Catégorie : Cinéma

La brûlure des cordes et les brûlures de la vie : Million Dollar Baby

— Par Roland Sabra —

Américain (2h12). Réalisation : Clint Eastwood. Scénario : Paul Haggis, d’après F.X. Toole. Avec : C. Eastwood (Frankie Dunn), Hilary Swank (Maggie Fitzgerald), Morgan Freeman (Eddie « Scrap »), Anthony Mackie (Shawrelle Berry).

C’est un film binaire, entre ténèbres et lumière, entre vieillesse et maturité, entre un monde d’homme et une vie de femme, entre sunlights de la gloire et crépuscule du destin, entre gagnants et « loosers ». Un film de clair-obscur fidèle à l’écriture de F.X. Toole,l’auteur des nouvelles, « La brûlure des cordes » (Albin Michel, traduit de l’américain par Bernard Cohen.302 pages. Prix : 20,9 €) dont est tirée la dernière livraison de Clint Eastwood, Million dollar baby, dûment récompenssée aux Oscars.

Le style des phrases, des répliques de F. X. Toole, se retrouvent dans les plans, le montage ramassé de C. Eastwood. Tout est vif , dur, resserré, efficace comme un uppercut. Et pourtant il ne s’agit pas pas d’un film sur la boxe, ou tout au moins la boxe sert de prétexte à raconter une autre histoire qui elle ne débute qu’au dernier quart de la projection.

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« Brodeuses » : un film de chair et de fil

—Par Roland Sabra —

Français (1h28). Réalisation : Eléonore Faucher. Scénario : E. Faucher et Gaëlle Macé. Avec : Lola Naymark (Claire), Ariane Ascaride (Mme Mélikian), Marie Félix (Lucile), Thomas Laroppe (Guillaume), Arthur Quehen (Thomas), Jackie Berroyer (M. Lescuyer). Grand Prix de la Semaine de la Critique Cannes 2004, Prix Michel d’Orano 2004

Si un homme sur deux est une femme, elles sont donc comme l’écrit joliment Mao « la moitié du ciel ». Et quand elles font leur cinéma c’est à nous tous quelles dédient leur travail c’est du moins le cas de ce beau film, tellurique chargé de chair et de fil, de fruit et de sang dont une jeune femme nous fait cadeau : Brodeuses,. Faucher Eléonore l’auteure dont les décompositions signifiantes du nom sont à elles seules une exploration sans fin nous conte une histoire toute simple et infiniment complexe celle de l’enchevêtrement de deux vies . Celle de Claire, dix-sept ans qui se découvre enceinte, un peu par hasard, au-delà des délais d’une hypothétique IVG et celle de Mme Mélikian 50 ans qui vient de perdre son fils « adulescent » dans un accident de moto.

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BIGUINE, à la fois documentaire et fiction

— par Christian Antourel —

 biguineComme chaque fois où un tubercule est recherché, cultivé, fouillé et finalement débusqué, réalisé, la satisfaction ressentie alors peut-être à son comble mais l’effort fut-il de toute beauté, il n’en demeure pas moins sûr qu’un tubercule reste une racine et n’est jamais un arbre.

La difficulté de faire, ne fait pas l’Art ; loin s’en faut. Disons au contraire, qu’elle souligne et stigmatise un handicap génétique ; que le rythme diabolisé de la biguine ne parvient pas à masquer.

Biguine, est ici documentaire et fiction à la fois.Le rêve est celui des auteurs, tout englués dans un cinéma sucre d’orge « Filibo », « Lotchyo » mais aussi « Bwa dan tchiou ».

La réalité reste un non-dit trop évident, contrarié. Une impossibilité d’être, avouée et révélée en 90 minutes d’un film innocent prit en otage.

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