M' A

Faire plus

— Marie-Christine Delacroix —

Toute la semaine se sont succédé les preuves concrètes de solidarité avec l’arrivée à Cuba d’une aide multiforme dans le cadre de l’initiative « un convoi pour Cuba » comme le détaille un article publié hier sur notre site.

Face à la passivité de nombre de gouvernements qui se contentent de condamner le blocus aux Nations Unies mais ne s’engagent pas plus avant, les populations se sont mobilisées. Jusqu’à Miami d’où sont parties, tout un symbole !, 140 per­sonnes empor­tant avec elles 2,8 tonnes de médi­ca­ments, pour une valeur de 433 000 dol­lars.

Ce sont au total plus d’un demi millier de personnes venues d’une trentaine de pays d’Amérique latine, d’Amérique du Nord et d’Europe (dont la France) qui sont arrivées le week-end dernier à La Havane pour remettre aux autorités cubaines une vingtaine de tonnes de produits alimentaires, de matériel médical et d’équipement solaire.

Des personnalités politiques de gauche, des défenseurs des droits humains, mais aussi des syndicalistes, des artistes, des responsables associatifs qui ont été reçu à l’Institut cubain d’amitié avec les peuples en présence du président Diaz Canel.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XX

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XX

Post-scriptum

Il ne peut y avoir de sauvetage
Quand le sang a noyé le monde.
Nous ne disposons que de nos bras
Pour rejoindre, à la nage, la mort.

(Edmond Jabès, Toujours cette image)

La saison automnale faisait hâtivement son barda, pour le comprendre – et non pour le dire – comme Marcelle Auclair, l’auteur des ouvrages « Le Bonheur est en vous » et « La pratique du Bonheur », édités respectivement en 1938 et en 1951. La vieille reine des pluies et des orages ramassait avec peine et empressement les feuilles rousses, encore humides, qui tapissaient les forêts bientôt grelottantes. Elle n’avait pas non plus oublié les grands pinceaux trempés dans le cuivre, avec lesquels elle peignait les arbres, en état de métamorphose et de squelettisation, déployés dans un paysage éclairé par un astre pâle et désenthousiasmé. À chaque journée, l’ombre de l’obscurité venait très tôt chasser la clarté du soleil : ce qui laissait présager que le carrosse de l’hiver était vraiment en chemin, et que bientôt, celui-ci viendrait s’installer royalement dans plusieurs compartiments de la nature.

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« Sévices graves » : L214 porte plainte contre l’abattoir du Lamentin

L’association L214 a publié une nouvelle enquête accablante sur les conditions d’abattage au sein de l’abattoir public du Le Lamentin, près de Fort-de-France. Tournées entre janvier et février 2026, les images révèlent de graves dysfonctionnements, à la fois structurels et liés aux pratiques, susceptibles d’entraîner des souffrances importantes pour les animaux.

Des pratiques en infraction avec la réglementation

Au cœur des accusations : des bovins, notamment de race Brahman, saignés alors qu’ils sont encore conscients, voire toujours en vie au moment de la découpe. Selon L214, ces situations résultent notamment d’un dispositif de contention inadapté. Le box censé immobiliser les animaux avant l’étourdissement ne permet pas un maintien efficace : certains veaux parviennent à se retourner, tandis que des vaches tentent d’échapper au pistolet d’abattage.

Conséquence directe : l’étourdissement devient aléatoire. Or, la réglementation impose que les animaux soient rendus inconscients avant toute saignée afin de limiter leur souffrance. Dans les images diffusées, plusieurs bovins continuent de bouger après avoir été égorgés, signe d’une perte de conscience insuffisante.

Autre pratique dénoncée : la présence simultanée de plusieurs animaux dans le box de contention.

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« Barbès créole blues » de Raphaël Confiant

— Louis-Félix Ozier-Lafontaine(*) —

En ces mois de février et mars 2016, le monde et ses actualités transpirent à grosses gouttes les angoisses dues aux atrocités de la guerre, aux enlèvements de chef d’Etat ainsi que les craintes du triomphe des fascismes et des arrogances impériales de toutes sortes.

