Étiquette : Groupe Révolution Socialiste (GRS)

Premier mai : une histoire à connaître

— RS n° 443 lundi 20 avril 2026 —

Rarement l’actualité aura autant justifié les valeurs qui se dégagent de l’histoire du 1ermai.

Le 1ermai est né de la décision des fondateurs en 1889 de la deuxième internationale (socialiste), de se mobiliser dans tous les pays pour la diminution du temps de travail à 8h par jour. Depuis cette date, le 1er mai est devenu le symbole du combat de la classe ouvrière internationale pour ses revendications et pour son émancipation.   

Au fil du temps, le 1er mai est devenu un symbole de la lutte contre toutes les oppressions. L’enjeu de sa signification est capital. Le régime de Vichy a tenté de le dénaturer en « Fête du Travail ». Les Le Pen, toutes générations confondues, ont continué la manœuvre : le père et la fille ont voulu en faire la « Fête de Jeanne d’Arc ». Double instrumentalisation, celle de Jeanne d’Arc et celle de la journée internationale de lutte des travailleurs/euses.

Aujourd’hui, où la mondialisation capitaliste rime avec l’exploitation jusqu’aux os des classes dominées, avec des menaces environnementales sans précédent, avec les poussées fascistes et les guerres de haute technologie, la réflexion sur la riche histoire du 1er mai s’impose comme une évidence.

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Transport : Salaires, prix, profits et qualité du service

— RS n° 442 lundi 13 avril 2026 —

Appelons les choses par leurs noms. Lorsqu’on assiste à une agitation qui ne va pas à la racine des choses, on est en droit de parler d’agitation formelle.

Les prix du transport aérien flambent. On crée une commission parlementaire. Une grève de salariés bloque des centaines de personnes dans le transport terrestre ou maritime, on multiplie les déclarations, banalement répétitives et inefficaces. Les prix des marchandises du quotidien étranglent le peuple consommateur. Celui-ci descend dans la rue. Alors, dirigeants et éluEs proposent de casser les monopoles. C’est oublier que cette solution magique a déjà été mise en œuvre… dans le transport aérien avec la privatisation d’Air France qui était censée tout régler !

Ce type de réponse aux divers désordres sociaux et autres, ignore que le système capitaliste aboutit tendanciellement à la transformation de la concurrence en monopole, qu’il est basé sur la recherche du profit et non sur celle de la satisfaction des besoins humains.

Dès lors que le besoin est social, dès lors que l’activité concerne des collectifs (d’usagers consommateurs, de salariés producteurs), laisser la main au privé, conduit nécessairement à se soumettre à la loi du profit.

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Paradoxes et leçon foyalaise

—RS n° 440 lundi 30 mars 2026 —

Pour les élections municipales foyalaises, le GRS a exploré les possibilités de présenter une liste unitaire avec plusieurs organisations. Le critère premier était que cette liste se positionne clairement dans la défense des masses laborieuses sans prétendre être « la voix de tous les foyalais ».

Il était, et il est juste de postuler à la direction de la ville « capitale » toujours tenue par un PPM qui ne réussit pas à se remettre en question, et à construire un après-Césaire reprenant le meilleur de l’héritage, en se débarrassant de tares aussi vieilles que le césairisme lui-même.

Nous avons rencontré Combat Ouvrier, les InsoumiEs, le CNCP, PÉYI-A. La démarche, il est vrai plutôt tardive, n’a pas abouti.

À Schoelcher, RESPÉ a participé à une démarche relativement similaire, mais non paralysée par la question de la tête de liste, qui a eu un rôle central au sein de l’opposition foyalaise.

PREMIER PARADOXE FOYALAIS

Le premier paradoxe foyalais concerne en fait presque toute la Martinique. Toutes les listes en compétition à Fort-de-France avaient des têtes de liste contestant le système colonial, ou disant qu’un changement de statut politique serait nécessaire pour avancer.

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Annou mobilizé !

