M' A

Les Chiens des ténèbres

— par Gary Klang —
«Prends les poils de la queue d’un chien noir, qui n’aura rien de blanc, avec un peu de sa graisse, qu’on fera fondre; ensuite que l’on fasse une mèche de quelques morceaux d’un drap mortuaire et qu’on frotte avec ce que l’on a composé; si on l’allume sur une lampe verte avec de l’huile de sureau, dans une chambre où il n’y aura pas d’autre lumière, on verra des choses admirables et surprenantes» (Le Grand Albert)
Port-au-Prince dormait encore lorsque le président Faustin se réveilla à 5 h du matin en pensant à
une phrase de Robespierre :
« On conduit le peuple par la raison et les ennemis du peuple par la terreur.» 
 
Certes, il fallait conduire les ennemis par la terreur, leur couper les couilles, la tête et la parole, mais aucun peuple ne méritait d’être conduit par la raison. Robespierre était naïf mais lui, Faustin, n’avait qu’un but : éliminer tous ses ennemis.
Pour ne plus être humilié.
Il n’oublierait jamais ce petit homme, pourtant noir lui aussi, qu’il avait eu pour prof à la fac de médecine dans les années 40.
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Autonomie : changer de modèle

L’autonomie politique sans indépendance financière : le grand paradoxe de la schizophrénie antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles, le débat sur l’autonomie bute désormais sur une vérité politique que personne ne peut éternellement contourner : on ne peut pas réclamer le pouvoir de décider seul et demander, dans le même temps, à l’État français de payer lorsque les décisions deviennent trop difficiles à assumer. C’est pourtant cette contradiction qui structure aujourd’hui une grande partie du débat public en Guadeloupe et en Martinique. Et elle révèle une réalité beaucoup plus profonde : derrière la revendication d’autonomie se trouve encore une dépendance financière à l’égard de l’État, tandis que la confiance des citoyens dans leurs propres institutions locales s’est considérablement érodée. Et c’est là que l’on retrouve une position schizophrénique des élus locaux des Antilles qui réclament l’autonomie et dans le même temps appelle l’État à l’aide pour suppléer les manquements graves des élus locaux dans la gestion de l’action publique et leur incapacité à régler les problématiques de déficits et d’effondrement des filières agricoles et du BTP. En réalité,les Antilles attendent trop de l’Etat or dans le même temps veulent l’autonomie et la responsabilité locale qui à leurs yeux sont indispensables au retour de la confiance, qui est donc plus faible qu’ailleurs.<p>  Lire Plus

La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée…

La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée

et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? Aurait-il choisi le fictif repos du guerrier ou la complaisante amnésie sélective pour se conformer aux ludiques rituels du baboukèt ? Existe-t-il un « déficit épistémologique » dans le champ intellectuel haïtien autrefois habité par d’âpres débats d’idées ? À l’aune de l’intellection du refus de l’esprit analytique/critique dans le champ intellectuel haïtien, le présent article démontre que le silence contrit et faussement oecuménique de nombreux intellectuels face à l’insignifiance multifacette de l’Akademi kreyòl ayisyen (AKA) entre 2014 et 2026 n’est pas la traduction d’un simple échec institutionnel mais l’expression contemporaine d’un relatif « déficit épistémologique » qui génère l’aveuglement consenti et le nanisme de l’esprit critique face à l’absence de la politique linguistique de l’État conforme à la Constitution de 1987. En référence à la pensée analytique de Hanna Arendt (la « démission du jugement ») et de Pierre Bourdieu (la « reproduction et la conservation des idées générant le statu quo »), le présent article prend acte que de nombreux intellectuels haïtiens ont renoncé à exercer une vigilance critique envers les différents appareils d’État et envers une micro- institution l’Akademi kreyòl ayisyen–, lourdement défaillante et dont l’insignifiance et l’échec multifacette sont de notoriété publique.<p>  Lire Plus

Appartenance et délire d’excès identitaire…

Par Camille Loty Malebranche —

L’appartenance doctrinale ou idéologique, dès qu’elle omet d’établir la transcendance de sa passion et la nuance entre les limites saines et les promiscuités nécessairement malsaines de son action, peut faire basculer l’homme dans la bestialité la plus primitive, la barbarie la plus férocement criminelle.

