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« Fusils contre chiens, la Martinique sombre dans la violence légale »

Le Sénat français donne l’autorisation aux chasseurs de tirer pendant deux mois tous les chiens errants des D.O.M.

Avec ce projet présenté prochainement au vote à l’Assemblée Nationale, la Martinique a touché le fond. Plus que de l’indifférence envers le sort des chiens abandonnés, c’est clairement de la part des élus et instances nationales et locales, de l’hostilité directe contre les animaux de compagnie des DOM.

Premièrement, pour couper court à la justification principale de cette mesure ultime:

Personne ne nie que des meutes de chiens abandonnés ou lâchés négligemment par leurs propriétaires humains attaquent régulièrement les troupeaux des éleveurs.

Personne ne nie que c’est un brise-cœur que de voir tous ces animaux en détresse sur toutes nos plages, forêts et zones industrielles ou écrasés sur la route.

Personne ne nie qu’il faut absolument trouver et isoler ces chiens qui tuent cruellement les animaux de rente, sans gain possible pour les éleveurs qui en prennent soin.

Ne nous dites pas que personne n’a pensé à renforcer les trappages respectueux, sans les tuer. Des fléchettes hypodermiques vendues généreusement par certains vétérinaires sont déjà utilisées illégalement par les trappeurs afin de les livrer à la fourrière en les endormissant.

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La Martinique, épicentre de l’évolution institutionnelle des DOM.

— Les contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

On n’est ni à Basse-Terre ni à Cayenne ni à St Denis de la Réunion, on est à Foyal. Faisant suite à l’Appel de Fort-de-France et au Congrès de la rupture de 2025, l’adoption dans la maison de Césaire d’un accord-cadre, dit solennel, sur l’évolution institutionnelle de la Martinique, invite à s’interroger une fois de plus sur la préoccupation qui mobilise toutes les intelligences politiques du territoire depuis 50 ans. La Martinique n’a-t-elle pas exercé – n’exerce-t-elle pas encore – un rôle de chef de file dans les évolutions institutionnelles des départements d’outre-mer (DOM) ?

Les hommes et les actes fondateurs (1946 – 1959)

Bien que la loi de 1946 soit aussi le fruit de nécessités géopolitiques (contrer la doctrine Monroe), Aimé Césaire en fut le rapporteur emblématique. Son influence et sa longévité politique ont ancré l’idée que la Martinique avait été le meneur de la marche de l’assimilation. Le rôle essentiel de Gaston Monnerville s’en est trouvé amoindri, et oublié le projet identique élaboré en 1922 par le sénateur et ancien ministre martiniquais Henry Lémery.

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L’Histoire humaine, ce construit axiologique

Par Camille Loty Malebranche

L’homme est un esprit en accomplissement dont la mission est l’autoconstruction par des valeurs. Les valeurs sont les briques constitutives de l’édifice humain. L’animal humain ne commence son humanisation qu’en intégrant les valeurs morales, intellectuelles, spirituelles qui le font personne humaine. Quand les excentricités matérialistes se substituent aux valeurs ontologiques proprement humaines, c’est toute l’orientation sociale de l’homme qui est déviée de sa vérité et frappée de déshumanisation. Une société en crise est avant tout une société en crise de valeurs, une société aux valeurs fausses.

L’histoire n’est que la somme des représentations du monde et de la place de l’homme dans le monde mis en place à travers la projection de soi des sociétés tout au long de l’action. L’histoire est l’engramme des générations qui construisent le monde, le monde étant la représentation et l’action des hommes ajoutées à l’univers. C’est aussi une téléologie collective vers une entéléchie temporelle des sociétés humaines. Là où la métaphysique et la spiritualité courent à l’eschatologie comme accomplissement supraterrestre et extratemporel parce que visant à l’éternité, l’histoire est la menée politique des vœux humains en vue d’un aboutissement terrestre et temporel des sociétés.