Pour Cuba, contre l’impérialisme, contre la fascisation du monde, pour l’autodéterminaion des peuples

—RS n° 439 lundi 23 mars 2026 —

En aggravant l’embargo qui pèse sur Cuba depuis plus de soixante ans, en interdisant la fourniture de pétrole à l’île héroïque, l’impérialisme étasunien
cherche à asphyxier un peuple pacifique, laborieux et solidaire de tous les peuples du monde.

Pour le sinistre Trump, le peuple cubain, symbole de résistance à l’injustice et à l’oppression, devrait courber l’échine, renoncer à sa dignité, se soumettre au lobby anti-cubain de Marco Rubio !

NOU PÉ PA AKSÈPTÉ SA !

Dans la Caraïbe, en Amérique, dans le monde entier, les humanistes, les progressistes, les femmes et les hommes épris de justice comprennent qu’on ne peut rester les bras croisés quand un shérif, autoproclamé gendarme du monde, soutient et arme un génocide en Palestine, kidnappe et maintient en prison le président du Venezuela et son épouse, prend possession du canal de Panama, menace ses voisins, bombarde le Nigéria, l’Iran, toujours dans le même but : la prédation des ressources et la domination du monde.

Dans ce contexte, la solidarité avec Cuba est une urgence humanitaire absolue.

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Solidarité avec Cuba, contre l’impérialisme, le fascisme, pour l’autodéteriation des peuples !

— RS n° 436 du lundi 2 mars 2026 —

De la salle Victor Lamon, vendredi 20 février, les solidaires de Cuba sont passés à la cour de la maison des syndicats, vendredi 27 où 200 personnes environ ont pu entendre, entre les magnifiques prestations
musicales de Bèlèrumba, de Bwamabi, de Victor Sanon, les explications sur la situation à Cuba, sur l’initiative du mouvement unitaire de solidarité, sur les enjeux humanitaires, sur la signification politique du combat.

Des messages émanant de Cuba, de Guadeloupe ont émaillé la soirée. Sur une table à l’entrée, 4000 euros ont pu être récoltés qui seront fort utiles pour organiser les collectes de denrées alimentaires, pharmaceutiques, etc… qu’il s’agira d’acheminer à Cuba en fonction des demandes reçues des autorités.

Cuba n’est pas, pour l’heure, victime d’un cyclone, mais bien de l’aggravation d’un blocus criminel imposé par l’impérialisme US. La version actuelle de cet impérialisme est la plus brutale, la plus scélérate de toutes, puisque le sieur Trump a décidé d’étrangler Cuba, d’en « prendre le contrôle pacifiquement » (sic). Le « King » fasciste qui trône à Washington veut mettre en coupe réglée « sa » propre population et soumettre la planète à sa prédation, à sa férocité de bête blessée.

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Le mouvement de solidarité avec Cuba s’impose, comme un urgence absolue !

— RS n° 435 lundi 23 février 2026 —

La réunion pour la solidarité avec Cuba qui s’est tenue vendredi 20 février, répondait à un besoin évident reconnu par plusieurs organisations. Près de 150 personnes, attentives et motivées, ont débattu de la situation et du que faire.

Difficile de nier que la Caraïbe fait partie des zones dans le viseur du fascistoïde de Washington. Aux grossières menaces contre Sainte-Lucie, la Jamaïque, le Mexique ; aux flottes qui séjournent devant Haïti ou le Venezuela, s’ajoutent maintenant les propos violents contre Cuba avec la volonté clairement exprimée d’asphyxier le pays.

Tout cela s’apparente au crime contre l’humanité. Cette situation réactive les sentiments de sympathie pour Cuba, des contacts sont repris.

 Les artistes répondent positivement. Il est important de transformer l’indignation en mobilisation concrète à la fois urgente et durable. 

Un gros coup d’envoi sera donné  

VENDREDI 27 FÉVRIER, à 18h

Cour de la maison des syndicats.

Explications, Musique, Quête solidaire.

BAS LES PATTES DEVANT CUBA !

