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« Soumsoum, la nuit des astres », un film de Mahamat-Saleh Haroun

📅Mardi 21 avril ⏰ 18h 📍  Salle Frantz Fanon Tropiques-Atrium
Sous les astres, la révolte des invisibles

— Par Hélène Lemoine—

Avec Soumsoum, la nuit des astres, Mahamat-Saleh Haroun poursuit le virage amorcé avec Lingui, les liens sacrés et signe une œuvre d’une grande tenue esthétique et morale, à la croisée du réalisme et d’un fantastique discret. Tourné dans les paysages grandioses du plateau de l’Ennedi, le film déploie un univers où la beauté minérale du désert dialogue avec les tensions sociales et spirituelles qui traversent les communautés tchadiennes.

Le récit s’attache à Kellou, adolescente marginalisée, marquée par une naissance entourée de croyances ambivalentes. Considérée comme porteuse de malheur, elle incarne la figure du bouc émissaire, rejetée par les siens dans un environnement dominé par la peur de la différence. Sa rencontre avec Aya, sage-femme elle aussi ostracisée, ouvre un espace de transmission et de résistance : entre ces deux femmes se tisse une solidarité profonde, fondée autant sur l’expérience de l’exclusion que sur une forme de savoir invisible.

En s’aventurant sur le terrain du merveilleux — non comme un effet spectaculaire, mais comme une extension du réel — Haroun enrichit son cinéma d’une dimension symbolique nouvelle.

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Eau : propositions de réforme pour l’Outre-mer

— Par Guy Lordinot —
La loi sur l’eau numéro 92-3, du 3 janvier 1992, dispose dans son article 1er que « l’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général ».

En son article 44, cette loi crée un Comité de bassin dans chaque département d’Outre-mer. Ce Comité est notamment « associé à la mise en place des structures administratives nécessaires et – pendant deux ans -, à la recherche d’adaptations des lois sur l’eau » Cet article a malheureusement été supprimé au profit de la création de l’Office départemental de l’eau, organisme qui s’ajoute aux divers EPCI préexistants.

Par ailleurs, avec l’aide déterminante de fonds publics, les consommateurs martiniquais ont financé un réseau d’eau potable. Par conséquent, l’eau produite et distribuée appartient donc à l’ensemble des Martiniquais. Aussi l’établissement public de coopération intercommunale – en l’occurrence Cap Nord – a le devoir moral de fournir de l’eau là où le besoin existe quel que soit le lieu de résidence de l’usager, même hors du territoire communautaire.

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« Le Cri des gardes », un film de Claire Denis

📅Mardi 21 avril ⏰ 20h 📍  Tropiques Atrium · Salle Aimé Césaire

Avec Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce
Titre original The Fence | 8 avril 2026 |
Synopsis :
Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier.
La presse en parle :
20 Minutes par Caroline Vié
Un film somptueux et radical.

Culturopoing.com par Miriem Méghaïzerou
Habituellement éclatante, la dimension charnelle est ici contenue, confirmant le talent de Claire Denis à laisser affleurer les tensions dans la confrontation des corps.

Les Inrockuptibles par Gérard Lefort
Le Cri des gardes mérite notre amour fou puisque c’est un film qui nous aime à la folie.

Libération par Sandra Onana
Si tout le film ressemble à une latence, à un temps mort, c’est encore cette capacité de Claire Denis à faire s’incarner chaque chose comme un tremblement qui fait succomber au Cri des gardes.

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Bus en grève : une mise au point

—  Par le Comité de Grève des salariés grévistes de Transaglo soutenu par la CGTM —

Aux

  • Usagers des communes du Lamentin, de Schoelcher, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

  • Travailleuses, Travailleurs ;

  • Présidents des communautés d’agglomération (Cap Nord, CACEM, Espace Sud) ;

  • Conseillers municipaux des villes de Schoelcher, Lamentin, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

« L’engagement est ce qui transforme une promesse en réalité ». (Abraham Lincoln)

Depuis le mardi 17 mars 2026, la grande majorité des employés de Transaglo, entreprise de transport de passagers dans la zone centre (Cacem) pour le compte de Martinique Transport sont en grève.