L’homme doit toujours appartenir au bon sens et au jugement juste avant de relever des rationalités doctrinales de groupes, de clans ou encore des prescrits idéologiques de classes, de catégories sociales où il évolue par adoption ou par héritage.

L’appartenance sociale ou ethnique sans balise spirituelle et morale, risque de dégénérer en fanatisme. C’est au nom de l’appartenance que des millions d’allemands ont consenti à voir les hécatombes nazies par la guerre et les lieux de torture.

L’homme se doit toujours d’être fidèle à sa vérité de nature avant toutes visions ou options de classe.

La valeur proprement humaine doit primer les valeurs culturelles et idéologiques du social, sinon c’est l’humanité elle-même qui se dénie et perd la face dans le bourbier des incohérences. La propension à tout céder aux forces sociales par besoin d’être approuvé par ceux que l’on considère siens, est une des causes d’innombrables maux.

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La Journée du livre haïtien de Montréal…

La Journée du livre haïtien de Montréal est désormais un patrimoine littéraire majeur en Amérique du Nord

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Trois générations de lecteurs à Montréal. Ils se sont donné rendez-vous à l’entame de « leur » Journée du livre haïtien ce samedi matin 22 août 2026 : les Boucard, jeunes migrants arrivés de Jacmel dans les années 1960 et venus se mettre à l’abri du massacre de Thiotte sous François Duvalier. Ce massacre s’inscrit dans le cadre des tueries du 26 avril 1963 considérées comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la dictature de François Duvalier et visant des opposants présumés, des militaires et leurs familles. La seconde génération des Boucard, trois enfants, nés au Québec et biberonnés au petit-lait de « Gouverneurs de la rosée » et de « Mon pays que voici ». La troisième génération des Boucard, petits-enfants eux-aussi nés à Montréal et assidus aux cours de culture et de langue créole du Centre N A Rive. Chez les Boucard de Jacmel comme chez les Boucard de Montréal, les livres, la lecture, c’est à la fois un plaisir et un liant, c’est également une histoire, une cordée de mémoires, celles de la transmission, d’une génération à l’autre, d’une île (Haïti) à l’autre (Montréal)…

Trois générations de Boucard, lecteurs fervents et assidus de l’annuelle Journée du livre haïtien du Centre N A Rive.<p>  Lire Plus

1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

17/09/26

Sur l’octroi de mer

La problématique de l’octroi de mer est assez simple.

C’est un outil fiscal.
Il n’a, en lui-même, aucune vertu particulière.

Tout dépend du projet politique, économique, social, culturel et écologique auquel il se trouve adossé.

Mis au service d’un système d’hyper-consommation importée, d’assistanat, de dépendance et de déresponsabilisation, il conforte ce système et devient aliénant.

Mis au service d’un Faire-pays — produire davantage, assainir nos consommations, réduire nos dépendances, protéger le vivant et nous projeter dans la Caraïbe, les Amériques et le reste du monde… — il peut devenir un vecteur d’émancipation.

L’octroi de mer ne vaut donc ni par son maintien, ni par son aménagement, ni par sa suppression.

Il vaut par la vision politique qui l’ordonne et par le devenir collectif qu’il conforte.

p. c.<p>  Lire Plus

Le retour de la doctrine Monroe : La Martinique face au « corollaire Trump »

— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —

Alors que l’administration américaine réactive la logique d’exclusivité continentale de 1823 sous la forme d’un « corollaire Trump », la présence de la France et de l’union européenne dans la caraïbe redevient un enjeu géopolitique brûlant. Une résurgence qui rappelle que la départementalisation de 1946 fut avant tout un bouclier contre les velléités d’annexion américaines.