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Notre américanité, de Placoly à Bad Bunny

— RS n° 434 lundi 16 février 2026 —

« J’ai sauvé mon pays, j’ai vengé l’Amérique ! ».

Jean-Jacques Dessalines.

Vincent Placoly s’était fait surnommer « l’Américain », tant il soulignait et revendiquait avec opiniâtreté notre « américanité ». Il y avait, dans ce souci de singularisation, un double clin d’œil, à la fois ironique et interpellateur.

D’abord à l’égard de l’arrogance du vorace géant étasunien, désireux de s’approprier non seulement les terres, mais jusqu’au nom dont avait été affublée l’immensité continentale, par des conquistadors égarés, dans des mers inconnues de leur civilisation. Une façon assurément d’exclure les autres du partage des richesses espérées du Nord canadien jusqu’au détroit de Magellan au sud.

En revanche, même souci toutefois fraternel, à l’égard de congénères militants africanistes, pouvant minorer la part « américaine » de notre identité composite, pourtant chargée d’une richesse dont le champ clairsemé est toujours en cours de défrichage. Mais, au fond, de quelle Amérique parlons-nous, au-delà de la donnée géographique, situant le Mexique « latin » au nord du continent ?

Et voici que la star d’origine portoricaine, Benito Antonio Martinez Ocasio, dit Bad Bunny, vient de façon magistrale, aux yeux de centaines de millions de téléspectateurs·trices, d’infliger un cinglant camouflet au fasciste de MAGA, avec un spectacle dont le message central était une limpide réplique : « l’Amérique c’est nous, pas seulement vous ».

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Des chiffres occultés qui nous concernent

— RS n° 433 lundi 9 février 2026 —

L’attention se concentre souvent sur le « budget de l’outremer ». Et lorsque les baisses de celui-ci sont modérées par l’intervention des parlementaires coloniaux, beaucoup s’imaginent que le problème des moyens est plus ou moins résolu. Mais devant l’aggravation des difficultés du quotidien, on cherche les responsables. En réalité, on les trouve derrière des chiffres trop souvent ignorés parce qu’on ne les entend nulle part dans les grands médias.

Les municipalités voient leurs dotations diminuées. L’agriculture est sacrifiée. Pour les sargasses, l’argent manque et l’État organise la énième « concertation ». La culture est en souffrance. Le sport, si utile à l’épanouissement et la cohésion, est à la portion congrue.

Tout cela, nous dit-on, parce que la France n’a pas d’argent, est endettée, etc. C’est le prétexte donné par le pouvoir pour « justifier » que le budget des sports a diminué en deux ans de 31%, l’agriculture, dans la même période, de 14%, l’aide au développement, cette maigre compensation au pillage de l’Afrique, a diminué de 40% en deux ans.

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Fascisme et capitalisme, un débat nécessaire

— RS n° 432 lundi 2 février 2026 —

Lors de notre conférence de samedi 24 janvier, une question a été abordée dans le débat : faut-il une lutte spécifique contre le fascisme ? Ne suffit-il pas de se battre contre le capitalisme lui-même ?

Nous sommes totalement convaincu·e·s que l’anticapitalisme et l’antifascisme sont liés et complémentaires, mais que cela ne supprime pas la nécessité de comprendre et combattre de manière spécifique l’abomination fasciste. Les fascismes sont une réponse extrême des systèmes de domination, lorsque ceux-ci sont menacés par le soulèvement ou le risque de révolte des classes et des peuples dominés.

L’idéal le plus économique pour la bourgeoisie, est de régner sans avoir besoin de l’extrémisme fasciste. Elle peut alors se vêtir des oripeaux de la démocratie en réduisant au maximum les coûts économiques et idéologiques de la répression, de la guerre civile, etc. Mussolini a surgi après la frayeur des conseils ouvriers de Turin. Hitler a été la solution, lorsque le communisme renaissait après l’écrasement du mouvement ouvrier allemand de 1919-1923. Franco est né de la volonté de conjurer les dangers de la république espagnole.

