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Fête patronale 2026 du Saint-Esprit

Le Saint-Esprit célèbre sa fête patronale sous le signe du « Retour aux sources »

Du 24 au 30 mai, la commune de Le Saint-Esprit vibrera au rythme de sa fête patronale autour du thème « Retour aux sources ». Pendant une semaine, habitants et visiteurs sont invités à partager un moment de découverte, de transmission et de convivialité à travers une programmation riche mêlant culture, patrimoine, musique, spectacles et traditions populaires.

Dans la continuité des actions menées pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel de la commune, cette édition met à l’honneur ce qui unit les Spiritains à leur histoire et à leurs racines. Concerts, ateliers, animations, expositions, démonstrations artistiques et rencontres viendront rythmer ces célébrations pensées pour tous les publics.

La manifestation contribue également au rayonnement culturel et touristique du territoire martiniquais. En valorisant les savoir-faire, les traditions et les acteurs locaux, la fête patronale participe à renforcer l’attractivité du centre de l’île tout en créant une dynamique économique pour les commerçants et artisans.

Parmi les personnalités mises à l’honneur cette année figurent la designer capillaire internationale Murielle Kabile, présidente d’honneur de la manifestation, la créatrice de mode Aurélie Arnaud, l’artisan d’art Raymond Rijo ainsi que Jean-Charles Varacavoudin, invité d’honneur.

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Quid de la question des réparations de l’esclavage ?

— Par Jean-Marie Nol —

La nécessité de l’heure oblige à regarder cette problématique sous un autre angle plus rationnel , et qui demain devrait être appréhendée et traitée nécessairement sur le plan économique et financier.

Pendant des décennies, la question des réparations de l’esclavage a souvent été enfermée dans une approche essentiellement morale, mémorielle et symbolique. Les débats publics se concentrent sur les excuses officielles, les commémorations, les monuments, les journées du souvenir ou encore la reconnaissance de crimes contre l’humanité. Si cette dimension historique et humaine demeure fondamentale, elle reste pourtant incomplète lorsqu’elle évacue la réalité centrale qui a présidé à la naissance même du système esclavagiste : l’économie. L’esclavage colonial n’a jamais été conçu comme un projet moral ou civilisationnel ; il fut avant tout un système économique, financier et industriel destiné à enrichir les puissances européennes, notamment l’Espagne , le Portugal , la Hollande, la France et l’Angleterre. Dès lors, traiter aujourd’hui la question des réparations uniquement sous l’angle mémoriel revient à occulter la logique fondamentale qui a structuré plusieurs siècles de domination coloniale : l’accumulation du capital.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Le Canada soutient-il indirectement la corruption en Haïti via les Journées de la diaspora 2026 ?

L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, avalise-t-il l’appui public des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 à la corruption au Fonds national de l’éducation ?

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

  1. MISE EN CONTEXTE FACTUELLE

Les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) se sont tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. Durant ces Assises, les JIDH2026 ont accordé, sur le mode d’un actif partenariat institutionnel, une ample tribune promotionnelle et politique un micro ouvert sans contrepartie critique–, au Fonds national de l’éducation (FNE). Ce partenariat institutionnel et politique est explicitement mentionné sur le profil Facebook du Fonds national de l’éducation, dès le 18 avril 2026, dans les termes suivants : « À Montréal, le Directeur général du FNE invite la diaspora haïtienne à s’engager dans un projet éducatif moderne et inclusif pour Haïti. (…) Partenaire principal de cette édition, le Fonds national de l’éducation (FNE) s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Elysé Colagène.

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« Les Mots », « 38 Ans d’Enseignement », L’Haïtien Est-Il Nomade?

