Catégorie : Théâtre

Mary Prince : le témoignage d’une esclave

—Par Selim Lander —

Affiche Mary Prince Light B (1)Mary Prince, née « vers 1788 » dans l’archipel des Bermudes, a été esclave jusqu’en 1833, date de l’abolition de l’esclavage par la Grande-Bretagne. Elle a laissé sur la condition servile un témoignage dont il n’existe pas l’équivalent en français. Les hasards de son existence l’avaient conduite à Londres où, après maintes tribulations, elle fut recueillie par Thomas Pringle, le secrétaire de la société anti-esclavagiste. C’est dans la maison de ce dernier qu’elle a dicté son récit, publié en 1831 sous le titre The History of Mary Prince, a West Indian Slave, ouvrage qui a connu deux rééditions la première année et n’a pas peu contribué à populariser la cause abolitionniste. Mary Prince raconte dans une langue sans fioriture mais avec peut-être d’autant plus d’éloquence les horreurs de l’esclavage. Elle le fait avec la naïveté d’un être simple, qui ne demande qu’à aimer et être aimé, qui a adhéré avec enthousiasme au christianisme, mais dont le destin a voulu que, après une enfance heureusement épargnée, elle tombe sur une série de maîtres vindicatifs et cruels. Les châtiments réservés aux esclaves étaient réputés plus durs dans les colonies anglaises que dans les colonies françaises (voir par exemple là-dessus le Père Labat).

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Brecht prend un coup de jeune

—Patrice Trapier —
la_bonne_ame_de_setchouanAvec l’adaptation de « La bonne âme de Se-Tchouan » de Bertolt Brecht par Jean Bellorini, on a tout pour être heureux.
Une troupe de comédiens qui jouent, chantent et se dépensent sans compter; trois excellents musiciens qui, à la manière de Kurt Weill, ponctuent, accompagnent et s’intègrent à la pièce; un texte aux innombrables échos contemporains; un dispositif scénique beau, puissant, multiple. Shen Té est prostituée dans la capitale du Se-Tchouan, c’est en partie la Chine, en partie l’occident, en partie hier (la pièce a été écrite entre 1938 et 1940), en partie aujourd’hui. Les textes de Bertolt Brecht ont valeur de fable.

Trois Dieux chez Brecht, un seul chez Bellorini incarné par Mel Hondo, la voix française d’Eddy Murphy et Morgan Freeman, cherche(nt) désespérément une bonne âme. Sera-ce Shen Té, malgré son métier de prostituée, malgré les embûches que vont lui tendre les pauvre qui l’entourent (il n’y a jamais d’angélisme chez Brecht, les lois qu’il dénonce s’appliquent à tous), ses ruses, son dédoublement avec le cousin Shui Ta. Karyll Elgrichi incarne ce double rôle avec force, tendresse, fragilité.

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« La voix humaine »: d’une distanciation l’autre

 

— Par Roland Sabra —

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« C’est l’extrême sensibilité qui fait les médiocres acteurs; c’est la sensibilité médiocre qui fait la multitude des mauvais acteurs; et c’est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes. » (Diderot, Paradoxe sur le comédien (1773-1780))

A qui se demanderait quelle mouche a donc piqué Michèle Césaire pour nous présenter au Théâtre Aimé Césaire de Fort-de-France, les 14, 15 et 16 novembre 2013, au beau milieu d’une programmation essentiellement consacrée cette année à Bertholt Brecht une pièce de Jean Cocteau, on aurait beau jeu de répondre que si 2013 est l’année ou l’on commémore le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire et d’Albert Camus, elle est aussi l’année du tricentenaire de la naissance de Denis Diderot. Si vous n’êtes pas plus avancé dans l’interrogation, si vous vous étonnez du rapprochement entre l’encyclopédiste du dix-huitième siècle, emprisonné pour avoir affronter les pouvoirs institués de son époque et le poète un tantinet mondain soupçonné de collaboration avec les troupes allemandes durant la Seconde guerre Mondiale c’est que vous n’avez pas vu la performance de Nicole Dogué dans « La voix humaine » mise en scène par Marja-Leena Junker.

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Baryshnikov, clown blanc pour Bob Wilson

— Par Barbara Théate —

the_old_womanAux côtés de Willem Dafoe, l’ex-star de la danse joue l’absurde dans une farce surréaliste du metteur en scène américain.