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Le fascisme n’attend pas les victoires électorales, mais prépare le pire dès aujourd’hui

— RS n° 431 lundi 26 janvier 2026 —

Deux initiatives législatives en France méritent que l’on sonne l’alerte en organisant la riposte nécessaire.

La première vise à transformer en délit toute critique de l’État génocidaire sioniste. Ainsi, écrire cette simple phrase serait assimilé à de l’antisémitisme. Les chantres de l’extrême droite dont le parti a été porté sur les fonts baptismaux par des hitlériens notoires, des antisémites patentés, jubilent de voir la droite dite républicaine, leur emboîter le pas, voire les devancer, en faisant de la solidarité légitime avec le peuple palestinien, un délit punissable par la loi.

L’autre tentative consiste à faire adopter une loi scélérate blanchissant par avance les homicides policiers qui d’ailleurs se multiplient. La police et la gendarmerie bénéficieraient, comme le veut le syndicat d’extrême droite Alliance, d’une présomption de légitime défense lorsqu’elles feraient usage de leurs armes à feu, dès lors que les conditions légales seraient réunies. On voit en ce moment même ce que donnerait cette loi en France, avec l’exemple des USA. La ville de Minneapolis développe un remarquable mouvement de solidarité avec les immigré·e·s pourchassé·e·s par la police fédérale envoyée par Trump.

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Comprendre le monde pour agir mantenant à partir d’ici !

Conférence-débat du samedi 24 janvier

— RS n° 430 lundi 19 janvier 2026 —
Rarement, la pertinence du concept d’accélération de l’histoire aura été aussi avérée que maintenant ! L’avalanche de faits, le déferlement de noms de lieux, de personnages, de dates récentes ou anciennes, imposent un gros travail d’information et de réflexion pour ne pas perdre pied.

Deux impasses nous guettent devant cette marée de situations sidérantes, plus ou moins directement liées. L’une consiste à s’enfoncer la tête dans le sable mouvant des seuls problèmes locaux, comme si les déterminants extérieurs ne les conditionnent pas, en grande partie. L’autre, au contraire, est la tentation de se transformer en commentateur savant et impuissant de ce qui se passe ailleurs. Entre ces deux écueils, la passe est étroite, et pourtant on ne peut la traverser en solitaire.

Les combattant·e·s de l’émancipation doivent chercher, dans l’action et la discussion communes, les moyens de tenir les deux bouts, le « local » et le « global» pour avancer. Avoir conscience des dangers quand le fascisme, les guerres, l’effondrement climatique, pointent le nez dans un océan d’inégalités, mais aussi repérer et faire progresser les radicalités progressistes.

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Municipalités et élections, avant, pendant, après! (4)

— RS n° 428 lundi 5 janvier 2026 —

L’une des caractéristiques les plus têtues de l’électoralisme (tare qu’encore une fois, nous ne confondons pas avec les participations aux élections) réside dans la façon de considérer les élections comme un moment à part, une sorte de quintessence de la vie politique qui serait, paradoxalement, vidée de tout contenu de classe et coupée de l’avant et de l’après.

Nous proposons l’inverse. Les élections se doivent d’être un moment où les revendications de changement imposent une visibilité, un impact maximum et si possible un débouché politique. On peut ainsi observer dans les axes revendicatifs développés précédemment, des exigences et des propositions pour lesquelles nous nous sommes impliqués hors élections.

Ainsi, par exemple, notre soutien au comité citoyen du sud, nos efforts pour la création d’autres comités du même type ailleurs, trouvent leur prolongement naturel dans la propagande électorale pour une gestion publique de l’eau sous contrôle populaire.

La bataille contre la dilapidation capitaliste des hôtels, menée à plusieurs reprises sur le front syndical, se poursuit avec les propositions d’alternatives en termes d’économie sociale et solidaire à contenu ouvrier, dont les collectivités (mairies, CTM…) peuvent être des vecteurs décisifs d’impulsion.

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Des municipalités écologistes pour préparer demain (4)

— RS n° 427 lundi 29 décembre 2025 —

Les propositions citées dans les deux précédents numéros visent à répondre aux urgences et à préparer demain. Poursuivons dans la même optique en complétant l’indispensable volet écologique.