Ce mouvement arrive après le dépôt d’un préavis et le blocage des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur le point portant sur les salaires.

Depuis le début de la grève, plusieurs déclarations venant d’horizons divers ont été publiées sur le mouvement initié par les salariés et ses répercussions. Extraits :

  • « Depuis 9 jours, la population est prise en otage ; Usagers abandonnés chaque jour ; les usagers subissent » Association des Usagers des Transports en Martinique (AUTM).

  • « Disproportion entre un conflit social lié à un sous-traitant et la paralysie totale d’un réseau de transport d’un bassin de 170 000 habitants », (La Martinique ensemble, 30 mars 2026).

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« Nuestra Tierra », un film de Lucrecia Martel

📅Mardi 21 avril ⏰ 11h 📍  Salle Frantz Fanon Tropiques-Atrium
Documentaire |Argentine, U.S.A., Mexique, France, Pays-Bas, Danemark | 2026 | 2h03 | VOSTFR |
Synopsis :
Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d’expulser les membres de la communauté autochtone Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.

La presse en parle :
Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Par sa relecture engagée du roman national argentin, la critique de son révisionnisme, Nuestra Tierra est un acte politique de réappropriation et de réparation, de lutte pour la vérité et la justice. Un acte nourri par les récits intérieurs, présents et mémoriels des Chuschagastas.

L’Humanité par Samuel Gleyze-Esteban
Filmant une petite communauté autochtone du nord de l’Argentine en lutte pour le droit à habiter ses terres, Lucrecia Martel signe un film de survie où se lisent toutes les disparitions générées par le capitalisme. Un documentaire majeur.

Les Fiches du Cinéma par Thomas Fouet
À partir du récit du procès, en Argentine, de trois propriétaires blancs, accusés notamment du meurtre du membre d’une communauté autochtone, Lucrecia Martel met au jour les méthodes et récits coloniaux avec une clarté et une éthique qui forcent le respect.

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Le « Liv inik an kreyòl », marqueur d’echec…

Le « LIV INIK AN KREYÒL », marqueur exemplaire de l’échec pédagogique, didactique et de gouvernance du système éducatif haïtien

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) — ò

Le 7 avril 2026, nous avons soumis à la réflexion citoyenne et au débat public les premières décisions lourdement erratiques et chimériques du nouveau ministre de l’Éducation nationale d’Haïti, Vijonet Déméro, dans l’article «  LIV INIK AN KREYÒL et chimérique politique linguistique plurilingue : radiographie d’un prochain naufrage pédagogique dans l’École haïtienne » (Rezonòdwès et Madinin’art, 7 avril 2026). 

Dans cet article nous avons exposé qu’« En Haïti de nombreux directeurs d’écoles, enseignants et associations professionnelles d’enseignants sont alarmés par les premières déclarations du nouveau ministre de l’Éducation nationale Vijonet Déméro dont la presse locale s’est fait l’écho. Ainsi, « Le ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, Vijonet Déméro, a réuni ce lundi 30 mars 2026 les principaux éditeurs partenaires afin d’assurer l’impression et la distribution du « Livre unique en créole haïtien » dans les dix Directions départementales d’Éducation » (voir l’article « Le MENFP s’engage pour la diffusion du « Livre unique » en créole dans toutes les écoles » (source : Le Nouvelliste, 31 mars 2026).

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Détroit d’Ormuz : le verrou maritime fait vaciller les métaux mondiaux

— Par Anne Bialkowski (*) & Mathieu Leguerinel(*) —

Derrière le pétrole et le gaz, la guerre au Moyen-Orient fragilise des ressources clés comme l’hélium, le soufre ou l’aluminium. Un effet domino qui expose la dépendance mondiale à des chaînes d’approvisionnement étroitement imbriquées.

