— Par Roland Sabra —
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| le 90 de la rue Perrinon |
Vous êtes sans doute déjà passés devant le 90 de la rue Perrinon sans peut-être avoir remarquer cette maison en bois à la fois studio d’enregistrement, lieu de rencontres et d’échanges musicaux. Laurent Cadoux dans son troisième opus sur les quartiers de Fort-de-France, après les Trenelle-Citron et Terre-Sainville s’attarde dans ce lieu de création artistique. Le film qu’il nous propose relève d’une commande de la ville qui voudrait présenter ses quartiers. Comment filmer le centre ville ? A-t-il une unité qui puisse être filmée et faire l’objet d’une narration ? Laurent Cadoux est tombé un peu par hasard sur la maison qui donne son titre au documentaire. Louée pour trois francs six sous à l’époque, elle a été transformée, aménagée, insonorisée notamment avec des boites à œufs collées aux murs, pour devenir plus ce qu’elle a été que ce qu’elle n’est encore aujourd’hui, en 2011, en attendant un devenir voué à la démolition. Les musiciens qui l’occupent encore occasionnellement et qui sont interviewés dans le film disent combien la richesse de leur musique tient à la fois aux métissages, à l’hybridation, et à la recherche de sonorités ancrées dans la mémoire populaire.<p> Lire Plus



— par Roland Sabra —
Le hasard a fait que j’ai pu voir les œuvres de trois metteurs en scène lors d’un séjour récent à la Havane. Leur manière d’aborder des questions concernant l’identité cubaine – de nouveaux rapports avec les traditions afro-cubaines, la discussion sur l’identité sexuelle et les possibilités artistiques d’un renouveau des sources de la pensée révolutionnaire – a révélé l’importance grandissante de la pratique théâtrale en tant qu’espace de réflexion sur les rapports entre l’individu et la société cubaine en général.















Cette phrase de Jean-Paul Sarte à propos des « Mains sales » s’applique assez bien au théâtre de Marivaux (1688-1763) qui invite le spectateur à réfléchir sur l’inégalité sociale, sans pour autant réclamer un changement politique. Marivaux n’est pas révolutionnaire. Dans le langage moderne, tout au plus serait-il « réformiste ». Moraliste est semble-t-il le mot le plus adéquat. Dans l’Ile aux esclaves, qui nous est présentée le 28 janvier à 20 h 30 dans la salle Frantz Fanon du CMAC-ATRIUM, il fait appel sinon à l’humanisme des personnages, tout au moins à leur humanité, à leur raison, ce en quoi il préfigure le siècle des Lumières sans en avoir les audaces politiques. Résumons l’intrigue. En un temps qui fait référence à la Grèce antique, mais que le vocabulaire de la pièce dément, et à la suite d’un naufrage, quelques survivants, maitres et valets, échouent sur une ile dans laquelle les rapports sociaux sont inversés. D’anciens esclaves ont pris le pouvoir et rééduquent les maîtres qui débarquent dans la République en leur imposant l’ancien statut d’esclave tandis que les anciens esclaves sont mis dans la condition de maître.<p> 