On les croirait sortis d’un film de Buster Keaton ou échappés d’un cirque. Le visage blanc, serrés dans des costumes noirs aux pantalons trop courts, une mèche de cheveux dressée sur le côté de la tête, deux Zébulon sautillants se livrent à un drôle de numéro entre danse, théâtre et mime, né de l’imagination débridée du metteur en scène Bob Wilson. Tels des jumeaux infernaux, Willem Dafoe et Mikhaïl Baryshnikov s’affrontent à coups d’onomatopées hilarantes en équilibre sur un trapèze, se baladant au milieu d’une forêt d’arbres en carton, valsant parmi des installations lumineuses.

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« La voix humaine» de Jean Cocteau, mise en scène par Marja-Leena Junker

Jeudi 14, Vendredi 15, samedi 16 Novembre à  19h30 au Théâtre A. Césaire de Foyal

dogue_nicole-2Nicole Dogué, comédienne née à la Martinique impressionne par la diversité de ses registres, à la hauteur du texte (tension, rage, écoute, dignité, amour empêché). Son jeu de scène s’impose dans les sept premières minutes du spectacle où la femme (la voix humaine) attend le coup de téléphone. Avant le premier « Allo », elle se morfond, fait les cent pas, se saisit d’un énorme oreiller consolateur, fume nerveusement

— Dossier de presse —

Avec La Voix humaine, Jean Cocteau signe en 1927 une forme théâtrale singulière à partir de la seule situation d’une rupture amoureuse d’un lyrisme inattendu. L’exploit stylistique lance un véritable défi à son interprète, seule en scène tout au long d’un acte entier de conversation téléphonique entrecoupée de silences. Seule, une femme téléphone à son amant. Victime de coupures de ligne, troublée par la musique qui s’échappe du lieu inconnu dans lequel il se trouve, la femme dévastée par la cruauté d’un amour qu’elle sait déjà perdu semble encore fuir l’évidence. Ou au contraire, face à l’évidence, les mensonges lui permettent de taire ses souffrances à celui qu’elle aime encore.

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« Une saison au Congo » au Grand Carbet : du grand et bel ouvrage!

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— Par Roland Sabra —

Christian Schiaretti et l’ensemble de sa troupe ont offert à la Martinique, par l’entremise du Conseil Régional et du SERMAC deux heures trente de bonheur les 2 et 3 novembre au Grand Carbet du Parc Aimé Césaire de Fort-de-France. Il n’est pas si fréquent, excepté lors du Festival de la ville capitale, de voir un plateau de théâtre occupé par trois douzaines de comédiens, musiciens et chanteurs majoritairement d’origine africaine, burkinabé, ou antillaise agrémenté de quelques caucasiens. Ce métissage réussi est un des éléments du succès populaire du travail présenté. Il en est d’autres. La pièce en elle- même et la mise en scène participent bien sûr à cette réussite.

 1958 : le Congo actuel, cette invention d’une zone tampon entre les féroces appétits des puissances coloniales britannique, française et allemande est en ébullition. La Belgique qui en a hérité est sur le point de passer la main. L’indépendance est en marche. Un jeune leader, il a 33 ans, à la tête du MNC, le Mouvement Nationaliste Congolais, mène la vie dure aux colonialistes qui l’emprisonnent plusieurs fois et notamment en décembre 1959 alors que se réunit à Bruxelles la table ronde qui doit mener à l’indépendance.

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Césaire ressuscité

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« Une saison au Congo » les 02 & 03 novembre à 19 h 30 au Grand Carbet de Foyal

—Par Odile Quirot —

Son épopée de Patrice Lumumba est mise en scène par Christian Schiaretti. Enfin un spectacle à la hauteur du poète dramaturge !

La gloire est parfois mauvaise compagne. Ainsi pour Aimé Césaire, le dramaturge, curieusement si rare sur nos grandes scènes à sa juste hauteur. Quand «le Roi Christophe» entre au répertoire de la Comédie-Française, en 1991, la mise en scène est un naufrage. Depuis, le désert. La renaissance d’«Une saison au Congo», sa troisième pièce (il en écrivit quatre), fera date. Elle est due à Christian Schiaretti, le patron du TNP de Villeurbanne. Des générations entières vont enfin entendre dans sa splendeur et son mordant cette épopée de l’indépendance du Congo dont le leader, le martyr, est Patrice Lumumba.