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La communauté universitaire du Québec rend hommage au linguiste haïtien Nathan Ménard (1942-2026)

 — Par Robert Berrouët-Oriol, lnguiste-terminologue

Montréal, le 6 juillet 2026

NDLR Robert Berrouët-Oriol a œuvré à l’Office québécois de la langue française, à la Banque de terminologie du Québec (aujourd’hui Grand dictionnaire terminologique) où il a été responsable de la coopération inter-universitaire. Il a ensuite enseigné à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti. Spécialiste de l’aménagement linguistique et de la lexicographie créole, il est actuellement conseiller spécial au Conseil national d’administration du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH), conseiller permanent de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA) et membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones.

Une figure majeure de la linguistique haïtienne et québécoise

Décédé à Montréal le 18 juin 2026, le linguiste Nathan Ménard, natif du Dondon, au Nord d’Haïti, occupe une place singulière dans l’histoire intellectuelle d’Haïti et du Québec. Docteur en linguistique de l’Université de Strasbourg, chercheur rigoureux, pédagogue d’exception, il a marqué durablement le champ des sciences du langage par l’ampleur de ses travaux, la profondeur de ses analyses et la générosité de son engagement auprès des générations d’étudiants qu’il a formés.

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Le chaos, un ennemi majeur de la démocratie.

— Par Camille Loty Malebranche —

Il est trois principaux achoppements de la démocratie, ainsi que je l’entends: la dictature, le populisme et le chaos. Remarquez que si nous n’évoquons pas nommément le fascisme, c’est qu’il participe toujours des deux premiers en tant qu’il est dilué dans la dictature et teinté de populisme. En ce texte, nous allons considérer le chaos.

La démocratie, ce pouvoir du peuple garanti par les institutions étatiques vraiment contrôlées par le peuple, n’a pas pour ennemis que les dictatures de toutes sensibilités: autocratiques, théocratiques, monarchiques, ce, toujours sous la férule de l’ordre économique et social infligé par les tenants du pouvoir; en vérité, le chaos qui suit l’égrugeage institutionnel et la désagrégation partielle ou totale du vivre ensemble national, rendant ainsi l’État inopérant, est un des plus catastrophiques abîmes où s’inhume la démocratie. Il est, en certaines circonstances de l’histoire, des dictatures progressistes qui construisent quoique par massacres et monstruosités, l’État-Nation et toutes les structures institutionnelles économiques et politiques, mais le chaos, lui, est précisément, l’empêchement de la moindre construction socio-économique et une sape de l’État en ses fondements administratifs.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

ETC Caraïbe déploie les écritures caribéennes à Avignon

Jusqu’au 25 juillet, ETC Caraïbe participe au Festival d’Avignon avec une programmation riche mêlant spectacles, lectures et projets en développement. Une présence qui offre aux auteurs martiniquais et caribéens une vitrine exceptionnelle au sein du plus grand rendez-vous international consacré au spectacle vivant.

Une programmation entre créations et découvertes

Cette année, ETC Caraïbe investit Avignon avec une ambition claire : faire entendre les voix de la Caraïbe et permettre aux œuvres du territoire de rencontrer producteurs, diffuseurs et nouveaux publics.

Parmi les temps forts annoncés figure « Le Syndrome d’Ulysse », spectacle musical coproduit avec le Théâtre du Balcon. Cette création, écrite par Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia, ouvre une programmation qui entend faire dialoguer les écritures contemporaines et les réalités caribéennes.

Autre rendez-vous important : « Matrices » de Daniely Francisque. Déjà connue du public martiniquais, la pièce poursuit désormais son parcours avec l’objectif d’intégrer de nouveaux réseaux de diffusion.

Des textes en quête d’avenir

Avignon est également un lieu où les projets prennent forme. « Bruissement des fourmilières », texte d’Adeline Flaun actuellement en création, y est présenté afin de séduire de futurs partenaires et d’envisager des collaborations autour de sa production.