La « Donroe doctrine » : Le pré carré américain réaffirmé

En ajoutant explicitement un « Trump corollary » à la doctrine Monroe — ironiquement surnommé la Donroe doctrine en référence à Donald —, la stratégie de sécurité nationale des États-Unis franchit un cap décisif. L’objectif affiché par Washington est sans ambiguïté : réaffirmer la prééminence absolue des États-Unis sur l’hémisphère occidental, verrouiller le bassin des Caraïbes – la mare nostrum américaine – et stopper l’expansion de puissances rivales, en particulier la Chine. Cette orientation s’incarne désormais de manière très concrète par des démonstrations de force militaires et des pressions diplomatiques accrues autour du Venezuela et dans l’espace caraïbe. Le 11 août 2026, la diffusion par le département d’État d’une présentation officielle célébrant l’héritage de James Monroe a entériné ce retour au « pré carré ».<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V… suite

— Par Robert Lodimus —

Chapitre V (Suite)

Magouilles, mensonges et dilatoires

C’est un faux débat de société de conditionner un « processus démocratique » à la durée d’un « règne politique ». Ainsi, Cuba serait une « dictature » parce que les frères Castro qui ont risqué leur vie pour libérer leur peuple sont au pouvoir depuis le 1er janvier1959. Et qu’en fait-on des réalisations tangibles, des progrès concrets de la « Révolution » depuis toutes ces décennies : éducation, santé, logement, eau potable, sécurité publique, transport… ? N’était-ce l’embargo des États-Unis décrété contre le pays de José Marti, de Camillo Cienfuegos, de Celia Sanchez, de Vilma Espin, de Haydée Santamaria, à quel carrefour de développement durable serait parvenu le peuple cubain à l’heure actuelle ? Lisez donc, ou relisez « Les Saints vont en enfer » de Gilbert Cesbron, et dites-nous si la démocratie, pour vous, s’apparente aux cas des travailleurs, des ouvriers, des journaliers qui se détruisent par millions dans les usines de sous-traitance nord-américaines ou ailleurs ?

« Les saints vont en enfer »vous le savez peut-être déjà – est le célèbre livre de l’écrivain, romancier et dramaturge français Gilbert Cesbron publié en 1952, qui plonge au cœur du mouvement des prêtres-ouvriers en France durant les Trente Glorieuses.<p>  Lire Plus

Du Politique et du Politicien: Éclipse politicienne de l’homme politique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le politique est en fait l’une des espèces les plus rares dans un monde sans autre valeur que l’économie malsaine, financiarisée à l’extrême, où la plupart des élus du peuple sont des politicards domestiques ou acolytes d’oligarques, larbins ou alliés des banquiers les plus escrocs.

Le politique s’implique dans la vie publique pour servir la nation, le politicien, lui, sert les intérêts oligarchiques de ses patrons inavoués, en leur asservissant le peuple. Le politicien dénature l’essence de la politique qu’il fait manette d’infamie par la manipulation des électeurs et la trahison de la nation.

En nos sociétés de confusion où règne le baragouin complaisant des secteurs médiatiques dispensateurs de mensonges populistes au nom de la culture et de la politique, il est facile de tout confondre, c’est même la vocation des logorrhées à consonances faussement scientifiques ou rationnelles qui se déversent, se diffusent à flot dans la sphère médiatique, la médiosphère agressivement marchande qui vend objets manufacturés et politiciens fabriqués au peuple désemparé en mal de sens et d’espoirs voire de messianisme politique naturellement patraque blasphématoire.<p>  Lire Plus

Le Bon, catégorie englobante catégorématique du meilleur.

—- Par Camille Loty Malebranche —

Exclusif champ de tous les paramètres finalitaires des domaines du sens et de l’action, le Bon est le schème catégorématique du bien parfait qui appelle tous les efforts existentiels du juste dans son conatus vers l’amélioration ininterrompue temporelle, intellectuelle et surtout spirituelle de soi-même. Le Bon est pour l’humain, la course conquérante de son humanité à faire croître encore et encore, irrépressiblement dans sa vérité, sa noblesse impondérable, immatérielle.

