l’administration américaine réactive la logique d’exclusivité continentale de 1823 sous la forme d’un « corollaire Trump », la présence de la France et de l’union européenne dans la caraïbe redevient un enjeu géopolitique brûlant. Une résurgence qui rappelle que la départementalisation de 1946 fut avant tout un bouclier contre les velléités d’annexion américaines.
La « Donroe doctrine » : Le pré carré américain réaffirmé
En ajoutant explicitement un « Trump corollary » à la doctrine Monroe — ironiquement surnommé la Donroe doctrine en référence à Donald —, la stratégie de sécurité nationale des États-Unis franchit un cap décisif. L’objectif affiché par Washington est sans ambiguïté : réaffirmer la prééminence absolue des États-Unis sur l’hémisphère occidental, verrouiller le bassin des Caraïbes – la mare nostrum américaine – et stopper l’expansion de puissances rivales, en particulier la Chine. Cette orientation s’incarne désormais de manière très concrète par des démonstrations de force militaires et des pressions diplomatiques accrues autour du Venezuela et dans l’espace caraïbe. Le 11 août 2026, la diffusion par le département d’État d’une présentation officielle célébrant l’héritage de James Monroe a entériné ce retour au « pré carré ».<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?
Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !
Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.
Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.
Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel
Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.<p> Lire Plus
Le cyclone Maria passe en catégorie 5 et frappe la Guadeloupe le 19 septembre 2017
L’ouragan Maria est le quatorzième cyclone tropical, le septième ouragan dont le quatrième ouragan majeur de la saison cyclonique 2017 dans l’océan Atlantique nord et le deuxième ouragan de catégorie 5 après l’ouragan Irma survenu une semaine auparavant. Formé à partir d’une onde tropicale ayant traversé l’Atlantique tropical depuis l’Afrique de l’ouest, il a pris beaucoup de temps à devenir une dépression tropicale mais s’est intensifié ensuite rapidement près des Petites Antilles qu’il a traversé à la catégorie 5.
Maria fait partie des catastrophes environnementales de l’été 2017. Il s’agit du plus puissant ouragan à frapper Porto Rico depuis celui de San Felipe Segundo de 1928. Ses vents soutenus ont atteint à son apogée 280 km/h et sa pression centrale était inférieure à 908 hPa, faisant de Maria le dixième plus intense des cyclones de l’Atlantique depuis la création d’archives fiables.
Il est responsable de dommages estimés à plus de 90 milliards $US et d’une dévastation totale de la Dominique, des îles Vierges des États-Unis et surtout de Porto Rico.<p> Lire Plus
Patrick Saint-Éloi disparaissait le 18 septembre 2010
Patrick Saint-Éloi, né le 20 octobre 1958 à Pointe-à-Pitre et mort le 18 septembre 2010 (à 51 ans) au Moule, est un chanteur Guadeloupéen . Son nom reste associé au groupe Kassav’.
Patrick Saint-Éloi est le pionnier du Zouk Love et l’un des piliers du Zouk dans la Caraïbe. Il est l’auteur et l’interprète du titre West Indies, le premier tube de Zouk Love sorti en 1982 sur son 1er album solo Mizik Sé Lanmou (« la musique c’est de l’amour »).
Biographie
À l’âge de 17 ans, il quitte la Guadeloupe pour se rendre à Paris, afin de tenter sa chance dans la chanson. Des cours de chant lui permettront d’atteindre une maîtrise vocale certaine et une rencontre avec le bassiste Georges Décimus sera capitale pour son avenir. Il intègre le groupe Venus One dont il devient le chanteur attitré.
En 1982, il rejoint une formation qui deviendra plus tard le fameux groupe Kassav’. Il l’intègre tout d’abord en qualité de choriste. S’ensuivra une série de concerts marqués par le succès de ce groupe.<p> Lire Plus
Entretien : Rodolf Étienne / Pierre-Roland Bain, KEPKAA
À Montréal, le Mois du Créole s’apprête à franchir un cap symbolique.
Pour ouvrir cette année l’édition anniversaire du Festival créole de Montréal, deux grandes voix martiniquaises seront à l’honneur : Jocelyne Béroard et Tony Chasseur, réunis le 3 octobre au Monument-National de Montréal pour un spectacle associant zouk, biguine, kreyòl jazz et rythmes caribéens.
Du 3 au 30 octobre 2026, le KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisation — organise la 25e édition du Mois du Créole à Montréal, autour de la transmission, du dialogue, de la solidarité et de la diversité culturelle.
« Le festival, lancé à Montréal en octobre 2002, s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de mise en relation des différents espaces créolophones. »
C’est l’un des fils rouges de cet entretien avec Pierre-Roland Bain, président du KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisationà l’occasion de cette 25e édition.
Rodolf Etienne : Dans le vif du sujet, et depuis votre position, vingt-cinq éditions après les débuts du Mois du Créole, où en est la langue créole ? <p> Lire Plus
Jean-François Champollion déchiffre pour la première fois des hiéroglyphes égyptiens antiques le 17 septembre 1822
Jean-François Champollion dit Champollion le Jeune, né le 23 décembre 1790 à Figeac (Lot) et mort le 4 mars 1832 à Paris, est un égyptologue français.
Premier à déchiffrer les hiéroglyphes, Champollion est considéré comme le père de l’égyptologie. Il disait de lui-même : « Je suis tout à l’Égypte, elle est tout pour moi ».
Déchiffrement des hiéroglyphes
À partir de 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux, dont celui de Ptolémée V sur la pierre de Rosette, puis celui de Cléopâtre sur la base d’un obélisque et sur un papyrus bilingue96. Un ami, l’architecte Jean-Nicolas Huyot, lui ayant envoyé des reproductions de détails issus des temples d’Abou Simbel qui venaient d’être découverts97, Champollion y repère dans un cartouche le signe solaire de Râ (Rê), un autre signe qu’il savait être M et deux S : RâMSS, donc Ramsès, ce qui en même temps signifie « Rê l’a mis au monde ». Idem pour ThôtMS, Thoutmôsis : le 14 septembre 182298, il peut donc aussi lire les noms égyptiens, s’exclamer « je tiens mon affaire » puis selon la légende familiale (hagiographie du fils de Jacques-Joseph Champollion, Aimé-Louis99) tomber dans un coma quelques jours.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Après la terre, les agriculteurs, viennent l’assiette et le consommateur.
C’est là que la question de la souveraineté alimentaire devient concrète.
La Martinique parle beaucoup d’autonomie, mais elle continue d’importer des volumes considérables de denrées qui pourraient, au moins pour partie, être produites localement.
L’enjeu, à ce stade, n’est pas de savoir si l’île peut devenir totalement autonome — elle ne le sera probablement jamais — mais de savoir sur quels produits elle peut réduire sensiblement sa dépendance dans les dix prochaines années.
Les chiffres donnent immédiatement la mesure du problème. En 2024, la Martinique a importé 17 341 tonnes de légumes et tubercules frais, soit 3 % de plus qu’en 2023. Parmi ces importations figuraient 4 369 tonnes de pommes de terre, 4 224 tonnes d’oignons, 2 185 tonnes de carottes et 1 562 tonnes de tomates. Les importations de fruits frais, secs et séchés atteignaient quant à elles 11 732 tonnes.
