Catégorie : Écrits

Amour, Pouvoir, Monde à l’envers…

— Par Jean-Bernard Bayard —

Amour du Pouvoir

Ils doivent opprimer pour se sentir tout puissants
Il faut accaparer pour qu’ils s’établissent gérants
Il leur est nécessaire d’abrutir et bien avilissants
S’ils ne terrifient pas ils ne seront pas dominants

Le pouvoir est pour eux un besoin vital et sacré
L’absolutisme est une sale idéologie d’insécurité
Où la majorité est abrutie démunie et défavorisée
Aux mains d’institutions qui sont hégémonisées

Ces dirigeants magouilleurs se croient invincibles
Contrôlent le peuple sans pitié de façon horrible
Tout ce qu’ils disent et font sont alors incrédibles
Et les répercussions de leur corruption est terrible
Jean-Bernard Bayard

Pouvoir de L’Amour

C’est quand l’altruisme règne et la générosité puissante
Le partage est de seconde nature et la bonté est gérante
L’encouragement est constant et la honte est avilissante
La compassion est l’acte et le besoin toujours dominante

L’amour est pour ceux de bonne foi un bien vital et sacré
L’Altruisme est un idéal compassion offrant une sécurité
Où les participants sont bienveillant et sont tous favorisés
Aux Mains d’institutions qui représentent une collectivité<p>  Lire Plus

Autour de « Jusqu’à mon dernier mot », de P.S. Hoggar

— Par André Claverie —

« Le corps se défait, devient tyrannique; la conscience s’intensifie à mesure qu’elle s’atrophie; Héloïse ne veut pas mourir avant sa mort ».

Récit de fin de vie : une cérémonie des adieux

Confrontée à l’imminence de la mort à cause d’une maladie incurable, Héloïse, une jeune Antillaise, appréhende que ses derniers instants -paroles, regards, gestes, silences – ne lui soient volés à la suite du processus dégénératif qui colonise peu à peu son corps et sa pensée.

Cet effroi, lancinant, la conduit à entreprendre le récit des deux dernières années de son existence afin de maintenir sa présence auprès de ses proches, lorsqu’elle aura été arrachée à eux.

Sous la forme d’un journal, qu’elle appelle son « Commentaire » (« dialogue mental avec soi »), Héloïse transmet donc un testament spirituel, destiné en priorité à sa sœur jumelle, Sarah : une confession littéraire dévoilant le sens ultime des moments douloureux, des amours passionnées et des instants lyriques qu’elle aura vécus.

Bien plus, en se lançant dans l’aventure de l’écriture, la jeune narratrice réalise le projet de « parfaire sa destinée » en dénouant avec douceur les liens qui l’unissent à l’existence et aux êtres qu’elle aime, et en parvenant avec dignité jusqu’à l’extrême lucidité contenue dans le silence de son « dernier mot ».<p>  Lire Plus

« Quelque chose s’est passé », de Nicolas Kurtovitch


À travers ses pas sur les chemins de la Grande Terre, Nicolas Kurtovitch interroge la mémoire, les paysages et la profondeur de l’expérience humaine.
Chaque marche devient rencontre : avec une ville, une tribu, un silence, une parole ancienne. Chaque souffle est dialogue : entre le visible et l’invisible, entre l’intime et l’universel.
Poète et passeur d’histoires, il inscrit dans ces pages une quête — celle du Do Kamo, de l’humanité en marche, qui cherche à se construire dans le lien, l’écoute et la vérité.
Mais ce livre n’est pas seulement une invitation à la contemplation : il exige vigilance et responsabilité. Reconnaître que « quelque chose s’est passé », c’est accepter de ne plus détourner le regard ; c’est accueillir la parole des anciens, la mémoire des lieux et l’épreuve du présent.
Un texte lyrique et sans concession, qui rappelle que vivre ici, c’est se tenir debout dans le temps et devant l’Histoire.