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Plaidoyer pour une jurilinguistique haïtienne conforme à la Constitution de 1987

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

La jurilinguistique est un domaine interdisciplinaire qui étudie les rapports entre le langage et le Droit, notamment la rédaction, l’interprétation et la traduction des textes juridiques. Elle vise à assurer la précision, la cohérence et l’équivalence normative dans les contextes bilingues ou multilingues. Elle mobilise des outils de linguistique, de terminologie et d’analyse du discours pour améliorer la qualité du Droit. Elle contribue à la clarté législative et à la sécurité juridique. (Jean‑Claude Gémar, Dictionnaire de la jurilinguistique, Presses de l’Université Laval, 2017.)

La forfaiture constitutionnelle désigne la violation grave, volontaire et consciente de la Constitution par un organe ou un titulaire de pouvoir public, portant atteinte à l’ordre constitutionnel et à l’exercice légitime des fonctions de l’État. (Claude Moïse, « Le constitutionnalisme haïtien : une fiction politique persistante », Le National, 27 janvier 2009.)

Résumé

Cet article propose une analyse approfondie de la marginalisation du créole dans Le Moniteur –également connu sous la dénomination générique de « Journal officiel de la République d’Haïti »–, et il examine de près les implications institutionnelles et constitutionnelles, jurilinguistiques et politiques de la publication d’éditions en langues étrangères de ce journal.

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« Douleurs fantômes » & « Point à la ligne ! »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Douleurs fantômes

Au gré changeant de mes envies
et le bonheur en cœur de cible,
j’écorchai mon âme sensible
sur l’âpre chemin de la vie…

Après maints chagrins, maints déboires,
j’ai fini par perdre l’espoir
d’être un jour enfin satisfait
et que mon esprit soit en paix…

De ces trop nombreuses blessures
coula le sang d’une écriture,
coagulant en une croûte
de mots tout au long de ma route…

La poésie fut efficace
pour panser les plaies de mon cœur
et le temps la douleur efface
comme d’oubli une liqueur
mais les cicatrices demeurent
gravées au fond de la mémoire…

On a beau essayer de boire
et ces fantômes d’oublier
auxquels on ne voudrait plus croire,
ils reviennent toujours hanter
la solitude de nos soirs…

Point à la ligne !

Quand de vie notre ligne
brusquement s’interrompt
dans le creux de la main,
serait-ce un mauvais signe ?
On n’est plus sûr de rien,
pas même de demain…

La mort est en ligne de mire,
ligne de mort d’un avenir
qui devient flou et incertain…
Semble la ligne d’horizon
être le mur d’une prison !

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Peut-on nourrir un pays avec moins de pesticides ? Ce test grandeur nature répond oui

Produire de grandes cultures en agroécologie de manière rentable, c’est possible

— Collectif —

Depuis vingt-cinq ans, l’Inrae teste en conditions réelles des alternatives à l’agriculture conventionnelle sur huit hectares à Versailles, dans les Yvelines. Une expérience riche en enseignements.


Peut-on nourrir la France en réduisant notre utilisation de pesticides et d’engrais azotés ? Pour répondre à cette question, les chercheurs peuvent utiliser plusieurs méthodes. L’une d’entre elles consiste à tester différentes techniques agricoles en conditions réelles sur de grandes cultures et à étudier leurs évolutions sur le temps long.

C’est ce qu’il se passe dans l’une des stations expérimentales de l’Inrae depuis vingt-cinq ans, et les résultats agronomiques et économiques de cette expérimentation donnent de nombreuses raisons de se réjouir.

Un essai système d’une durée de vingt-cinq ans

Le dispositif expérimental La Cage, mis en place en 1998 à Versailles (Yvelines) sur une parcelle de huit hectares, compare ainsi sur le long terme quatre systèmes de culture cohérents et représentatifs des grandes cultures sans élevage :

  • un système productif conduit en agriculture conventionnelle ;
  • un système à bas niveau d’intrants (faible utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais azotés) ;
  • un système en agriculture biologique ;
  • un système sous couvert végétal.