Ces volumes ne signifient pas que tous ces produits peuvent être remplacés intégralement par une production locale. Certaines cultures sont mal adaptées au climat, d’autres répondent à des habitudes de consommation ou à des calendriers saisonniers précis.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
11 jours.
C’est probablement le chiffre le plus spectaculaire publié cette année sur les finances publiques en Martinique.
Mais il nous faut immédiatement préciser ce qu’il signifie.
Il ne s’agit pas de dire que la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) n’aurait plus que onze jours pour fonctionner, ni que la Martinique serait « en faillite ».
Le chiffre provient du pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), présenté le 9 juin dernier. Il concerne les comptes consolidés des collectivités territoriales de Martinique figurant dans l’annexe consacrée aux collectivités ultramarines. Ces données sont principalement établies à partir des comptes de gestion de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Et ce chiffre dit déjà quelque chose de suffisamment préoccupant pour qu’il n’est pas nécessité à l’exagération : à la fin de 2025, la trésorerie nette consolidée représente seulement onze jours de dépenses de fonctionnement, tandis qu’un an auparavant, elle en représentait environ 39.
Ici, le mouvement est clairement brutal. Selon l’OFGL, la trésorerie nette s’établit en 2025 à 72 euros par habitant, soit une diminution de 74,1 % en un an. <p> Lire Plus
Charles de Gaulle reconnaît dans un discours le droit des Algériens à l’autodétermination le 16 septembre 1959
Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ou droit à l’autodétermination, est le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose ou devrait disposer du choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. L’exercice de ce droit est en général lié à l’existence d’un État spécifique au peuple en question, État dont la pleine souveraineté est souvent envisagée comme la manifestation de la plénitude de ce droit. Il s’agit d’un droit collectif qui ne peut être mis en œuvre qu’au niveau d’un peuple. Proclamé pendant la Première Guerre mondiale, ce principe souffre de la difficulté à définir ce qu’est précisément un peuple : une ethnie ? l’ensemble des locuteurs d’une même langue ? un ensemble de citoyens partageant les mêmes aspirations, les mêmes valeurs ? Aucun texte ne définit clairement la notion de « peuple ».<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Pendant longtemps, la question de l’intelligence artificielle a semblé appartenir presque exclusivement aux ingénieurs, aux informaticiens et aux entrepreneurs de la Silicon Valley.
Mais que se passe-t-il lorsque l’IA doit répondre à une personne en deuil, à quelqu’un qui envisage de se suicider, ou simplement à un utilisateur confronté à un dilemme moral ?
Le problème cesse alors d’être uniquement technique, il devient philosophique, et parfois même, religieux.
C’est ce qui rend particulièrement intéressantes les consultations organisées en 2026 autour de Claude, l’intelligence artificielle développée par Anthropic.
Fin mars 2026, Anthropic, entreprise américaine de recherche et de développement en intelligence artificielle, fondée en 2021 par Dario et Daniela Amodei, anciens membres d’OpenAI, a réuni à San Francisco une quinzaine de responsables chrétiens, catholiques et protestants, issus du clergé, de l’université et du monde économique.
Les discussions ont porté sur des sujets étonnants : le développement moral de Claude, son comportement face aux personnes vulnérables et même la manière dont une intelligence artificielle devrait appréhender sa propre disparition éventuelle. Anthropic a ensuite élargi le dialogue.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
À l’orée d’octobre 2026, l’agriculture martiniquaise se trouve au cœur d’un paradoxe.
Rarement les mots de souveraineté alimentaire, de production locale, de circuits courts et de reconquête foncière auront été aussi présents dans le débat agricole.
Pourtant, la structure agricole reste fragilisée par la diminution du nombre d’exploitations, le vieillissement des responsables d’exploitation, le recul historique des surfaces cultivées et la difficulté à assurer la relève.
Le dernier recensement agricole exhaustif montre qu’en 2020 la Martinique comptait environ 2 679 exploitations agricoles, soit près de 19 % de moins qu’en 2010. La taille moyenne des exploitations, elle, augmentait légèrement, signe d’une concentration progressive de l’activité.
Surtout, plus de la moitié des exploitations étaient dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans ou plus. Pour les exploitations dont le chef ou le plus âgé des exploitants dépassait 60 ans, la question de la succession se posait déjà avec acuité : sur 833 exploitations concernées, seules 235 déclaraient une reprise identifiée par un coexploitant, un membre de la famille ou un tiers.
Ce vieillissement n’est pas une donnée abstraite.<p> Lire Plus
À Fort-de-France, la rentrée culturelle 2026 a une saveur particulière. Le SERMAC — Service municipal d’action culturelle — prépare sa cinquantième rentrée.
Né en 1976 dans le prolongement de la politique culturelle voulue par Aimé Césaire, il porte depuis un demi-siècle une ambition forte : mettre la culture à la portée de tous, promouvoir les arts martiniquais et lutter contre l’aliénation culturelle.
Pour Aimé Césaire, la culture n’était pas un supplément d’âme réservé à quelques initiés. Elle participait pleinement de l’émancipation. Elle devait permettre aux Martiniquais de retrouver leurs formes d’expression, leurs imaginaires, leurs rythmes, leurs gestes, leur histoire. Avant même la naissance officielle du SERMAC, la municipalité foyalaise avait commencé à structurer cette politique autour du Festival culturel de Fort-de-France et de l’OMDAC. En 1975, le conseil municipal décide de créer un organisme spécifiquement consacré à l’action culturelle ; installé au Parc Floral, il développe progressivement ses interventions, notamment dans les quartiers populaires. Le SERMAC prolongera cette dynamique à partir de 1976.
Depuis lors, plusieurs générations ont fréquenté ses ateliers.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Pendant quinze ans, la question des sargasses a été formulée presque toujours de la même manière : comment ramasser plus vite ? En 2026, elle a inexorablement changé.
Au Robert, au François, au Vauclin, au Marigot ou à Trinité, les habitants ne demandent plus seulement que les algues soient retirées. Les communes ne demandent plus seulement des tractopelles. Les parlementaires ne réclament plus seulement quelques millions supplémentaires dans le prochain budget.
Une question beaucoup plus profonde apparaît : qui doit payer lorsqu’un phénomène autrefois exceptionnel devient une charge permanente pour un territoire ? Cette interrogation traverse aujourd’hui les prises de position des élus, les mobilisations des collectifs de riverains, les rapports des institutions de contrôle et la préparation du troisième Plan Sargasses.
Elle touche au partage des responsabilités entre communes, intercommunalités, Collectivité territoriale de Martinique, État, Europe et, de plus en plus, aux droits des particuliers eux-mêmes. Car la facture ne s’arrête pas au rivage. Elle entre désormais dans les maisons, les entreprises, les écoles, les budgets communaux et les patrimoines familiaux.