Cet aspect est certes déjà présent, étroitement mêlé au social, dans la question du transport public, d’une médecine prise en charge par la Sécu (dans des maisons communales de santé), dans le choix de création de structures publiques ou semi publiques pour la politique de transition énergétique, de l’eau, de l’agriculture paysanne (en lien avec l’alimentation des cantines scolaires). Dans tous ces domaines, la ville en étant un centre d’impulsion réaliste, doit chercher à avoir un effet d’entraînement sur les communautés de communes, mais aussi sur la CTM.

Toute édilité conséquente cherchera à combiner les échelles, allant du local à l’intercommunal et au territorial. Ces combats, il faudra d’ailleurs les mener en cherchant des alliés dans les autres colonies comme en France même.

Les problèmes écologiques affectant déjà notre présent et menaçant gravement notre futur, appellent des réponses jusque sur le plan international. Il faut agir local et aussi…agir global.

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Les municipalités qu’il nous faut (3)

— RS n° 426 lundi 22 décembre 2025 —

La réflexion sur les municipalités et les campagnes municipales du passé, doit nous servir à sauver ce qu’il y a de meilleur dans les divers héritages, nous aider à se débarrasser des tares du passé et du présent, nous permettre de confronter ce legs d’expériences aux impératifs des temps présents et à venir.

Des choix politiques adaptés à l’échevon municipal

L’échelon municipal est celui qui met le plus immédiatement au contact des problèmes du quotidien. C’est là que le rapport de proximité est le plus évident entre la population et les élu·e·s.

Si l’on s’en tient aux institutions politiques, la commune comme la ville, doit être l’instance première de résistance à la politique scélérate des classes dominantes et de leurs divers relais. Les traditions d’identification aux masses laborieuses, sur le plan social, et de résistance au colonialisme sur le plan politique, sont un patrimoine précieux qui doit nous écarter des discours aseptisés de la neutralité dans la lutte de classes, de la prétention trompeuse de représenter aussi bien les exploiteurs et les dominants que les exploités et les dominés, au féminin comme au masculin.

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Municipalité d’aujourd’hui (2)

— RS n° 425 lundi 15 décembre 2025 —

L’élément nouveau de la situation des municipalités de Martinique, découle de l’évolution de la configuration politique globale. Cette dernière reste à mettre en rapport avec les évolutions économiques, sociologiques, géographiques lourdes, sur lesquelles il conviendra de revenir. Pour l’heure, disséquons-en l’aspect politico-institutionnel.

Par rapport aux époques d’affrontements idéologiques évoqués dans notre précédente édition (RS n°424), la nouveauté est la succession des recompositions politiques avec leurs conséquences au niveau des luttes municipales. Au grand clivage autonomistes/assimilationnistes (PCM/PPM versus DROITE/PS), a succédé le fort conflit PPM/MIM. Cette querelle a structuré la vie politique de façon très pesante.

Il a signifié la course effrénée aux alliances, menée par chaque camp. Le système électoral antidémocratique régnant encore (barre pour fermer la route aux courants minoritaires, et prime pour transformer le courant arrivé en tête en courant dominant absolu) a aggravé les choses.

Dans les alliances extravagantes conclues de part et d’autre, celle réalisée entre le MIM et la droite de Monplaisir mérite une mention spéciale par l’ampleur de ses effets délétères sur le « mouvement anticolonialiste » au sens large.

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SMTVD, Hôtels, terres agricoles : capituler devant le privé ou inventerle commun ?

— RS n° 424 lundi 8 décembre 2025 —

Bien peu de commentaires ont accompagné les nouvelles qui vont suivre. Nul n’a fait le lien entre elles, ni réfléchi quant à leur signification profonde.

Ainsi donc, Belfort BIROTA, dont l’honnêteté ne semble pas mise en cause, a connu de sérieuses difficultés à la tête du SMTVD. Du coup, il veut rendre au privé la gestion du service public du traitement des déchets. Et bien sûr, il parle de DSP « délégation de service public ».

