Mon Cher Marco,
Tu as 55 ans et moi 84. Vu la différence d’âge, je t’écris comme un père écrirait à son fils. Sans haine et sans colère, car je pense que notre monde a besoin de beaucoup d’amour, surtout par les temps qui courent. Je ne vais donc pas ajouter du négatif à une situation qui en a déjà trop.
Tu voudrais, semble-t-il, renverser le régime cubain. Je ne connais pas l’histoire de ta famille mais tout porte à croire que tu voudrais te venger de la Révolution castriste. Cependant, tu n’ignores sûrement pas ce qu’elle a apporté à la patrie de tes parents en réalisant ce que aucun gouvernement américain n’a jamais fait pour son peuple.
Fidel a éliminé le préjugé de couleur qui pourrissait le pays. Il a aussi donné à tous les Cubains l’éducation et les soins gratuits au point que certains Américains viennent se faire soigner à la Havane. Son système universitaire forme des milliers de médecins qui vont partout dans le monde. J’en ai vu en Haïti, mon pays de naissance. Ils vont dans les coins les plus reculés pour soigner les malades, là où les médecins haïtiens ne se rendent pas. Fidel a aussi aidé l’Italie et même proposé son aide au président Bush après le passage de l’ouragan Katrina. Mais celui-ci a refusé.
Fidel a égalemet aidé Nelson Mandela militairement à se libérer du régime de l’apartheid dont on connaît les méfaits. Alors, ma question est toute simple : Pourquoi ne pas remercier Cuba au lieu de vouloir renverser le régime que le pays s’est choisi ? Pourquoi ne pas l’imiter et donner au peuple américain des soins et une éducation à des prix abordables ? Chacun sait que seuls les riches chez toi ont droit à certaines choses. Penses-tu que c’est cela la démocratie ?
Mon cher Marco, permets moi de te dire que toi et ton gouvernement, ainsi que ceux qui l’ont précédé, vous faites fausse route. Au lieu de prêcher la manière forte, tu devrais te rappeler les mots du Christ : Aimez-vous les uns, les autres ! Je répète : Aimez-vous les uns, les autres ! Il n’y a pas de plus belles paroles. Pense au texte de Saint Paul : sans l’amour, il n’y a rien !
Imagine un peu la chute du mur de haine qui sépare les deux pays et souviens toi de la phrase du Pape : Construisons des ponts et non des murs. Imagine un instant le flot de touristes qui circulerait dans les deux sens. L’amitié, le sourire. La joie de vivre.
Tu n’es pas sans savoir que des gens meurent à Cuba à cause du blocus qui dure depuis plus de 60 ans. Ne ressens tu rien ? N’as-tu jamais de remords ? Et puis, pourquoi ne pas, dans la foulée, rendre à l’île Guantanamo qui lui appartient ? Pourquoi ne pas établir le règne de la justice et non celui de la force ?
Ne penses-tu pas que les deux pays et le monde entier s’en porteraient mieux ?
Je compte sur toi, mon cher Marco.
Avec mes sentiments les meilleurs,
Gary Klang, écrivain