 

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J’ai pris un réel plaisir à lire Quelque chose s’est passé de Nicolas Kurtovitch, un récit à la hauteur de sa réputation. Pour J’apprécier pleinement, il faut entrer dans son univers, son style, sa poésie.<p>  Lire Plus

« L’Écho d’avant » d’Emmanuel de Reynal

Et si le progrès nous avait volé l’essentiel ?
Dans un futur proche, le dataïsme a tout envahi. Chaque émotion, chaque geste est filtré, noté, archivé. La liberté a cédé la place à la conformité algorithmique.
Naomie, jeune journaliste calibrée pour produire des chroniques rapides, reçoit une mission anodine : écrire un papier nostalgique sur « le monde d’avant ». Trois minutes de lecture, pas plus. Mais lorsqu’elle rencontre Le Gardien, dernier témoin d’une époque sans écrans, tout bascule.
De carnet en carnet, elle découvre un univers disparu : la lenteur des repas partagés, l’attente sans smartphone, les lettres d’amour, les voisins que l’on connaît, les slows qu’on danse en tremblant… Chaque page fissure ses certitudes, éveille un manque qu’elle ne savait pas nommer.
Entre mémoire vive et mémoire effacée, L’Écho d’avant explore avec intensité la question qui nous guette tous : que restera-t-il de notre humanité quand tout sera optimisé ?

Un roman d’anticipation poétique et lucide, où le passé devient la dernière utopie possible.

Emmanuel de Reynal | Parution le 05/02/2026 | 284 pages – 23 € | Broché – Format : 135 x 215 mm | Collection : Rue des écoles | EAN13 : 9782336594576

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Emmanuel de Reynal, né à Fort-de-France le 10 septembre 1965, est un chef d’entreprise et un écrivain français engagé dans la vie économique et sociale de la Martinique.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVI

LA CHASSE AU COMMUNISME

« Pourquoi faut-il que ce qui fait la félicité de l’homme devient la source de son malheur », écrit Goethe dans « Les Souffrances du jeune Werther »? S’organiser pour vivre ensemble, accepter les idées progressistes qui exhortent à partager équitablement ce que la nature met gratuitement à notre disposition ne devrait pas causer tant de chagrins et soulever tant d’inimitiés et d’aversions parmi les créatures pensantes. La seule source de bien-être pour les êtres humains est de réapprendre à vivre ensemble. Si l’humanité se porte mal, si les rivières, les étangs, les fleuves, l’océan sont devenus rouges de violence et de sang, c’est bien parce que le monde se divise en deux : les forts et les faibles, les dominants et les dominés. Les forts, les dominants, déclarent la guerre, tuent, pillent, dépouillent et esclavagent. Les faibles, les dominés, abdiquent, se soumettent, abandonnent, fuient ou crèvent dans les mornes et les vallées. En clair, cela s’appelle l’injustice sociale, l’inégalité économique. Il s’agit d’un système de « vautourisation » globalisé érigé par les pays colonialistes, et qui continue de dérégler, de désarticuler le mode de vie originelle des terriens vulnérables.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer Frappée : Chapitre XV, dix-septième extrait

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XV

L’ADIEU

« Le combat n’a pas cessé, car il y a encore des combattants. Il ne pourra réellement prendre fin qu’avec la victoire du Bien sur le Mal. »

(Robert Lodimus)

Je me souviens toujours des paroles de Montaigne que j’ai déjà rapportées dans un chapitre précédent et que je paraphrase ici: « Dieu a donné aux humains accès aux connaissances pour les tourmenter. » La connaissance détient pour chacun de nous le fardeau de la preuve. Elle accuse. Elle culpabilise. Elle représente le ministère public au tribunal de l’histoire par devant lequel nous sommes appelés à répondre de tous nos actes : bravoure, héroïsme, grandeur d’âme, lâcheté, indignité, cruauté, cynisme… L’histoire nous acquittera, comme elle l’aura fait pour Fidel Castro; ou nous sanctionnera, comme Benito Mussolini, Adolphe Hitler et même, dans un certain sens, Joseph Staline… En situation de connaissance de cause, l’immobilisme, le résignationnisme, l’indifférence, l’insouciance… deviennent inexcusables. Punissables. La Cour a le pouvoir de condamner un individu pour « non assistance à une personne en danger », et cela, sans qu’il soit reconnu et déclaré l’auteur du crime.<p>  Lire Plus