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Informations-Actualité: Modalités de regard.

Par Camille Loty Malebranche

Analyse factuelle, analyse idéelle – herméneutique

Il est deux analyses pour un observateur qui objective les faits d’actualité :

1) Le questionnement stricto sensu des faits en soi, pris dans leur factualité événementielle immédiate.

2) La considération desdits faits au regard du contexte géopolitique – contexte très turbulent en notre temps d’hyperactivité géostratégique par la mouvance des pôles d’influence se constituant dans un monde multipolaire – à travers une lecture sémiologique, anthropologique, historique, socioéconomique afin de juger, tout en projetant la finalité probable que comporte l’englobant général où ces faits se situent. Cela, c’est de l’herméneutique, et dans une occurrence d’interrogation du sens de l’actualité, cette Histoire en train de se faire, car l’actualité, c’est de l’Histoire en route, on ne peut ne pas envisager cette sorte de prospective théorique qu’est l’herméneutique, c’est-à-dire l’interprétation rapprochée et idéelle des choses et des faits.

Les faits en soi que présentent les médias fussent-ils très idéologisés, sont souvent vrais, (même si des fois on invente pour des besoins d’establishments impliqués, de terribles mensonges comme ce fut le cas du faux charnier de Timisoara avant la chute de Ceausescu).

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Au-delà de la production locale

Le grand malentendu sur le développement de la production locale grâce à l’autonomie !
— Par Jean Marie Nol —
Le débat sur l’autonomie comme facteur incontournable du développement de la production locale en Guadeloupe et  Martinique s’appuie sur un raisonnement qui est d’ores et déjà biaisé du fait d’un postulat de départ totalement erroné sur le plan de la nouvelle doctrine économique.
Cette approche des élus locaux partisans de l’autonomie semble vouloir nous enfoncer dans une impasse, dans la mesure où il s’accompagne de plus en plus d’un discours récurrent selon lequel la clé du développement économique résiderait avant tout dans une augmentation progressive de la production agricole locale afin de réduire la dépendance aux importations. Cette idée propagée par les élus, et largement partagée dans le débat public, apparaît séduisante puisqu’elle répond à une aspiration légitime à davantage de souveraineté économique. Pourtant, elle repose sur un profond malentendu quant aux véritables mécanismes du développement économique dans les petites économies insulaires ouvertes. Confondre autonomie politique, autonomie économique voire productive et développement économique risque d’orienter les futurs choix institutionnels vers une stratégie qui, malgré de bonnes intentions, conduirait à une impasse totale en matière de développement .

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« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre II

Par Robert Lodimus

Chapitre II

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Ils ont assassiné notre rêve

« Il vient une heure où philosopher ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action. »

(Victor Hugo)

Rien ne présageait de la tempête politique qui allait se lever à l’horizon. Cette journée-là, comme à l’accoutumée, les nuages de frayeur se bousculaient dans le ciel de la saison automnale. Cet automne maudit a repeint les villes, les bourgs et les villages en jaune de la trahison, en rouge de la cruauté et en blanc de la capitulation. Les riverains craquaient, se cassaient en deux et gémissaient sous les fouets des persécutions politiques. De leur bouche souffreteuse et peureuse coulait la bave d’une colère rageuse qui bouillonnait à l’intérieur, et qu’ils cherchaient en vain à transformer en une boule de révolte enflammée. Gardaient-ils encore l’espoir de parvenir à incendier et à faire exploser le « bunker » où se retranchaient les visages du « Mal » absolu de ce siècle bouleversé ?

Les âmes éprouvées se repliaient dans la léthargie et la démobilisation que leur imposaient l’incertitude et la résignation.