Les Mots
Les mots causent le bien-être aussi bien que les maux
Ils sont utilisés pour honorer ou pour insulter l’autre
Ils soignent la pensée et communiquent la générosité
Ils blessent l’esprit et insultent avec un dédain venimeux
_____
Les mots formulent l’inclusion ou provoquent l’exclusion
Ils stimulent l’imagination ou détruisent l’amour propre
Ils réconfortent d’un côté ou dévalorisent de l’autre côté
Ils rassurent certains tout en avilissant tant d’autres
_____
Ils se conjuguent, s’accordent, se définissent et s’illustrent
Ils créent, construisent, érigent, instituent, organisent, ouvrent
Ils suppriment, désintègrent, démolissent, destituent, ferment
Ils représentent la lumière de l’humanité ou l’obscurantisme
_____
Peut-on les maîtriser pour le bienfait la compassion et la justice
Peut-on les utiliser pour motiver, solliciter, admirer et honorer
Peut-on les manipuler pour s’entraider, se réconforter et s’aimer
Peut-on les ramener à notre humanité et retrouver notre fraternité
Jean-Bernard Bayard

 

38 Ans d’Enseignement
De 1975 à 2013 j’ai enseigné du jardin d’enfant à l’université dans les États de New-York et du New-Jersey aux Etats-Unis. J’ai enseigné le français, les sciences humaines, l’arithmétique, la géométrie et l’algèbre élémentaire, l’anglais, l’anglais aux étrangers et la science pédagogique.

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L’éphéméride du 23 mai

Découverte de Blanche Monnier, séquestrée pendant 25 ans

Blanche Monnier, née le 1er mars 1849 à Poitiers (France) et morte le 13 octobre 1913 à Blois, est une femme française connue pour avoir été secrètement enfermée par sa famille pendant 25 ans.
Biographie
Blanche Monnier naît à Poitiers en 1849 et grandit dans une famille de la bourgeoisie royaliste. Son père, Charles-Emile Monnier est ancien doyen de la Faculté de Lettres. Elle fut séquestrée par sa famille durant 25 ans dans le domicile familial. Après avoir été libérée, Blanche Monnier est internée dans un hôpital psychiatrique à Blois durant plus de dix ans, où elle décédera en 1913.

Faits
À la suite d’une dénonciation par lettre anonyme, le procureur général de Poitiers ordonne une perquisition chez Louise Monnier, devenue veuve. Blanche Monnier fut découverte le 23 mai 1901, à l’âge de 52 ans par un commissaire, accompagné de trois policiers, ligotée sur son lit, sous-alimentée et dans un état de faiblesse extrême. L’affaire suscite un émoi considérable après la parution du journal L’Illustration du 1er juillet 1901, affichant la photo de Blanche Monnier, amaigrie avec une chevelure particulièrement abondante.

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Faire du 22 Mai la fête nationale de la Martinique

— Par Guy Lordinot —

La Martinique fait partie de la république française dont l’emblème est le drapeau bleu blanc rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve.

La fête de la nation se déroule le 14 Juillet.

La Martinique est une collectivité d’Outremer, ce qui signifie qu’elle a quelques spécificités venant de sa géographie et de son histoire qui peuvent justifier qu’elle ait en plus du 14 juillet, sa propre fête nationale.

Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848 mais l’abolition effective date du 22 mai 1848, date à laquelle la révolte des esclaves a imposé au gouverneur Rostoland de la décréter. Depuis 43 ans que le 22 mai est devenu un jour férié, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
Pour faire peuple, une population a besoin d’un symbole. Pour la France c’est le drapeau bleu blanc rouge qui est bien sûr celui des martiniquais.

Nous proposons de faire du 22 mai une fête nationale.

Le symbole qui peut permettre aux martiniquais de faire peuple provient du sport.

En effet les seuls évènements qui unissent la quasi-totalité de population de la Martinique sont le Tour des Yoles et le Tour cycliste.