« Te Deum » & « M’Pa Kanmarad Ou! »

— Par Jean-Bernard Bayard —

Te Deum
Est-il trop tard pour l’Haïti Chérie de chanter une grande messe d’action de grâces
En 1794 pour fêter l’abolition de l’esclavage un Te Deum fut chanté au Cap Français
En 1797 le premier gouverneur nègre de Saint Domingue fit chanter un beau Te Deum
En 1801 pour célébrer la première et seule constitution coloniale il y eut un Te Deum

Le Latin est la langue de l’église catholique à l’époque de l’autonomie de l’Île entière
Du Premier des Noirs au Premier des Blancs mit fin à toutes grâces des Louvertures
Le petit insulaire européen mit le petit insulaire antillais en disgrâce mortelle au Jura
Et depuis cette île damnée fut condamnée à perpétuité d’avoir vaincu trois puissances

Renommée Ayiti cette île en deux-cent- vingt- deux ans a survécu toutes sortes de maux
Maux naturels, économiques, revanchards, politiques, sociaux, religieux, scolaires
De l’international elle reçut des coups mortels qui auraient pu l’envoyer à un crématoire
De ses propres dirigeants elle fut avilie prostituée dénaturée, déshumanisée sans relâche

Peut-on espérer la rédemption de la nation ayisyèn qui fut le phare de la liberté coloniale
Comment expier les châtiments inculqués par l’occident et les vices de ses propres rentiers
Verrons-nous avec ce troisième siècle une renaissance de la vision ancestrale de 1791-1801
Oserons-nous rêver un jour de chanter un Te Deum pour une belle messe d’action de grâces
Jean-Bernard Bayard

M’Pa Kanmarad Ou!<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer Frappée : Suite du chapitre XIV

— Par Robert Lodimus —

Suite du chapitre XIV

Le Maître et le disciple

J’ai senti les mains d’une colère rageuse sur la gorge du docte duquel, depuis un laps de temps, je suis devenu l’allocutaire enfiévré, dans cette zone pauvreteuse, tristement délabrée de Carénage et de Sans raison, qui porte le nom de Mer Frappée. C’est la première fois que je voyais le personnage, ordinairement calme, tout à fait confiant et sûr de lui-même, dans un état pareil. Ses nerfs semblaient se dilater à la frontière de l’éclatement. Ils étaient gonflés comme des ballons remplis d’hélium. Je ne lui ai pas demandé davantage d’explications. Des nuages d’épouvante assombrissaient encore le ciel de la république insultée et choquée, comme le père de Rodrigue Le Cid. Nous étions le 10 juin 1967. Deux jours après l’exécution spectaculaire et révoltante des « dix-neuf officiers duvaliéristes » à Fort Dimanche. Le « président à vie » venait de gifler pour la énième fois le peuple haïtien. Trois ans après l’assassinat en public de Marcel Numa (21 ans) et de Louis Drouin (32 ans), la perpétration du massacre des Jérémiens, le malade psychopathologique avait récidivé dans l’affaire macabre et scandaleuse des militaires fanatiques, accusés d’ourdir un complot, de tramer une conspiration pour l’évincer du pouvoir et l’assassiner avec sa famille.<p>  Lire Plus

Un consortium d’artistes réunis à la Dominique imagine la Caraïbe de demain

Dessiner le futur des imaginaires caribéens

Du 5 au 13 janvier 2026 – Cochrane, Dominique

La résidence artistique L’Orizon

Du 5 au 13 janvier 2026, à la Dominique, le projet An Ba Lanmè réunit sept artistes originaires de la Dominique, de la Martinique et de Sainte-Lucie pour une résidence artistique consacrée à l’exploration et à la création de récits caribéens contemporains.

Intitulée L’Orizon, cette résidence clôture le premier cycle de résidences d’An Ba Lanmè. Elle propose un temps de travail collectif autour de la manière dont la Caraïbe se raconte aujourd’hui :

  • Écrire à partir de quel(s) point(s) de vue ?