Dans le même temps, la CTM fait l’aveu de son incapacité de faire redémarrer les hôtels du Carbet et de la Pointe du bout. Les pays dits développés ont leurs friches industrielles. Les nôtres sont hôtelières.

Sur les terres de Providence, gagnées de haute lutte par la mobilisation populaire, on nous dit que les héritiers ont vendu, qu’une banque a acheté, que l’installation d’agriculteurs, et surtout d’agricultrices en fait, devient aléatoire, si rien n’est fait.

Pour les responsables de la politique martiniquaise, il n’y a de solution que dans la soumission aux lois du marché capitaliste, à savoir celles de la profitasyon.

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Élections et électoralisme en Martinique : Début éclairant des municipales…

—RS n° 422 lundi 24 novembre 2025 —

Depuis quelques mois (et pour certain·e·s depuis… toujours en fait), petites et « grosses » écuries électorales affûtent leurs armes. Plus exactement, ils et elles bichonnent leurs chevaux en couvrant de boue ceux des autres concurrents. Ceci étant, on ne saurait raisonnablement jeter l’anathème sur celles et ceux qui entendent concourir aux élections. On dit même, dans certains milieux, peu experts dans l’habillage des ambitions personnelles, qu’on va pour « tenter sa chance ».

Réduire la politique au combat électoral est une tendance forte. On peut, on doit penser autrement, mais quand la lutte armée n’est pas à l’ordre du jour, l’électoralisme a des circonstances atténuantes.

En outre, il convient de faire la distinction entre électoralisme et participation aux élections. L’électoralisme consiste à faire croire que la clé de l’émancipation réside dans l’élection de soi-même, avec ou sans ses parents, ami·e·s et allié·e·s. L’électoralisme, c’est aussi tout subordonner aux élections. C’est jeter aux orties les programmes, dans la propagande comme dans la construction des alliances. (On pourrait ajouter que le refus systématique des élections n’est pas mieux que l’électoralisme, mais cette position, plutôt marginale, n’est pas le sujet ici.)

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Contre le génocide : Le peuple palestinien a besoin de notre soutien !

— RS n° 421 lundi 17 novembre 2025 —

Il y a quelques jours, au Journal télévisé de « Martinique la 1ère », on a pu voir un reportage édifiant sur le sort abominable des Palestinien·ne·s de Cisjordanie. Spolié·e·s, agressé·e·s, violenté·e·s par les Colons israéliens, soutenus, encouragés, organisés par l’État qui se déclare hébreu. Il est frappant que ce type de reportages ne fut pas programmé au plus fort du génocide où le pouvoir et ses médias cachaient, édulcoraient, déformaient la réalité, faisant le jeu des génocidaires, traitant d’antisémite toute voix discordante.

LE PROBLÈME PALESTINIEN EST LOIN D’ETRE RÉGLÉ

Aujourd’hui, beaucoup veulent nous faire croire que le problème est quasiment réglé, qu’il faudrait laisser faire les « grandes puissances », détourner le regard et passer à autre chose. Nous disons non ! Les génocidaires sionistes n’ont pas renoncé à leur volonté macabre d’éradication ou d’expulsion du peuple palestinien de ses terres, de réalisation du « Grand Israël » au détriment du peuple palestinien, mais aussi d’une bonne partie des peuples voisins de Jordanie, de Syrie, du Liban…

Regardons clairement les faits, et les prétendus accords signés.

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Autonomisme, indépendantisme, socialisme, internationalisme…

— RS n° 420 lundi 10 novembre 2025 —

Petit frémissement sur la « question du statut » à la faveur du congrès des élu·e·s de Martinique. Risques de durcissement de la situation en Kanaky, voire en Guyane. Perspectives d’évolution du statut de la Corse. Débats (quoique poussifs et timorés) entre conseillers régionaux et départementaux de Guadeloupe… Ce contexte n’échappe pas aux observateurs·trices de la vie politique. 

