Une gageure : raconter l’identité
— Recension par Yves Chemla —
Un arbre dans le jardin de Dieu : voici une image qui nous enjoint de remonter à la source de pas mal d‘histoires, et aussi de pas mal d’imaginaires qui croisent et recroisent les fils du bien et du mal, du genre, des histoires de paradis et de perte de celui-ci, des histoires de genre, de serpent, de connaissance des autres, de soi, de l’origine et aussi d’identité. Ève et Adam ont dû longtemps se demander ce qu’ils faisaient là, et qui ils étaient. Certes, l’Eden aura été à la fois un lieu et un moment remémorés sans relâche, mais espace traversé de choses plus ou moins cachées : la connaissance, l’éternité, la séduction, le mal, la surveillance jalouse identifiable par des bruits de pas sur la terre.
Dans ce roman étrange, Comme un arbre planté dans le jardin du bon Dieu, Jean-Robert Léonidas, l’écrivain de Jérémie, entrelace ces figures qui structurent une bonne partie de nos imaginaires en provenance de la Bible, avec la réalité âpre et sévère de la vie quotidienne en Haïti, dans le premier quart de ce siècle fertile en malheurs de toutes sortes : séisme, ouragan, décrépitude, misère, dépérissement de l’État, gangstérisme.

Inséparables…
– Synopsis : « – Marron, c’est pas la couleur des vraies princesses ! Dans mes livres, les princesses sont blanches avec de longs cheveux blonds. Camille, mon grand-oncle, lève les yeux au ciel : – Boudiou, et la reine de Saba, alors ? Elle était marron comme toi ! Reine, c’est autre chose que princesse, non ? «
— Par Robert Berrou
Grann stipéfaksion
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Entrevue exclusive avec Peter Frisch,
Entrevue exclusive avec Renauld Govain 
Le droit au bonheur
Avec Patrick Chamoiseau (texte et voix), Raphaël Imbert (saxophones, clarinettes, voix), Yasmina Ho-You-Fat (voix), Pierre-François Blanchard (piano), Celia Kameni (chant), Sonny Troupé (percussions, tambour ka), Nadir, (slam et danse), Solann (chant), Mbaé Tahamida Soly, (slam, poésie)
Un festival d’un genre majeur en Martinique du côté de la commune de Saint-Esprit organisé par l’association Balisaille. Cet évènement articulé autour du thème « ‘’Parler poésie’’ a bénéficié du soutien de la DAC martinique, de la ville du Saint-Esprit qui a su faire de ce festival une activité phare de la commune à l’approche de sa fête patronale, et de la ville de Fort-de-France qui a mis à notre disposition la maison d’Aimé Césaire pour accueillir notre soirée du 27 mai 2022, en hommage à Jacques Stephen Alexis », a fait savoir le président de l’association, Daniel Boyer-Faustin tout en insistant que ce thème est tiré d’un texte inédit du grand poète Monchoachi.
Si tu n’avais pendant neuf mois
Dans une étude d’une grande amplitude analytique, «
Tè-a ki manjé’y-la kon agoulou-gran-fal
22 mai 1848
Le monde est en manque de poésie, le constat est clair. La parole poétique est portée par une minorité, que je considère comme des combattants. Les actes poétiques sont moindres et le Poème est malheureusement peu circulé, sinon quelques tentatives qui émergent des sphères alternatives, des collectifs où cette parole demeure. Nous pouvons facilement inventorier ces espaces d’ailleurs qui prennent formes de revues, de tribunes ou de festivals. Je pense comme l’a dit Constant, dans la revue Cobra en 1949, que « C’est notre désir qui fait la révolution » et j’ajoute que la révolution n’est nullement possible sans s’accrocher à l’auro poétique qui émane du plus profond de nous-même et qu’on ignore souvent. Tout ça pour vous dire combien l’intérêt que représente ce nouveau festival de poésie est grand.
Paris – Le prix Goncourt du premier roman a été décerné mardi à Étienne Kern pour
Pèlé gwondant, Pèlé tranblant, Pèlé fimant…
Le grand mystère
Édouard Glissant, philosophe et romancier martiniquais : « On ne peut plus écrire son paysage ni écrire sa propre langue de manière monolingue. Par conséquent, les gens qui, comme par exemple les Américains, les États-Uniens, n’imaginent pas la problématique des langues, n’imaginent même pas le monde. Certains défenseurs du créole sont complètement fermés à cette problématique. Ils veulent défendre le créole de manière monolingue, à la manière de ceux qui les ont opprimés linguistiquement. Ils héritent de ce monolinguisme sectaire et ils défendent leur langue à mon avis d’une mauvaise manière. Ma position sur la question est qu’on ne sauvera pas une langue dans un pays en laissant tomber les autres.