  • À partir de quels héritages ?

  • Quelles réalités contemporaines mettre en lumière ?

Explorer et réinventer les imaginaires caribéens

Dans un contexte marqué par les héritages coloniaux, les circulations migratoires et les expériences partagées du bassin caribéen, la résidence explore la manière dont les imaginaires et les représentations caribéennes se construisent et se transmettent.

An Ba Lanmè invite les artistes à interroger ces récits afin d’en faire émerger de nouveaux, ancrés dans :

  • les réalités contemporaines,

  • les mémoires collectives,

  • les imaginaires caribéens d’aujourd’hui.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XIV

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XIV

Le Maître et le disciple

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« Mon champ, dit Goethe, c’est le temps » Voilà bien la parole absurde. Qu’est-ce en effet que l’homme absurde? Celui qui, sans le nier, ne fait rien pour l’éternel. Non que la nostalgie lui soit étrangère. Mais il lui préfère son courage et son raisonnement. Le premier lui apprend à vivre sans appel et à se suffire de ce qu’il a, le second l’instruit de ses limites. Assuré de sa liberté à terme, de sa révolte sans avenir et de sa conscience périssable, il poursuit son aventure dans le temps de sa vie… »

(Albert Camus, Le mythe de Sisyphe)

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J’ai poussé la petite barrière en bois rustique, recouverte de plaques de tôle métallique d’une épaisseur moyenne. En un rien de temps, pourrais-je dire, j’étais devenu un habitué de cet endroit calme et accueillant, qui stimulait ma plasticité cérébrale, ravivait la flamme de mon esprit perturbé, et ramonait les muscles de mon corps affaibli, déconforté, asthénisé. Le chien de garde, Nicky, avec sa queue en faucille légèrement recourbée sur son dos, est venu, comme à l’ordinaire, se frotter contre mes jambes légèrement pliées.<p>  Lire Plus

Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

—  Par Robert Lodimus —
     Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –,  pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»
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Bonne année, malgré tout!

— Par Robert Lodimus —

« Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l’homme, ce n’est pas la mort, mais la crainte de la mort. »

(Épictète)

« Le bonheur parfait n’est pas de ce monde », disait la vieille chanson. Nous croyons entendre celui que, dans le quartier de notre enfance, nous appelions affectueusement « boss Léon », et qui ne ratait jamais une journée sans se l’offrir. Sa voix tremolo emportait les paroles geignardes, soutenues par une mélodie entraînante, qui voyageaient bien loin avec le vent du Nordé : « Le bonheur parfait n’est pas de ce monde. Chacun a ses peines, chacun a ses douleurs… » Des années plus tard, le regretté Joe Jack en avait composé la version instrumentale. « Boss Léon », probablement décédé, était un modeste mécanicien-réparateur de machine à coudre. Cette activité professionnelle lui assurait son unique gagne-pain. Il nous confiait souvent que la dernière fois qu’il avait travaillé, ce fut sous le gouvernement de Dumarsais Estimé. Le cinquantenaire possédait aussi l’intelligence de fabriquer les pièces qu’il n’arrivait pas à dénicher sur le marché local.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre XIII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XIII

LA VILLE HÉRÉTIQUE

« Tant que l’État existe, pas de liberté; quand régnera la liberté, il n’y aura plus d’État. Le peuple n’a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise. »

(Lénine)

Le mois de septembre n’épargnait pas la ville de son humeur habituellement revêche, grincheuse, acariâtre et ombrageuse. Il porte le fardeau d’une saison de tristesse, de désillusion et d’horreur dans un pays qui, portant, est construit avec le matériau de la bravoure, de l’héroïsme, du sang et de l’honneur. Il pleuvait presque tous les jours. Les nuages se liquéfiaient sous la chaleur et ils se déversaient avec rage sur le paysage ordinairement sec et poussiéreux. Des bourrasques de vent accompagnaient les averses. Les éclairs et les coups de tonnerre écorchaient les flancs du firmament torturé. Mer Frappée était devenue totalement impraticable pour les riverains et les visiteurs coutumiers. Les mottes de terre élevées autour des bassins de sel s’étaient transformées en une pâte de boue gluante. Le soleil refusait de répondre à « l’appel au secours » de la population qui craignait un débordement des rivières rassasiées.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre XII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XII

