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Ofildelo : nouveau chantier participatif du 8 au 10 mai 2026

Chantier participatif du 8 au 10 mai 2026

Ateliers et rencontres scolaires – 7 et 12 mai 2026

Fort-de-France, mai 2026


Présentation du projet

Le Port de plaisance de l’Étang Z’Abricot, la CACEM et l’association Un Oeuf ont le plaisir d’annoncer la poursuite du projet OFILDELO.

Ce projet artistique, environnemental et citoyen transforme le front de mer de l’Étang Z’Abricot en un parcours unique mêlant :

  • art urbain
  • sensibilisation écologique
  • valorisation touristique

Porté par le Port de plaisance de l’Étang Z’Abricot et la CACEM, et imaginé par les artistes du collectif Un Oeuf, OFILDELO interroge la place de la nature et des espèces aquatiques dans notre manière d’habiter la ville.

À travers :

  • une fresque monumentale
  • des installations artistiques
  • des outils ludo-éducatifs

le projet invite habitants, visiteurs et promeneurs à redécouvrir la richesse de la biodiversité marine et côtière martiniquaise.

🌐 Site web : www.ofildelo.org

Retour sur le lancement

Le week-end dernier, une vingtaine de bénévoles ont participé au démarrage de la fresque aux côtés des artistes.

👉 Un nouvel appel à bénévoles est lancé pour poursuivre cette dynamique les 8, 9 et 10 mai 2026.

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Sur la question de l’utilité de la philosophie…

— Par Camille Loty Malebranche —

À la question réflexe « à quoi sert la philosophie? », je dis qu’ainsi posée, cette interrogation répétitive résonne comme une inquisition. Question trop chargée de préjugés sots, au point d’en devenir aberrante! Aberration primitive de la foule qui ne peut s’imaginer un ailleurs à l’utilité servile, celle de l’usage objectal des choses. Pragmatisme programmé par la société de l’immédiat.

Posée au pluriel, la réponse à la question de la fin des philosophies, non de leur utilité, serait: Elles aident à proposer des modes de vision, des manières de regard des êtres et des choses.

Mais sans vouloir justifier ce qui n’est sur la sellette du superfétatoire que par la superfluité du pratique, du rentable et de l’utile, ces idoles de la masse servile et réflexe que le systématisme de l’ordre socioéconomique et de l’idéologie programme, nous affirmons une bonne fois pour toutes, que l’utilité n’est pas la fin de l’homme et que ce qui est humain n’a que faire des réquisitions d’un quelconque mode de production ou d’emploi utilitaire.

Pour retourner à la manière de comprendre, cette forme d’observation et de perception qu’est la philosophie, je dis qu’elle (la philosophie) est le regard plongé dans les essences pour y appréhender le sens premier et ultime des étants, choses et situations perçus comme constituant l’être c’est-à-dire la présence en général en tant qu’antithèse du néant, à travers une généalogie et une eschatologie fondamentales.

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Mai . Poésie : 5ème édition du 8 au 16 mai 2026 | Martinique

…Trouver l’eau nocturne qui lavera nos yeux

— Édito de Faubert Bolivar, Directeur artistique —

« Duc d’un peuple d’images à conduire aux Mers Mortes,
où trouver l’eau nocturne qui lavera nos yeux ? »

Ainsi s’exprima Alexis Léger dans le cinquième chant d’Anabase (1924), poème où pour la première fois il se donne le nom qu’il finira par habiter : Saint-John Perse.

Tout un foisonnement de symboles pour lancer la cinquième édition de notre désormais incontournable Mai.Poésie.

En effet, pour une bonne part de l’imaginaire caribéen, se laver les yeux, c’est non seulement se délecter de la contemplation d’une belle chose, propre à nous permettre d’oublier un temps la hideur du quotidien, mais c’est aussi faire le deuil de l’ignorance en s’initiant à de nouvelles connaissances.

Que dire de la nuit, si ce n’est qu’elle est le véritable commencement de la journée, le creuset du jour ?