S’améliorer, c’est tendre résolument et avec zèle vers le Bon en faisant de sa vie une consécration à l’ascension de soi par la pensée et l’action. C’est se reconnaître capable du meilleur au point de tout faire pour minimiser le mauvais par le bon élan du mélioratif cultivé en notre conscience d’Homme. Et là, en terminant provisoirement ce texte réflexif, me revient cette pensée que j’ai écrite en mon adolescence, et à laquelle je tiens encore avec la même ferveur : Vas, sois Humain avant d’être grand, car grandeur sans Humanité, n’est qu’illusion abortive de ta destinée, aberration tueuse de ton accomplissement d’esprit en route!

Le Bon est la plénitude, la symphonie de l’harmonie plénière qui appelle l’amélioration, cette adoption du meilleur, comme coryphée de toute orchestration du Bon.<p>  Lire Plus

Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

L’Émotion, la Raison: Pour l’équilibre de la conscience pensante et agissante.

— Par Camille Loty Malebranche —

Ni la masse d’objectivité noyant les sensibilités subjectives chez le partisan de la raison exclusive ni la subjectivité délirante de l’émotif primitif s’abandonnant à ses pulsions et réactions primaires impulsives, ne peuvent en exclusives – chacune seule dévorant l’autre et s’excluant réciproquement – conférer l’équilibre indispensable qui caractérise un homme assumé. Raison et Émotion sont comme les deux pieds sur lesquels se tient debout la complétude du penseur-acteur qu’est l’homme. Ce sont deux facultés-attributs dont l’équilibre est nécessaire à l’équilibre humain, à la verticalité de posture de la conscience pensante et agissante au feu multiple des situations tant pondérables qu’impondérables de la vie.

La raison nous est donnée pour interroger et comprendre le monde, alors que l’émotion nous le fait sentir dans notre intériorité. L’émotion, pilier de la création et de la représentation; la raison, socle de la découverte et de l’invention. À ce stade, les deux se contrebalancent dans l’entendement interdépendant pour la complétude du progrès de la conscience collective de l’espèce dans sa marche culturophore, c’est-à-dire porteuse de cultures et fondatrice de civilisations.<p>  Lire Plus

Pouvoir et nudité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Cratère d’esprit nu

Abîme des villes
Naufrage, abysse des consciences
Aux mers des contresens,
La vie dans nos villes
Pactise avec le mensonge masqué en génie public,
Rites étatiques
Sur les têtes sans visages
Des structures infâmes,
Kunées maudites de nos monstres adulés
Élus parasites qui consomment et consument le peuple.
La décomposition du monde
Offre le macabre et maculé spectacle de la corruption des empestés
Les esprits iniques et corrompus puent l’injustice,
Esprits putréfiés rongés des vers de leur inconséquence,
Inaptitude à assumer l’être
Impropriété hypermatérialiste à vivre l’extase vocationnelle.

Cratère d’esprit nu

Que de moins que rien gouvernent l’État !
Et, par déviances et crimes économiques,
Imposent l’esclavage de la paupérisation
Et le travail obligatoire et sans fin
Comme fin de l’aventure humaine
Dans le dédale de la faim planifiée des Charon capitalistes
La route des politiques est un Achéron de faussetés,
Répugnant et létal méandre des fumisteries macro-économiques.
Avec les analphabètes fonctionnels, régaliens du néant
Sots experts, excellents exécutants,
Choses de la chose financière
Funambules flagorneurs faits présidents ou premiers ministres
Faune politicarde féroce
Intronisation de l’absurde
Accrétion d’esprit chauve sans contenance,
Lèche-semelles dévoyés des banquiers,
La gouvernance n’est que boule puante,
Paume coprophile aux raquettes des sous-hommes !<p>  Lire Plus

La contingence n’est pas l’accident.