LE MIRAGE

« L’homme est une prison où l’âme heureusement reste libre. »

(Victor Hugo)

Nyx avait achevé d’enlever le voile opaque qui recouvrait la terre, et les anges des ténèbres repartaient déjà vers leurs lieux de repos diurne, en attendant le moment de revenir, afin de perpétuer le cycle mystérieux de la séparation naturelle des deux astres opposés, selon la volonté du Créateur. Le jour, le contraire de la nuit, éclos de l’aube fraîche, commençait lui-même à dresser tranquillement sa tente. Le paysage à moitié engourdi, fondait déjà sous les rayons de la couronne d’Hélios qui s’apprêtait à traverser le ciel des Caraïbes, comme il le fait depuis 4,6 milliards d’années, sur son char de feu tiré par les quatre chevaux : Piroïs, Phlégon, Éoos et Aéthôn. Le jour arrivait dans la tristesse et la nuit se retirait dans l’angoisse. Derrière le soleil brûlant qui se pointait peureusement tous les matins, se dissimulaient les souffrances éreintées et révoltées d’une population à bout de souffle, captive d’une cruauté caligulienne. Pour avoir incendié la terre, Phaéton, le fils du Soleil, fut foudroyé par Zeus.<p>  Lire Plus

« Conflit ou Confrontation! » &  » Réalité et Vérité! »

— Par Jean-Bernard Bayard —

Conflit ou Confrontation!

Nous échangions nos points de vu sur le courriel, quand l’un des correspondants s’exprima de façon nocive, et cela causa tout un échange négatif sur un sujet qui ne méritait pas tant d’ambiguïté malsaine. Pour calmer la situation, je suggérai de faire marche arrière et trouver la cause de ce malentendu. Dans l »après midi, celui qui avait initié la mésentente, fit circuler l’énoncé qui provoqua son déconcertement. Petit à petit, les correspondants firent savoir ce qu’ils en pensaient, il y en a qui cherchaient la conciliation, d’autres exprimaient leur désaroi, certains voulaient en faire une blague disant qu’entre amis nous ne pouvons pas être si susceptible. Les échanges se mirent à s’amplifier, et dans la soirée, le groupe avait repris son calme et son harmonie. Le sujet en question fut traité et maltraité sans complication, et la solution à la fin était unanime. Etait-ce un conflit d’opinion, une confrontation émotionnelle, ou les deux à la fois? Je suis resté longtemps perplexe de l’épisode, essayant de comprendre comment un simple malentendu peut mener à une telle zizanie entre un groupe qui a l’habitude de se communiquer!<p>  Lire Plus

« Société Humaine » & « Elites Haïtiennes! »

— Par Jean-Bernard Bayard —

Société Humaine

L’humanité doit toujours être au cœur même de notre agglomération
L’identité d’un peuple doit toujours représenter l’honneur de sa nation
La diversité doit toujours être la grande ressource de toutes populations
La mentalité doit toujours être la boussole irréfutable des institutions

La collectivité doit toujours être l’incontestable priorité de nos ambitions
L’impartialité doit toujours confronter toutes les importunes sollicitations
La générosité doit toujours être au centre de ces grandes manifestations
La congénialité doit toujours être au cœur de toutes nos préoccupations

La moralité doit toujours être le seul guide de toutes sincères aspirations
La vérité doit être la seule véritable poursuite de notre légitime inspiration
La lucidité doit toujours être cet infaillible engin qui guidera bien la raison
La perspicacité doit toujours être l’âme de nos inlassables conversations