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Honorer nos aïeux en bâtissant demain

  Chaque mois de mai, la Martinique s’habille de mémoire. Le 22, nous commémorons l’abolition de l’esclavage de 1848, ce jour où nos ancêtres sont passés du statut de biens à celui d’hommes et de femmes libres.
  Nous avons bien sûr raison de le faire. La mémoire est une dette sacrée. Oublier serait trahir. Mais la sagesse créole d’aujourd’hui nous enseigne aussi qu’il ne faut pas rester le regard fixé dans le rétroviseur pendant que la route file devant. Commémorer, oui. Se figer dans la commémoration, non.
  Le passé nous a légué des blessures, des forces et des complexités. Il nous a donné le sens de la dignité, la rage de vivre, le goût de la liberté chèrement acquise. Pourtant, le présent nous interpelle avec urgence : chômage qui ronge surtout les jeunes, départ massif des forces vives, dépendance économique encore trop lourde, services publics qui peinent, violence qui abîme nos quartiers, préservation de notre environnement menacé par le changement climatique et nos propres négligences.
  Alors que faire ? Faut-il choisir entre honorer nos morts et nourrir nos vivants ?

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Cyber harcèlement sexiste au Lycée Jardin d’essai aux Abymes.

Ce mois de mai, 80 jeunes femmes du Lycée Jardin d’essai aux Abymes se sont retrouvées sans leur consentement sur une liste publiée dans les réseaux sociaux, les classant dans des catégories dégradantes avec leurs photos et des commentaires sexistes. Elles ont réagi en manifestant le 6 mai, et l’établissement a porté plainte, excluant les auteurs présumés de cette liste humiliante.

Cet événement témoigne, de façon inquiétante, de la persistance du sexisme et de la progression du masculinisme le plus abject largement propagés sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France1 attire l’attention sur une dynamique préoccupante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes.

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L’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti

Synthèse actualisée et perspectives

 — Par Robert Berrouët-Oriol —

« On ne peut plus écrire son paysage ni écrire sa propre langue de manière monolingue. Par conséquent, les gens qui, comme par exemple les Américains, les États-Uniens, n’imaginent pas la problématique des langues, n’imaginent même pas le monde. Certains défenseurs du créole sont complètement fermés à cette problématique. Ils veulent défendre le créole de manière monolingue, à la manière de ceux qui les ont opprimés linguistiquement. Ils héritent de ce monolinguisme sectaire et ils défendent leur langue à mon avis d’une mauvaise manière. Ma position sur la question est qu’on ne sauvera pas une langue dans un pays en laissant tomber les autres. » (Lise Gauvin : « L’imaginaire des langues – Entretien avec Édouard Glissant », revue Études françaises, 28, 2/3, 1992 – 1993, Presses de l’Université de Montréal, 1993.)

Les éditions Zémès (Haïti) et Cidihca (Canada) s’apprêtent à publier à la mi-juin 2026 le premier livre de la jurilinguistique haïtienne entièrement consacré à l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti, le créole et le français. Ce livre, le huitième du linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol, a pour titre « Plaidoyer pour l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti ».

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L’éphéméride du 22 mai

Les esclaves de Martinique se libèrent de leurs chaines le 22 mai 1848

Sous la Révolution française, les députés de la Convention abolissent l’esclavage une première fois pour calmer la révolte des esclaves dans les colonies des Antilles et empêcher l’Angleterre de s’en emparer. Mais Napoléon Bonaparte abroge cette mesure le 20 mai 1802, sitôt acquise la paix avec l’Angleterre.

Ce faisant, le Premier Consul répond à une demande du Sénat et cède à la pression de sa femme, Joséphine de Beauharnais, née Tascher de la Pagerie, originaire de la Martinique ( Point contesté).

En 1833, l’esclavage est définitivement aboli dans les colonies britanniques. La France attend l’avènement de la Deuxième République, quinze ans plus tard, pour suivre son exemple. Le décret d’abolition est publié grâce à la ténacité de Victor Schoelcher (44 ans), qui libère par décret 250.000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion comme à Saint-Louis du Sénégal.