L’atmosphère rendue déjà intenable par le spectre effroyable du génocide de Gaza et par les manœuvres de recolonisation forcée du Vénézuéla et de Cuba, s’aggrave quasiment de jour en jour. Et s’il fallait convaincre la conscience des habitants des petits pays insulaires que nous sommes de ce que le monde est dominé plus que jamais par la loi du plus fort, voilà que cette barbarie envahit maintenant notre espace proche : elle est là dans les Caraïbes, l’armada guerrière US, à quelques encablures maritimes, là où vont et viennent les pêcheurs des îles de notre archipel.

Alors, réflexe habituel, sans me désintéresser de cette actualité, je me fais fort de m’appliquer à reprendre souffle ailleurs ; question de sauvegarder un maximum de sérénité et de clairvoyance dans ce monde-là.

Et je m’en vais au plus vite m’emparer de romans récemment publiés.

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🎭 Journée mondiale du théâtre — 27 mars 2026

Chaque année, le 27 mars, le monde entier célèbre la Journée mondiale du théâtre, une date essentielle dédiée à l’une des formes d’expression artistique les plus anciennes, universelles et profondément humaines.

Créée en 1962 par l’International Theatre Institute, cette journée coïncide symboliquement avec l’ouverture de la saison du « Théâtre des Nations » à Paris. Depuis plus de soixante ans, elle rassemble artistes, institutions, publics et passionnés autour d’un objectif commun : honorer le théâtre dans toute sa diversité et affirmer sa place essentielle dans nos sociétés contemporaines.

À travers le monde, cette journée donne lieu à une multitude d’initiatives : représentations, ateliers, lectures, rencontres et actions culturelles. Elle vise à promouvoir le théâtre sous toutes ses formes, à sensibiliser les publics à sa richesse, à encourager les échanges internationaux et à renforcer son accessibilité. Le théâtre y est célébré comme un art du lien, du dialogue et de la compréhension mutuelle.

Chaque année, une grande figure du spectacle vivant est invitée à adresser un message international. En 2026, ce message est confié à l’acteur et metteur en scène Willem Dafoe.

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Parutions 25 mars 2026 📚 – Santé, Société et Médecine

🧠 Santé et Société

📖 Et si c’était ton enfant ?

Sous-titre : Être autiste en France aujourd’hui
Auteurs : Paul Ducay, Claude Ducay

Résumé :
Le corps d’une personne autiste n’est ni courbé ni faible ; parfois très beau, leur apparence n’appelle pas la pitié. Renfermés dans leur propre perception du monde et peu adaptés aux conventions sociales, ils rencontrent souvent l’indifférence plutôt que l’attention nécessaire.
En France, ils subissent encore les carences d’une prise en charge médicale marquée par un modèle asilaire…

Infos pratiques :

  • EAN : 9782336587875
  • Parution : 05/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Récits de vie
  • Pages : 198
  • Prix : 22,00 €

📖 Techniques et méthodes de recherche en santé publique

Direction : Akory Ag Iknane
Préface : Hamadoun Sangho

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Charte sociale européenne : un tournant décisif pour les Outre-mer

— Par Jean Samblé —

Le 19 mars 2026 marque un tournant majeur dans l’histoire juridique et sociale des territoires ultramarins français. À cette date, la France a officiellement notifié au Conseil de l’Europe l’extension de la Charte sociale européenne à l’ensemble de ses territoires d’Outre-mer, mettant ainsi fin à plus de cinquante années d’exclusion. Cette décision, longtemps attendue et revendiquée par de nombreuses organisations, aligne enfin les droits des habitants ultramarins sur ceux de la métropole en matière de protection sociale et économique.

Une inégalité historique enfin corrigée

Adoptée en 1961 et ratifiée par la France en 1973, la Charte sociale européenne constitue un pilier fondamental de la protection des droits sociaux en Europe. Elle garantit notamment le droit au travail, à la santé, à l’éducation, au logement, à la protection sociale, ainsi qu’à un environnement sain. Pourtant, malgré cette ratification, la France n’avait jamais étendu formellement l’application de ce traité à ses territoires ultramarins.

Cette situation reposait sur une disposition particulière, souvent qualifiée de « clause coloniale », qui permettait de limiter l’application du texte au seul territoire métropolitain.