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Culture : quand les coupes budgétaires menacent tout un écosystème

—Par Jean Samblé —

Le monde culturel français traverse une période d’incertitude majeure. Derrière les chiffres et les arbitrages budgétaires se dessinent des conséquences qui pourraient transformer durablement le paysage culturel du pays. Théâtres, opéras, centres dramatiques, orchestres, festivals ou encore structures locales : toute une chaîne de création et de diffusion redoute aujourd’hui un effet domino dont les répercussions dépasseraient largement le seul secteur artistique.

Le budget du ministère de la Culture pour 2026 a été réduit de 173,4 millions d’euros sur une enveloppe globale de 3,7 milliards d’euros. Une diminution qui s’ajoute aux réductions décidées dans plusieurs collectivités territoriales. Si les pouvoirs publics évoquent une participation à l’effort budgétaire national, les acteurs culturels, eux, parlent d’une situation critique.

Les inquiétudes se concentrent particulièrement sur 28 grandes structures culturelles qui seraient directement touchées par des annulations de crédits jugées particulièrement sévères. Certaines alertent déjà sur un scénario inquiétant : une impossibilité d’assurer normalement leur prochaine saison culturelle. Au lieu d’une reprise traditionnelle à l’automne, des établissements pourraient être contraints de repousser leur programmation jusqu’en janvier 2027.

Mais au-delà des salles de spectacle, c’est toute une économie qui risque d’être fragilisée.

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An zafè dlo

An zafè dlo

— Par Daniel M. Berté —
Gro lapli ka tonbé
Laviè ka débòdé
Lè gro kanrèm rivé
Poutan nou mantjé dlo
Man vréyé dlo, man pa mouyé pèsonn

Lasopama sloganné
Tè sé bwa, bwa sé dlo, dlo sé lavi
Epi dot i goumen
Pou sa protéjé dlo
Dlo pa ka monté mòn

Lasétéèm mandé
lotorité inik
Lé konséyé jiré
Pou tout moun menm pri dlo
Ou pa ka sali dlo’w

Lakasem ek Kapnò
Di wop tjenbon-tiré
Lespassid déklaré
Sé an fo bon lidé
Pa pran dlo mousach pou let

Laduem li afiwmé
Fok fè diféraman
Puma di réparé
Tout tiyo ki krévé
Chayé dlo an pannyé

Odisi Esème
Di sé nou lé fewmyé
Sé nou ki pou fiksé
Pri pou moun péyé dlo
Kout kouto an dlo pa ka lésé mak

Lamses ka djoubaké
Pou pé sa dépolyé
Fo déklòwdékoné
Pou sové la santé
Pwason an dlo toulong men i ka santi fré

Komité sitwayen lisid
Dénonsé la jésyon
Mandé fè an réfowm
Dlo potab pou tout moun
Dlo pyé’w an difé, ou pa menm sav

Pandan yo ka babyé
Dlo ka ped anba tè
Pandan yo ka palé
Lé pépa ka pijé
Dlo dépasé farin Daniel M.

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Quand toutes les roches toucheront l’eau

— Par Gary Klang —

Mes Chers Compatriotes,

J’en appelle à toutes les classes sociales, aux dirigeants, aux possédants, aux démunis, aux Noirs et aux Mulâtres. Nos dirigeants ont pour devoir d’apaiser les souffrances d’Haïti et pourraient pour cela s’inspirer de Fidel qui, malgré le blocus, a donné à son peuple l’éducation et les soins de santé gratuits. Mais rien de tel chez nous.

Le Président Aristide l’a constaté de manière imagée : woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley. La classe aisée, qui loge dans les belles villas, et le peuple, qui croupit dans la boue, s’ignorent et vivent dans deux mondes séparés.

Mais contrairement aux autres dirigeants, tu as voulu changer les choses, mon cher Titide. Hélas, au lieu de t’aider, toi qui risquas ta vie pour chasser Duvalier, les bien-pensants se sont ligués contre toi et t’ont destitué. Tu as eu droit à deux coups d’État et le peuple souffre toujours autant. Qui pis est, ce sont tous les Haïtiens, sans exception, qui aujourd’hui pâtissent des gangs.