Le début de l’année 2026 constitue probablement un tournant.<p> Lire Plus
Pierre Belain d’Esnambuc prend possession de la Martinique au nom de Louis XIII le 15 septembre 1635
« L’île aux fleurs » ou « L’île aux femmes »?
La Martinique a été abordée par Christophe Colomb le 11 novembre 1493, lors de son second voyage. Son nom viendrait selon une version poétique de la déformation phonétique de son nom indien : Matinino, que l’on traduit approximativement par « l’île aux fleurs ».
Une version plus vraisemblable serait que Christophe Colomb avait déjà donné à une autre île le nom du saint du jour, Saint Martin (fêté le 11 novembre). Il aurait en conséquence appelé cette nouvelle découverte « petite Saint Martin », soit, en espagnol Martin nino, nom qui figure sur des cartes espagnoles ou hollandaises du XVIIe siècle, puis fut francisé en Martinique.
On prête généralement cette découverte de la Martinique par les Européens à Christophe Colomb lorsqu’il accoste sur le site de l’actuelle commune du Carbet le 15 juin 1502 au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Néanmoins, il semble admis que ce soit Alonso de Ojeda qui ait découvert l’île en premier lors de son expédition de 1499-1500.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
Le politique est en fait l’une des espèces les plus rares dans un monde sans autre valeur que l’économie malsaine, financiarisée à l’extrême, où la plupart des élus du peuple sont des politicards domestiques ou acolytes d’oligarques, larbins ou alliés des banquiers les plus escrocs.
Le politique s’implique dans la vie publique pour servir la nation, le politicien, lui, sert les intérêts oligarchiques de ses patrons inavoués, en leur asservissant le peuple. Le politicien dénature l’essence de la politique qu’il fait manette d’infamie par la manipulation des électeurs et la trahison de la nation.
En nos sociétés de confusion où règne le baragouin complaisant des secteurs médiatiques dispensateurs de mensonges populistes au nom de la culture et de la politique, il est facile de tout confondre, c’est même la vocation des logorrhées à consonances faussement scientifiques ou rationnelles qui se déversent, se diffusent à flot dans la sphère médiatique, la médiosphère agressivement marchande qui vend objets manufacturés et politiciens fabriqués au peuple désemparé en mal de sens et d’espoirs voire de messianisme politique naturellement patraque blasphématoire.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
En 2011, lorsque les premières nappes massives de sargasses atteignent les côtes martiniquaises, personne ne sait encore que l’île entre dans un cycle qui durera au moins quinze ans.
On ramasse. On dégage les plages. On cherche où stocker. On mesure les premières émanations d’hydrogène sulfuré. Puis les sargasses reviennent.
À mesure que les arrivages se répètent, la facture change de nature. Elle n’est plus seulement celle du tractopelle envoyé sur une plage. Elle est devenue la somme de dépenses publiques, de pertes d’activité, d’équipements détériorés, de bateaux immobilisés, de logements exposés, de journées de travail perdues, d’établissements scolaires perturbés, de dépenses sanitaires, d’écosystèmes fragilisés et d’investissements qu’il faut recommencer chaque année.
Le problème est qu’aucune comptabilité consolidée ne permet aujourd’hui d’annoncer sérieusement : « Les sargasses ont coûté X millions d’euros à la Martinique depuis 2011. » Ce chiffre global n’existe pas. Et cette absence de chiffre constitue déjà en elle-même une information. Quinze ans après le début du phénomène, nous savons compter les tonnes ramassées, les barrages installés ou les crédits engagés certaines années. Nous ne savons pas le coût total supporté par le territoire.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne

Le livre d’ordres ouvre ce 14 septembre 2026. Une option de surallocation pouvant atteindre 15 % est prévue si la demande le justifie.
Nigeria. Derrière l’opération financière historique engagée par la raffinerie Dangote se joue une question autrement plus importante. L’Afrique peut-elle transformer ses ressources, financer ses industries et devenir progressivement le propriétaire de son propre appareil productif ?
Le 4 septembre 2026, la Securities and Exchange Commission du Nigeria a approuvé l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, immense complexe industriel installé à Lekki, près de Lagos. L’opération prévoit la mise sur le marché de 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas chacune. Si l’offre est entièrement souscrite, elle permettrait de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit quelque 1,63 milliard de dollars. Ce qui représente la plus importante vente d’actions jamais réalisée sur le continent africain.
L’Afrique s’apprête à vivre une opération boursière sans précédent !
Mais le record financier n’est probablement pas ce qui importe le plus ici. Derrière les actions, les milliards et la Bourse se trouve une question beaucoup plus fondamentales : après avoir longtemps exporté ses matières premières, l’Afrique peut-elle désormais les transformer, financer cette transformation et devenir propriétaire des entreprises qui la réalisent ?<p> Lire Plus
Première parution par Karl Marx du « Capital. Critique de l’économie politique » le 14 septembre 1867
Le Capital. Critique de l’économie politique (du titre original allemand Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie) est l’ouvrage majeur du philosophe et théoricien de l’économie politique allemand Karl Marx.
Marx a consacré plus de 20 ans de sa vie à l’écriture de cette œuvre, mais n’en a achevé qu’une partie : le premier livre, publié le 14 septembre 1867 et dédicacé à Wilhelm Wolff, consacré au développement de la production capitaliste. Des brouillons de Marx ont été utilisés par Friedrich Engels pour publier les livres 2 et 3, en 1885 et 1894. Les ébauches de Marx consacrées à l’histoire des doctrines économiques ont été publiées par le socialiste allemand Karl Kautsky sous le titre Les Théories de la plus-value (4 vol., 1905-1910).
C’est en observant l’industrie britannique contemporaine et ses conditions de travail ainsi qu’en s’appuyant sur les précédents théoriciens de l’économie politique (tels que David Ricardo ou Adam Smith) et en les critiquant que Marx entend démontrer la nature réelle du capitalisme, et mettre l’accent sur les contradictions internes de ce système.<p> Lire Plus
—- Par Camille Loty Malebranche —
Exclusif champ de tous les paramètres finalitaires des domaines du sens et de l’action, le Bon est le schème catégorématique du bien parfait qui appelle tous les efforts existentiels du juste dans son conatus vers l’amélioration ininterrompue temporelle, intellectuelle et surtout spirituelle de soi-même. Le Bon est pour l’humain, la course conquérante de son humanité à faire croître encore et encore, irrépressiblement dans sa vérité, sa noblesse impondérable, immatérielle.
S’améliorer, c’est tendre résolument et avec zèle vers le Bon en faisant de sa vie une consécration à l’ascension de soi par la pensée et l’action. C’est se reconnaître capable du meilleur au point de tout faire pour minimiser le mauvais par le bon élan du mélioratif cultivé en notre conscience d’Homme. Et là, en terminant provisoirement ce texte réflexif, me revient cette pensée que j’ai écrite en mon adolescence, et à laquelle je tiens encore avec la même ferveur : Vas, sois Humain avant d’être grand, car grandeur sans Humanité, n’est qu’illusion abortive de ta destinée, aberration tueuse de ton accomplissement d’esprit en route!