Le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis le 28 février 2026 provoque une onde de choc sur l’ensemble des marchés mondiaux des ressources minérales, au-delà des impacts sur les marchés du pétrole et du gaz. La région, point de passage stratégique pour le transport maritime de par son positionnement géographique, joue en effet un rôle clé dans l’approvisionnement en aluminium, en soufre et en hélium. En effet, leur production nécessite du gaz naturel. Cela affecte aussi, plus indirectement, d’autres métaux dont l’industrie dépend soit du pétrole, soit du soufre, comme le nickel, le titane ou le cuivre.

Les restrictions du transport dans le détroit d’Ormuz, par lequel ont transité près de 34 % du pétrole brut mondial en 2025 ainsi que 19 % du gaz naturel liquéfié, agissent comme un verrou géopolitique dont les effets se répercutent sur toutes les chaînes de valeur industrielles, bien au-delà des hydrocarbures et des produits pétrochimiques.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »

— Collectif —

Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale

Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.

Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.

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Publications : 🎭 Nouveautés Théâtre Avril 2026

📘 Nos seins

Françoise Lorente
Quand Françoise apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, sa vie bascule.
Entre humour et colère, cette pièce retrace son parcours intime : rendez-vous médicaux, transformations du corps, souvenirs, accompagnement de sa compagne… jusqu’à l’apparition de Sainte Agathe de Catane.

Infos pratiques :

  • EAN : 9782336611990
  • Parution : 30/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Théâtres
  • 78 pages
  • 💶 12.00 €

📘 Quelqu’un quelque part

Natacha Astuto
Dans les lieux de passage — gares, ports, aéroports — les vies se croisent et se séparent.
Une réflexion sensible sur les rencontres, les absences et les traces laissées par les autres.

Infos pratiques :

  • EAN : 9782336603667
  • Parution : 12/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Théâtres
  • 92 pages
  • 💶 13.00 €

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« Poème pour une danseuse », « Passagère de la pluie… »,  » Le bonheur »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Poème pour un danseuse

Si tu danses pour moi,
si sensuelle et lascive,
et qu’ainsi tu ravives
mes plus profonds émois,

lors j’écrirai pour toi
le plus beau des poèmes
pour dire combien j’aime
la magie de tes pas…

Quand, si belle à mes yeux,
tu t’élèves en dansant
telle fumée d’encens
légère vers les cieux,

je suis sûr que de toi
les insensibles dieux
et même aussi des rois
tomberont amoureux…

Et, contemplant ta danse,
je m’envole avec toi…
Mon cœur s’emplit de joie
et mon corps entre en transe !

Passagère de la pluie…

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De la France au Canada : Toujours avoir deux fers au feu !

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où le nouvel ordre mondial et la crise économique et financière redéfinissent les équilibres économiques et sociaux à l’échelle mondiale, les sociétés de Guadeloupe et de Martinique se trouvent à un tournant historique. Le modèle traditionnel, largement hérité de l’assimilation à la France et à l’Europe, pourrait vaciller sous l’effet des difficultés financières de l’État providence et des nouvelles dynamiques de type identitaire portées par une génération émergente, plus mobile, plus connectée et moins dépendante des circuits institutionnels classiques.

Dans ce contexte de recomposition profonde des pouvoirs et des savoirs, une interrogation centrale s’impose : faut-il poursuivre l’intégration dans un cadre déjà connu, ou s’engager dans une trajectoire hasardeuse de souveraineté pouvant aller jusqu’à l’autonomie et puis inéluctablement vers l’indépendance ?

Derrière cette alternative apparemment binaire se dessine en réalité une troisième voie, encore en construction, qui pourrait bien constituer la véritable mission des nouvelles générations antillaises.

Cette voie intermédiaire ne consiste ni à rompre brutalement avec l’ordre existant, ni à s’y conformer passivement. Elle repose sur une capacité d’invention politique et économique, fondée sur des partenariats stratégiques ciblés, capables de redéfinir les marges de manœuvre des territoires.

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« La force des choses »

— Par Loran Kristian —

Paroles-témoins, Marie Michèle D… en cause appariée.

Je vous les livre sous forme clôturée du réel, là où projette un mensonge à visage humain. Ces choses que j’agrée avec d’autant plus de facilité, qu’il nous manque le temps d’y regarder de près, en feu de tous côtés, comme ces bandits aux quatre croisées de nos couches de fiction.

