— Par Hélène Lemoine —
Certaines historiennes écrivent l’histoire. D’autres la vivent, la prolongent et contribuent à la transformer. Johanna Fernandez appartenait à cette seconde catégorie. Jusqu’à son dernier souffle, elle n’a jamais séparé le travail intellectuel de l’engagement politique, ni la recherche historique de la solidarité avec celles et ceux que l’histoire officielle oublie ou réduit au silence.
Disparue le 30 juillet 2026 à l’âge de cinquante-cinq ans, des suites d’un cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs années, Johanna Fernandez laisse une œuvre considérable et une empreinte profonde dans les mouvements sociaux américains. Historienne, professeure à la City University of New York (CUNY), documentariste, journaliste, organisatrice, abolitionniste et militante socialiste, elle fut surtout une infatigable passeuse de mémoire, convaincue que comprendre les combats du passé était une condition pour inventer les émancipations de demain.
Née à New York le 2 décembre 1970 dans une famille dominicaine ayant fui la guerre civile de 1965, elle grandit dans le Bronx au sein d’un foyer où l’espagnol était la langue du quotidien et où la solidarité n’était pas un slogan mais une manière d’habiter le monde.<p> Lire Plus

Les moustiques disposent d’un remarquable arsenal sensoriel pour repérer leurs proies.
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