Dans ce cadre, on assiste à la tentation de raviver la rivalité entre autonomistes et indépendantistes. Pendant longtemps, chacun de ces deux camps voyait dans l’autre, les origines de ses propres problèmes.

Les modalités d’expression de ce conflit ont longtemps fait le jeu du pouvoir colonial. Or, en ce temps-là, le pouvoir disposait avec la droite, d’une représentation politique locale aussi agressive que pauvre en propositions. Aujourd’hui, ce personnel politique assimilationniste a fondu ou en tout cas perdu sa voix, (même si les bases objectives de son influence n’ont pas disparu).

Le retour de la vieille polémique (autonomistes contre indépendantistes), au moment où une offensive anticolonialiste bénéficierait de conditions plus favorables, serait pire qu’une simple perte de temps.

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Impôts, Sécurité Sociale, Lutte de classes, Pouvoir Politique

— RS n° 419 lundi 3 novembre 2025 —

Pour comprendre les problèmes que l’on énumère régulièrement ici et là, il est nécessaire de saisir les liens qu’il y a entre eux, au niveau de la Martinique, comme au niveau de la relation entre la Martinique et la France.

Prenons des exemples. La menace de grève des services d’urgence du CHU de Martinique est une excellente nouvelle. (Soit dit en passant, cette initiative fait regretter l’absence d’une action intersyndicale unie…). Car les problèmes sont criants : manque de lits, de personnels, de moyens matériels, failles dans l’organisation. Pendant ce temps, à 8000 km de là, les débats font rage à l’Assemblée nationale française sur le budget du pays et le financement de la sécu. L’appauvrissement de la Sécu, du fait des cadeaux au grand patronat, est directement responsable des problèmes de l’hôpital public. L’argent qui va au grand Capital (directement par les cadeaux multiples, indirectement par les dépenses militaires) ne va pas au service public de la santé.

Autre exemple tiré de l’actualité martiniquaise : la colère gronde à l’Adafae, à l’imfpa, à l’école maritime.

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À Davy Rimane et aux député·e·s anticolonialistes dits «d’outremer»

— RS n° 418 lundi 27 octobre 2025 —

Intervenant dans le débat sur le budget en France, le député guyanais a fermement dénoncé une politique en faveur des riches sur le dos des classes populaires. Soulignant le rôle des dernières colonies dans la place de grande puissance occupée par la France sur le plan international, il a fustigé le budget de misère prévu pour « l’outre mer ». Devant une telle situation, il a conclu, il est vrai de façon lapidaire, sur la nécessité d’agir au niveau de nos pays pour leur propre compte.

La question que l’on a envie de poser, après ces fortes paroles, est celle de leur prolongement dans la lutte de libération nationale et sociale dans l’ensemble des dernières colonies.

Malgré les imperfections de sa préparation, la rencontre à l’initiative de Marcellin Nadeau, Jean-Philippe Nilor, et du RPPRAC, sous le titre d’Assises populaires contre la vie chère, devrait être le point de départ d’une lutte rassemblant de façon plus large les forces émancipatrices des colonies et de France contre la politique scélérate de la ploutocratie imposée aux masses laborieuses de France et aux peuples coloniaux.

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Congrès des élu·e·s : historique ? Inutile ? Dernière chance ?

— RS n° 417 lundi 20 octobre 2025 —

Avant même sa tenue, le « congrès des élu-e-s » de la Martinique se voyait attribuer ces qualificatifs contradictoires.   

L’ironie de l’histoire, c’est qu’il s’est ouvert sur un incident saugrenu. La grande assemblée vote à l’unanimité un ordre du jour excluant les « représentants des maires absents », puis vote tout juste après, avec la même unanimité leur intégration ! Plus insolite encore, le Congrès s’est achevé au bout d’une journée au lieu des deux prévues, signe d’une unanimité que certain·e·s verront comme preuve de son caractère historique, d’autres de son inutilité tout aussi historique.