C’est peut-être en dévalant par là qu’un espricorps peut se trouver zombi, privé d’autonomie, d’indépendance, et virer jouet d’un autre. Par la force des choses.

Dans la gorge actuelle, le blanc devient noir, les lumières s’équivalent en pieds d’ombre, et la veillance, toujours bien pesée, porte sur l’être un amour glabre et déplumé.

Le monde… Pris du désir de revenir sans cesse, de ne jamais quitter la scène, puisqu’elle est tout désormais, qu’elle nous assigne aux puissances du produire et distribuer. Le monde pris au délire, surveillant à tout va, à tout coin ; son désir fou de caméras ici et là, parce que tout le vaut bien. Le mérite et le sens inversés. Rotation sidérale. Ce qui court depuis laide lurette dans l’ombre de mes doutes : ce mécanisme destructeur tant bien même peu visible, passant par l’émail du silence.

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Festival Lézard Ti Show 2026 : l’art vivant au cœur de la Martinique

Du 20 au 26 avril 2026 | Le Carbet |

La commune du Carbet, en Martinique, accueillera la 15ᵉ édition du festival Lézard Ti Show, un rendez-vous désormais incontournable des arts de rue et du cirque dans la Caraïbe. Pendant une semaine, ce festival transforme les espaces publics en véritables scènes à ciel ouvert, offrant au public une immersion artistique unique, libre et gratuite.

Depuis sa création en 2010, le Lézard Ti Show porte une ambition forte : rendre l’art accessible à tous en l’inscrivant directement dans le quotidien. Rues, places et paysages du littoral deviennent ainsi des lieux de rencontres entre artistes, habitants et visiteurs, dans une atmosphère conviviale et ouverte.

Une édition 2026 ambitieuse et fédératrice

Pour cette édition anniversaire, le festival confirme son développement avec un format étendu sur une semaine complète. En amont, un prologue dédié aux scolaires et aux actions culturelles vient renforcer son engagement en faveur de la transmission et de l’éducation artistique.

Au total, plus de 50 spectacles gratuits seront proposés, portés par une trentaine de compagnies venues de Martinique, de la Caraïbe et de l’international.

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Sixième anniversaire du « Dictionnaire des francophones » (DDF)

Le monumental répertoire lexicographique de 400 000 termes et expressions accessible gratuitement sur Internet

 — Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le « Dictionnaire des francophones » (DDF) a été lancé officiellement à Paris le 16 mars 2021 à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie. Ce lancement est sans conteste l’un des événements dictionnairiques les plus marquants de l’histoire des dictionnaires de langue française depuis l’apparition au XVIIe siècle des premières grandes œuvres lexicographiques de Pierre Richelet (1631 – 1694), d’Antoine Furetière (1620 – 1688) et, en 1694, de la première édition du « Dictionnaire de l’Académie française » (2 vol.). Pierre Richelet a publié en 1680 le premier dictionnaire monolingue de langue française, le «­ Dictionnaire français contenant les mots et les choses » (2 vol.), tandis qu’Antoine Furetière est l’auteur du « Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts » (2 vol., œuvre posthume parue en 1690).

Le « Dictionnaire des francophones » est un monumental répertoire lexicographique de plus de 400 000 mots et expressions pour plus de 600 000 définitions et il est accessible gratuitement sur Internet à partir d’un ordinateur, d’une tablette numérique ou d’un téléphone intelligent à l’adresse www.dictionnairedesfrancophones.org

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Humanisme et misanthropie, le même amour de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le misanthrope sage est celui qui aime tant l’espèce dans ce qu’elle a de grand, dans ce qu’elle renferme, par essence, de promesse et de vocation exaltante et magnifiante pour l’Homme, qu’il hait d’une sainte haine la société de déshumanisation qui altère, domine le monde et dévie l’humanité.

Aimer l’humanité au point de haïr la société déviante qui la dénature, tel est l’art de la misanthropie conséquente avec elle-même et avec l’humanisme.