— Par Camille Loty Malebranche —

Contingence et accident, s’ils sont ordinairement interchangeables au plan sémantique, ont quand même en certaines circonstances une différence fondamentale : certaines contingences réfèrent à des aspects d’impondérabilité, d’indétermination volontaire impliquant la nature d’un être ou d’une espèce d’êtres sans en être consubstantielles, alors que l’accident réfère à l’étrangeté, à l’anomalie d’une situation, d’une factualité affectant la condition, le statu quo d’un individu ou d’un groupe.

Par exemple, le fait d’avoir un lieu de naissance est une contingence, mais tout en étant contingence et donc non essentiel ou nécessaire, cette factualité du lieu de naissance est incontournable et fait partie de la condition spatiale de l’être humain, spatialité immanente à la nature humaine. Or l’accident ne saurait être une condition immanente à toute une espèce en train de naître, condition à laquelle nul échantillon naissant n’échapperait! Il est clair que cette condition de toute naissance constitue une contingence, contingence qu’il convient d’appeler : la contingence spatiale des êtres vivants.

L’accident est, par définition, toujours casuel et non principiel, perpétuellement particulier car jamais ni global ni répétitif!<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 10 septembre

Lancement en pleine 1ère Guerre Mondiale du Canard enchaîné le 10 septembre 1915

« La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas »

Le Canard enchaîné est un hebdomadaire de la presse satirique en France paraissant le mercredi. Fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne et Maurice Maréchal, aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c’est l’un des plus anciens titres de la presse française actuelle, notamment le plus ancien titre de presse satirique encore actif. Depuis les années 1960, c’est aussi un journal d’enquête qui révèle nombre d’affaires scandaleuses.

Pour l’historien Laurent Martin, ce journal, très attaché à la protection des sources d’information des journalistes, représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde ».

Histoire
Son nom fait allusion au quotidien L’Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement lors de la Première Guerre mondiale. Il subit alors la censure de la guerre5 et son nom fut changé pour L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, les journalistes Maurice et Jeanne Maréchal, aidés par le dessinateur H.-P.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 9 septembre

La Rébellion de Stono débute le 9 septembre 1739

La Rébellion de Stono (appelée parfois Conspiration de Cato ou Rébellion de Cato) est une des premières rébellions contre l’esclavage qui a lieu à l’intérieur des frontières du territoire actuel des États-Unis. Le 9 septembre 1739, des esclaves de Caroline du Sud se sont rassemblés près de la rivière Stono dans le but de planifier une marche armée pour la liberté.

Causes
Plusieurs facteurs ont pu convaincre les esclaves qu’une rébellion pouvait conduire à leur liberté. Une épidémie de fièvre jaune avait affaibli le pouvoir des propriétaires d’esclaves, il y avait des prémices de guerre entre le Royaume-Uni et l’Espagne et beaucoup d’esclaves qui avaient obtenu leur liberté en s’échappant de la Floride alors contrôlée par l’Espagne, donnaient espoir aux esclaves de Caroline. Enfin, il a été suggéré que les esclaves ont organisé leur révolte de façon qu’elle ait lieu avant le 29 septembre, date à laquelle prenait effet la Loi sur la sécurité de 1739 (qui exigeait que tous les hommes blancs portent les armes tous les dimanches). Jemmy, le chef de la révolte, était un esclave instruit, que l’on décrivait comme originaire d’Angola, ce qui signifie probablement qu’il était originaire de l’Empire Kongo en Afrique centrale.<p>  Lire Plus

Infralangage et désignification verbale.

— Par Camille Loty Malebranche —
L’Infralangage est un artifice idéologique du pouvoir, si trompeur, si décentré de ce qui est et se fait réellement, qu’il ne saurait rien communiquer de la réalité des choses ni de la factualité de l’action. Alors, c’est un univers second – celui des clés et codes systémiques rendus systématiques par l’art mensonger des profiteurs de l’ordre mondial ou étatico-social – qui se crée un empire de codes factices et de faux signes qu’il faille débusquer, démasquer pour évider d’être pion de l’échiquier illusoire de la communication putative déviante du système politico-économique avec le mode institutionnel d’incommunication qu’il sous-tend. L’infralangage est un mode de langage sans seuil de signification suffisante pour renvoyer à un quelconque signifié.