Jean-Bernard Bayard

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Elites Haïtiennes!
S’il y a une mauvaise augure de bonne foi des élites haïtiennes, il faudrait analyser de près la guerre des couteaux de Saint-Domingue (1799-1800) et on verrait que la cassure de la collectivité et l’égoïsme intellectuel étaient déjà évidents.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre XI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XI

L’ENGAGEMENT

« Qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre… »

(Victor Hugo)

À cause de la canicule, j’ai eu l’impression que la route qui conduisait à Mer Frappée était devenue plus longue. C’est vrai qu’il fallait marcher beaucoup, traverser toute une partie de la ville pour s’engager finalement sur les sentiers poussiéreux ou boueux qui reliaient l’endroit à Carénage comme un cordon ombilical. Lorsque le soleil montait haut dans le ciel, lorsqu’aucun souffle ne sortait de la poitrine de la nature pour se transformer en une brise douce et caressante qui rafraîchit et libère le paysage de son état torpide, les piétons suaient de toute leur eau. La douche de sueur que j’étais en train de prendre en marchant hâtivement collait la chemise légère de couleur gris pâle sur mon corps stressé comme un bout de métal emprisonné par une force magnétique. De temps à autre, je sortais le mouchoir de tissu que j’enfonçais dans la poche arrière gauche de mon pantalon et je me tamponnais le visage. J’ai continué à longer le littoral, sans m’offrir quelques minutes de repos sous les rares arbres qui bordaient le trajet.<p>  Lire Plus

« Ki Lès Ki Antò? », « Gran Manjè, Gwo Ponyèt, Kriminèl, Magouyè…

 — Par Jean-Bernard Bayard —

Ki Lès Ki Antò?
« Yo » se mo ke Ayisyen itilize tout tan pou yo blame kèlke swa moun lan kap vòlè, sasinen, fè magouy, manti ou latriye. Depi mwen timoun, ma pe chèche konnen kilès « Yo » ye. Jodi-a mwen deside fè yon ti gade sou bagay sa-a. Ayisyen pa pale kon tout moun, « Blan » ak « Nèg » pa gen anyen pou wè ak koulè po moun lan. « Blan » se etranje, « Nèg » se moun lakay. Gade salopwi « Blan » sa-a ak figi « nwè »li ki konprann li ka roule-m! Fè atansyon ak « Nèg » sa-a, se tèt chaje li ye. Men kelke swa « Blan » ou « Nèg » ayisyen va di-w, se « Yo » ki la kòz peyi-a nan eta sa-a! Depi yon bagay bon, Ya di-w se « Mwen » ouswa se « Nou », men si yon bagay pa bon, Ya di-w se « Yo ». « Blan » Franse, « Blan » Meriken, « Blan » Alman kèlke swa, se « Yo » kape toufe-n.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre X

— Par Robert Lodimus —

Chapitre X

L’ENDOCTRINEMENT

Le jeune homme que j’ai croisé tout à fait par hasard à Mer Frappée m’a complètement bouleversé avec les paroles tourmentantes qu’il a enfoncées dans ma tête comme les clous qui ont transpercé les mains du « Fils de l’Homme ». L’inconnu m’a permis de comprendre qu’il existe deux forces attractives qui retiennent ce pays dans les liens sauvages de la soumission aveugle, qui maintiennent encore ses habitants dans un état moutonnier : la religion et le carnaval. La prière et le tambour ont provoqué la glaciation des penchants, la congélation des velléités révolutionnaires des Haïtiens. Quelqu’un m’a déjà dit qu’Haïti serait assez confortable dans le rôle de « la cigale » de Jean de La Fontaine. J’ai rétorqué non, pour une raison majeure: la paresse, l’oisiveté, ce n’est pas la maladie virale dont souffre ce peuple. Au contraire… Que dirait-on du paysan, même avec son statut fragile de métayage, qui sarcle, arrose, ensemence, de l’aube du matin à l’Angélus du soir, sans en tirer une part importante de son travail ? La pauvre montagnarde qui transporte sur sa tête des paniers de légumes et de fruits et qui parcourt des dizaines de kilomètres à pied pour arriver au marché du village afin d’amasser tout juste quelques sous qui lui permettent d’acheter du savon de lessive, de l’huile, du pain, du sucre, du sel… ?<p>  Lire Plus

« L’exil forcé des Béhanzin en Martinique Récit de Prince Ouanilo »

Aux Editions L’Harmattan.