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Pourquoi, à mesure que les températures montent, les violences s’intensifient

— Par Oliver Vanden Eynde(*) & Juan Vargas(*).

Les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents et intenses. Ces chocs climatiques ne se contentent pas de perturber les écosystèmes : ils redessinent les dynamiques sociales, économiques et politiques à l’échelle mondiale. En parallèle, la transition vers une économie sobre en carbone, bien que nécessaire, engendre une demande sans précédent en ressources minières, comme le lithium ou les terres rares. Celles-ci sont souvent extraites dans des régions déjà fragilisées par des tensions sociales ou des conflits armés.

Le cas du conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, par exemple, dans lequel chacun accuse l’autre d’armer des groupes rebelles, arbitré finalement par les États-Unis, constitue un cas emblématique. Ce sont des terres riches en cobalt et en cuivre, marquées par des sécheresses de plus en plus prolongées et des pluies de plus en plus abondantes, sur lesquelles les populations vivent majoritairement encore de l’agriculture.

Depuis les années 2010, les économistes s’intéressent de plus en plus aux liens complexes entre toutes ces composantes : changement climatique, exploitation des ressources naturelles et risque de conflits.

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« Un jour avec mon père », un film de Akinola Davies

Mercredi 25 et Vendredi 27 à 19h | Jeudi 26 mars à 14h | Madiana

Par Akinola Davies, Wale Davies
Avec Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo
25 mars 2026 en salle | 1h 33min | Drame | Titre original My Father’s Shadow
Synopsis
Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.

La presse en parle :
CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta
Comme la lettre de deux enfants à leur père, comme un souvenir qu’ils tentent de graver dans leur esprit avant qu’il ne s’évanouisse, MY FATHER’S SHADOW dévaste par le contraste entre la grande maturité de sa forme, forgée par deux adultes, et la grande souffrance des deux enfants qui s’expriment à cœur ouvert.

Les Inrockuptibles par Maud Tenda
Porté par une photographie sublime, Un jour avec mon père se distingue aussi par l’écriture poétique de son montage, qui relie sans cesse les actions concrètes des personnages à une sorte d’état intérieur ou à quelque chose de plus grand qui les dépasse, sûrement l’univers riche et intime d’un très bon cinéaste.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

23 03 2026.
Rencontre avec les classes terminales du lycée de Bellevue et du lycée Schoelcher.

Écrire, cest lire.
Lire, c’est explorer ; relire, c’est habiter.

L’écrivain est un artiste : il crée du langage dans les langues : il les désarme ou les libère — les amplifie ainsi

Les artistes sont ceux qui élèvent l’acte de création au principe même de toute leur existence.

L’acte de création véritable est un geste d’autorité intérieure, de pertinence et de courage. L’assise d’une liberté.

La simple résistance à une oppression peut ne pas fasciner la liberté. Quand l’esprit de création est puissant, la liberté se rapproche toujours, la servitude s’éloigne.

En Art, ce qui est donné d’un coup détient moins de puissance d’enchantement que ce qui est dévoilé dans l’obscur délicieux d’un donné-pas-donné.

L’utopie est au principe du devenir : sa seule matière immédiatement tangible.

Les oeuvres de l’Art n’ouvrent pas à de « l’universel », elles nous offrent des bouleversements
(visites de la Beauté)
qui nous initient à l’impensable diversalité du réel. Elles nous changent et nous nourrissent ainsi…

P.C.

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« Le dernier repas », un film de Maryse Legagneur

📅 Jeudi 26 mars ⏰ 19h30 📍 Paillote du Bourg, Les Anses-d-Arlet
— Par Sarha Fauré —

Drame familial écrit et réalisé par Maryse Legagneur. Avec Gilbert Laumord, Marie-Evelyne Lessard et Mireille Metellus. Québec, 2024, 111 minutes. Présenté en primeur au Festival international du film black de Montréal le 26 septembre..

Le dernier repas, premier long métrage de la documentariste Maryse Legagneur, se distingue par sa capacité à fusionner mémoire collective et réconciliation intime. S’inspirant de témoignages poignants recueillis au fil des années auprès de survivants de la dictature des Duvalier, ce drame intergénérationnel plonge le spectateur dans les profondeurs du traumatisme laissé par un passé sanglant, tout en explorant le pouvoir guérisseur des liens familiaux.