Enfin, l’eau. Qui peut s’en passer ?
Tout et en tout, elle est à la fois symbole de vie, de purification et de régénérescence.

De la phrase interrogative du poète, nous avons fait une prescription, une injonction, une affirmation :

« …Trouver l’eau nocturne qui lavera nos yeux »

En ces temps de guerre et d’ignominie, de violence et de déliquescence — d’anomie presque —, aujourd’hui plus qu’hier, nous avons besoin de cette eau nocturne pour signer notre entrée dans des jours neufs.

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« Harriet Tubman – Passeuse de l’ombre » ou l’impossible représentation

Dans un dispositif scénique d’une grande sobriété, presque ascétique, une figure vêtue de blanc se détache dans un espace structuré par de hautes barres verticales, comme autant de lignes de fuite ou de barreaux symboliques. Dès les premiers instants, le rapport frontal est posé : « Je préfère rester debout pour bien voir vos visages ». Cette déclaration, à la fois simple et chargée de sens, inscrit la représentation dans une adresse directe au public. Ici, il ne s’agit pas seulement de raconter une histoire, mais de convoquer une présence, d’instaurer une vigilance partagée.

Cette frontalité engage immédiatement le spectacle dans une tension qui le traverse de part en part : comment représenter l’esclavage sans en réduire la violence à une narration explicative ou à une simple commémoration ? c’est peut-être là que se loge la difficulté la plus profonde de la pièce — se manifeste une impression persistante de balancement, presque d’hésitation structurelle, entre deux mouvements contradictoires.

D’un côté, l’œuvre semble engagée dans une tentative de symbolisation d’un réel historique : l’esclavage. Or ce réel excède constamment les cadres discursifs censés permettre de le penser.

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Miriam Makeba : musique et engagement

🎬 🎥 📽️ Mama Africa : Miriam Makeba, un film de Mika Kaurismäki 19h00 |📍 Fort-de-France – Théâtre du Lycée Schœlcher

— Par Sabrina Solar —

Mama Africa est un documentaire réalisé par Mika Kaurismäki, consacré à la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba. Le film retrace son parcours artistique et personnel sur plusieurs décennies, en s’appuyant sur des images d’archives, des extraits de concerts et des témoignages de proches, de collaborateurs et de musiciens.

Née en 1932 à Johannesburg, Miriam Makeba grandit dans un contexte marqué par des difficultés économiques et par la mise en place progressive du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Elle commence à chanter au début des années 1950, notamment avec les Cuban Brothers puis au sein des Manhattan Brothers, où elle acquiert une première reconnaissance. Sa participation au film Come Back, Africa, qui dénonce les conditions de vie sous l’apartheid, entraîne des conséquences immédiates : en 1959, alors qu’elle se trouve à l’étranger, les autorités sud-africaines lui interdisent de rentrer dans son pays. Cet exil forcé marque un tournant durable dans sa vie.

Installée d’abord aux États-Unis avec l’aide de Harry Belafonte, elle développe une carrière internationale.

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Parutions en philosophie : mai 2026

📘 PENSÉES

Pensées
Nouvelle édition
Annotations par Norbert Sclippa

Simone de Beauvoir écrivait que Sade revendiquait la vérité de l’homme contre toutes les abstractions de la philosophie, et qu’il avait dépassé le sensualisme de son époque pour le transformer en une morale de l’authenticité.
De son côté, Maurice Heine voyait en son œuvre une œuvre philosophique, et « la plus formidable machine de guerre » que le matérialisme ait jamais construite en vue de l’a[…]

EAN : 9782336610627
09/04/2026
135 x 215 mm
Collection : Hors Collection
176 pages
19.00 €


📖 PHILOSOPHIE

Nietzsche et le problème Socrate
Une aporie philosophique
Christian Savés

Sa vie (lucide) durant, Nietzsche n’a cessé d’entretenir un rapport problématique au grand philosophe grec, à tel point qu’il relève effectivement d’une véritable aporie philosophique. Il se traduit, notamment, par un phénomène d’attraction/répulsion permanent, de fascination et de révulsion, qui fait qu’il ne parvient jamais à se défaire de l’emprise que Socrate exerce sur lui. La critique du soc[…]

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

70 ans de la SIMAR : Habiter le temps, vivre ensemble

Ouverture des portes de la Villa Pacific le 06 mai

Depuis 70 ans, la Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) ne se limite pas à construire et gérer des logements : elle participe activement à la transformation du territoire et accompagne des milliers de parcours de vie. À l’occasion de cet anniversaire emblématique, elle propose une saison exceptionnelle mêlant mémoire, partage et célébration.