J’appelle misanthropie, le refus de l’humanité tronquée proposée par les sociétés oppressives qui, tout en continuant à évoquer la personne humaine, en font un être asservi par les paradigmes de la politique et de l’économie appliquée par les « élites » dirigeantes. Cette misanthropie est une conséquence et une partie de l’humanisme intégral qui milite pour l’homme. D’où la dualité naturelle (je dirais substrative car il s’agit du substratum) de l’humanisme qui, dans son paradigme même, est un combat, une lutte idéelle, actionnelle parce que militante, dans un monde où l’avarice et l’instinct de domination des uns menacent et anéantissent la primauté de l’homme sur les biens et les richesses, en utilisant si souvent les autres (l’humain) transformé en instrument de système politico-économique conçu pour l’enrichissement et la jouissance d’oligarchies exploiteuses.

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Nathalie Baye, l’élégance du jeu et une certaine idée de la vérité au cinéma s’éteint à 77 ans

La disparition de Nathalie Baye, survenue le 17 avril 2026 à Paris à l’âge de 77 ans, marque la fin d’une trajectoire exceptionnelle du cinéma français. Actrice majeure, à la fois discrète et intensément présente à l’écran, elle laisse derrière elle une œuvre riche de plus de quatre décennies et une empreinte durable dans l’histotiographie du septième art.

Une enfance libre, une vocation construite seule

Née le 6 juillet 1948 à Mainneville, dans l’Eure, au sein d’une famille d’artistes peintres bohèmes, Nathalie Baye grandit dans un environnement à la fois créatif et instable. Très tôt indépendante, elle quitte l’école à 14 ans pour se consacrer à la danse, d’abord à Monaco, puis aux États-Unis. De retour en France, elle se tourne vers le théâtre, suit les cours du cours Simon, avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont elle sort diplômée en 1972.

Les débuts avec la Nouvelle Vague et l’ascension

C’est sous l’impulsion de François Truffaut qu’elle fait ses premiers pas remarqués au cinéma dans La Nuit américaine (1973), avant de devenir l’une de ses interprètes privilégiées. Elle s’impose rapidement par un jeu naturel, spontané, et une présence singulière, faite de retenue et d’intensité.

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Intégration régionale : la Martinique accède à la CARICOM

— Par Jean Samblé —

La Communauté des Caraïbes (CARICOM) est une organisation internationale régionale créée le 4 juillet 1973 par le traité de Chaguaramas, signé initialement par la Barbade, le Guyana, la Jamaïque et Trinité-et-Tobago. Elle regroupe aujourd’hui quinze États membres ainsi que plusieurs membres associés, parmi lesquels figurent des territoires non indépendants de la région. Cet ensemble, majoritairement anglophone, inclut également le Suriname, de langue néerlandaise, et Haïti, à la fois francophone et créolophone. Si plusieurs langues y sont reconnues, l’anglais demeure la langue de travail de l’organisation.

La CARICOM a pour ambition de renforcer les liens politiques, économiques et sociaux entre les pays de la Caraïbe. Elle s’appuie notamment sur la mise en œuvre d’un marché et d’une économie uniques, connus sous le nom de CSME (Caribbean Single Market and Economy), visant à faciliter la libre circulation des biens, des services, des capitaux et, dans une certaine mesure, des personnes. À travers ses principales instances décisionnelles — la Conférence des chefs de gouvernement et le Conseil des ministres — l’organisation élabore et coordonne des politiques communes dans des domaines aussi variés que le commerce, l’éducation, la santé, la sécurité ou encore la gestion des ressources naturelles.

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Un million de satellites : le ciel nocturne en voie d’industrialisation

— Par Samantha Lawler(*) & Gregory Radisic (*)

Le 30 janvier 2026, SpaceX a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis pour déployer une mégaconstellation pouvant compter jusqu’à un million de satellites, constellation destinée à alimenter des centres de données dans l’espace.