Césaire en fait un voyant, un héros messianique de la négritude, un homme seul face à son destin, aux prises avec l’immaturité des indépendances et le cynisme des grandes puissances: Lumumba sera assassiné en 1961.

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Symposium Théâtre Caraïbe – Le Répertoire : le 09/11/2013 au Musée du Petit-Palais

theatre_scenePour la première fois depuis plus de vingt ans, auteurs et spécialistes du théâtre de la Caraïbe, seront réunis à Paris pour échanger autour de du théâtre caribéen et pour  le présenter au monde.
Ceux que l’Histoire a jadis séparés seront capables de se rassembler pour offrir au monde leur imaginaire, leur créativité et la force de leurs pensées.

Alvina Ruprecht, Marie-Noëlle Eusèbe, Jean-Michel Martial et toute l’équipe de la compagnie l’Autre Souffle sont en charge de ce colloque.

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Pourquoi Patrice Chéreau était « inimitable »

— Par  Daniel Barenboïm (Directeur de la Scala de Milan)—

patrice_chereau-2En 1976, à l’occasion du centenaire du Festival de Bayreuth, Patrice Chéreau mit en scène le Ring des Nibelungen, dirigé par Pierre Boulez. Aujourd’hui, ce Ring du centenaire est entré dans la légende. Toutefois, l’année de sa création, cette production provoqua un scandale retentissant, chose que l’on a facilement tendance à oublier.

Ce que Patrice Chéreau donna alors à voir sur la scène du Festspielhaus était totalement nouveau, sans précédent d’aucune sorte. Il situa l’action à l’époque de la première de l’opéra, à la fin du XIXe siècle et s’inscrivit, dans sa direction d’acteurs, en rupture avec toutes les précédentes mises en scène. Subitement, des humains se trouvaient au coeur de l’opéra wagnérien !

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« La dernière scène », texte et mise-en-scène d’Alain Foix

 A l’Atrium les 17 & 18 octobre 2013

— Par M’A—

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Écrivain, philosophe et dramaturge, Alain Foix, né en Guadeloupe, est un homme dérangeant. Et c’est tant mieux. Son théâtre « existentiel et humaniste » s’impose un impératif catégoriel, celui de ne jamais verser dans la facilité mais toujours s’imposer de penser avec une exigence éthique. Dans le combat entre existentialisme et essentialisme il est clairement du côté du premier terme. Il a d’ailleurs écrit dans Libération en 2001 un papier qui a fait date, notamment par les réactions d’incompréhension qu’il a suscité. Le titre était « Adieu négritude ». Fin lecteur de Sartre il déclare « la négritude [est] un concept opératoire qui a pour fin sa propre fin. La négritude ne peut pas exister au-delà du dépassement de cette condition-là, sinon, c’est l’essentialisme dans lequel tout est possible et d’abord le racisme. »

On trouvera l’illustration la plus récente de ce positionnent éthique dans l’écriture de la pièce qu’il nous est donnée à voir à Fort-de-France, « La dernière scène ». Dés les premières lignes il précise « « L’auteur prend, dans tout cet ouvrage, le parti, à l’encontre de la convention, d’écrire blanc ou noir, lorsqu’il s’agit de personnes, avec des minuscules.

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Les Chiens de Navarre : du théâtre foutraque

—Par Selim Lande—

 Les Chiens de Navarre (Vieillir ensemble)Huit comédiens emmenés par un directeur, Jean-Christophe Meurisse, adeptes de l’improvisation collective et déconnante : de quoi faire circuler un peu d’air frais dans le monde souvent compassé du théâtre. Même s’il y eut des précédents, l’un des plus évidents étant le Grand Magic Circus de Jérôme Savary dans les années 1970. Comme ce dernier, les Chiens de Navarre parviennent à attirer un public plus jeune que celui fréquentant habituellement les théâtres, ce qui est à mettre à leur crédit. Musique de foire, provocations en tous genres dont celle qui consiste à déshabiller les comédiens pour un oui ou pour un non : tout est fait pour bousculer et divertir les spectateurs. Sans trop se soucier de la cohérence du propos, comme le montre ce titre d’un des spectacles antérieurs de la compagnie : L’Autruche peut mourir d’une crise cardiaque en entendant le bruit d’une tondeuse à gazon qui se met en marche (sic).