Le pire ennemi de la communication linguistique n’est ni le mutisme ni la mutité ni l’aphasie, mais le décentrage du langage dans une volonté de tromper où l’incohérence individuelle ou idéologique, vide le verbe de tout sens, réfère à un non lieu, une schizotopie. Alors, naît un infralangage parasignifiant que seuls décodent les connaisseurs des signes et clés cachés voire non établis de la vérité sociale prise dans sa nudité et son essence sans frime séductrice ni masque verbal, ni mimesis de manière.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 8 septembre

Marcel Ravidat découvre la grotte de Lascaux, sur la commune de Montignac, en Dordogne le 8 septembre 1940

La grotte de Lascaux, située sur la commune de Montignac-Lascaux, en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, en France, est l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique supérieur par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l’art pariétal », selon une expression attribuée à Henri Breuil, qui la nomme également « Versailles de la Préhistoire » ou « Altamira française ».

Lire aussi : La magie Lascaux opère toujours, 80 ans après sa découverte

Les peintures et les gravures qu’elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 19 000 et 17 000 ans à partir de datations et d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. La plupart des préhistoriens les attribuent au Magdalénien ancien, sauf quelques-uns qui penchent plutôt pour le Solutréen qui le précède, voire pour le Gravettien4.

Géographie et contexte géologique
La grotte est située dans le Périgord noir dans la vallée de la Vézère sur la commune de Montignac-Lascaux (Dordogne), à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Périgueux et à 25 kilomètres de Sarlat-la-Canéda.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 7 septembre

Naissance à New York de Sonny Rollins le 7 septembre 1930

Sonny Rollins, né Theodore Walter Rollins, est un saxophoniste ténor et compositeur de jazz. Il est largement reconnu comme l’un des musiciens de jazz les plus importants et influents de l’ère post-bebop.

La longue et prolifique carrière de Sonny Rollins au saxophone ténor commence vers l’âge de 16 ans. Certaines de ses compositions comme St. Thomas, Oleo, Doxy et Airegin sont devenues des standards de jazz. Ses soixante-cinq ans de carrière lui donnent aujourd’hui le statut de dernier géant en activité. Improvisateur, croisant les genres, poussant à leurs limites le son et le phrasé, Sonny Rollins incarne l’esprit de quête inlassable du jazz. Sonny Rollins est toujours en tournée en 2013 après avoir survécu à la plupart de ses contemporains en compagnie desquels il enregistra, tels John Coltrane, Miles Davis, Max Roach et Art Blakey.

Biographie
Les premières années
Bien que Sonny Rollins soit né à New York, pas très loin des temples de la musique noire new-yorkaise comme Le Savoy ou l’Apollo, ses parents sont originaires des Îles Vierges américaines2.<p>  Lire Plus

Hyperlucidité et hyperconscience…

— Par Camille Loty Malebranche —
Il est de ces mots qui altèrent le sens des choses. Me vient à l’idée, en écrivant cette réflexion, le lemme « extralucide ». Oser parler d’extralucidité, c’est très mal comprendre l’ampleur de la lumière qui est en l’homme et que chacun doit développer sans jamais pouvoir en épuiser l’immensité. L’homme peut essayer, dans la part de conscience possible de son existence terrestre, part de conscience si vaste que les esprits les plus avertis n’en utilisent qu’une petite partie, part de conscience qui, elle-même, n’est qu’une infime poussière de la conscience divine exprimée dans le cosmique et le supracosmique; c’est donc carrément insensé et matamore que de se prévaloir d’un charisme qui serait extralucide. Par contre, l’effort de l’esprit à ennaturer permet une lucidité forte quand l’homme s’y met. C’est une hyperlucidité métaphysique, une hyperconscience à la fois intellectuelle et surrationnelle de l’esprit tourné vers soi pour mieux se connaître et vivre la vérité indiscursive de l’être.