Le film suit Reynold Célestin, un ancien prisonnier politique haïtien, qui, alors qu’il est en phase terminale d’un cancer de l’estomac à Montréal, demande à revoir sa fille, Vanessa. Loin de la réconciliation facile, cette rencontre est marquée par des non-dits et une violence intergénérationnelle qui trouve son origine dans les épreuves vécues par Reynold durant ses années de détention à la sinistre prison de Fort Dimanche.

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Annou mobilizé !

Pour Cuba, contre l’impérialisme, contre la fascisation du monde, pour l’autodéterminaion des peuples

—RS n° 439 lundi 23 mars 2026 —

En aggravant l’embargo qui pèse sur Cuba depuis plus de soixante ans, en interdisant la fourniture de pétrole à l’île héroïque, l’impérialisme étasunien
cherche à asphyxier un peuple pacifique, laborieux et solidaire de tous les peuples du monde.

Pour le sinistre Trump, le peuple cubain, symbole de résistance à l’injustice et à l’oppression, devrait courber l’échine, renoncer à sa dignité, se soumettre au lobby anti-cubain de Marco Rubio !

NOU PÉ PA AKSÈPTÉ SA !

Dans la Caraïbe, en Amérique, dans le monde entier, les humanistes, les progressistes, les femmes et les hommes épris de justice comprennent qu’on ne peut rester les bras croisés quand un shérif, autoproclamé gendarme du monde, soutient et arme un génocide en Palestine, kidnappe et maintient en prison le président du Venezuela et son épouse, prend possession du canal de Panama, menace ses voisins, bombarde le Nigéria, l’Iran, toujours dans le même but : la prédation des ressources et la domination du monde.

Dans ce contexte, la solidarité avec Cuba est une urgence humanitaire absolue.

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Nouveaux Regards Festival 2026

Le Festival Nouveaux Regards, organisé en Guadeloupe du 25 au 29 mars 2026, s’affirme, année après année, comme l’un des événements majeurs dédiés au cinéma caribéen contemporain. Il se veut un véritable projet culturel et politique au sens noble du terme : un espace de visibilité, de structuration et de reconnaissance pour les créateurs de la région.

Un projet ambitieux au service des imaginaires caribéens

Depuis neuf ans, Nouveaux Regards œuvre à faire émerger des récits issus de la Caraïbe, encore trop peu représentés dans les circuits dominants du cinéma mondial. L’ambition du festival est claire : décloisonner les regards, faire circuler les œuvres et inscrire durablement la Guadeloupe, et plus largement la Caraïbe, dans la cartographie internationale du cinéma contemporain.

Le festival se positionne ainsi comme un laboratoire de pensée et de création, mais aussi comme un catalyseur d’industries culturelles. Il ne se limite pas à la diffusion de films : il participe activement à la structuration d’un écosystème régional solide, capable de soutenir la production, la formation et la professionnalisation des talents locaux.

Cette vision se traduit par plusieurs engagements forts :

  • défendre un cinéma audacieux, ancré dans les réalités locales mais ouvert à l’universel ;
  • accompagner l’émergence de nouvelles voix ;
  • favoriser la transmission intergénérationnelle ;
  • promouvoir un modèle durable et inclusif du secteur culturel.

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La DéKLIk MAtinik : comprendre, partager et imaginer l’avenir de l’île

Face aux bouleversements environnementaux et sociaux qui marquent notre époque, La DéKLIk MAtinik revient cette année avec une ambition claire : ouvrir un espace de réflexion sincère et collectif pour mieux comprendre les défis qui attendent la Martinique et imaginer ensemble des voies d’adaptation.

Organisé en plusieurs temps forts, cet événement gratuit s’adresse à tous : scientifiques, professionnels, citoyens, agriculteurs, familles et curieux. L’objectif est simple mais essentiel : parler vrai, s’appuyer sur les connaissances scientifiques actuelles et encourager chacun à s’engager dans une compréhension lucide des transformations en cours.

Un rendez-vous pour sortir du déni

Le dérèglement climatique n’est pas un phénomène abstrait : il est déjà à l’œuvre et ses effets vont continuer à transformer les conditions de vie sur l’île dans les décennies à venir. À travers La DéKLIk MAtinik, les organisateurs souhaitent contribuer à sortir du déni et favoriser une prise de conscience collective.