Lire Edouard de Lépine : Sur l’abolition de l’esclavage 

Le décret, qui prévoit l’abolition dans un délai de deux mois, arrive dans les colonies quatre à cinq semaines plus tard.

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Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

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Transport terrestre en Martinique : quelles suites au débat

— RS n° 447 lundi 18 mai 2026 —

Il faut saluer la « conférence-débat » organisée par Francis Carole, Béatrice Bellay, Daniel Marie-Sainte mercredi dernier, et la participation du comité de grève de Transaglo animé par la CGT. C’est parce que cette initiative du débat public sur un sujet qui est dans toutes les conversations est positive que nous souhaitons la poursuivre avec quelques remarques. La volonté d’équilibre entre intérêts des salariés et ceux des usagers était manifeste dans le propos introductif. Mais si le souci des trois éluEs de se démarquer de la majorité actuelle en charge des organismes qui gèrent l’activité était évidente et normale, il reste beaucoup à dire et faire pour avancer réellement dans une solution intégrant tous les intérêts légitimes concernés. L’intérêt global, écologique et sanitaire de la population, avec un transport public réduisant la folie du tout automobile. L’intérêt social pour une mobilité de qualité, plus proche possible de la gratuité. L’intérêt des travailleurs/ses du secteur (conditions de travail, rémunération, sécurité…). L’intérêt économique pour la collectivité.

Pour venir à bout de ce vaste chantier, il faudra plus que la seule empoignade d’éluEs, la seule négociation avec telle ou telle partie des salariés, et la seule écoute des récriminations renouvelées d’associations d’usagers/ères.

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Chan lé chan

— Par Daniel M. Berté —

chan koton,
chan kafé,
chan kann,
chan mizè…

An solitid-mwen…
An solitid-mwen…

adan chan koton-yo,
malè-mwen ka pléré,
malè-mwen ka lévé,
malè-mwen ka palé…

adan chan doulè-mwen…
adan chan doulè-mwen…

an solitid-mwen,
adan chan kafé-yo,
doulè-mwen ka monté,
doulè-mwen ka kriyé,
doulè-mwen ka palé…

adan chan soufrans-mwen…
adan chan soufrans-mwen…

An solitid-mwen,
adan chan kann-yo,
soufrans-mwen ka pété,
soufrans-mwen ka rélé,
soufrans-mwen ka palé…

adan chan dévenn-mwen…
adan chan dévenn-mwen…

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« Nos amis les mots… », « Le pouvoir des mots », « Écrire… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Nos amis les mots…

Les mots sont nos amis !
Parfois ils sont lointains,
parfois ils sont anciens…
On ne les connaît pas
comme une famille éloignée
qu’on a envie de rencontrer.

Mais qu’on les appelle,
qu’à haute voix on les épelle,
aussitôt ils sont là
quand on en a besoin
afin de nous aider
à communiquer nos pensées
et partager nos émotions…

Les mots ont une histoire,
ils ont une mémoire,
en eux un grand pouvoir,
en eux un grand savoir,
ils sont chargés d’espoir !
Si l’on apprécie leur musique,
c’est parce qu’elle est magique…

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« Arts du montage et de l’assemblage » : l’art des rencontres inattendues

— Par Alain Joséphine —

Dominique Berthet (dir.), Arts du montage et de l’assemblage,  Presses Universitaires des Antilles, coll. « Arts et esthétique », 2025.

Arts du montage et de l’assemblage est une publication de 202 pages qui rassemble les textes du colloque qui avait pour thème « Montage et assemblage en art ». Ce colloque s’est déroulé à l’Inspé de Martinique en novembre 2019. Cet ouvrage est illustré en première de couverture par la reproduction d’un détail d’une œuvre d’El Anatsui présentée à la Biennale de Venise en 2019. C’est un assemblage de capsules de bouteilles aplaties.

D’ailleurs, il faut le noter, ce livre fait la part belle aux illustrations. Pas moins de 37 pages sont réservées à des photographies d’œuvres, qui pour la plupart sont en couleurs.