Le Bon est la plénitude, la symphonie de l’harmonie plénière qui appelle l’amélioration, cette adoption du meilleur, comme coryphée de toute orchestration du Bon.<p> Lire Plus

1966 : la Polynésie quelques heures avant le premier essai nucléaire français dans le Pacifique
Décès du trompettiste haïtien André Déjean, figure incontournable du Kompa
Les ateliers du Sermac font le plein pour la rentrée culturelle à Fort-de-France
En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre
Le Guyana va accueillir des migrants expulsés par les États-Unis
Rentrée des associations : derrière chaque activité, des bénévoles indispensables
Braconnage : près de 1,4 tonne de lambis saisie au François, deux hommes interpellés
Sécheresse et canicules : plus d’un milliard d’euros pour les agriculteurs, les Antilles également concernées<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Pendant longtemps, vivre au bord de l’eau était presque automatiquement associé à une plus-value.
Vue sur mer, accès au littoral, ventilation naturelle, proximité des plages : dans une île comme la Martinique, le rivage concentre une partie des biens immobiliers les plus recherchés.
Mais que se passe-t-il lorsque la mer apporte régulièrement autre chose que l’image paradisiaque promise par l’annonce immobilière ?
Depuis 2011, les sargasses modifient progressivement cette équation. Au point où dans certaines villes de la façade atlantique, elles ne sont plus seulement un problème environnemental ou sanitaire. Elles deviennent un facteur de localisation immobilière.
Le phénomène est, certes, encore difficile à mesurer avec précision : professionnels de l’immobilier, propriétaires, loueurs saisonniers et travaux publics commencent à documenter une dégradation de l’attractivité de certains secteurs particulièrement exposés.
Le paradoxe est saisissant. Un bien peut posséder tous les attributs traditionnellement recherchés — vue mer, piscine, terrasse, accès direct au littoral — et perdre une partie de son attractivité précisément parce qu’il se trouve trop près de l’eau.<p> Lire Plus
Adoption, à l’ONU, de la Déclaration des droits des peuples autochtones le 13 septembre 2007.
La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 13 septembre 2007 à la majorité de 143 voix contre 4 (États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande). Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait voté pour le 30 juin 2006 avec 30 voix, 2 voix contre (Canada et Fédération de Russie) et 12 abstentions.
Histoire
La Déclaration, recommandée par la Déclaration et programme d’action de Vienne4 affirme notamment que les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination interne et qu’en vertu de ce droit ils déterminent librement leur statut politique et recherchent librement leur développement économique, social et culturel1. Elle dispose que les peuples autochtones ne peuvent être expulsés de leur terre. Qu’ils ont droit aux ressources naturelles situées sur leur terre. La Déclaration devient la référence de l’ONU pour le respect des droits des peuples indigènes ; elle permet d’évaluer l’attitude des États envers les peuples indigènes, mais n’est pas dotée d’effet contraignant en droit international.<p> Lire Plus
– Par Rodolf Etienne
Qui détient aujourd’hui le pouvoir en Martinique ?
La question dérange presque autant qu’elle intrigue. Politique, économie, communes, intercommunalités : derrière les institutions, quelques hommes concentrent aujourd’hui une capacité particulière à orienter les décisions en Martinique.
Serge Letchimy, Stéphane Hayot, Didier Laguerre, Bruno Nestor Azérot et Justin Pamphile sont les hommes qui apparaissent au centre du réseau de pouvoir.
Il serait évidemment absurde de chercher un homme qui, seul, commanderait l’île. La Martinique est traversée par plusieurs pouvoirs : celui du suffrage universel, celui de l’argent, celui de l’administration, celui des communes, celui des réseaux professionnels, celui de la rue, celui des médias et, de plus en plus, celui de la capacité à mobiliser rapidement l’opinion publique. Mais tous les acteurs ne disposent pas du même nombre de leviers.
En septembre 2026, cinq hommes paraissent disposer d’une influence locale particulièrement importante.
Il ne s’agit ni d’un palmarès de popularité, ni d’un jugement sur leurs qualités personnelles, encore moins d’une mesure scientifique. L’influence dont il est question ici est la capacité concrète à faire entrer une question dans l’agenda public, à réunir des acteurs, à mobiliser des moyens ou à peser sur une décision concernant la Martinique. <p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
Ni la masse d’objectivité noyant les sensibilités subjectives chez le partisan de la raison exclusive ni la subjectivité délirante de l’émotif primitif s’abandonnant à ses pulsions et réactions primaires impulsives, ne peuvent en exclusives – chacune seule dévorant l’autre et s’excluant réciproquement – conférer l’équilibre indispensable qui caractérise un homme assumé. Raison et Émotion sont comme les deux pieds sur lesquels se tient debout la complétude du penseur-acteur qu’est l’homme. Ce sont deux facultés-attributs dont l’équilibre est nécessaire à l’équilibre humain, à la verticalité de posture de la conscience pensante et agissante au feu multiple des situations tant pondérables qu’impondérables de la vie.
La raison nous est donnée pour interroger et comprendre le monde, alors que l’émotion nous le fait sentir dans notre intériorité. L’émotion, pilier de la création et de la représentation; la raison, socle de la découverte et de l’invention. À ce stade, les deux se contrebalancent dans l’entendement interdépendant pour la complétude du progrès de la conscience collective de l’espèce dans sa marche culturophore, c’est-à-dire porteuse de cultures et fondatrice de civilisations.<p> Lire Plus
Destitution de Haïlé Sélassié Ier ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ dernier empereur d’Éthiopie le 12 septembre 1974
T
afari Makonnen (ge’ez : ተፈሪ መኮንን Écouter), né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, dans l’Empire d’Éthiopie, et mort le 27 août 1975 à Addis-Abeba, a été le dernier empereur d’Éthiopie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974. Il règne sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (ge’ez : ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ Écouter « Puissance de la Trinité »).
Fils du ras Mekonnen Welde Mikaél, les rastas le considèrent comme le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth’s rightful ruler) et le Messie, en raison de son ascendance selon la tradition éthiopienne de la dynastie dite « salomonique », qui remonte aux rois Salomon et David par la reine de Saba.
Régent et prince héritier d’Éthiopie durant le règne de l’impératrice Zewditou, à qui il succède en 1930, Haïlé Sélassié Ier doit faire face à l’invasion et à l’occupation italienne de son pays, entre 1935 et 1941. Il n’a jamais reconnu la légitimité de cette annexion, considérant qu’il régnait encore pendant cette période, niant l’administration coloniale italienne.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Les sargasses qui atteignent la Martinique ne peuvent plus être regardées comme une simple nuisance locale.
Elles appartiennent à un système transatlantique désormais installé, nourri par les dynamiques de l’Atlantique tropical, déplacé par les courants et appelé à accompagner durablement les territoires de la Caraïbe.
Mais que se passe-t-il réellement lorsque ces millions de tonnes d’algues terminent leur voyage sur les côtes de Martinique ?
En pleine mer, les sargasses peuvent constituer un écosystème. À proximité immédiate des côtes, leur accumulation massive, au contraire, peut contribuer à en étouffer d’autres.