Notre avis est qu’il ne mérite sans doute ni « cet excès d’honneur, ni cette indignité ». Il sera aussi et surtout, ce que les forces agissantes du mouvement d’émancipation seront disposées à en faire, et son sot dépendra de l’énergie qu’elles mettront pour peser sur la suite des évènements. Ces forces ne décident pas des conditions de la lutte, celles-ci découlant du rapport des forces entre les classes, et de leurs expressions politiques. L’action, elle, dépend de nos choix et de notre détermination.

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Le piège, la démagogie, la parade

— RS n° 416 lundi 13 octobre 2025 —
Dès que le thème du changement de statut refait surface, on entend une petite musique insistante : «Ils veulent l’autonomie et l’indépendance, mais ils ne savent pas même pas gérer les problèmes qui relèvent déjà de leurs compétences». Et l’on passe en revue toutes les tracasseries quotidiennes : l’eau, les transports, la gestion des déchets, etc. Et alors, le berger de répondre à la bergère : «impossible de résoudre les problèmes sans pouvoirs supplémentaires». Le piège réside dans ce cercle vicieux argumentatif.

La démagogie est du côté des personnes hostiles à tout changement de statut. D’abord, parce qu’elles se gardent bien de dire exactement comment résoudre les problèmes en question, sans changer les institutions, ensuite parce que nier les obstacles du système colonial, permet sans effort de discréditer les dirigeants actuels du pays, toutes tendances confondues. Enfin parce que cette posture flatte la mode populiste du rejet global de la politique et de tout ce qui s’y rapporte.

En face, on répond le plus souvent par la promesse sans garantie qu’avec plus de pouvoir on pourra tout régler.

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Congrès des élu·e·s : nouvel espoir ou vieilles illusions

— RS n° 415 lundi 6 octobre 2025 —

La coalition du Gran sanblé a tenu à annoncer dans un récent meeting, sa participation au Congrès des élu·e·s de Martinique, qui finalement se tiendra les 8 et 9 octobre courant. L’accent est mis, de part et d’autre, sur la question des institutions, même si dans les rencontres préalables du président de la CTM avec des représentants des forces politiques, syndicales, associatives, les échanges ont pu porter sur des questions économiques, sociales, culturelles, donc politiques au sens large du terme.

Dans ce cadre, le GRS a pu rappeler une conviction profonde : le changement institutionnel n’a un réel intérêt que s’il permet d’avancer vers la transformation sociale permettant de résoudre les problèmes des masses populaires. C’est bien pour cela que nous avons publié dans le précédent RS, une présentation des axes programmatiques à soumettre au débat public.

Les élu·e·s sont dans leur rôle lorsqu’ils s’attachent à définir leurs orientations face à l’État. Il est heureux qu’ils recueillent les avis des mouvements populaires, eu égard à leur démarche. Mais consulter, ce n’est pas définir ensemble des objectifs et des stratégies.

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Pour la rupture !

— RS n° 414 lundi 29 septembre 2025 —

Au risque de provoquer quelques frissons, les élu·e·s de la CTM ont choisi de mettre le « congrès des élu-e-s » sous le signe de « la rupture ». On peut mettre beaucoup de choses derrière ce vocable, sauf l’immobilisme et la routine. Et c’est sûr qu’il faut une rupture avec les politiques et le système dominant.

Les congressistes vont-ils exprimer par une motion spécifique la rupture avec la politique macronienne qui écrase aussi bien le peuple martiniquais et les autres colonies, que les masses laborieuses de France ? Disons clairement que pour bénéficier de services publics décents en matière de santé, de défense de l’emploi, de l’environnement, il faut rompre ouvertement avec une politique qui prend aux modestes pour donner encore et encore plus aux plus riches. Il faut casser l’illusion suivant laquelle les Dominants pourraient avoir à notre égard, une générosité qu’ils n’ont pas à l’égard des exploité·e·s de leur France, elle-même ! Une motion claire à ce sujet serait un encouragement positif à la lutte.

La rupture avec la politique coloniale implique aussi, bien entendu, des mesures immédiates spécifiques pour les peuples colonisés.

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