La sagesse est un regard intérieur de l’esprit dépassant les bornes de l’extérieur lacunaire dans un monde rivé à l’immédiateté du tangible.<p>  Lire Plus

Anticiper plutôt que subir

La source des crises financières , économiques et sociales aux Antilles, résultat de l’absence de vision prospective et d’un manque d’anticipation.

— Par Jean-Marie Nol —
Les crises actuelles aux Antilles sur les problématiques de l’eau et des transports ne sont pas seulement des accidents de gestion, elles révèlent surtout l’absence d’une culture de l’anticipation et d’une stratégie économique de long terme. La vision prospective économique et l’anticipation sont indispensables pour empêcher les crises car elles permettent de rompre avec la gestion purement réactive et d’agir sur les causes profondes des déséquilibres avant qu’ils ne deviennent incontrôlables. En Martinique et en Guadeloupe, une crise survient souvent lorsqu’un dysfonctionnement accumulé (dette excessive, bulle immobilière spéculative, pénurie de ressources financières) atteint un point de rupture. L’anticipation sert de bouclier préventif à travers plusieurs mécanismes clés : La détection précoce des signaux faibles. L’économie locale est systémique, donc la prospective permet d’identifier les déséquilibres naissants avant qu’ils ne se propagent, et surtout d’identifier l’accumulation de dettes insoutenables chez les ménages, les entreprises ou les collectivités locales . Les marchés publics et les acteurs économiques ont tendance à être procycliques (ils amplifient les tendances par mimétisme ou panique).<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V

— Par Robert Lodimus —

Magouilles, mensonges et dilatoires

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»

(Voltaire)

Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.

Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.<p>  Lire Plus

La Droite martiniquaise : une parenthèse dans le siècle.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Contrairement à une inexactitude répandue par une information exclusive, la Droite martiniquaise n’a dirigé la collectivité (conseil général) que pendant 22 ans, de 1960 à 1982. Les résultats ont été inversement professionnels à cette courte durée : ils peuvent être appréciés par rapport au bilan catastrophique des 45 années suivantes.

LE CONCOURS DE PLUSIEURS CIRCONSTANCES

La droite locale constituée est née d’un concours de circonstances historiques, presque d’un accident : la chute de la Quatrième République. L’an 1958, date du retour au pouvoir du général de Gaulle et de l’avènement de la 5ème République, furent aussi celle de la création du Parti progressiste martiniquais (PPM) le 22 mars 1958, de la Fédération martiniquaise de l’Union pour la nouvelle République (UNR) fondé le 1er octobre 1958 et de l’apparition des idées de rupture institutionnelle. Cette droite, qui n’est pas née d’un élan purement local comme le PPM, s’est constituée pour servir de relais au parti national et s’opposer à l’émergence des idées autonomistes et indépendantistes en se cristallisant autour du général de Gaulle. A l’initiative de la création des DOM, de Gaulle réapparaît au moment où des vents contraires commencent à s’exprimer en outre-mer.<p>  Lire Plus

 » Poète »,  » La Poésie »

—  Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Poète

Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,

elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète

compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête

partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…

La poésie

De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…

Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…

Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…

Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !

Patrick Mathelié-Guinlet<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 6 septembre

Publication du Manifeste des 121 le 6 septembre 1960

Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté. Le manifeste est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et plutôt orienté à gauche. Il est important pour l’histoire de la gauche et de l’extrême gauche en France.

Contenu du manifeste
« On ne réclamait plus seulement le droit du peuple à ne plus être opprimé, mais le droit du peuple à ne plus opprimer lui-même. »

— François Maspero, Le droit à l’insoumission, le dossier des 121, Paris, François Maspero, 1961, « Avertissement de l’éditeur »

Selon ses propres termes, le manifeste cherche à informer l’opinion française et internationale du mouvement de contestation contre la guerre d’Algérie. Les 121 y critiquent l’attitude équivoque de la France vis-à-vis du mouvement d’indépendance algérien, en appuyant le fait que la « population algérienne opprimée » ne cherche qu’à être reconnue « comme communauté indépendante ».<p>  Lire Plus