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« La vie de Galilée » à Foyal : du rire à la réflexion

— Par Roland Sabra —

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Dans sa dernière mouture cette pièce de Bertolt Brecht dure 4 heures et mobilise quatre dizaines de comédiens. Elle a donc été peu jouée. La Compagnie du Grand Soir, un nom bretchtien en soi, fait le pari de la présenter dans une version raccourcie à 1 heure et vingt minutes, avec en tout et pour tout cinq comédiens qui endossent quatre à cinq rôles différents, à l’exception du rôle titre tenu avec force par Régis Viachos. Le fil conducteur est donc la vie de Gallilée que l’on suit depuis ses premières découvertes à Padoue jusqu’à Florence où sa puissance de conviction se heurte à un mur, celui des intérêts de l’Église qui ne veut en rien céder sur le géocentrisme, qui place la terre et par conséquence la papauté au centre de l’Univers. Galilée devra abjurer devant le tribunal de l’Inquisition. Brecht inscrit Galilée dans la lignée de savants, tel Giordano Bruno ou Copernic qui se sont heurtés au caractère borné de la Curie, de ses philosophes et autres penseurs officiels. Les compagnons de route du florentin apparaissent comme des naïfs ayant à son égard le même comportement que les dévots à l’égard des papistes.

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Mort de Patrice Chéreau, metteur en scène sans limite

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Il était encore au lycée que sa réputation de metteur en scène de théâtre était faite à Paris. Ensuite, comme un jeune conquérant (il a incarné Bonaparte à l’écran), Patrice Chéreau a pris d’assaut l’opéra, le cinéma. Ce metteur en scène universel est mort lundi 7 octobre, à 68 ans. De ses premiers spectacles au théâtre de Sartrouville, alors que la France était prise dans les convulsions de mai 1968, à son triomphe cannois avec La Reine Margot, de sa mise en scène du Ring de Richard Wagner, qui révolutionna le monde de l’opéra, alors qu’il n’avait pas 30 ans, à son dernier spectacle, Elektra, opéra de Richard Strauss, créé à Aix-en-Provence en juillet (voir la retransmission, toujours accessible sur le site Arte live Web), Patrice Chéreau a laissé une empreinte profonde sur son temps.

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http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/10/07/le-metteur-en-scene-patrice-chereau-est-mort_3491549_3382.html

Dans le Figaro duv07/10/13

Ses yeux clairs étaient cerclés d’un cerne violet. On voyait bien qu’il était malade. Mais on ne voulait pas croire que la camarde pouvait l’arracher au monde, à ce monde qu’il illuminait depuis cinquante ans comme un éternel enfant qui inventait des univers et les partageait.

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Festival international  » Contes et musique dans la cité » 16-27 octobre 2013

virgul-2013-a—Dossier de presse de la 7ème édition —

La première édition du Festival International « Contes et Musique dans la Cité » fut initiée en 2007, et est aujourd’hui une des manifestations incontournable de VIRGUL’. Elle rassemble des artistes professionnels de la parole contée d’envergure internationale et des musiciens qui les accompagnent. Une démarche multiculturelle qui se veut également intergénérationnelle.
Ce festival porte un message fort, celui de la rencontre, de l’échange, de l’écoute et de la compréhension. La forme des spectacles s’est imposée, le lieu du conte devenant le lieu de rencontres entre le public et la culture orale. Des duos, trio ou quartet de conteurs et musiciens
sur le plateau. Deux conteurs qui content ensemble pour la première fois font résonner leurs font résonner leurs mots et vivre leurs univers. Ils sont accompagnés par la tradition martiniquaise, par le public, par le territoire et par la musique de la Caraïbe. Neufs conteurs accompagnés de quatre à cinq musiciens martiniquais pour une envolée au delà des frontières, en territoire et culture au pays Martinique !
Nous avons mis en place cet événement, afin de maintenir vivant la tradition orale et le patrimoine culturel régional et mondial auprès des scolaires et du grand public.

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Journées des Comédiens et Métiers du Théâtre du 05 au 11 octobre 2013

Sainte Pélagie ou Saint Genès ? Le 08 octobre ou le 25 aout ?