Entre la masse flottante observée par satellite et le tas brun que l’on retire d’une plage, il existe un espace trop peu regardé : celui des mangroves, des herbiers, des petits fonds, des baies, des poissons, des récifs et des sédiments.
Quand un habitat devient une pression écologique
La sargasse n’est pas naturellement un déchet. Dans l’océan, ses radeaux constituent des habitats flottants où vivent ou transitent poissons, crustacés, invertébrés et jeunes tortues marines. Le problème apparaît lorsque des quantités considérables se concentrent dans des baies, des anses et des petits fonds où l’eau circule beaucoup moins.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
Cratère d’esprit nu
Abîme des villes
Naufrage, abysse des consciences
Aux mers des contresens,
La vie dans nos villes
Pactise avec le mensonge masqué en génie public,
Rites étatiques
Sur les têtes sans visages
Des structures infâmes,
Kunées maudites de nos monstres adulés
Élus parasites qui consomment et consument le peuple.
La décomposition du monde
Offre le macabre et maculé spectacle de la corruption des empestés
Les esprits iniques et corrompus puent l’injustice,
Esprits putréfiés rongés des vers de leur inconséquence,
Inaptitude à assumer l’être
Impropriété hypermatérialiste à vivre l’extase vocationnelle.
Cratère d’esprit nu
Que de moins que rien gouvernent l’État !
Et, par déviances et crimes économiques,
Imposent l’esclavage de la paupérisation
Et le travail obligatoire et sans fin
Comme fin de l’aventure humaine
Dans le dédale de la faim planifiée des Charon capitalistes
La route des politiques est un Achéron de faussetés,
Répugnant et létal méandre des fumisteries macro-économiques.
Avec les analphabètes fonctionnels, régaliens du néant
Sots experts, excellents exécutants,
Choses de la chose financière
Funambules flagorneurs faits présidents ou premiers ministres
Faune politicarde féroce
Intronisation de l’absurde
Accrétion d’esprit chauve sans contenance,
Lèche-semelles dévoyés des banquiers,
La gouvernance n’est que boule puante,
Paume coprophile aux raquettes des sous-hommes !<p> Lire Plus
– Par Rodolf Étienne
« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »
L’Appel. Les Indes. Édouard Glissant. Ed. Du Seuil, 1956.
Précision indispensable : le delirium tremens est une urgence médicale liée au sevrage alcoolique sévère. Il n’est nullement utilisé ici comme qualification médicale de la société martiniquaise, mais exclusivement – abusivement – comme image littéraire et politique du sevrage et de la dépendance.
Entre désir d’émancipation et besoin de protection, revendication identitaire et dépendance économique, créolité assumée et attachement au cadre français, la Martinique semble parfois hésiter au seuil de sa propre transformation.
La question est pourtant moins simple qu’elle n’en a l’air. Depuis plusieurs générations, le discours collectif porte simultanément une volonté de différenciation et une demande d’égalité, un désir d’autonomie et un besoin de protection, une critique de la dépendance et une inquiétude profonde devant les conséquences de sa disparition. En clair, le Martiniquais affirme vouloir davantage décider ici-même en Martinique mais continue à attendre énormément de Paris. Il dénonce une économie dépendante, mais une part essentielle de son niveau de vie repose sur des mécanismes de redistribution, des dépenses publiques, des prestations sociales, des rémunérations et des investissements qui s’inscrivent dans l’ensemble français et européen. <p> Lire Plus
Création à Paris de l’opéra-rock Starmania le 11 septembre 1979
Starmania est un opéra rock cyberpunk de Michel Berger sur un livret de Luc Plamondon. Créée le 10 avril 1979 au Palais des Congrès de Paris, l’œuvre est devenue, au fil des productions et des enregistrements, l’un des spectacles les plus joués et les airs, parmi les plus célèbres du répertoire francophone.
Joué à différents endroits dans le monde, il a fait l’objet de multiples adaptations tant en anglais qu’en français. L’album studio original de 1978 s’est vendu à plus de 2,2 millions d’exemplaires rien qu’en France, se positionnant ainsi à la septième place des meilleures ventes d’albums au niveau national. Starmania fut l’un des tout premiers opéras-rock francophones entièrement chantés.
Le projet initial de Michel Berger, Angélina Dumas, qui date de 1974, est une réflexion autour du syndrome de Stockholm et de l’histoire de l’enlèvement de Patricia Hearst, qui en 1975, s’est finalement ralliée à la cause de ses ravisseurs. La Bande à Baader est aussi une référence de Starmania pour Plamondon et Balavoine. De par ses thèmes et le monde dépeint, Starmania rejoint le mouvement cyberpunk (terme cependant jamais utilisé par ses créateurs).<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Depuis 2011, la Martinique vit au rythme des échouages de sargasses.
Quinze ans plus tard, le phénomène ne peut plus être traité comme un accident saisonnier. Il structure désormais une partie de la vie du littoral, pèse sur la santé, les finances communales, l’activité économique, le tourisme, la pêche, les paysages et jusque sur l’organisation des services publics.
Début septembre 2026, cinq communes parmi les plus exposées — Le François, Le Vauclin, Trinité, Le Marigot et Le Robert — ont décidé de parler d’une seule voix.
Leurs maires se sont réunis au François avec le directeur du GIP Sargasses, Frédéric Voyer, pour réclamer une réponse durable à un phénomène qui s’installe dans le temps. Ce mouvement des élus dit peut-être l’essentiel : qui doit porter durablement le coût, la responsabilité et la stratégie de cette nouvelle réalité environnementale ?
Quinze ans après, toujours l’urgence
La Martinique a pourtant considérablement renforcé son dispositif. Depuis 2023, la collecte en mer monte en puissance. En mars 2026, deux nouveaux moyens ont été mis en service : le Sargator 3, destiné notamment à la façade sud-atlantique, et la barge de transfert Toupiti. <p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
Contingence et accident, s’ils sont ordinairement interchangeables au plan sémantique, ont quand même en certaines circonstances une différence fondamentale : certaines contingences réfèrent à des aspects d’impondérabilité, d’indétermination volontaire impliquant la nature d’un être ou d’une espèce d’êtres sans en être consubstantielles, alors que l’accident réfère à l’étrangeté, à l’anomalie d’une situation, d’une factualité affectant la condition, le statu quo d’un individu ou d’un groupe.
Par exemple, le fait d’avoir un lieu de naissance est une contingence, mais tout en étant contingence et donc non essentiel ou nécessaire, cette factualité du lieu de naissance est incontournable et fait partie de la condition spatiale de l’être humain, spatialité immanente à la nature humaine. Or l’accident ne saurait être une condition immanente à toute une espèce en train de naître, condition à laquelle nul échantillon naissant n’échapperait! Il est clair que cette condition de toute naissance constitue une contingence, contingence qu’il convient d’appeler : la contingence spatiale des êtres vivants.
L’accident est, par définition, toujours casuel et non principiel, perpétuellement particulier car jamais ni global ni répétitif!<p> Lire Plus
Dans notre premier volet consacré à Barbara Jean-Élie, nous retracions les grandes étapes d’un parcours qui l’a conduite du journalisme de terrain à la présentation, de la direction éditoriale à l’écriture, de la télévision à la transmission.