Une ouverture symbolique : la Villa Pacific

Le 6 mai 2026, la SIMAR ouvre exceptionnellement les portes de la Villa Pacific, ancienne résidence de fonction de direction, pour une soirée de vernissage unique.

Au cœur de ce lieu chargé d’histoire, l’exposition immersive et interactive
« 70 ans, Habiter le Temps » invite les visiteurs à parcourir sept décennies d’évolution du logement social en Martinique.

Sur plus de 200 m², le parcours plonge le public dans une expérience vivante :

  • Explorer le passé et comprendre les transformations du territoire
  • Écouter, voir et ressentir les récits de vie liés à l’habitat
  • S’exprimer, interagir et laisser une trace personnelle

Pensée comme un véritable espace de mémoire vivante, cette exposition met en lumière l’impact concret du logement social dans la vie des Martiniquais, tout en ouvrant des perspectives vers l’avenir.

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Un premier Mai malgré tout !

 — RS n° 445 du lundi 4 mai 2026 —

En dépit d’une bien modeste préparation collective, la quasi-totalité des centrales syndicales se sont retrouvées au rendez-vous du 1er mai à la Maison des syndicats, puis avec un bon millier de manifestants dans les rues.

Cela témoigne de la force d’une tradition, jadis plus ou moins contrariée par des discours dilatoires entendus jusque dans les rangs syndicaux (tentation d’opposer le 1er mai au 22 mai, scepticisme face à une journée de lutte des travailleurs/ses dans un pays au fort taux de chômage, velléité de choisir sans concertation d’autres lieux qu’au départ de la maison des syndicats, allégation que le 1er mai était un moment de fête ouvrière et non de manifestations de rue et même, c’est arrivé, évocation de divergences avec telle ou telle organisation pour justifier des premiers mai séparés…!

Cette année donc un premier mai unitaire s’est imposé, …malgré tout ! La grande bourgeoisie, son État et ses médias les plus zélés n’ont pourtant pas lésiné sur les moyens pour liquider ou affaiblir cette journée prolétarienne internationale.

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La Guadeloupe n’hésite pas, elle avance

La Guadeloupe , une entité géopolitique européenne atypique ou une future composante politique et économique de la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe serait-elle européenne ou caribéenne ?

On pose mal la question depuis trop longtemps. Le débat revient, inlassablement, comme un vieux disque rayé, nourri de postures idéologiques plus que d’analyses concrètes.Et si le véritable sujet était ailleurs ?

Car la Guadeloupe n’est ni un territoire hésitant entre deux mondes, ni une identité en quête d’elle-même. Elle est déjà une réalité géopolitique singulière : une société caribéenne ancrée dans un système européen. Et c’est précisément cette singularité qui constitue son principal levier d’avenir. Dans un environnement régional marqué par l’instabilité économique, les fragilités monétaires et les dépendances extérieures, la Guadeloupe dispose d’atouts que beaucoup sous-estiment.

Elle appartient à l’espace de Union européenne.

Elle utilise l’euro.

Elle bénéficie de transferts publics massifs, d’infrastructures financées et d’un cadre juridique robuste.

À l’échelle de la Caraïbe, ce statut n’est pas banal. Il est exceptionnel.

Pendant que certains États voisins peinent à stabiliser leur économie, à l’image de Venezuela ou restent enfermés dans des logiques d’isolement comme Cuba, la Guadeloupe évolue dans l’un des ensembles économiques les plus puissants du monde avec un marché de 450 millions d’habitants .