Les discussions s’appuient notamment sur les derniers rapports scientifiques et sur les travaux autour des trajectoires de réchauffement pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) présentés par Météo‑France, afin de mieux comprendre à quoi il faudra réellement s’adapter dans les années à venir.

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« À pied d’œuvre », un film de Valérie Donzelli

Vendredi 27 – Lundi 30 mars – 14h – Madiana

Par Valérie Donzelli, Gilles Marchand
Avec Bastien Bouillon, André Marcon, Virginie Ledoyen
4 février 2026 en salle | 1h 32min | Comédie dramatique
Synopsis :
Tout public
À pied d’œuvre raconte l’histoire vraie d’un homme qui renonce à son métier dont il ne comprend plus le sens pour se consacrer à sa véritable passion, l’écriture. Mais être publié ne veut pas dire gagner sa vie…

La presse en parle :

Elle par Ophélie Daguin
Un film d’une rare justesse.

Le Figaro par Eric Neuhoff
Valérie Donzelli, inspirée comme jamais, et qui apparaît dans le rôle de l’épouse, adapte avec brio et sans fioritures le récit de Franck Courtès. À pied d’œuvre est sobre, juste, modeste, entre Reggiani et Souchon, le 70 mm et le super 8. Quant à Bastien Bouillon, quel comédien rare !

Libération par Laura Tuillier
La cinéaste, que l’on n’attendait pas forcément sur un tel sujet, elle qui cultive plutôt une fantaisie décalée, un art du conte et de la légèreté, trouve justement dans ce pas de côté une manière de renouveler son cinéma tout en restant fidèle à ses fondamentaux.

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Lionel Jospin, figure de rigueur et artisan d’un nouveau lien avec les Outre-mer, s’est éteint à 88 ans

— Par Jean Samblé —

La gauche française est en deuil. Lionel Jospin est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille lundi 23 mars. Premier ministre de 1997 à 2002, il laisse l’image d’un homme de principes, attaché à la rigueur morale et à une pratique exigeante du pouvoir, mais aussi celle d’un acteur majeur de la transformation des relations entre l’État et les territoires ultramarins.

Né le 12 juillet 1937 dans une famille engagée, marqué par l’héritage de la Seconde Guerre mondiale, il grandit dans une culture du silence et du sens des responsabilités. Après des études au lycée Charlemagne, à Sciences Po puis à l’ENA, il s’engage en politique à gauche, d’abord influencé par le trotskisme avant de rejoindre, en 1971, le Parti socialiste dans le sillage de François Mitterrand.

Au fil des années, Lionel Jospin s’impose comme l’un des piliers du socialisme français. Premier secrétaire du Parti socialiste, il participe aux grandes heures de l’union de la gauche, avant d’entrer au gouvernement en 1988 comme ministre de l’Éducation nationale. Il y fait adopter une loi d’orientation ambitieuse, plaçant l’élève au cœur du système éducatif.

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Une victoire électorale nette sur fond d’abstention massive : les limites de la représentation démocratique à Fort-de-France

— Par Jean Samblé —

À Fort-de-France, l’élection municipale se solde par une victoire nette de Didier Laguerre, qui obtient 50,1 % des suffrages exprimés. Pourtant, derrière ce succès électoral se cache une réalité plus contrastée : seuls 23 941 électeurs se sont déplacés sur près de 60 000 inscrits, soit une participation de 42,16 % et une abstention majoritaire de 57,84 %. Au final, le maire est élu avec un peu plus de 11 900 voix, ce qui représente environ 20 % de l’ensemble des inscrits.

Ce décalage met en lumière une fragilité structurelle de la représentation démocratique. Bien que la victoire soit incontestable sur le plan institutionnel, elle repose sur une base électorale limitée (1 élécteur sur 5), qui ne reflète qu’imparfaitement la diversité du corps électoral. Une telle configuration peut nourrir un sentiment de distance entre les citoyens et leurs représentants, voire susciter des interrogations sur la légitimité des décisions prises.

