Politiques
Jounen pou nasyon Matinik
— RS n° 466 du lundi 28 septembre 2026 —
Construire la nation Martinique, ou mener la lutte de libération nationale?
La « jounen pou nasyon matinik » (JPNM), organisée par la section martiniquaise du Front international de décolonisation et JPNM elle-même, a été, au beau milieu du grand marché de l’espace Laguerre de Petit-Bourg, l’occasion de deux débats (Regards pluriels sur la nation Martiniquaise et construire la nation Martinique). Le présent article vise à en prolonger certains aspects.
S’interroger sur la nation
Son titre, un peu provocant, met l’accent sur le problème posé, d’entrée de jeu, par la première et remarquable intervention de l’anthropologue (et militant !) Louis-Félix Ozier-Lafontaine : n’est-ce pas un piège de s’interroger encore aujourd’hui sur la nation, quand il s’agit en fait d’émanciper les hommes et les femmes du peuple qui la constituent ? Comment éviter qu’à la place de la nation en lutte pour sa libération, on se contente de faire « communauté insulaire » sans grand danger pour un colonialisme aussi retors et vicieux que le français ? Lire Plus
Echos d'éco
Ce qui change en octobre 2026
A l'affiche, Agenda culturel de la semaine
Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

À quel âge peut-on avoir sa propre carte vitale ?
Nations Unies : le Conseil de sécurité prolonge de six mois la FRG, Force contre les gangs en Haïti
La Collectivité territoriale de Martinique, lourdement endettée, cherche à redresser ses comptes
Comédie créole « Kannari » : la famille Mounisi au coeur du débat identitaire
Marie-Galante : un nouvel incendie à l’usine sucrière de Grand-Bourg
Le comédien Édouard Montoute : la Guyane, les hauts, les bas, Dumas… Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
L’heure de vérité de la crise ?
— Par Jean-Marie Nol —
Flambée des prix de l’essence , Dette, budget de rigueur, méthode de gouvernance : l’heure de vérité de la crise qui vient sonne -t-elle aux Antilles , avec ce poison lent de l’inflation sur l’économie ?
Bien que le contexte international actuel maintienne une forte pression sur les cours mondiaux de l’énergie (notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des instabilités dans le détroit d’Ormuz), les prix des carburants dans les Antilles même si ils restent strictement réglementés par l’État risquent de connaître une sensible augmentation en octobre . La crainte d’un franchissement de seuil provient principalement de la situation en France métropolitaine, où le blocage de certaines routes maritimes internationales a poussé le prix moyen de certains carburants au-delà des 2,40 €/L dans certaines stations à la rentrée 2026. Toutefois, les autorités locales rappellent régulièrement que le mécanisme de calcul administré en Outre-mer permet de lisser et de contenir en partie ces chocs par rapport à l’Hexagone. Mais il n’en reste pas moins que le risque subsiste d’un impact négatif d’un choc pétrolier sur l’ensemble de l’économie des Antilles. Lire Plus
Littératures
Thélyson Orélien
— Par Gary Klang —Expositions, Peinture
Kerry James Marshall : la peinture contre l’invisibilisation
— Par Sabrina Solar —
Avec Kerry James Marshall, la peinture ne se contente pas de représenter. Elle intervient dans une histoire de l’art dont une partie des personnages a longtemps été tenue à distance. Né en 1955 à Birmingham, en Alabama, et élevé à Watts, à Los Angeles, l’artiste américain a construit depuis les années 1980 une œuvre qui s’attaque frontalement à cette absence : celle des figures noires dans les récits, les images et les institutions qui ont façonné la peinture occidentale.
Le Musée d’Art moderne de Paris présente jusqu’au 24 janvier 202è la plus importante rétrospective européenne consacrée à Marshall. Intitulée The Histories, l’exposition réunit environ 70 œuvres monumentales, dont une nouvelle série consacrée à l’histoire de l’esclavage. Après la rétrospective présentée à la Royal Academy of Arts de Londres en 2025, Paris offre ainsi une lecture d’ensemble d’une œuvre qui, depuis plus de quarante ans, interroge la place accordée aux Noirs dans l’histoire de l’art.
Marshall ne cherche pourtant pas à abandonner la peinture traditionnelle. Il en reprend au contraire les codes pour mieux les déplacer. Lire Plus
Autres
Vers un “bilinguisme numérique”…
Apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans
— Par Daniel Andler —
Comme pour les technologies qui l’ont précédée, l’enjeu est d’apprendre à maîtriser l’IA tout en gardant la capacité de s’en passer.