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 A la suite d’une initiative en 1983 de la compagnie de théâtre Téat’Lari la SODARCOMAMETERE (Société des artistes comédiens et des gens des métiers du théâtre réunis) organise une journée des « comédiens et des gens des métiers du théâtre » le 08 octobre jour de la Sainte Pélagie instaurée par certains patronne des comédiens même si ceux-ci dans leur grande majorité l’ignorent comme en témoigne le manque de tradition. « Dotée d’une beauté extraordinaire, Marguerite Pélagie,née en Syrie vers 430 rejoint une troupe de comédiens de sa ville natale. Son succès est tel qu’au moindre déplacement elle était suivie d’une foule immense de jeunes filles et de jeunes garçons revêtus d’habits somptueux et tout à sa dévotion, déclamant et chantant de place en place. Fière et vaine dans sa manière d’être, dit le Martyrologue, elle salissait son esprit et son corps dans l’impudicité. Lors de son passage en ville, on ne voyait sur elle que soieries, or, argent,pierres précieuses ; partout où elle allait, l’air embaumait de toutes sortes de senteurs, suscitant la jalousie des femmes et le mépris des religieux.

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« Au monde » selon Pommerat

Sombre et tendu, l’univers singulier de Joël Pommerat brille au théâtre de l’Odéon avec la reprise de deux spectacles : le saisissant Les Marchands et le déroutant Au Monde.

pommerat_les_marchands— Par Alexis Campion—

Pour prendre la mesure du succès public et critique de Joël Pommerat et de la troupe Louis Brouillard, il ne faut pas rater, jusqu’au 19 octobre au théâtre de L’Odéon, les reprises  de deux pièces récentes, Au monde et Les Marchands. Deux œuvres rares et actuelles, aussi captivantes et déroutantes l’une que l’autre avec leurs scénographies de haute précision, sombres et dépouillées, intimes et mouvementées. Deux pièces différentes mais complémentaires. Dans les deux cas, il est question d’une société arrivée à une impasse face à la question du travail, ou plutôt devant son équation impossible. Ce sacro-saint travail sans lequel on ne peut vivre et qui pourtant semble irrémédiablement promis à se raréfier de toutes parts, à manquer. Une question cruciale, amenée ici sous l’angle des idéologies et des discours qu’elle inspire et infuse depuis des lustres en chacun de nous, et des comportements qui s’ensuivent.
Folie sacrificielle

Dans Les Marchands, corsetée par une minerve, une narratrice (Agnès Berthon) nous raconte son amitié avec une autre femme (Saadia Bentaïeb) qui n’a pas eu, comme elle, la « chance » de se rompre le cou à l’usine.

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LES BERLICK Compagnie de Théâtre

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DEVELOPPER LA CONFIANCE EN SOI

 ET DANS LES AUTRES,

OUVRIR LES IMAGINAIRES,

LA CREATIVITE, L’ECOUTE

OSER S’EXPRIMER,

COMMUNIQUER…

PAR UN TRAVAIL

SUR LE CORPS, LA VOIX,

DES IMPROVISATIONS,

DES JEUX ET DES TEXTES.

S’OUVRIR AU MONDE,

RICHE DE TOUTES LES CULTURES

 

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Appel à figurants pour « Une Saison au Congo », mise scène Christian Schiaretti

 t_n_p   Pour ce spectacle nous cherchons des figurants afin de constituer un bataillon de soldats d’Afrique noire. Cet appel s’adresse aux personnes, de nationalité française ou ayant un titre de séjour avec une autorisation de travail, ayant déjà une pratique amateure, ou des velléités dans un domaine tel que le théâtre, le chant, la musique, la danse, les arts martiaux, le sport de combat… Après

trois journées d’audition prévues les 3, 4 et 5 octobre 2013 à Fort-de-France

(le lieu exact sera communiqué par retour de mail) organisée par Baptiste Guiton, assistant à la mise en scène,

la collaboration s’établira en deux temps

: 1–‐ Des répétitions

sur le plateau du Grand Carbet avec l’ensemble des comédiens du spectacle : Trois jours de présence durant les répétitions du 28 au 30 octobre 2013 (sous réserve de modifications)

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“La vie de Galilée “ du 9 au 12 octobre. Théâtre de Foyal