Toutefois, réduire cette abstention à un simple désengagement civique serait réducteur. Elle s’inscrit dans une évolution plus large des comportements politiques, marquée par une participation devenue plus sélective et fluctuante.

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« Rue Malaga », un film de Maryam Touzani

Mardi 24 mars | 19h 📍 Madiana
Avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane
Comédie dramatique | 2026 en salle | 1h 57min
Synopsis :
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.

La presse en parle :

Abus de Ciné par Olivier Bachelard
Entre moments intimes et moments d’écoute, les silences et les sons auront alors particulièrement leur importance dans ces moments empreints d’une immense douceur, que la photographie, qui met merveilleusement en valeur la nature qui les entoure, sera aussi amenée à renforcer.

Elle par La Rédaction
Un film charmant et drôle.

Le Figaro par O. D.
Rue Malaga baigne dans des jolies teintes orangées et dorées qui ravissent l’œil.

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« Impermanence » & « Le remède »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Impermanence

Ta vie est cool,
calme et tranquille :
ses jours s’écoulent
au chaud dans l’île…

Pour toi tout roule
et puis soudain,
là tout s’écroule !

Surgie au coin
d’un noir destin,
la pire embrouille
tes cartes brouille
et t’as la trouille…

Tu sais, la chance
comme une danse
ça va, ça vient…

Ce qui est haut
devra descendre,
ce qui est chaud
deviendra cendre…

Telle est la loi
de la fortune :
aujourd’hui roi,
demain sans tune !

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« Le Gâteau du Président », un film de Hasan Hadi

Dimanche 29 mars à 19h | Jeudi 2 avril à 14h | Madiana

Avec Baneen Ahmad Nayyef, Sajad Mohamad Qasem, Waheed Thabet Khreibat
4 février 2026 en salle | 1h 42min | Drame
Titre original Mamlaket Al-Qasab
Synopsis :
Dans l’Irak des années 1990, soumis à de fortes restrictions en raison des sanctions internationales, Lamia, neuf ans, est tirée au sort dans sa classe de CE2 pour la mission exigeante de préparer un gâteau d’anniversaire pour le président Saddam Hussein. Pour se procurer les ingrédients nécessaires (farine, sucre, œufs, levure), elle doit faire appel à son intelligence et à son imagination, faute d’argent en suffisance.
Elle et sa grand-mère, qui vivent dans un village des marais des bords de l’Euphrate (Lamia va à l’école en pirogue), vont à la ville la plus proche, où Lamia retrouve son meilleur ami, Saïd, mais se retrouve séparée de sa grand-mère. Tandis que celle-ci cherche sa petite-fille, se heurtant à la police et finissant à l’hôpital où elle va mourir, Lamia et Saïd cherchent les ingrédients du gâteau, subissent une série d’épreuves, mais parviennent à leurs fins.

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Aimer à se perdre : errance et vertige dans « Happy Together » de Wong Kar-Wai

Mardi 31 mars | 17h| Madiana | |

— Par Hélène Lemoine —

Avec Happy Together, Wong Kar-Wai poursuit son exploration des amours impossibles en la déplaçant loin de son territoire habituel. En choisissant de tourner à Buenos Aires, il ne se contente pas de changer de décor : il inscrit son récit dans une logique d’exil, de déracinement, où les personnages, coupés de tout, se retrouvent face à eux-mêmes et à l’échec de leur relation. Ce déplacement géographique devient ainsi le prolongement d’un déplacement intérieur, celui d’un amour qui ne trouve plus sa place nulle part.

Le film raconte l’histoire de Lai Yiu-fai et Ho Po-wing, incarnés par Tony Leung Chiu-Wai et Leslie Cheung. Leur relation est marquée par une dynamique de répétition presque tragique : ruptures brutales, réconciliations fragiles, promesses illusoires de recommencer « à zéro ». Mais ce recommencement est un leurre, une illusion qui masque mal l’impossibilité de transformer réellement leur lien. Wong Kar-Wai filme ainsi un amour qui se consume dans son propre mouvement, incapable de se stabiliser, condamné à osciller entre dépendance et rejet.