Et si les élèves apprenaient avec l’intelligence artificielle, mais aussi sans aucun outil numérique ? Le « bilinguisme éducatif » propose deux modalités d’enseignement distinctes pour développer les compétences numériques tout en préservant l’autonomie de pensée.
En bref
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L’IA dans l’éducation présente des bénéfices et des risques : aide personnalisée et accessibilité, mais aussi possible perte de compétences et affaiblissement du jugement critique.
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Le « bilinguisme éducatif » propose, dès le collège, des enseignements avec et sans outils numériques, pour apprendre à utiliser l’IA tout en conservant la capacité de travailler sans elle.
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Cette double approche permettrait de comparer les effets des deux modalités sur les mêmes élèves, tout en préservant les savoirs fondamentaux, les échanges en classe et l’autonomie face aux technologies.
Sommaire
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Quels bénéfices pour les apprenants ?
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Les dangers inhérents au principe même de l’intervention de l’IA dans l’éducation
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Le risque de la perte de sens critique
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Du côté des enseignants
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Laisser l’enseignant décider : une réponse majoritaire, mais qui présente des limites
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Vers un “bilinguisme numérique” : apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans
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L’IA dans l’éducation : bonne ou mauvaise chose ?
Sociologie
Appel à rejoindre, la mobilisation du mardi 29 septembre !
— Communiqué du Syndicat CGTM des Retraités –—
Manifestons et dénonçons les projets budgétaires du gouvernement Lecornu. Cure d’austérité pour les retraités et des milliards d’euros pour les nantis !
Parmi les mesures scélérates : La désindexation des pensions, c’est un braquage de 6 milliards, enlevé à la mesure de compensation de l’inflation.
Le gel des pensions qui suivra, une décision tout aussi odieuse. La suppression de l’abattement fiscal de 10%, ce qui alourdira l’impôt sur le revenu de nombreux foyers modestes. La Hausse de la CSG : ce qui aura pour conséquence, d’augmenter la contribution des pensions, de ce budget anti-pauvres. La réduction de la durée maximale de versement des indemnités journalières, en cas d’affection longue durée. La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS, cette suppression d’aide c’est 600 euros de moins, volés aux adultes handicapés.
En face, nous constatons l’ampleur des aides publiques aux entreprises
Un pognon de dingue (dixit Macron) en aides publiques aux riches : 211 milliards par an.
Des profits et dividendes records pour le CAC 40, en 2024 une année record à 133 milliards €. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
Antilles : surveiller les signaux faibles
Oui assurément , la crise budgétaire et financière était évitable en Martinique , avec le recours à la veille et à l’analyse prospective !
— Par Jean-Marie Nol —
L’image que l’on dépeint fréquemment de l’homme politique est celle, un peu poussiéreuse, de l’élu qui endort ses auditoires par des explications idéologiques soporifiques que les citoyens doivent mémoriser sans trop savoir pourquoi ni comment faute de transparence . L’explication officielle de la dérive financière de la CTM fait état d’un déséquilibre structurel et non de mauvais choix de gestion. Mais force est de souligner que cette explication est un peu trop courte et à la limite de la caricature ,car fort éloignée des réalités de l’ensemble des régions et collectivités d’outre-mer, où la Martinique fait seule exception quant à la dégradation accélérée des paramètres budgétaires et financiers. La véritable question qui se pose aujourd’hui aux Antilles n’est plus seulement celle de la gestion du passé et du présent en solitaire d’une certaine collectivité , mais celle de la capacité collective à anticiper un avenir devenu beaucoup plus incertain. Dans un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement public, les tensions sociales, la fragilisation des finances publiques et la transformation rapide des modèles économiques, gouverner ne peut plus consister à mettre en avant un déséquilibre structurel et encore moins à réagir après coup aux crises lorsqu’elles surviennent. Lire Plus
A l'affiche, Littératures
Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?
Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?
— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—
Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…
Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, « L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.