Texte de présentation

 Le roi du Dahomey, Ahidjéré Béhanzin, exilé par les autorités françaises avec une partie des siens en la colonie de Martinique, demande à son fils, le Prince Ouanilo, qui vient d’échapper à la terrible éruption du volcan de la Montagne Pelée, d’écrire l’histoire de la famille en cette terre étrangère. « L’important c’est la marque… la trace… »

 Le jeune adolescent de 17 ans, formé à l’école française et à l’environnement créole, à la recherche de lui-même, aidé de son entourage et fort de la grande amitié nouée avec un jeune martiniquais, rédige en observateur avisé, un document ethnographique et historique, fruit de ses douze ans de présence dans son « île-calebasse », dans lequel la farouche volonté du Roi de revenir au pays natal est omniprésente.

Biographie

Daniel Maurice Berté, ex-professeur d’histoire et personnel de direction en collège, est l’auteur de La Catastrophe de la Montagne Pelée et la Presse, Le Saint-Esprit de la Martinique, Les lieux de mémoire de l’esclavage en Martinique, Ecrire au Saint-Esprit, Konba Matinitjé.

Conférencier, intervenant en milieu scolaire, chroniqueur de l’émission en langue créole « Yonndé ti-mo kréyol » sur Super Radio, il publie ses poèmes dans le journal France-Antilles, sur Madinin’Art et les réseaux sociaux.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre : IX

— Par Robert Lodimus —

Chapitre IX

L’ACCIDENT

« S’il ne te faut, ma sœur chérie,
Qu’un baiser d’une lèvre amie
Et qu’une larme de mes yeux,
Je te les donnerai sans peine ;
De nos amours qu’il te souvienne,
Si tu remontes dans les cieux.
Je ne chante ni l’espérance,
Ni la gloire, ni le bonheur,
Hélas ! pas même la souffrance.
La bouche garde le silence
Pour écouter parler le cœur. »

(Alfred de Musset, La nuit de mai)

Ce vendredi matin, Gonaïves s’est réveillée avec la fièvre de la danse. Depuis 1 mois environ, des affiches publicitaires placardées aux endroits les plus passants annonçaient l’arrivée d’un orchestre de la capitale, le Jazz des Jeunes, un excellent groupe musical fondé en 1942 par trois adolescents du pays. Il s’agit des frères Ferdinand et René Dor, et Pierre Richer. Initialement nommé « Trio des Jeunes », le groupe est devenu par la suite la célèbre industrie de production de chansons populaires que l’on a connue durant les grands jours de gloire de la culture nationale. Le moment de l’alacrité avait enfin franchi le seuil auroral.<p>  Lire Plus

Le cercle apoétique – L’achronique continu(e)

– Saison 2, épisode 1 –

Par Loran Kristian  —

Comment vous dire ?

Il existe différents types de champs de matière mouvante, diverses sortes de plans dessinant de belles lignes de force, je ne vous apprends rien. Certains sont faits pour les cartésiens habitués aux espaces plats et euclidiens, d’autres pour les projectifs préférant les points de fuite à l’infini, ceux qui aiment les surfaces courbes et les grands cercles à tendances elliptiques, d’autres encore pour les amateurs de vies conformes, complexes ou plus discrètes.