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Festival Ciné-Communes : programme de la 2ème édition

Du 6 au 23 mai en communes en Martinique

Pour sa seconde édition, le festival Ciné Communes, initié par l’association Protea, poursuit une ambition forte : créer un dialogue vivant entre le cinéma et la mémoire. Baptisée « Ciné Mémoires », cette nouvelle programmation invite à explorer les récits qui construisent notre héritage commun et éclairent notre réalité contemporaine.

À travers une sélection engagée, deux grandes thématiques se dessinent. La première met à l’honneur des documentaires consacrés à des figures marquantes de la littérature martiniquaise, qu’elles soient célèbres ou plus discrètes, comme Loïc Léry, Joseph Zobel ou encore Mayotte Capécia. Leurs parcours et leurs œuvres offrent un regard précieux sur les dimensions sociales, culturelles et humaines du territoire. La seconde thématique propose une réflexion autour de l’esclavage et du colonialisme, à travers des films puissants tels que « Solitude, une figure de la liberté », « Mary Prince, récit autobiographique d’une esclave antillaise » ou « Le Sucre, pour la douceur et pour le pire », qui interrogent les traces laissées par ces systèmes et leurs échos dans le monde actuel.

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Illusions perdues aux Antilles

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers-mondiste ?
— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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Parutions en littérature mai 2026

📚 CONTES

L’Univers en pantoufles
Contes cosmiques
Damien Luce

Ce livre est une fantasque odyssée interstellaire. L’auteur sillonne l’univers à la recherche de mondes insolites, et y fait la rencontre de personnages intrigants et hauts en couleur.
Le texte aborde des thèmes universels : la solitude, la curiosité, la mémoire, le courage, l’amitié, la quête de sens… Une invitation à explorer nos galaxies intérieures et à retrouver, dans les confins de cet espace, nos étoiles enfantines[…]

EAN : 9782336611273
23/04/2026
135 x 215 mm
Collection : la légende des mondes
126 pages
14.00 €


📖 ROMANS

Grosse
Yannick Dupagne

À bientôt 15 ans, Émerance n’a jamais fait le deuil de son père. En rencontrant Marcus, sa maman a recréé un foyer, mais il est loin de faire oublier la tendresse précédente. L’école permet à l’adolescente de s’évader d’une ornière familiale complexe. Toutefois, attirée comme dans un guet-apens, elle est violée par un professeur. La victime devient coupable de grossesse…
Au niveau local, la mor[…]

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Antilles : le coût du pétrole

— Déclaration de la CGTM —

Le représentant de l’État et le président de l’Observatoire des Prix des Marges et des Revenus (OPMR) ont décidé de réunir mardi 21 avril 2026 à la préfecture les membres de cette instance pour « une conférence sur la thématique de l’impact que le conflit du Moyen Orient aura directement sur le prix des produits pétroliers et des conséquences du conflit sur le prix des carburants aux Antilles ». Par « conflit au moyen Orient », il faut comprendre « la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ». Quant aux conséquences, c’est l’augmentation des prix du pétrole et des carburants avec ses répercussions sur l’économie mondiale.

Le président de l’OPMR, avec l’appui des représentants de la SARA et d’autres intervenants, ont tenté de justifier l’évolution des prix que nous connaissons et les augmentations à venir. De son côté, en préambule de son intervention, le Secrétaire général de la CGTM a cité l’extrait d’un article de Pierre Cosnard publié dans « Le Monde de l’économie » du 3 août 2016 :

« Jean-François Hénin, le président de la petite compagnie pétrolière Maurel & Prom, l’avoue humblement : l’évolution des cours du pétrole, retombés mardi 2 août à 39 dollars par baril aux Etats-Unis, le laisse désemparé.

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« Harriet Tubman – Passeuse de l’ombre », texte Penda Diouf, m.e.s. François Ebouélé

Mercredi 6 mai à 19h30 | Jeudi 7 mai à 9h30 | Tropiques-Atrium
Harriet Tubman, une héroïne afro-américaine trop longtemps restée dans l’ombre.