À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ». Lire Plus
Écrits
Mes chers Trompinou et Rubicon,
— Par Gary Klang —
Je me fais l’avocat, non pas du diable, mais d’un pays que j’aime beaucoup : Cuba. Pourquoi nuire à ce pays qui a fait l’une des plus belles révolutions du monde avec à sa tête un certain Fidel Castro, accompagné d’un dénommé Che Guevara ? Révolution qui a permis de donner l’éducation et les soins gratuits à tout un peuple et d’envoyer des médecins partout dans le monde pour soigner les plus pauvres. J’en ai vu en Haïti. Sans oublier l’envoi de troupes en Angola par ce même Fidel, afin d’aider Nelson Mandela à se libérer de l’apartheid. A-t-il eu tort ? Bien sûr que non. Alors, Trompinou et Rubicon, pourquoi ne pas imiter ce que font les Cubains au lieu de vouloir les détruire? J’avoue avoir du mal à vous comprendre. Est-ce parce que Rubicon en veut au pays de ses parents que la Révolution aurait chassés ? Cela ne le grandirait pas. Alors, un conseil : changez votre fusil d’épaule. Soyez l’ami des Cubains. Laissez-les libres de choisir leur régime et tout ira pour le mieux. Lire Plus
Littératures
« L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique
–
— Par Robert Berrouët-Oriol (*)
Un tsunami. Une déferlante. Dans nos villes, d’Ankara à Jacmel, de Montréal à Paris, de Fort-de-France à Québec, de Miami à Buenos Aires. Dans nos chaumières, nos venelles, nos ruelles encombrées et nasillardes et nos avenues bègues…
Un cortège liturgique. Une procession. Avec son clergé, ses rituels, missels et cérémoniels, ses chorales tonitruantes, sa cacophonie trémmulante…
Une foi identitaire, bavarde et bavardeuse, racoleuse et lénifiante, brandie tel un improbable bric-à-brac et à l’aune d’un exponentiel lamayòt…
C’est cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien convoquée depuis deux jours au grand oral de la guillotine numérique. C’est encore cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien avec, en son centre comme en ses banlieues, toutes les nuances de ce qui semble s’apparenter –à propos du roman C’était ça ou mourir (Boréal/Grasset, 2026)–, au delirium tremens… Au grand oral de la guillotine numérique et dans les amphithéâtres où se libèrent tous les registres de la vocifération identitariste, le delirium tremens renvoie à des tremblements généralisés, à des hallucinations visuelles et auditives, à la confusion mentale, à la tachycardie, au risque de convulsion et de collapsus cardiovasculaire…
« L’affaire » Thélyson Orélien, dont l’épicentre est le roman C’était ça ou mourir, qu’on se le dise : c’est du sérieux, c’est du lourd…
« L’affaire » Thélyson Orélien désigne la polémique née des accusations d’usage de l’IA pour rédiger C’était ça ou mourir. Lire Plus
Politiques
De Camille Darsières à Serge Letchimy : d’une faute à l’autre, d’une crise à l’autre
— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —
En quarante ans de décentralisation – d’apprentissage de l’autonomie –, la gouvernance régionale a trop souvent substitué l’incantation idéologique au sens de l’anticipation. Du mythe du « dépeuplement » au naufrage de la collectivité, retour sur une trajectoire budgétaire où l’imprévoyance locale s’érige en provocateur de l’État régalien auprès duquel, néanmoins, il cherche systématiquement son salut. Le silence des médias et des intellectuels étant acquis, les perdants sont réputés avoir eu raison de toujours se tromper. Une façon de les inviter à persévérer.
LA FAUSSE PANNE DÉMOGRAPHIQUE : ANATOMIE D’UNE MYSTIFICATION
À en croire le récit convenu façonné par les sachants et les faiseurs d’opinion, le BUMIDOM aurait véritablement dépouillé la Martinique de ses « forces vives », portant la responsabilité exclusive du non-développement de la collectivité. Cette assertion constitue pourtant l’une des plus grandes escroqueries intellectuelles et politiques de notre histoire récente. Elle a permis aux gouvernants locaux de se couler dans une posture d’opposition systématique aux mesures gouvernementales des années 1960 et 1970, érigeant le BUMIDOM en videur de « forces vives » et le Service militaire adapté (SMA) en « armée d’occupation coloniale ». Lire Plus
Poésies
Désenchantement
Désenchantement
— Par Camille Loty Malebranche —
Je me suis réveillé
Au coeur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégnés de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels
Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages
Je me suis réveillé
Au coeur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.
Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la Terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines
Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte de l’homme, phylum de nains, d’avortons
Hibernent les étoiles, soleils scalpés;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos oeuvres,
Accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain
Ah! Voûtes géantes, spectrales de nos actes! Lire Plus
Philosophie
Le mythe transforme l’ethnie, le groupe ou la nation en race…
— Par Camille Loty Malebranche —
Le verbe créateur de l’identité du groupe s’érige en mythe dès qu’il s’impose en vision sacrée qui sacralise l’ethnie, la peau, la nation, le groupe… Tout ce qui substantialise la condition, les contingences pour essentialiser des collectivités humaines afin de leur conférer des privilèges logiquement indus à cause de leur origine, de leur clan, de leur couleur, en en excluant tous les autres, est constitution d’une race. Ainsi, toute discrimination – terme à ne pas confondre avec la différenciation par les vraies valeurs spirituelles, morales, intellectuelles et les justes combats menés selon ces valeurs – est du racisme.
Le verbe créateur d’identité de groupes humains n’est pas toujours sacré. Parfois, il n’est que rassembleur! Il dévie en mythe quand il devient agressivement sacré et menaçant pour l’altérité. Sacré (parfois littéralement religieux), liant la naissance et l’existence de la société au suprahumain au cosmique voire au supracosmique et au divin via un naturalisme sacral, le verbe créateur d’identité, risque des déviations sur la route des excès parce que frontière diabolique pouvant dériver en pathogénies discriminatoires. En effet, c’est de la sacralisation verbale que naît la fiction de la race, des faux mérites et toutes les imbécillités de ceux qui distillent leur être identitaire dans une vision où ils se voudraient supérieurs à tous les autres qui ne sont de leur « nature raciale et sociale ». Lire Plus
Poésies
Tro souvan
Tro souvan
— Par Daniel M. Berté —
Tro souvan
man pran wonm pou soup
ek ritouvé kò-mwen ka bouché an dalo
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran lanmè sèvi savann
douvan bekmè majò ka kouri dèyè-mwen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran an sis pou an nef
opwen ki man vini kondi an Kris anglé
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran koko pou zabriko
épi pèdi kò-mwen an drivayaj san fen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran bol-jounou manman pou an manch-pilon
moun di ki man pilé an kracha italyen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran kaka-kabrit pou ti-pwa
é sakisav afiwmé ki sé mal yo fè-mwen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran tjim-savon pou let
é tout lasent jounen man ka ba lari chenn
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran lapo-lanmori pou vyann
é man té tjoupèpè ka bat bè ek mizè
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran pawol épi manzè alkol
ek maché san wontri an lanmen douvan an lanmen dèyè
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran rézolisyon
ponmet jiré kraché di maché an nonm dwet
an lari Sentespri
Daniel M. Lire Plus
Etudes Créoles, Politiques
Mais où va le Festival entènasyonal literati kreyòl ?

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
Résumé
Cet article propose une analyse critique des récentes mutations du Festival entènasyonal literati kreyòl (FEL) en l’inscrivant dans un cadre plus large, celui de l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti, de la Créolophonie et de l’État de droit. La réflexion analytique sur les récentes mutations du FEL s’articule à la notion de citoyenneté linguistique et aux obligations constitutionnelles du bilinguisme de l’équité des droits linguistiques (articles 5 et 40 de la Constitution de 1987) et elle soutient la perspective selon laquelle la culture doit contribuer à la consolidation de l’État de droit. Le texte promeut également l’indépendance du champ culturel face aux tentatives d’instrumentalisation des pouvoirs politiques, en particulier celles du PHTK néo-duvaliériste dont l’« arme d’intervention stratégique », dans le champ culturel, est le Fonds national de l’éducation (FNE) connu comme une véritable « industrie » de la corruption et du détournement des finances de l’État. L’analyse reproduit et soumet à l’analyse critique un document clé : le message public d’Anivence Jean Baptiste daté du 17 septembre 2026 et dans lequel le FEL célèbre l’ancien ministre PHTKiste Nesmy Manigat, rédacteur de FELmagazine, au titre de modernisateur du système éducatif national. Lire Plus
Yékri
L’éphéméride du 26 septembre
Création à Broadway le 26 septembre 1957 du spectacle musical « West Side Story » qui deviendra un film à Hollywood en 1961
West Side Story est un drame lyrique américain de Leonard Bernstein, Stephen Sondheim (lyrics) et Arthur Laurents (livret), inspiré de la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare et créé le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway. La chorégraphie et la mise en scène étaient de Jerome Robbins, les décors d’Oliver Smith et les costumes d’Irene Sharaff.