Mais de l’endroit où je regarde bouger le monde, recueil de corps et d’esprits, le plan semble gâché à l’équateur. Plus grand-chose à tenir ferme et bon sans perdre la tête ou l’équilibre. Pourtant, dit-on, il nous faut rendre hommage à la destinée manifeste comme à ceux qui nous ont précédés. Garder la force de regarder demain en mangeant notre paquet de courage. Entre cyclopes et cyclones, en dépit de ce qui nous poisse comme jamais, il nous faudrait prendre la vie à bras le corps, de front, comme des gladiateurs affrontent le diable dans tous les détails.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre VIII (suite)

— Par Robert Lodimus —

Chapitre VIII

LE DÉCÈS

Un après-midi du mois de mai où le soleil flamboyait sur la ville qui s’amalgamait dans les rires d’une pléiade de gamins frivoles qui revenaient de l’école, une dizaine de militaires dépêchés expressément de la capitale sont arrivés à bride abattue à la caserne Toussaint-Louverture et ont procédé à l’arrestation spectaculaire du capitaine Coriace. Menottes aux poignets, l’officier, sans offrir de résistance, avait suivi les « troupiers » commandés par l’adjudant-major, Ménélas Flavius, jusqu’aux véhicules de l’armée qui attendaient aux abords du trottoir, en face de l’hôtel Moïse, pour reprendre la route en sens inverse. Lorsque le cortège a tourné devant le lycée Fabre Geffrard pour traverser les entrailles bidonvillisées de Descahos, la petite foule qui assistait au déroulement de la scène inopinée, tout à fait imprévisible, a applaudi chaudement. L’État major des Forces armées d’Haïti aurait retrouvé le nom du capitaine coriace sur une liste d’officiers supérieurs et subalternes qui allaient participer à un complot pour assassiner le président François Duvalier. Un soi-disant complice, le lieutenant Léonce Aurélien, sous la menace des tortures à Fort-Dimanche, avait vendu la mèche au commandant de la garnison criminelle.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : chapitre VIII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre VIII

LE DÉCÈS

Je me suis cramponné solidement aux jambes de mon père qui me caressait les cheveux pour me rassurer. Son instinct paternel lui avait permis de ressentir la stupeur, l’effarement, l’étonnement qui cravachait mon esprit scandalisé. L’atmosphère de la salle glaçante, qui servait de lieu infernal de jugement et de condamnation, était noyée par les jets de l’arrogance, les trombes de l’injustice, les vagues de la honte qui caractérisaient cette époque où la vie des individus était devenue aussi fragile qu’une toile d’araignée. On y percevait, par la même occasion, la montée progressive des flots de révolte qui se formaient dans la gorge des « zeks », et qui, quelques décennies plus tard, allaient réussir à drainer les colluvions d’une dictature féroce, dressée comme une crête-de-coq sur cette portion de terres héroïques des Antilles. Denis Amar aura dit plus tard : « Le pouvoir est aveugle, la misère est muette. » Cependant, j’aurai ajouté moi-même : « Lorsque la misère aura appris à parler, personne ne pourra jamais plus la faire taire; personne ne pourra jamais plus lui imposer le silence; personne ne pourra jamais plus la contenir.»<p>  Lire Plus

« L’inconnu de Mer frappée » : Chapitre VII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre VII

L’INJUSTICE

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Les deux militaires nous ont conduits, mon père et moi, dans une pièce sous- éclairée où l’on observait à l’arrière une table de bureau tellement blafarde, que le bois avec lequel elle était fabriquée semblait remonter à l’Âge de pierre. Sur le mur du fond, les regards hébétés, interloqués biglaient un crucifix qui représentait un Christ inoffensif, à moitié dévêtu, avec la tête souffrante légèrement penchée – comme toujours – vers l’Hyperborée. La salle était presque vide, à part une vieille armoire en acajou qui s’ajoutait au décor, et sur laquelle traînaient quelques cartables empilés de manière désordonnée. On avait facilement deviné qu’il s’agissait des dossiers de prisonniers politiques ou de droit commun incarcérés, libérés, décédés, assassinés ou exécutés… Le sergent Odilon, le mari de Mirana, accompagné de quatre « troufions », avait procédé lui-même à l’arrestation de Jésula Destiné. Le bizarroïde – révélation plutôt étonnante – venait du royaume lumineux d’Henri Christophe. Les yeux du sous-officier avaient la teinte rougeâtre du soleil couchant; son nez large et plat restait vissé sur un faciès lunaire; ses lèvres découvraient des gencives violettes qui soutenaient des dents brunies par la fumée des « cigarettes Splendid».<p>  Lire Plus