Mais une carrière ne se résume pas à l’addition de postes occupés, d’émissions présentées ou de personnalités rencontrées.
Une carrière se révèle aussi dans une manière d’écouter, de questionner et de faire exister la parole de l’autre, une manière de « travailler ». Chez Barbara Jean-Élie, cette manière de bien faire, de bien dire ou, simplement, de bien écouter est devenue une signature autant qu’un gage.
Depuis septembre 2023, la journaliste présente sur ATV l’émission Face à Face, diffusée chaque soir à 18 h 30. Un format de douze minutes, bref en apparence, mais qui impose une discipline particulière : comprendre rapidement une personnalité, identifier ce qu’elle peut apporter au débat, installer un climat de confiance et conduire l’entretien sans perdre de temps dans les détours convenus.
Barbara Jean-Élie effectue sa quatrième rentrée avec ATV. En quelques années, elle a présenté près de 600 émissions, recevant des femmes et des hommes de tous âges, de tous milieux et de tous secteurs d’activité. <p> Lire Plus
Lancement en pleine 1ère Guerre Mondiale du Canard enchaîné le 10 septembre 1915
« La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas »
Le Canard enchaîné est un hebdomadaire de la presse satirique en France paraissant le mercredi. Fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne et Maurice Maréchal, aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c’est l’un des plus anciens titres de la presse française actuelle, notamment le plus ancien titre de presse satirique encore actif. Depuis les années 1960, c’est aussi un journal d’enquête qui révèle nombre d’affaires scandaleuses.
Pour l’historien Laurent Martin, ce journal, très attaché à la protection des sources d’information des journalistes, représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde ».
Histoire
Son nom fait allusion au quotidien L’Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement lors de la Première Guerre mondiale. Il subit alors la censure de la guerre5 et son nom fut changé pour L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, les journalistes Maurice et Jeanne Maréchal, aidés par le dessinateur H.-P.<p> Lire Plus

Une toile dans une maison, un visage reconnu dans une exposition, une scène de rivière, une femme portant des poissons, une yole, un joueur de dominos. Honoré Gaston Chosrova appartient à cette catégorie de peintre restitueur de mémoire.
Originaire de Rivière-Pilote, Honoré Chosrova a consacré son œuvre à représenter la Martinique populaire, quotidienne, vécue. Pas celle des cartes postale, – quoique ! Une Martinique partout habitée, de gestes, d’habitudes, de femmes, de conversations, de loisirs, de métiers, de paysages et de mémoires ordinaires.
Chez Honoré Chosrova, le « peuple » n’est pas un décor, mais sujet même de la peinture.
Une œuvre comme Détente à la rivière, datée de 1993, montre combien son travail s’inscrit dans une volonté de mémoire de la vie martiniquaise. Le tableau plonge dans un univers de rivière, de femmes, de chemins, de conversations et de gestes familiers. Il y a là quelque chose de précieux qui nous est rendue. La peinture de Chosrova ne cherche pas d’abord à expliquer la Martinique. Elle cherche d’abord à la reconnaître, pour donner une dignité picturale à chacune des scènes que l’on pourrait croire trop ordinaires – trop ci ou trop ça – pour entrer dans l’histoire de l’art.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.
Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.
On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.
La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.<p> Lire Plus

Les recherches contemporaines consacrées aux femmes artistes la présentent comme la première sculptrice native des Antilles françaises reconnue.
Et pourtant, lorsqu’on évoque aujourd’hui les grandes figures intellectuelles et artistiques martiniquaises du XXe siècle, son nom vient rarement parmi les premiers.
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou, sculptrice, dessinatrice, poétesse, conteuse, autrice pour la jeunesse, animatrice culturelle, éditrice d’une revue, défenseuse du créole et du patrimoine antillais, appartient à une catégorie surprenante du patrimoine commun, celles des femmes martiniquaises dont le nom semble avoir glissé lentement hors defs limites de la mémoire collective.
Née aux Trois-Îlets en 1909
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou grandit dans un environnement marqué par la poterie et les artisans. Née aux Trois-Ilets, en 1909, sa propre histoire familiale porte déjà plusieurs des mondes qu’elle cherchera plus tard à réunir : héritages chinois, afro-caribéens et européens.
Après une scolarité au Pensionnat colonial de Fort-de-France, elle franchit en 1934 une étape considérable pour une jeune Martiniquaise de cette époque : elle intègre l’École nationale des beaux-arts de Paris. 1934 : Il faut s’arrêter sur cette date. La Martinique est encore une colonie.<p> Lire Plus
La Rébellion de Stono débute le 9 septembre 1739
La Rébellion de Stono (appelée parfois Conspiration de Cato ou Rébellion de Cato) est une des premières rébellions contre l’esclavage qui a lieu à l’intérieur des frontières du territoire actuel des États-Unis. Le 9 septembre 1739, des esclaves de Caroline du Sud se sont rassemblés près de la rivière Stono dans le but de planifier une marche armée pour la liberté.
Causes
Plusieurs facteurs ont pu convaincre les esclaves qu’une rébellion pouvait conduire à leur liberté. Une épidémie de fièvre jaune avait affaibli le pouvoir des propriétaires d’esclaves, il y avait des prémices de guerre entre le Royaume-Uni et l’Espagne et beaucoup d’esclaves qui avaient obtenu leur liberté en s’échappant de la Floride alors contrôlée par l’Espagne, donnaient espoir aux esclaves de Caroline. Enfin, il a été suggéré que les esclaves ont organisé leur révolte de façon qu’elle ait lieu avant le 29 septembre, date à laquelle prenait effet la Loi sur la sécurité de 1739 (qui exigeait que tous les hommes blancs portent les armes tous les dimanches). Jemmy, le chef de la révolte, était un esclave instruit, que l’on décrivait comme originaire d’Angola, ce qui signifie probablement qu’il était originaire de l’Empire Kongo en Afrique centrale.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
L’Infralangage est un artifice idéologique du pouvoir, si trompeur, si décentré de ce qui est et se fait réellement, qu’il ne saurait rien communiquer de la réalité des choses ni de la factualité de l’action. Alors, c’est un univers second – celui des clés et codes systémiques rendus systématiques par l’art mensonger des profiteurs de l’ordre mondial ou étatico-social – qui se crée un empire de codes factices et de faux signes qu’il faille débusquer, démasquer pour évider d’être pion de l’échiquier illusoire de la communication putative déviante du système politico-économique avec le mode institutionnel d’incommunication qu’il sous-tend. L’infralangage est un mode de langage sans seuil de signification suffisante pour renvoyer à un quelconque signifié.