Située dans le quartier de Upper West Side à Manhattan dans le milieu des années 1950, l’intrigue cible surtout la rivalité entre Jets et Sharks, deux bandes de jeunes des bas-quartiers, pour le monopole du territoire. Les Jets, jeunes de la classe ouvrière blanche, se considèrent comme les véritables Américains car nés en Amérique, même si de parents eux-mêmes émigrés, d’Irlande, de Suède ou encore de Pologne. Les Sharks appartiennent à la deuxième génération d’émigrés venus, eux, de Porto Rico. Tony, ami du chef des Jets, Riff, rencontre Maria, la sœur de Bernardo, chef des Sharks. Ils tombent amoureux l’un de l’autre au premier regard lors d’une soirée dansante. Lire Plus
Écrits
Analyse du texte : Je n’ai pas pris l’autre chemin
L’analyse du texte « Je n’ai pas pris l’autre chemin » de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus (publié sur des plateformes comme Rezo Nòdwès) révèle une œuvre à forte charge tragique, politique et allégorique. Le titre fait écho à un choix moral et à un refus du compromis, un thème récurrent dans les écrits engagés de l’auteur.
Voici les axes principaux pour comprendre et structurer l’analyse de ce texte :
1. La métaphore du chemin et l’engagement éthique
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Le refus de la facilité : Ne pas prendre « l’autre chemin » symbolise le rejet des voies de la compromission, de la corruption ou de la soumission face à l’oppression. Lodimus choisit une voie plus difficile mais guidée par l’intégrité.
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L’esthétique de la résilience : À l’image de ses autres écrits (comme Mourir pour Vivre), ce texte explore la capacité de l’individu à rester debout malgré un environnement hostile et étouffant, marqué par l’hébétude et l’emprise des ténèbres (évoquées à travers la figure mythologique de Nyx).
2. Le « Mal du siècle » et le drame historique d’Haïti
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Un miroir de l’histoire collective :
Robert Lodimus dresse un parallèle saisissant entre son parcours personnel et le destin de son peuple. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
Quand les tensions s’additionnent
La Martinique prise en étau aujourd’hui sur la ligne de crête de la crise financière, voire économique , et demain une situation sociale hautement inflammable .*
— Par Jean-Marie Nol —
La Martinique aborde les prochaines semaines sur une véritable ligne de crête. D’un côté, une population déjà éprouvée par la vie chère, la stagnation des revenus et la crainte du déclassement ; de l’autre, une collectivité territoriale très endettée dont les marges de manœuvre financières se réduisent et qui doit désormais composer avec la nécessité d’un sérieux budgétaire accru. Entre ces deux réalités, le risque n’est plus seulement économique ou financier : il devient social. En effet la crise sociale constitue l’autre face de cette équation.
La Martinique navigue sur une ligne de crête fragile, marquée par une anxiété sociale grandissante mise en lumière par l’inquiétude sur la situation financière de la collectivité territoriale de Martinique et aux tensions persistantes sur le pouvoir d’achat .L’expression ligne de crête désigne une position d’équilibre instable ou une situation très délicate entre deux choix, deux exigences ou deux opinions contraires. Exemple : Un gouvernement ou une collectivité territoriale comme celle de la Martinique qui essaie de trouver un compromis entre la résorption de la dette et les mesures nécessaires de rigueur pour freiner les dépenses navigue sur une « ligne de crête » : un faux pas d’un côté ou de l’autre risque de faire basculer la situation en crise sociale ouverte , car la vie chère ne disparaît pas parce que l’inflation ralentit de façon temporaire et surtout que le hic c’est que la dépense publique est vraiment hors de contrôle. Lire Plus
Poésies
Je n’ai pas pris l’autre chemin
— Par Robert Lodimus —
Les yeux embastillés dans la noirceur,
Le paysage gourd, encore sous l’effet de l’hébétude,
Reçoit en plein visage la vague de froidure de l’aube.
À cette période de l’année,
La nature n’arrive pas à s’échapper
De l’emprise des ténèbres épaisses libérées par Nyx,
La déesse de la nuit.
Les maisons glacées et les arbres effeuillés
Se dévoilent lentement à la clarté rebelle du jour.