—Dossier de presse—
galileeLa pièce
Galilée, est le savant qui révolutionna la science au XVIIème siècle. Il démontre que la Terre tourne autour du soleil, mais sa contribution au savoir humain va plus loin : avec lui la vérité devient tout autre chose. Ce qui est vrai n’est plus ce qui est écrit dans les livres depuis des siècles, mais ce qu’on voit et ce qu’on expérimente : la science moderne nait avec lui. Il est écrit par exemple depuis des siècles que la Terre est la seule planète autour de laquelle tournent les astres, puisqu’elle est censée ne pas bouger. Or Galilée découvre avec sa lunette les satellites de Jupiter ; c’est l’une des nombreuses découvertes qui fragilisent les croyances religieuses qui disent que Dieu a placé la Terre au Centre.
Une lutte acharnée se met alors en place entre Galilée et la religion. On lui promet d’être brulé vif ou torturé s’il persiste dans ses recherches. Que fera-t-il ?
La vie de Galilée est l’œuvre testamentaire de Bertolt Brecht. Elle n’a été montée que cinq ou six fois depuis la mort de Brecht en 1956 du fait de sa longueur (4h) et du nombre de ses personnages (43).

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Le théâtre privé retrouve de l’entrain

— Par Alain Beuve-Méry —theatre_placier

Tous les ans, comme ce 11 septembre, les trois coups de la rentrée des théâtres privés parisiens (non subventionnés) sont frappés rue Blanche, au Théâtre de Paris. Dans le hall aux murs rouges et colonnes en stuc blanc, tous les directeurs de salles, producteurs, tourneurs, acteurs, auteurs, attachés de presse se bousculent pour humer l’air de la rentrée. Directeur du Théâtre Edouard VII et président du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), Bernard Murat est là pour présenter les évolutions.

En ligne de mire, cette année, le projet de loi d’orientation relatif à la création artistique, « vide dans sa partie consacrée à la préservation de la diversité culturelle » et ne comportant « aucune disposition censée mieux réguler l’activité d’entrepreneur de spectacles ». Les services de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, sont invités à revoir leur copie.

Mais l’essentiel des propos ne se situe pas là. Après avoir connu une année noire en 2012, Bernard Murat constate depuis juin « un frémissement » de la fréquentation pour la cinquantaine de théâtres privés, adhérents du syndicat (L’Atelier, Théâtre Antoine, Comédie des Champs-Elysées, Folies-Bergère, Hébertot, Marigny, Michodière, Mogador, Saint-Georges, Poche-Montparnasse, Variétés, Béliers Parisiens, etc.).

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« Kamp », par Hotel Modern : des marionnettes pour montrer Auschwitz

— Par Fabienne Darge —

kampModelés dans l’argile, les visages des figurines s’inspirent du célèbre tableau de Munch, « Le Cri ».

Auschwitz en marionnettes ? La proposition peut légitimement susciter un certain sentiment d’incrédulité, voire de malaise. La compagnie néerlandaise Hotel Modern l’a osé, pourtant, en un spectacle extraordinaire et bouleversant, Kamp, créé à Rotterdam (Pays-Bas) en 2005 et qui, depuis, ne cesse de tourner dans toute l’Europe.

En France, on a pu le voir juste quelques soirs en 2006 à La Ferme du Buisson, à Noisiel (Seine-et-Marne), puis en 2008, à Malakoff (Hauts-de-Seine). Le revoilà au Centquatre, à Paris, où il fait l’ouverture de Temps d’images, le festival qui mêle arts de la scène, arts plastiques et visuels. Il lance une belle programmation placée sous le signe des relations entre l’indicible et les images, avec, notamment, la projection en avant-première du nouveau film du cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh, L’Image manquante (mercredi 18 septembre).

Kamp, c’est donc le camp d’Auschwitz reconstitué dans ses moindres détails, en une vaste maquette qui occupe l’espace de la scène. Les baraquements, la ligne de chemin de fer, les barbelés, le portail où s’affichaient les mots « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre »), et même les chambres à gaz et les fours crématoires.