Dans l’avant-propos, Dominique Berthet explique qu’aux termes de « montage et assemblage », il convient d’associer celui de « collage » qui procède de la même logique opératoire. Avec ces pratiques, dit-il, « l’art est entré dans une ère particulièrement dynamique qui, au fil des décennies, apporte son lot de réalisations inattendues et de possibilités insoupçonnées » (p.

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Hector Charpentier : « Intemporelle, un temps pour elle »

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Au cœur de l’œuvre d’Hector Charpentier se déploie le concept de « figurabstraction », qu’il a créé au début des années 1990 comme une réponse critique à l’opposition historique entre figuration et abstraction.

Les œuvres présentées donnent à voir une construction de l’image en strates successives. La figure humaine, souvent féminine, y occupe une place centrale : elle constitue le point d’ancrage sensible du tableau, autour duquel se déploient des champs chromatiques et des structures abstraites. Ces plans dialoguent sans hiérarchie, ouvrant l’image à une lecture à la fois plastique, symbolique et mentale. Le regard du visiteur est ainsi invité à circuler entre le visible et l’invisible, entre la présence incarnée du motif et sa transposition dans un espace spirituel.

Par la figurabstraction, Hector Charpentier propose ainsi une réflexion sur les conditions mêmes de la représentation. Son œuvre interroge la capacité de l’image à rendre visibles des réalités intérieures, et affirme la peinture comme un lieu de synthèse entre matière, esprit et mémoire.

Hector Charpentier, fondateur de la Figurabstraction académicien et commandeur académique des arts, des sciences et lettres en Italie, diplômé de l’école nationale des Beaux-Arts de Toulouse et premier Grand prix de sculpture de Toulouse, sa carrière d’enseignant, fut couronné par les palmes académiques.

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L’éphéméride du 20 mai

La loi du 20 mai 1802 rétablit l’esclavage l

La loi du 20 mai 1802 (30 floréal an X) est un retour sur les principes du décret du 4 février 1794 (16 pluviôse) qui avait aboli l’esclavage sur tous les territoires de la République française. Il faut constater que cette abolition n’a pas été effective dans plusieurs colonies françaises. La Réunion a entravé son application, la Martinique l’a refusée au terme d’une insurrection royaliste similaire à celle de Vendée. En effet, soulevée depuis le 16 septembre 1793, la Martinique signe, représentée par le planteur Louis-François Dubuc, un accord de soumission à la royauté anglaise (traité de Whitehall). Le 6 février 1794, les Anglais entament la conquête militaire de l’île qu’ils terminent le 21 mars 1794. Les planteurs martiniquais évitent donc ainsi l’abolition effective de l’esclavage sur leur territoire.

La loi du 20 mai 1802 concerne explicitement les territoires qui n’ont pas appliqué la loi abolitionniste du 4 février 1794, elle est liée au traité d’Amiens du 26 mars 1802 qui restitue la Martinique, Tobago et Sainte-Lucie à la France. En conséquence, elle ne s’applique en théorie ni à la Guadeloupe, ni à la Guyane, ni à Saint-Domingue.

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Treize ans après la loi Taubira, les Outre-mer face au défi de l’acceptation

mariage_pour_tous— Par Sabrina Solar —

La légalisation du mariage pour tous en France, promulguée le 17 mai 2013 sous l’impulsion de la garde des Sceaux Christiane Taubira, a profondément transformé le paysage juridique et social français. Treize ans après cette réforme historique, près de 84 000 mariages entre personnes de même sexe ont été célébrés dans le pays. Cette évolution marque une avancée majeure vers l’égalité des droits, même si les réalités sociales demeurent contrastées selon les territoires.