Cependant, lorsque je pense à la grandeur de l’épopée dessalinienne, je garde encore espoir : le pays renaîtra !

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La Littérature, cette euphonie coiffant la sensibilité discursive

— Par Camille Loty Malebranche —

Les faits et situations réels ou imaginaires qui nourrissent les récits existent dans la factualité du monde ou la fiction humaine, c’est, toutefois, leur narration ou leur description qui les métamorphose en littérature. Narration ou description qui ne sont littéraires que par l’euphonie qui, pour nous, constitue la formalisation esthétique des énoncés par l’harmonie phonique des mots dans l’expression. C’est là, de cette harmonie que sourd ce qui fait l’art littéraire. Euphonie soutenue, articulée et élaborée de tous les instants dans le verbe de l’artiste littéraire conteur ou écrivain. C’est la structuration esthétique par le choix ludique des mots pour leur harmonie sonore-musicale, que la littérature advient. Les mots en leur jeu sonore sont le fondement même du bâtiment que l’on nomme « style littéraire », ils sont l’aura qui fait la littérature par-delà l’énonciation et la discursivité… C’est, à tout le moins, le sens de la littérature prise au sens très strict, en son acception très strictement esthétique d’art. Même si l’on ne définit pas un art!

La littérature peut être envisagée, car on ne définit pas un art, comme l’élaboration euphonique du langage, le travail de la sonorité musicale, l’eurythmie du discours sur fond de sensibilité patente, éloquente qui, précisément, distingue le littéraire du non littéraire, manifestant le surgissement de l’art au bout de l’expression de la conscience esthétique de l’artiste: le littérateur…

L’euphonie est la fusion de l’esthétique et de la sémantique dans le discours qui détermine l’art et différencie le langage artistique du non artistique.

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« Crétin » &  » Les jeux sont faits »

Crétin

Ta demeure la planète terre tu l’as terrassée
Tes frères et sœurs tu les as déshumanisés
Tes ressources naturelles tu les as troquées
Ton beau climat tu l’as déréglé et contaminé
_____
Tes institutions sont infectées de corruptions
Tes dirigeants sont sans talent et compassion
Tes religieux sont des hypocrites de dévotion
Tes élites sont des avides de sale exploitation
_____
Ta mentalité est tant humiliante et destructrice
Tes actions sont défiantes et démoralisatrices
Ta cupidité est bien intolérante et dévastatrice
Ta malveillance est arrogante et conspiratrice
_____
Tu accuses les autres pour tous tes malheurs
Ta haine a remplacé ce qui faisait ton bonheur
Ton ignorance ne t’a jamais fait grand honneur
Tu sembles t’enfoncer dans l’énigme sans peur
Jean-Bernard Bayard

Les Jeux Sont Faits
La faim la misère et l’injustice sont systémiques
L’ignorance la malfaisance deviennent symétriques
La corruption l’avidité et l’immoralité sont juridiques
Ainsi est formulée la base des pays démocratiques

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Autonomie : le choc des modèles

Pourquoi le nœud gordien de la problématique de l’autonomie est en l’espèce le modèle économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Martinique et de la Guadeloupe est souvent présenté sous un angle juridique ou identitaire. Pourtant, la véritable question est beaucoup plus simple : un changement de statut permettrait-il de résoudre plus efficacement les difficultés économiques, sociales et administratives qui handicapent ces territoires depuis des décennies ? Les opposants soulignent immédiatement un paradoxe. Si une autonomie accrue s’accompagne d’une réduction des transferts financiers de l’État, comment les collectivités pourraient-elles améliorer leur situation avec moins de moyens ? À première vue, l’équation paraît insoluble. Elle ressemble à une promesse de transformer le plomb en or.L’autonomie ne constitue pas une formule magique. Elle déplace simplement la responsabilité politique. Les succès éventuels dépendraient alors directement de la qualité des décisions prises localement. Si les nouvelles compétences étaient utilisées sans vision stratégique, sans rigueur budgétaire, sans réforme administrative et sans politique économique ambitieuse, les difficultés actuelles pourraient même s’aggraver. Une autonomie mal préparée pourrait conduire à une diminution des ressources publiques sans augmentation suffisante de la richesse produite.