Le pire ennemi de la communication linguistique n’est ni le mutisme ni la mutité ni l’aphasie, mais le décentrage du langage dans une volonté de tromper où l’incohérence individuelle ou idéologique, vide le verbe de tout sens, réfère à un non lieu, une schizotopie. Alors, naît un infralangage parasignifiant que seuls décodent les connaisseurs des signes et clés cachés voire non établis de la vérité sociale prise dans sa nudité et son essence sans frime séductrice ni masque verbal, ni mimesis de manière.<p> Lire Plus
– Par Rodolf Étienne
Journaliste, présentatrice, productrice, autrice, entrepreneure, ancienne conseillère ministérielle : vouloir réduire Barbara Jean-Élie à l’un de ses métiers reviendrait à manquer ce qui fait tout le singulier de son parcours.
En 2023, Barbara Jean-Elie était de nouveau devant les caméras d’ATV, face aux Martiniquais(e)s, comme si une boucle se refermait. La Martinique qu’elle retrouvait à l’écran n’était plus celle dont elle présentait les premières actualités télévisées au début des années 1990.
Titulaire d’une maîtrise de droit et sciences politiques obtenue à Paris I Panthéon-Sorbonne en 1989, Barbara Jean-Elie revient en Martinique et intègre le monde des médias. Après la radio, elle participe à l’aventure d’Antilles Télévision, ATV, à une époque où l’existence même d’une télévision privée locale constituait une rupture.
En 1993, Barbara Jean-Elie est la première journaliste à présenter un journal télévisé sur une chaîne privée martiniquaise.
Elle sera journaliste reporter d’images, présentatrice, animatrice et rédactrice en chef. Ce passage par ATV n’est donc pas un simple épisode dans son curriculum vitae. Il correspond à l’un de ces moments forts où la Martinique commence à diversifier les lieux depuis lesquels elle se regarde, se décrit et se raconte.<p> Lire Plus
Marcel Ravidat découvre la grotte de Lascaux, sur la commune de Montignac, en Dordogne le 8 septembre 1940
La grotte de Lascaux, située sur la commune de Montignac-Lascaux, en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, en France, est l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique supérieur par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l’art pariétal », selon une expression attribuée à Henri Breuil, qui la nomme également « Versailles de la Préhistoire » ou « Altamira française ».
Lire aussi : La magie Lascaux opère toujours, 80 ans après sa découverte
Les peintures et les gravures qu’elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 19 000 et 17 000 ans à partir de datations et d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. La plupart des préhistoriens les attribuent au Magdalénien ancien, sauf quelques-uns qui penchent plutôt pour le Solutréen qui le précède, voire pour le Gravettien4.
Géographie et contexte géologique
La grotte est située dans le Périgord noir dans la vallée de la Vézère sur la commune de Montignac-Lascaux (Dordogne), à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Périgueux et à 25 kilomètres de Sarlat-la-Canéda.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Après le développement spectaculaire de l’hébergement locatif, une nouvelle étape s’amorce pour le tourisme martiniquais : celle de la pleine valorisation du service.
La conciergerie pourrait précisément être le chaînon manquant entre « logement touristique » et « expérience touriste ».
Formation des professionnels, commercialisation, accueil, intendance, connaissance des clientèles, numérique : le CMT (Comité Martiniquais du Tourisme) accompagne désormais explicitement la structuration de la conciergerie en Martinique.
Près d’un touriste de séjour sur deux choisit désormais, en Martinique, un appartement, une villa ou une résidence de tourisme.
Hier, la Martinique vendait sa destination. Aujourd’hui, depuis qu’elle a développé ses hébergements, elle doit vendre davantage la qualité de son service et la singularité de l’expérience qu’elle propose. Disposer de milliers de villas et d’appartements ne suffit pas. Il faut transformer le séjour en expérience, le visiteur en hôte, la réservation en consommation locale et, idéalement, un premier voyage en désir de revenir.
En 2024, la Martinique accueillait 988 301 visiteurs. La fréquentation globale reculait légèrement de 1,4 % par rapport à 2023, mais cette évolution masquait un phénomène beaucoup plus intéressant : le nombre de touristes de séjour progressait de 2,8 % pour atteindre 571 511 personnes, son niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies.<p> Lire Plus
Naissance à New York de Sonny Rollins le 7 septembre 1930
Sonny Rollins, né Theodore Walter Rollins, est un saxophoniste ténor et compositeur de jazz. Il est largement reconnu comme l’un des musiciens de jazz les plus importants et influents de l’ère post-bebop.
La longue et prolifique carrière de Sonny Rollins au saxophone ténor commence vers l’âge de 16 ans. Certaines de ses compositions comme St. Thomas, Oleo, Doxy et Airegin sont devenues des standards de jazz. Ses soixante-cinq ans de carrière lui donnent aujourd’hui le statut de dernier géant en activité. Improvisateur, croisant les genres, poussant à leurs limites le son et le phrasé, Sonny Rollins incarne l’esprit de quête inlassable du jazz. Sonny Rollins est toujours en tournée en 2013 après avoir survécu à la plupart de ses contemporains en compagnie desquels il enregistra, tels John Coltrane, Miles Davis, Max Roach et Art Blakey.
Biographie
Les premières années
Bien que Sonny Rollins soit né à New York, pas très loin des temples de la musique noire new-yorkaise comme Le Savoy ou l’Apollo, ses parents sont originaires des Îles Vierges américaines2.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
Il est de ces mots qui altèrent le sens des choses. Me vient à l’idée, en écrivant cette réflexion, le lemme « extralucide ». Oser parler d’extralucidité, c’est très mal comprendre l’ampleur de la lumière qui est en l’homme et que chacun doit développer sans jamais pouvoir en épuiser l’immensité. L’homme peut essayer, dans la part de conscience possible de son existence terrestre, part de conscience si vaste que les esprits les plus avertis n’en utilisent qu’une petite partie, part de conscience qui, elle-même, n’est qu’une infime poussière de la conscience divine exprimée dans le cosmique et le supracosmique; c’est donc carrément insensé et matamore que de se prévaloir d’un charisme qui serait extralucide. Par contre, l’effort de l’esprit à ennaturer permet une lucidité forte quand l’homme s’y met. C’est une hyperlucidité métaphysique, une hyperconscience à la fois intellectuelle et surrationnelle de l’esprit tourné vers soi pour mieux se connaître et vivre la vérité indiscursive de l’être.
La sagesse est un regard intérieur de l’esprit dépassant les bornes de l’extérieur lacunaire dans un monde rivé à l’immédiateté du tangible.<p> Lire Plus
La source des crises financières , économiques et sociales aux Antilles, résultat de l’absence de vision prospective et d’un manque d’anticipation.
— Par Jean-Marie Nol —
Les crises actuelles aux Antilles sur les problématiques de l’eau et des transports ne sont pas seulement des accidents de gestion, elles révèlent surtout l’absence d’une culture de l’anticipation et d’une stratégie économique de long terme. La vision prospective économique et l’anticipation sont indispensables pour empêcher les crises car elles permettent de rompre avec la gestion purement réactive et d’agir sur les causes profondes des déséquilibres avant qu’ils ne deviennent incontrôlables. En Martinique et en Guadeloupe, une crise survient souvent lorsqu’un dysfonctionnement accumulé (dette excessive, bulle immobilière spéculative, pénurie de ressources financières) atteint un point de rupture. L’anticipation sert de bouclier préventif à travers plusieurs mécanismes clés : La détection précoce des signaux faibles. L’économie locale est systémique, donc la prospective permet d’identifier les déséquilibres naissants avant qu’ils ne se propagent, et surtout d’identifier l’accumulation de dettes insoutenables chez les ménages, les entreprises ou les collectivités locales . Les marchés publics et les acteurs économiques ont tendance à être procycliques (ils amplifient les tendances par mimétisme ou panique).<p> Lire Plus
Magouilles, mensonges et dilatoires
« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»
(Voltaire)
Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.
Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.<p> Lire Plus
— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Contrairement à une inexactitude répandue par une information exclusive, la Droite martiniquaise n’a dirigé la collectivité (conseil général) que pendant 22 ans, de 1960 à 1982. Les résultats ont été inversement professionnels à cette courte durée : ils peuvent être appréciés par rapport au bilan catastrophique des 45 années suivantes.
LE CONCOURS DE PLUSIEURS CIRCONSTANCES
La droite locale constituée est née d’un concours de circonstances historiques, presque d’un accident : la chute de la Quatrième République. L’an 1958, date du retour au pouvoir du général de Gaulle et de l’avènement de la 5ème République, furent aussi celle de la création du Parti progressiste martiniquais (PPM) le 22 mars 1958, de la Fédération martiniquaise de l’Union pour la nouvelle République (UNR) fondé le 1er octobre 1958 et de l’apparition des idées de rupture institutionnelle. Cette droite, qui n’est pas née d’un élan purement local comme le PPM, s’est constituée pour servir de relais au parti national et s’opposer à l’émergence des idées autonomistes et indépendantistes en se cristallisant autour du général de Gaulle. A l’initiative de la création des DOM, de Gaulle réapparaît au moment où des vents contraires commencent à s’exprimer en outre-mer.<p> Lire Plus
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Poète
Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,
elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète
compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête
partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…
La poésie
De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…
Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…
Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…
Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !
Patrick Mathelié-Guinlet<p> Lire Plus
Publication du Manifeste des 121 le 6 septembre 1960
Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté. Le manifeste est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et plutôt orienté à gauche. Il est important pour l’histoire de la gauche et de l’extrême gauche en France.
Contenu du manifeste
« On ne réclamait plus seulement le droit du peuple à ne plus être opprimé, mais le droit du peuple à ne plus opprimer lui-même. »
— François Maspero, Le droit à l’insoumission, le dossier des 121, Paris, François Maspero, 1961, « Avertissement de l’éditeur »
Selon ses propres termes, le manifeste cherche à informer l’opinion française et internationale du mouvement de contestation contre la guerre d’Algérie. Les 121 y critiquent l’attitude équivoque de la France vis-à-vis du mouvement d’indépendance algérien, en appuyant le fait que la « population algérienne opprimée » ne cherche qu’à être reconnue « comme communauté indépendante ».<p> Lire Plus
— par Rodolf Etienne

L’investisseur voit un actif. L’agriculteur voit une terre. La puissance publique, elle, devrait voir la capacité de nourrir demain !
Parce qu’un champ, ce n’est pas seulement une surface, ce n’est pas seulement une valeur inscrite dans un bilan comptable. Un champ, c’est une possibilité de produire, une capacité de nourrir, une réserve de biodiversité. Un champ, c’est un paysage, un patrimoine, ou, tout simplement une histoire familiale. Mais… un champ, c’est aussi, et de plus en plus, un actif stratégique.
L’UE (Union européenne) est l’une des plus grandes puissances agricoles et agroalimentaires mondiales. Ses campagnes produisent céréales, lait, viande, fruits, légumes, vins, huiles et produits transformés. Des millions d’emplois dépendent directement ou indirectement de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Pourtant, derrière cette puissance apparaît une fragilité croissante : les exploitations disparaissent, les agriculteurs vieillissent, l’installation des jeunes devient difficile, le prix des terres augmente dans de nombreuses régions, les marges sont comprimées par le coût de l’énergie, des engrais, des machines et du crédit, et les revenus agricoles demeurent extrêmement variables selon les filières.<p> Lire Plus
— Par Camille Loty Malebranche —
La sauvagerie est l’état naturel de toute espèce vivante prise dans son environnement. Elle est la face immédiate, primaire, primitive des espèces, y compris l’homme! La barbarie est un cran de la sauvagerie dépassant les déterminations purement naturelles par l’intervention culturelle.
La sauvagerie est le stade cru des pulsions et réactions se manifestant au premier degré sans recul ni jugement pour assouvir les instincts qui, à l’échelle de l’humain, sont censés être dépassés par la culture à travers ses institutions civilisatrices telles l’éducation, la religion, la politique. La sauvagerie est le niveau réflexe que la culture, stade réfléchi des actions humaines socialisées, se doit de dépasser, d’humaniser. Et, pourtant, dans le cours des choses, la barbarie, cette sauvagerie seconde, secondaire car moulée dans les us et coutumes culturels, voit constamment le jour comme une sorte d’aberration mentale et comportementale des rapports humains individuels, collectifs, institutionnels et internationaux à travers les choix d’action de la société humaine dite civilisée.
C’est dans la construction de la culture, la manière des humains de se structurer socialement en instituant leur vision et représentation dites culturelles que la barbarie surgit!<p> Lire Plus
— par Rodolf Etienne

L’épée levée… Non pour déclarer une guerre. Pour trancher dans l’oubli.
Elles sont ici vingt-cinq femmes dans une histoire beaucoup plus vaste. De celles qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays Martinique bien au-delà de ses rivages.
L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité. La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine comme étrangement muette.
Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant sont immenses ! Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir ! Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise ! Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !
Il faudra peut-être encore longtemps réparer cette injustice. Quand on raconte la naissance de la Négritude, trois hommes apparaissent immédiatement : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. <p> Lire Plus
Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 5 septembre 1791.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.
La déclaration sur plaque de marbre.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue une réplique critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.<p> Lire Plus
— Par Sandra Casanova (*)
Le débat qui s’ouvre en Martinique sur les zones franches est légitime et nécessaire. Face aux fragilités structurelles de notre économie, à l’étroitesse de notre marché intérieur, au coût des importations et à l’urgence de créer des activités et des emplois, aucune piste sérieuse ne doit être écartée. Ce débat appelle d’abord une clarification. Toutes les zones franches ne répondent ni aux mêmes objectifs, ni aux mêmes règles, ni aux mêmes réalités économiques. Et cette distinction en commande une autre, plus large : voulons- nous seulement améliorer les conditions dans lesquelles fonctionne notre économie actuelle, ou voulons-nous également transformer la place de la Martinique dans son environnement économique régional et international ?
De l’insularité subie à la géographie choisie
Depuis des décennies, nous décrivons à juste titre les handicaps auxquels notre territoire est confronté : éloignement de la France continentale, étroitesse du marché intérieur, dépendance aux importations, coûts de transport et d’approvisionnement. Ces réalités demeurent, mais elles ne peuvent constituer notre seul horizon. Si notre marché intérieur est étroit, notre marché potentiel ne s’arrête pas aux frontières de la Martinique.<p> Lire Plus