D’après les données publiées par Institut national de la statistique et des études économiques, environ 6 750 mariages homosexuels ont été enregistrés en 2024, soit près de 3 % de l’ensemble des unions célébrées en France. Depuis plusieurs années, ce chiffre reste relativement stable. Après un pic observé en 2014, lié à l’effet de rattrapage des couples qui attendaient cette reconnaissance légale depuis longtemps, le mariage entre personnes de même sexe s’est progressivement inscrit dans la normalité institutionnelle française.

Les études statistiques révèlent également plusieurs spécificités. Les couples homosexuels se marient en moyenne plus tard que les couples hétérosexuels. Les hommes épousant un homme ont presque 45 ans en moyenne, tandis que les femmes épousant une femme ont environ 39 ans.

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 » La collection sort de sa réserve »

Fondation Clément jusqu’au 28 juin 2026

Collectionner est une mission. Acheter, conserver, montrer, publier. La Fondation Clément a choisi de promouvoir la diversité de la création de Martinique, de la Caraïbe et de sa diaspora.

Une collection, c’est un ensemble indéfini d’œuvres, une somme de singularités à décrypter, ordonner, articuler. Cette exposition vous invite à un voyage au cœur des multiples facettes de l’art contemporain de la Caraïbe en explorant la question de la figure humaine, de la matière à l’œuvre et du cadre.

D’abord la figure humaine, un des sujets de prédilection de l’art occidental depuis la préhistoire. C’est le lieu privilégié de toutes les expériences plastiques. Affranchie des canons classiques, libérée des codes de représentation traditionnelle, le visage ou la silhouette se déclinent à l’infini : de la photographie traditionnelle à la photographie expérimentale, de la peinture figurative au portrait expressionniste, de la silhouette stylisée à la figure fantaisiste, du totem au masque jusqu’à l’évocation abstraite épurée sur film radiographique.

Puis, viennent, dans le second espace d’exposition, le support et les matériaux qui définissent le geste de l’artiste et la matérialité de l’œuvre.

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Politique : nouveautés de mai 2026

🌍 Diplomatie et stratégie

🛰️ L’État et le mensonge au Sahel

Théorie de l’Inversion Morale d’État et gouvernance du faux dans les régimes militaires africains
— Etienne Fakaba Sissoko
Préface d’Emmanuel Caulier

Depuis 2020, les régimes militaires sahéliens ont profondément transformé leur mode de légitimation. Ce livre propose une thèse forte : le mensonge d’État n’y est plus un simple instrument politique, mais une norme morale de gouvernement.

À partir d’une analyse rigoureuse du Mali, du Burkina Faso et du Niger, Étienne Fakaba Sissoko élabore la Théorie de l’Inversion Morale d’État (TIME), montrant comment la manipulation du réel devient un outil central de domination politique et sociale. […]

  • 📖 EAN : 9782336613161
  • 📅 Parution : 23/04/2026
  • 📐 Format : 135 × 215 mm
  • 🌍 Collection : Diplomatie et stratégie
  • 📄 206 pages
  • 💶 22,00 €

⚠️ Le financement du terrorisme au Sahel

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Théâtre & Beaux-Arts : nouveautés mai 2026

🎭 Théâtre

🎬 En scène

📘 I Plateforme — Juliette Bessou

Alors que des criquets se mettent à chanter dans une petite ville des États-Unis, l’entreprise Tradeworld annonce le lancement d’un algorithme ultrarapide baptisé NABI qui va révolutionner la finance. Quelques semaines plus tard, une employée de cette même entreprise se suicide en direct sur les réseaux sociaux. Au même moment, une jeune femme, agente d’entretien, se retrouve victime d’une erreur […]

  • 📖 EAN : 9782336583617
  • 📅 Parution : 16/04/2026
  • 📐 Format : 135 × 215 mm
  • 🎭 Collection : En scène
  • 📄 80 pages
  • 💶 12,00 €

❤️ Coup de grâce — Laura Desprein

Ils se rencontrent, ils s’aiment au premier regard.
En tout cas, elle, oui.
Lui, ce n’est pas qu’il ne l’aime pas. Il l’aime, mais il ne le sait pas, car on lui a dit qu’il ne pouvait pas… aimer.