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La bossalisation, un concept pour penser la condition haïtienne

Le concept permet de penser la condition haïtienne entre violence symbolique, résistance et émancipation

 —- Par Dr Edelyn Dorismond (*)—

Dans cet article, j’entends élaborer, en prétendant lui apporter une intelligibilité originale, la bossalisation comme concept philosophique pour désigner le processus par lequel une société -et singulièrement la société haïtienne- se voit réduire à une condition de dépossession symbolique, de désordre ontologique et de violence structurelle héritée de la plantation. Distinct tant de l’usage que fait Jean Casimir du potentiel subversif du bossale que de la sociologie historique de la contre-plantation élaborée par Gérard Barthélémy, ce concept vise à opérer une percée théorique dans la compréhension de la phénoménologie haïtienne : il s’agit de penser ensemble la destruction des cadres symboliques, la dissolution des repères identitaires, la fracturation du lien social et la persistance d’un régime anthropophage qui dévore ses propres membres. L’article propose une exposition systématique du concept, de ses sources, de son statut de structure des sociétés postcoloniales fondée sur une triple logique d’infériorisation, de mise à mort et d’exclusion, du concept corrélatif de zoopolitique -donner la mort à petit feu comme modalité propre de la politique haïtienne-, de son articulation avec les grands fils de ce que j’ai tenté de mettre en œuvre depuis quelques temps, notamment mon analyse du rapport infériorisant que l’Haïtien exerce sur l’autre Haïtien-, et de ses implications pour une philosophie de l’émancipation articulée autour de l’imagination comme faculté des possibles, de la dignité humaine et de l’égalité comme principes fondateurs d’un monde politique haïtien nouveau.

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Probable isolement de la Martinique

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

En 1950, la Martinique inaugurait sa piste d’atterrissage sous le nom d’Aéroport du Lamentin. Disposant d’une seule piste de 3 000 mètres, assez longue pour accueillir des avions long-courriers, l’ouvrage s’est modernisé au fil des années pour répondre aux besoins croissants. Il est devenu l’aéroport international de la Martinique. Sa zone d’implantation vaste d’environ 2400 hectares permet l’expansion des infrastructures et l’ajout de nouveaux services pour les compagnies aériennes et les usagers.

Situé en zone de mangrove, l’aéroport bénéficie d’un programme d’entretien structurel d’enrobé sur la piste. C’est une opération particulièrement délicate qui requiert la condamnation d’une partie de la chaussée. Aussi, pour éviter de perturber le trafic aérien, les travaux sont effectués la nuit.

Par rapport au niveau de la mer son altitude était de + 4,80 m en 1950 pour seulement + 0,50 m aujourd’hui. Le changement est significatif… Selon le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) les fortes pluies, comme celles tombées sur la Martinique dans la nuit du 4 au 5 mai 2009 provoquent des inondations spectaculaires dans les plaines du centre et de la Martinique et exposent l’aéroport à devoir fermer.

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Autonomie : qui tient les horloges ?

Autonomie des Antilles-Guyane : l’État français seul maître du jeu , mais avec quelle vision prospective pour l’avenir ?

— Par Jean-Marie Nol —

Désormais, force est de constater que l’autonomie est en marche en dépit des réticences des uns et des autres , pour autant il semble nécessaire de noter que nous sommes en présence d’un théâtre d’ombres chinoises où l’État français au delà des apparences demeure le seul maître de l’échiquier et surtout des horloges.