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Le marché de la traduction créole en Haïti : repères historiques et méthodologiques

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Montréal, le 21 mars 2026

De toute évidence, il existe un rapport de complémentarité entre connaissances préexistantes et acquisition de connaissances nouvelles à partir de sources extérieures au texte : mieux le traducteur connaît le sujet, moins il a besoin de faire appel à des sources extérieures. Néanmoins, dès que la traduction devient un tant soit peu technique, le recours à des sources extérieures d’information complémentaire est extrêmement fréquent, même quand le traducteur travaille dans sa spécialité. C’est pourquoi on peut considérer l’acquisition de connaissances extérieures (« recherche documentaire » ou « recherche terminologique ») comme partie intégrante du processus de traduction. (« Les outils documentaires du traducteur », par Daniel Gile, Palimpseste, revue de traduction, numéro 8, 1994)

La traduction vers le créole haïtien s’apparente souventes fois au parcours du combattant traversant les yeux fermés le champ miné des bonnes intentions. L’idée selon laquelle un locuteur ne commet pas de « fautes » grammaticales ou orthographiques en créole est répandue chez nombre de sujets parlants bilingues créole-français. Il est tout aussi avéré que depuis nombre d’années des locuteurs dépourvus de la moindre formation académique en traduction s’improvisent « traducteurs » vers le créole : ils se déclarent « compétents » du seul fait qu’ils sont de langue maternelle créole… Une telle autoproclamation, verbalisée comme un indéboulonnable axiome, exprime et alimente l’amateurisme qui est l’une des caractéristiques du marché de la traduction créole en Haïti.

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Marco Rubio : le nouveau visage de la domination impériale états-unienne(1)

 — Par Alain Saint Victor(*) —

Après le désastre de la Seconde Guerre mondiale (plus de 70 millions de morts), l’Occident jugeait nécessaire d’instituer un certain nombre d’organismes pour préserver la paix dans le monde. C’est ainsi que fut créée, en 1945, l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont les objectifs principaux furent de maintenir la paix, promouvoir les droits humains, développer l’aide humanitaire, etc. Face aux conséquences tragiques de cette guerre, non seulement en Europe, mais aussi en Chine (plus de 20 millions de morts), au Japon (plus de 3 millions de morts), sans oublier les 38 mille Africains du Maghreb, de la région subsaharienne et de l’Afrique du sud, qui ont perdu la vie dans cette guerre qui n’était pas la leur, ces objectifs paraissaient louables, souhaitables et nécessaires.

Et cela, même si l’ONU se trouvait impuissante pour empêcher les guerres coloniales et impérialistes de la période de l’après Deuxième Guerre mondiale, et même si, selon certains analystes, elle en était complice dans certains cas. Des guerres coloniales et impérialistes qui ont fait près de 6 millions de morts de 1945 jusqu’à la fin des années 1980.

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Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich » & « Latchkey Kids »

Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich »

Tous ces assoifés petits aspirants et conspirants du pouvoir
Qui détruisent et ne font que forfaits dans tous leurs devoirs
Et n’ont jamais su pour leur pauvre peuple si affamé pourvoir
Ayant toujours des polémiques et propagandes inflammatoires

Nous recevons depuis jeune des informations contradictoires
Cette pure réalité fut toujours difficile pour l’Haïtien d’entrevoir
Nos responsabilités envers la nation haïtienne sont obligatoires
Une patrie ne devrait pas être ni un dépositoire ni un reposoire

La pureté est représentée par le blanc et le mal par le noir
Dans le cas de la diaspora haïtienne comment la percevoir
Peut-on trouver une couleur pour illustrer le mal migratoire
Sont-ils des maux ingrats qui déchirent l’âme de désespoir

Pour comprendre notre cauchemar faut-il voir la trajectoire
Pouvons-nous compter pour nous élucider sur une mémoire
La création d’une nation dans l’abolition est-elle donc illusoire
Avons-nous un conte historique ou une authentique histoire

Assis seul dans l’obscurité je me demande où est la victoire
Dont ils ont tant parlé était-ce une façon pour donner espoir
Je n’ai jamais eu une grande confiance dans mon vrai savoir
Chercher la vérité sur notre réalité identitaire est mon vouloir
Jean-Bernard Bayard

Latchkey Kids
Dans les quartiers urbains pauvres du New-Jersey, où j’enseignais, un petit garçon de sept ans marchait avec sa soeur de cinq ans.

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