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Annette Messager : « une hirondelle ne fait pas le printemps »

Du 14 avril 2026 au 20 septembre 2026 
Musée de la chasse et de la Nature
60, rue des Archives
75003 Paris 3

— Par Dominique Daeschler —

Au musée, tellement baroque, de la chasse et de la nature à Paris, Annette Messager, une fois de plus, se joue des assignations et des classifications. Avec « une hirondelle ne fait pas le printemps », exposition composée de 4 épisodes : « bricoler des chimères, capturer le trouble, conter nos vulnérabilités, truquer le réel », l’artiste puise dans son univers fait d’extravagances où se mêlent poésie, effroi, cruauté, esprit de domination. En traquant l’animal, le maltraitant apparemment parfois, c’est de nous, à nous qu’elle parle, de notre place dans le monde d’aujourd’hui. Usant de toutes les matières (documents, photos, tissus, plumes, perles, broderies, dessins, taxidermies …), elle dézingue, associe ses fantasmes dans une forme (la peluche éventrée aux drôles d’organes), se joue d’une pièce du musée associant perles et tchador à de bien conventionnels chiens de porcelaine. Il lui importe de créer un choc pour réinterroger le réel, provoquer notre imaginaire : dans une bibliothèque des peluches qui font la culbute sont d’incroyables lecteurs, plus loin un mobile romantique fait de lapins (encore des peluches) aux couleurs tendres tourne dans un ronronnement de ventilateur.

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L’éphéméride du 19 mai

Inauguration de la prison Mazas le 19 mai 1850

La maison d’arrêt cellulaire, appelée couramment prison Mazas, est une ancienne prison de Paris, construite par l’architecte Émile Gilbert entre 1845 et 1850 pour remplacer le dépôt des condamnés de la Force.
Historique
Située en face de la gare de Lyon, elle est utilisée de 1850 à 1898 essentiellement à l’internement des prisonniers de droit commun. La prison occupe l’emplacement du pentagone limité par les voies aujourd’hui dénommées boulevard Diderot, rue de Lyon, rue Traversière, avenue Daumesnil et rue Legraverend.

Cette « maison d’arrêt cellulaire » s’inspire des modèles du régime carcéral américain en vogue dans le milieu du siècle, le système cellulaire, dans l’esprit de la prison de la Petite Roquette construite en 1836.

L’entrée de cette prison était située initialement 23-25 boulevard Mazas, qui donne donc son nom à la prison (avant d’être rebaptisé boulevard Diderot en 1879).

Mais ce boulevard (partant des abords du pont d’Austerlitz) portait le nom du colonel Jacques François Marc Mazas, mort à la bataille d’Austerlitz : sur réclamation de la famille, l’administration dû renoncer en 1858 à l’appellation primitive au profit de Maison d’arrêt cellulaire.

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80 ans de Départementalisation : tous Français ?

— Par Guy Flandrina —

La question des « réparations du crime contre l’humanité » que fut l’esclavage se pose avec de plus en plus de force et d’acuité dans tous les pays où cette abjection fut de mise.

Il ne semble pas inintéressant, en parallèle à ce 22 mai 2026, de placer cette interrogation en miroir de la départementalisation qui était supposée faire des ressortissants des quatre « vieilles colonies » des « français à part entière »…

Le 25 mars 2026, l’ONU a franchi un cap : elle a qualifié la traite des esclaves africains et l’esclavage racialisé de « plus grave crime contre l’humanité » et appelé à des mesures de justice réparatrice. Un tournant, vingt-cinq ans après la loi Taubira.

La résolution 80/250, portée par le Ghana au nom du Groupe des États africains, a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, parmi lesquelles celle de la France. De là naît le cœur du débat : comment le « pays des droits humains » peut-il s’abstenir sur un texte d’une telle portée ?

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