L’annonce de la signature de l’accord-cadre entre l’État et la Collectivité territoriale de Martinique, ouvrant officiellement le processus de discussions sur l’évolution institutionnelle du territoire, marque une étape symbolique dans une transformation qui semble inéluctable et qui ne date pas d’hier. Derrière l’apparente initiative des élus locaux et le débat public sur l’avenir statutaire des territoires ultramarins, une réalité plus profonde semble se dessiner : l’État français demeure l’acteur central, celui qui fixe le rythme, organise le calendrier et accompagne progressivement une mutation institutionnelle déjà préalablement pensée sur le temps long.

La scène actuelle ressemble ainsi à un véritable théâtre d’ombres chinoises où les acteurs visibles — élus, partis politiques, représentants de la société civile — occupent le devant de la scène, tandis que l’État conserve en coulisse une capacité d’influence majeure sur l’orientation générale du processus d’autonomie.

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Suppression des APL pour les étudiants extra-européens non boursiers à compter du 1er juillet 2026

À compter du 1er juillet 2026, les étudiants ressortissants de pays hors Union européenne (UE), hors Espace économique européen (EEE) et hors Suisse, ne peuvent plus bénéficier des APL s’ils ne sont pas titulaires d’une bourse sur critères sociaux.

Les étudiants exerçant une activité professionnelle ou engagés dans un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation peuvent être éligibles à cette aide.

À noter

Les étudiants réfugiés, apatrides et les conjoints d’étudiants extracommunautaires continuent de bénéficier des APL.

Voir aussi

Publié le 01 juillet 2026 – Service Public / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

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Allocations d’assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet

Comme le précise le décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage, le conseil d’administration de l’Unédic peut augmenter une partie ou la totalité des allocations chômage.

Le 30 juin 2026, le conseil d’administration de l’Unédic, réunissant les organisations représentatives des salariés et des employeurs, n’a pas recueilli de majorité en faveur d’une revalorisation des allocations chômage, comme cela avait été le cas en 2016. Les montants du 1er juillet 2025 restent donc en vigueur :

  • Allocation minimale de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : 32,13 € par jour, et 16,05 € par jour pour Mayotte.
  • Partie fixe de l’ARE : 13,18 € par jour indemnisé.
  • Aide de fin de droit : 355,86 € (27 fois la partie fixe).
  • Allocation plancher d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) : 22,99 € par jour (11,51 € par jour pour Mayotte).
  • Plancher relatif à l’application du coefficient de dégressivité : allocation journalière de 92,57 €.

Voir aussi

 

Publié le 01 juillet 2026 – Service Public / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

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La taxe française sur les petits colis remplacée par un droit de douane européen

Le Conseil de l’Union européenne avait annoncé, le 12 décembre 2025, la mise en place de mesures pour faire face à l’afflux de « petits colis » dans l’Union européenne. Dans un communiqué, le Conseil soulignait que ces colis de faible valeur ne sont pas soumis à des droits de douane, « un problème qui entraîne une concurrence déloyale pour les vendeurs de l’UE et qui suscite des préoccupations environnementales ».

Ainsi, à compter du 1er juillet, un droit de douane forfaitaire de 3 € s’applique sur tous les colis importés d’une valeur inférieure ou égale à 150 € ; cette taxation coOKncerne toutes les marchandises entrant dans l’Union européenne et vendues par des commerçants extra-européens.

Ce droit de douane de 3 € est appliqué sur chaque catégorie d’articles présente dans un colis. Par exemple, si un colis contient 2 jouets, 1 manteau et 2 bouteilles de parfum, le montant total des droits de douane pour ce colis s’élève à 9 € (3 catégories d’articles différentes dans le colis). Et si un colis contient 3 t-shirts et 1 paire de chaussures, le montant total des droits de douane s’élève à 6 € (2 catégories d’articles différentes dans le colis).

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