— Par Sabrina Solar —
Quand un anthropologue de renommée mondiale et un dessinateur engagé croisent leurs regards, c’est tout un horizon qui s’ouvre. Dans Ethnographies des mondes à venir (Seuil), Philippe Descola, professeur émérite au Collège de France et figure majeure de l’anthropologie, et Alessandro Pignocchi, ancien chercheur en sciences cognitives devenu auteur de bande dessinée écologiste, s’installent dans une conversation libre, stimulante et parfois décapante.
Leur point de départ est simple : si nous voulons éviter l’effondrement écologique, il nous faut transformer radicalement notre rapport à la nature, aux territoires et aux êtres vivants non humains. Mais derrière cette injonction, que recouvre concrètement un tel changement ? Comment concevoir des formes de société qui intègrent pleinement plantes, animaux, rivières ou forêts comme parties prenantes ?
Philippe Descola rappelle que la distinction entre « nature » et « culture », si centrale en Occident, est loin d’être universelle. Elle est même exceptionnelle dans l’histoire humaine. Ce cadre de pensée, qu’il qualifie de naturalisme, a façonné nos institutions, notre économie et nos subjectivités. Or, en plaçant les humains à part du reste du vivant, il a ouvert la voie à leur exploitation illimitée des milieux — une dynamique dans laquelle capitalisme et socialisme historiques ont également joué un rôle. Lire Plus

Histoire (dé)coloniale de la philosophie française : de la Renaissance à nos jours, de Thierry Hoquet, est un ouvrage audacieux qui revisite l’histoire de la philosophie française sous un angle inédit et essentiel : celui de la colonisation et de ses effets profonds sur la pensée. Hoquet, philosophe engagé et historien des idées, interroge les liens entre la philosophie française et l’histoire coloniale, et ouvre une réflexion critique sur la manière dont les grands textes philosophiques ont été influencés, voire façonnés, par les rencontres avec les peuples colonisés.
La pathologie collective d’un peuple Haïti, un corps social en folie
À propos : 

« Nous sommes la nature ! : Écologie, colonialité et liberté des peuples » est un ouvrage qui fusionne écologie, décolonisation et réflexion sur la souveraineté des peuples, particulièrement ceux des territoires d’outre-mer. Ce livre, coécrit par Marcellin Nadeau, militant anticolonialiste et ancien maire du Prêcheur (Martinique), et Pascal Margueritte, ancien journaliste, est une réflexion approfondie sur les défis environnementaux et sociaux auxquels sont confrontées les Antilles françaises, mais aussi sur les pratiques écologiques à l’échelle mondiale.
Dans Le Chaos qui vient, Peter Turchin, historien et chercheur en sciences sociales, livre une analyse percutante des mécanismes qui conduisent à la désintégration politique des sociétés. S’appuyant sur plus de 10 000 ans d’histoire et l’étude de plus de 700 sociétés, de l’Égypte ancienne à l’Amérique contemporaine, il interroge les causes profondes des effondrements politiques et sociaux, et propose une réflexion audacieuse sur la fragilité des systèmes démocratiques contemporains.
— Par Sarha Fauré —
— Par Hélène Lemoine —
— Par Sabrina Solar —
— Par Sarha Fauré —
— Par
L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.
Préface de Jean-Louis Pierre
— Par Michèle Bigot —
« Les Antilles prêtes à partir, à se défaire du carcan colonial s’inventent un but médian, celui d’une mise en concordance des moyens et des besoins. De fait : que valent la planification, les programmes et à plus forte raison la revendication de réparation face au phénomène de l’échéance électorale érigé en superstructure ? »
— Par Alain Joséphine —
Écrite par Marius Gottin,
L’Égypte ancienne fascine depuis toujours et de nombreux groupes – aux buts parfois opposés – s’en sont revendiqués ou l’ont instrumentalisée. Ce livre décrypte cette égyptomanie.