— RS n° 446 lundi 11 mai 2026 —
Non, non, la police ne tue pas, dit-on en haut lieu. Mais d’où viennent les corps qui gisent sur le sol après tant d’interventions de « forces de l’ordre » en Guadeloupe depuis quelque temps ? Et les fachos n’ont pas encore gagné en France… C’est dire !
Non, non, Trump n’est pas un fasciste, disent ses supporters. C’est juste, répondons-nous, un énergumène qui promet de détruire la civilisation iranienne, qui crée un club privé pour remplacer l’ONU, qui veut raser Gaza pour y construire une riviera lucrative pour lui-même, ses parents, alliéEs et amiEs, qui choisit les dirigeants des autres pays en kidnappant (au Venezuela), en assassinant (en Iran), en finançant (en Argentine, au Honduras), qui bafoue du matin au soir la constitution de son propre pays, qui organise les tripatouillages électoraux contre les AfrodescendantEs, qui menace de mort par asphyxie le peuple cubain, qui fait exécuter sans jugements et sans preuves des prétendus trafiquants de drogue dans la mer des Caraïbes qu’il considère comme son domaine maritime.
Non, non, les fascistes ne sont pas au pouvoir en Israël, prétendent les sionistes et apparentés, mais ils poursuivent génocide et colonisation, font du suprémacisme la loi fondamentale du pays, massacrent et assassinent à Gaza, en Cisjordanie, en Iran, au Liban, tandis que leur bourreau Benyamin Netanyahu se trouve sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.
Non, non, la France n’est pas une république bananière, dirait la macronie, mais son président refuse de reconnaître les résultats électoraux des législatives, après une dissolution décidée par lui-même, 90 % de sa presse est tenue par des milliardaires qui lorgnent vers l’extrême droite, il veut faire voter une loi interdisant de critiquer Israël et son premier ministre fait entrave à la législation concernant le premier mai qui lui déplaît.
Non, non, le fascisme ne menace pas, nous rassure-t-on, mais il fait un bond électoral au Royaume-Uni, et on ne peut compter pour s’y opposer ni sur le Labour Party du pays, ni sur les Démocrates du genre Kamala Harris aux USA, ni sur les sociaux-démocrates à la Glucksman ou autre François Hollande en France.
Non, non, Modi et Poutine ne sont pas de vrais problèmes, prétendent leurs complices, mais le premier s’inspire ouvertement d’une forme indigénisée du nazisme, martyrise les Musulmans, emprisonne les opposants, maltraite les pays voisins, tandis que le second envahit l’Ukraine, massacre ses civils, règne par la trique, le bourrage de crânes et la corruption, nourrit l’oligarchie dont il fait partie par l’exploitation des classes d’en bas et des peuples dominés environnants.
Non, non, la crise ne menace pas mais… pli ta pli tris ! Car la crise financière, économique, sociale, migratoire, climatique ne tardera pas à entraîner une terrible aggravation de la crise morale qui secoue déjà l’humanité.
L’erreur principale de ces menteurs professionnels, rois du cynisme sans limite, est leur croyance stupide que les peuples se laisseront faire. Ils se trompent.
Éia peuples du monde ! Éia peuples exploités et dominés ! Éia peuple martiniquais !
Relaxez Pinto ! Négociez !
La Cour de cassation a partiellement infirmé le jugement qui infligeait une peine scélérate d’incarcération à Hervé Pinto. La très haute juridiction a en effet considéré que l’emprisonnement décidé par la Cour d’appel de Fort-de-France n’était pas fondé. Cet épisode bien évidemment favorable à la victime condamnée, n’a pas suscité les réactions méritées, dans la mesure où toutes les autres charges et exorbitantes sanctions pénales retenues en appel, sont intégralement maintenues.
C’est comme si une sorte de lassitude se serait emparé de l’opinion, tétanisée par ce qui apparaît comme une confirmation par les tribunaux, des injustices de fond caractérisant cette affaire. En tout cas, pour ce qui concerne une fraction non négligeable de la population dont les manifestations d’indignation ont contribué à cibler la pratique trop courante des vols de terre dans notre pays.