Le projet prévoit des OKsatellites opérant entre 500 et 2 000 kilomètres d’altitude en orbite terrestre basse. Certaines de ces orbites sont conçues pour bénéficier d’une exposition quasi permanente au soleil. Le public peut d’ailleurs actuellement soumettre des commentaires sur cette proposition.

La demande déposée par SpaceX n’est que la dernière en date d’une série de projets de mégaconstellations de satellites. Satellites qui remplissent généralement une fonction unique et ont une durée de vie relativement courte, d’environ cinq ans avant d’être remplacés.

En février 2026, environ 14 000 d’entre eux étaient déjà en orbite. Dans le même temps, 1,23 million de satellites supplémentaires sont en projet. La procédure d’autorisation de ces satellites repose presque exclusivement sur les informations techniques, très limitées, que les entreprises qui les produisent fournissent aux régulateurs.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie III

Troisième partie : Napoléon Bonaparte : Le Néron de la France coloniale

« Si tu es neutre en situation d’injustice, c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur. »

(Desmond Tutu)

Jean-Jacques Dessalines ne doit-il pas être considéré comme le général Hannibal de l’Amérique? Il a traversé le morne Puilboreau avec une armée haillonneuse, composée de femmes et d’hommes faméliques, fatigués, mais déterminés, pour aller combattre les troupes du cruel Donatien de Rochambeau dans le nord d’Haïti. L’histoire a-t-elle relevé le nombre de compatriotes qui auraient péri durant la marche longue et harassante vers les lieux des ultimes combats? Affaiblis par la fatigue et la maladie, certains d’entre eux ont dû être enterrés, probablement, aux abords des chemins cahoteux, dans les plaines herbeuses ou aux sommets des montagnes empierrées. Sans sépulcre, ils seraient restés des anonymes de l’histoire muette. La plupart de nos ancêtres libérateurs combattaient les pieds nus. Pour Carthage, les Alpes engloutirent environ 75 000 hommes sur un total de 100 000. Mao a perdu lui-même 100 000 camarades dans son long périple qui a fait de la Chine la grande puissance militaire et économique qu’elle est devenue au 20ème et au début du 21ème siècle.

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La Semaine de l’Eau du 17 au 26 avril

💧 7ᵉ édition de la Semaine pour l’eau en Martinique

🌊 En Martinique, une ressource fragile derrière une apparente abondance

En Martinique, l’eau semble abondante, presque évidente. Pourtant, cette perception masque une réalité plus complexe : entre épisodes de sécheresse, perturbations liées au changement climatique et fragilité des réseaux, la ressource est sous pression. Sa préservation ne va donc pas de soi.

C’est dans ce contexte que l’Office de l’Eau Martinique (ODE), accompagné de son réseau associatif Rés’EAU, relance pour la septième année consécutive l’opération « Une Semaine pour l’Eau », du 17 au 26 avril 2026. Initialement prévue en mars, cette édition a été décalée en raison du calendrier électoral, tout en conservant une ambition intacte : sensibiliser, mobiliser et faire évoluer les comportements.

L’événement s’inscrit dans le prolongement du thème international défini par les Nations Unies pour la Journée mondiale de l’eau : « Genre et Eau », un angle de réflexion particulièrement pertinent à l’échelle du territoire martiniquais.

👩‍🌾 Genre et eau : une réalité sociale et territoriale

Le choix de cette thématique ne relève pas d’un simple alignement symbolique.

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Que cache le PLU du Vauclin ?

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Par arrêté municipal du 24 février 2026, il a été décidé l’ouverture d’une enquête publique portant sur la 1ère modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Commune du Vauclin. En analysant les éléments de ce dossier, nous y avons constaté un manquement. En effet, il s’avère que le PLU n’a pas fait l’objet d’une évaluation environnementale conforme à la réglementation et à l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe).

Que cache cet acte qui a notre sens est délibéré ? Cette étude environnementale aurait permis d’éclairer et de mettre en évidence les conséquences de l’élévation du niveau de la mer dans le littoral de cette Commune.