Je me rends compte, comme la plupart de mes camarades,
Que je vieillis dans « Le pays sans étoiles » de Pierre Véry.
Loin des forêts tropicales, touffues et verdoyantes,
Qui berçaient de l’hiver à l’été mon enfance joyeuse
Avec les chants symphoniques des grives de Bicknell,
Les jacassements des pies, les coassements des crapauds,
Les cancanements des canards, les trissements des hirondelles,
Les béguètements des chèvres… Lire Plus
Expositions
De la poétique des strates
— Par Marie Gauthier —
« Lorsque je regarde attentivement les pierres,
je m’applique parfois, non sans naïveté,
à en deviner les secrets. Je me laisse glisser à concevoir
comment se formèrent tant d’énigmatiques merveilles… »
Roger Caillois, L’écriture des pierres, Gallimard, 1978
À son retour en Martinique, Izae Etifier raconte avoir été impressionnée, au cours de ses promenades, par les roches de l’île : présences denses, chargées d’histoires tues. L’écrivain Roger Caillois regarde les pierres comme « l’aboutissement d’un tâtonnement millénaire ». Leurs transformations par l’érosion, la fusion, la dissolution, les secousses, les ruptures, les jaillissements, les ruissellements, les sédimentations, sont les sources géologiques de la démarche géopoétique d’Izae Etifier.
Cette perception des pierres lui fournit sa première inspiration à des œuvres abstraites et sobres, à partir de ce qu’elle renonce à représenter. En effet, sans l’imitation du réel, le travail du matériau plastique s’impose. Antérieurement, avec l’argile et le papier recyclé, l’artiste créait des sculptures et aussi des bas-reliefs granuleux, souvent de format carré, qui exprimaient un retour au territoire et au symbolisme de la terre.
Pour reprendre la métaphore des œuvres de cette première période de l’artiste, les superpositions font penser aux strates géologiques où s’inscrivent les différents âges de la formation de la croûte terrestre. Lire Plus
Etudes Créoles
À propos de » , « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée… »
Analyse critique de l’article de Robert Berrouët-Oriol, « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage »
Par Paultre Pierre Desrosiers
Médecin anthropologue, psychanalyste, linguiste
12 septembre 2026
L’article de Robert Berrouët-Oriol est moins un simple article de linguistique qu’un pamphlet intellectuel à forte charge polémique, qui transforme la critique de l’Akademi kreyòl ayisyen en interrogation beaucoup plus vaste sur l’état de l’esprit critique haïtien. Sa force littéraire tient précisément à cette superposition de plusieurs registres : essai, réquisitoire, chronique polémique, argumentaire scientifique et manifeste épistémologique. [NDLR – L’article « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage » est paru sur le site Rezonòdwès le 7 septembre 2026.]
Le premier trait remarquable est la nature profondément agonistique du texte. Dès l’incipit : « De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? » La question n’est pas véritablement destinée à obtenir une réponse. C’est une question rhétorique accusatoire. Elle installe immédiatement un procès : celui de l’intellectuel haïtien qui aurait renoncé au jugement critique. Lire Plus
Sociologie
Code noir / Kòd nwa
Avant‑propos de la version créole élaborée par James Fleurissaint
Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue
Job Silvert, linguiste-traductologue
(Septembre 2026)
« L’Édit du Roi portant règlement pour le gouvernement des esclaves dans les îles de l’Amérique », promulgué en mars 1685 sous l’autorité de Louis XIV, occupe une place centrale dans l’histoire juridique et politique de la France coloniale. Ce texte, devenu au fil du temps le « Code noir », constitue l’un des fondements normatifs de l’ordre esclavagiste instauré dans les possessions françaises d’outre‑mer. Il ne s’agit pas seulement d’un corpus législatif destiné à encadrer les pratiques des colons : l’Édit de 1685 est un instrument de gouvernement, un dispositif de régulation sociale et un cadre d’organisation des sociétés coloniales fondées sur l’asservissement. [Annotation 1 : L’appellation « Code noir » n’est pas contemporaine de 1685 ; elle apparaît dans les usages administratifs du XVIIIᵉ siècle et se fixe dans la littérature juridique du XIXᵉ siècle.]
Dans le contexte du XVIIᵉ siècle, la monarchie absolue cherche à affirmer son autorité sur les îles de l’Amérique en imposant un cadre légal uniforme. Lire Plus

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Santé