Cette question mérite pourtant une grande attention car elle mêle histoire coloniale, rapacités individuelles, corruptions diverses, manœuvres d’aigrefins venus souvent d’ailleurs, complexité d’une législation aux adaptations multiples plus ou moins réussies.
Autant dire que pour soigner cette plaie qui trouble l’ordre public, il faut deux conditions apparemment contradictoires, mais en réalité complémentaires. D’une part, mobiliser les forces saines issues du mouvement populaire, et d’autre part, tourner le dos aux copinages et « arrangements » politiciens qui instrumentalisent tout pour assouvir des ambitions partisanes, voire personnelles.
Vaste programme, dirait l’autre. Il ne faut pourtant pas y renoncer car sans un programme ouvrier et populaire cohérent débattu dans les masses, l’émancipation devra attendre la Saint-Glinglin.
L’un des signaux qui montrerait une avancée, serait une bataille conséquente pour imposer une solution négociée d’une « affaire Pinto », qui n’est devenue affaire que par une accumulation d’injustices, d’anomalies, d’indifférences coupables.
En dépit de ses lourdes lacunes, la décision de la Cour de cassation traduit, à l’évidence, un malaise en haut lieu. Et Pinto n’est pas seul. Le combat dépasse sa seule personne. Poser efficacement le problème dans sa globalité suppose d’abord que son cas soit réglé. La répression coloniale qui rassure les notables est une impasse.
Perseverare diabolicum est ! Chacun doit s’en convaincre : il est plus que temps d’une négociation sérieuse qui assure les droits légitimes de la victime sans nier la complexité issue des empilements de conséquences anormales nées de l’injustice et des tricheries diverses.
Relaxez Pinto ! Ouvrez de vraies négociations !
Au secours de Mimia Abu Jamal
L’état de santé Mumia Abu Jamal ne cesse de se détériorer. Pour autant, l’administration pénitentiaire fait preuve à son égard d’une inhumanité sans limite. Alors que les diagnostics médicaux depuis plus d’un an recommandent un traitement d’urgence, il a fallu une mobilisation internationale de plusieurs mois pour que de premiers soins lui soient enfin prodigués.
Malheureusement, les traitements n’ont pas été conduits à leur terme, sa vue continue de baisser dangereusement vers une cécité totale. Ses soutiens du monde entier en appellent à une nouvelle et urgente mobilisation contre cette maltraitance. Pour ce faire, chacun et chacune doivent interpeller PAR MAIL le responsable du département de correction de Pennsylvanie.
Merci d’adresser le texte ci-dessous en anglais à l’adresse suivante :
Mr Laurel Harry,
I am writing to express my deep concern regarding the health of Mr. Mumia Abu Jamal (AM-8335 / SCI Mahanoy). Although his vision has been partially restored after the removal of his secondary cataracts, he is still not receiving specific treatment for his very serious retinal condition and active glaucoma, which could cause him to go blind. He also urgently needs new spectacles. I would therefore urge you to do everything in your power to resolve this situation quickly. The denial of medical care could be considered cruel punishment under the Eighth Amendment to the Bill of Human Rights and inhuman treatment under Articles 7 and 10 of the International Covenant on Civil and Political Rights ratified by the United States in 1992.
SURNAME (nom) : NAME (prénom) :
CITY (ville) : COUNTRY (pays) :
TRADUCTION (Envoyer seulement le texte en anglais) Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude concernant la santé de M. Mumia Abu Jamal (AM-8335 / SCI Mahanoy). Bien que sa vision ait été partiellement rétablie après l’ablation de sa cataracte secondaire, il n’a toujours pas reçu de traitement spécifique pour son affection rétinienne très grave et son glaucome actif, ce qui pourraient le rendre aveugle. Il a également besoin de nouvelles lunettes de toute urgence. Je vous exhorte donc à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour résoudre rapidement cette situation. Le refus de soins médicaux pourrait être considéré comme une punition cruelle au sens du huitième amendement de la Déclaration des droits de l’Homme et comme un traitement inhumain au sens des articles 7 et 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par les États-Unis en 1992.