Rappelons ici que, selon tous les prévisionnistes qui documentent les différents rapports du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC), la planète connaitra d’importantes vagues de submersions et inexorablement une élévation du niveau de la mer d’ici 2050. Et que dans la zone du Golfe du Mexique ainsi que dans celle de toutes les Antilles, la surélévation sera comprise entre deux à trois mètres.

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L’eau en Martinique : en finir avec le temps des demi-mesures

— Par Fernand Odonnat (*) —

L’eau coule, mais pas partout de la même façon selon qu’on habite Saint-Joseph ou Sainte-Anne. Chaque période de carême le rappelle avec brutalité : les Martiniquais n’ont pas tous accès à la même ressource, au même prix, dans les mêmes conditions. Ce n’est pas une fatalité climatique. C’est le résultat d’une organisation fragmentée, dont nous avons héritée et que nous avons trop longtemps reconduite faute de volonté commune.

Le 5 janvier 2026, l’Assemblée de Martinique a dit stop. Les élus ont voté à l’unanimité et avec force pour une autorité unique de l’eau. Ce vote ouvrant la voie à la création et à la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et d’assainissement, n’est pas un choix anodin. C’est une décision historique de gouvernance, prise après des années de concertation, de crises vécues ou évitées de justesse, de tours d’eau qui n’auraient jamais dû exister. Les élus martiniquais, dans toute leur diversité, ont choisi de ne plus gérer les symptômes mais de traiter les causes. L’unanimité, ici, n’est pas un détail : elle est la preuve que quand l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers, la Martinique sait se rassembler.

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Érosion du littoral : il est temps d’assumer un véritable choix d’adaptation

— Par Marcelin Nadeau —

La Martinique vit une transformation silencieuse mais profonde de ses littoraux. De Basse-Pointe au Marigot, du Prêcheur au Carbet, le trait de côte recule inexorablement sous l’effet conjugué de la houle, de la montée du niveau de la mer et des déséquilibres sédimentaires. Ce phénomène, longtemps perçu comme naturel et marginal, est désormais un enjeu majeur d’aménagement du territoire et de sécurité des populations.

Dans mes fonctions de maire du Prêcheur, nous avions développé une expérimentation de relocalisation qui fait aujourd’hui référence au niveau national et international à l’instar de celle de Miquelon.

Parlementaire, j’ai avec ma collègue de Polynésie Mereana Reid-Arbelot déposé en 2024 une proposition de résolution votée – fait rare ! – à l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale.[1] Rapporteur du budget de l’État pour les risques naturels majeurs, j’ai préconisé une mutualisation des moyens pour faire face à ce phénomène incontournable et permettre une adaptation.

Ce n’est plus une projection, c’est une réalité quotidienne

Je poursuis aujourd’hui un travail concerté avec le gouvernement pour aller dans ce sens et déposerai en conséquence une proposition de loi transpartisane sur le sujet dans les prochaines semaines.

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Transport : Salaires, prix, profits et qualité du service

— RS n° 442 lundi 13 avril 2026 —

Appelons les choses par leurs noms. Lorsqu’on assiste à une agitation qui ne va pas à la racine des choses, on est en droit de parler d’agitation formelle.

Les prix du transport aérien flambent. On crée une commission parlementaire. Une grève de salariés bloque des centaines de personnes dans le transport terrestre ou maritime, on multiplie les déclarations, banalement répétitives et inefficaces. Les prix des marchandises du quotidien étranglent le peuple consommateur. Celui-ci descend dans la rue. Alors, dirigeants et éluEs proposent de casser les monopoles. C’est oublier que cette solution magique a déjà été mise en œuvre… dans le transport aérien avec la privatisation d’Air France qui était censée tout régler !

Ce type de réponse aux divers désordres sociaux et autres, ignore que le système capitaliste aboutit tendanciellement à la transformation de la concurrence en monopole, qu’il est basé sur la recherche du profit et non sur celle de la satisfaction des besoins humains.

Dès lors que le besoin est social, dès lors que l’activité concerne des collectifs (d’usagers consommateurs, de salariés producteurs), laisser la main au privé, conduit nécessairement à se soumettre à la loi du profit.

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