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Théâtre A. Césaire : programmation 2013-2014

—Par Michèle CESAIRE, Directrice artistique—

theat_cesaire_2013-2014_325Cette nouvelle saison sera sans nul doute celle des créations. Elles seront au nombre de sept sur les spectacles programmés et cela sans comptabiliser celles de la rencontre théâtre amateur du mois de mai.
Il s’agit pour la saison 2013-2014 de proposer à nouveau la mise en scène de textes d’auteurs avec en tête de pont Bertolt Brecht, dramaturge incontournable du 20ème siècle.
Le théâtre est un livre d’histoire que nous donnons à lire à notre public. Il est vrai également que la démarche de proposer un théâtre populaire de qualité nous tient à coeur. Toutefois, la programmation du théâtre Aimé Césaire se fait sans complaisance avec le souci de présenter des auteurs incontournables de tous siècles confondus afin que les spectateurs s’immergent dans l’écriture théâtrale et sa transposition à la scène.
Après les cycles Shakespeare et Victor Hugo, nous redécouvrirons donc le théâtre de Bertolt Brecht, ses fables populaires, sociales, humoristiques, simples mais terriblement bien construites.
Un théâtre musical
Un théâtre d’idées
Un théâtre pour tous.

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« Mais n’te promène donc pas toute nue! », au Théâtre du Nord-Ouest

—Par Roland Sabra—

feydeauQuand Georges Feydeau écrit en 1911 «  Mais n’te promène donc pas toute nue » il est séparé de son épouse depuis deux ans Fatiguée des incartades de son époux, cocaïnomane avéré et bi-sexuel pratiquant, elle a pris un amant et Feydeau, dépité ou soulagé a quitté le domicile conjugal. Dés lors son écriture théâtrale va s’orienter vers une étude plus approfondie de la comédie de mœurs, genre dans le quel il va croquer avec férocité la médiocrité de la classe bourgeoise. L’argument de «  Mais n’te promène donc pas toute nue » en témoigne.

« Le salon du députe Ventroux. Celui-ci reproche à sa femme de se montrer trop souvent en tenue légère devant leur fils ou devant Joseph, leur domestique.

Lorsque M. Hochepaix, maire de Moussillon-les-Indrets et adversaire politique de Ventroux, vient solliciter une faveur pour ses administrés, Clarisse apparaît encore dans la même tenue, provoquant à nouveau la fureur de son époux.

La jeune femme est piquée à la croupe par une guêpe. Persuadée que son cas est grave, elle prie son mari de bien vouloir sucer la plaie.

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Pour un théâtre populaire de création

Par GUY BENISTY Auteur, metteur en scène, directeur artistique du Groupe d’intervention théâtrale et cinématographique (Gitech), compagnie installée à Pantin dans le quartier des Courtillières, JEAN-MATTHIEU FOURT Metteur en scène du Café culturel de Saint-Denis et cofondateur de la compagnie Octavio

theatre-3Le Festival d’Avignon s’est achevé et avec lui la querelle des nominations à la tête des centres dramatiques nationaux. L’été passera, restera l’impression d’un bal masqué où chacun feint d’ignorer que la décentralisation culturelle n’est plus qu’un édifice rongé par le réel, laissant apparaître l’échec des artistes et des politiques à inviter au théâtre, l’ensemble de la communauté nationale. En France, le théâtre n’est plus ni un enjeu politique ni un enjeu esthétique. Les partis lui réservent deux lignes, en marge de leurs propositions de campagne. Le programme de la décentralisation culturelle et du théâtre populaire est à bout de souffle et le sublime édifice qui nous a tant fait rêver vacille.

Le monde a changé sans que les artistes de l’institution et les pouvoirs publics n’y aient prêté attention et l’on continue de décrire le théâtre avec un lexique fallacieux, parlant de théâtre populaire quand les publics sont dans leur immense majorité le reflet des classes privilégiées, quand les quartiers populaires en sont exclus, quand ni les œuvres, ni les politiques tarifaires, ni les efforts de communication ne parviennent à infléchir la sociologie des spectateurs du théâtre subventionné.

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« Frères de sang », création de la compagnie Dos à deux

 Artur Ribeiro , André Curti, Présence Pasteur, Avignon off, du 9 au 31 juillet

— Par Michèle Bigot—

 freres_de_sang-2Frères de sang est un spectacle théâtral total dans lequel la pantomime la danse, et plus largement la gestualité, accompagnées et rehaussées par le jeu des lumières, des mouvements des déplacements constituent un système de significations des plus denses.

Sans le secours d’aucune parole, les personnages installent peu à peu tout le jeu des relations complexes qui unissent et divisent les familles.

Toute la charge affective qui irrigue la fratrie, dans sa relation orageuse avec la mère est rendue sensible dans une série de scènes archétypiques de la vie familiale. Tout commence avec les retrouvailles des frères : le père vient de mourir, les frères se chargent de la toilette mortuaire.

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