Née esclave dans le Maryland, au sud des États-Unis, Harriet Tubman parvient à s’échapper une nuit grâce à une intelligence vive et une ténacité hors du commun. Elle rejoint le Nord abolitionniste et s’installe en Pennsylvanie. Mais loin de se contenter de sa liberté, elle retourne à de nombreuses reprises dans le Sud pour libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves, au péril de sa vie.

Lorsque éclate la guerre de Sécession, elle s’engage auprès des forces de l’Union. D’abord cuisinière, elle devient rapidement éclaireuse, espionne et infirmière. Son courage et ses compétences la conduisent à entrer dans l’histoire : elle est la première femme à diriger une expédition militaire, menant une opération audacieuse à bord de trois bateaux à vapeur qui permet de libérer, en une seule nuit, 750 esclaves en Caroline du Sud.

À la fin de la guerre en 1865, l’esclavage est aboli, mais laisse place à un régime ségrégationniste durable. Harriet Tubman poursuit alors son combat en se consacrant à la défense des droits des femmes et à la lutte contre le racisme systémique.

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En santé, la course à l’efficacité creuse les inégalités

— Collectif (*) —

À force de vouloir optimiser les dépenses, les systèmes de santé risquent-ils d’oublier ceux qui en ont le plus besoin ? Une analyse menée sur plus de vingt ans dans les pays de l’OCDE bouscule une idée bien ancrée : et si l’équité n’était pas un frein, mais la condition même de la performance ?

La question des conflits possibles entre efficience et équité est une question très ancienne, mais l’évolution récente des systèmes de santé en donne une illustration renouvelée. En matière de santé, la recherche de l’efficience pourrait notamment conduire à négliger des segments importants de la population, les plus démunis, en matière d’accès aux soins et de traitement équitable de leurs problèmes de santé.

Les systèmes de santé doivent-ils favoriser l’efficacité ou l’équité ? Bien que la tension entre ces deux objectifs apparaisse évidente et qu’elle occupe les débats de façon continue, elle a été relativement peu étudiée empiriquement, notamment dans le domaine des politiques de santé. Notre étude récente vise à combler cette lacune.

Une observation qui s’étend sur vingt ans

À partir de séries temporelles couvrant la période 2004-2021 et portant sur 36 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), nous avons examiné, sans a priori, toutes les interrelations statistiques possibles entre efficience et équité dans les systèmes de santé.

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Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant

Sur l’initiative de plusieurs organisations professionnelles et de personnalités du monde de la culture, des centaines de personnes demandent le maintien des aides au spectacle victimes de la politique austéritaire du gouvernement.

Madame la Ministre,

Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.

Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.

Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie V

Cinquième partie
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Les États esclavagistes ont juré de reprendre Haïti
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« Le monde a proclamé la liberté, ces dernières années surtout; mais que représente cette liberté! Rien que l’esclavage et le suicide! Car le monde dit : Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands et les riches. Ne crains donc pas de les assouvir, accrois-les même; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins? Chez les riches, la solitude et le suicide spirituel; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on n’a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. »

(Fiodor Dostoïevski)

Au moment où nous rédigeons cette série de réflexions philosophiques et politiques, le monde se prépare à vivre une nouvelle tragédie d’une ampleur imprévisible. Les frontières terrestres et maritimes se ferment les unes après les autres. Le mal qui répand la terreur aujourd’hui, après la peste de l’époque médiévale, la grippe espagnole de 1918 et l’Ébola, s’appelle « coronavirus (COVID-19) ».

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Je klere sou amenajman lang kreyòl la ann Ayiti…

yon bilan sou obstak enstitisyonèl, ideyolojik, politik ak difikilte k ap antrave devlopman li

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Note liminaire

Le présent article –« Je klere sou amenajman lang kreyòl la ann Ayiti : yon bilan sou obstak enstitisyonèl, ideyolojik, politik ak difikilte k ap antrave devlopman li »–, est la version créole de l’article « L’aménagement du créole en Haïti : retour-synthèse sur ses obstacles institutionnels, idéologiques, politiques et instrumentaux » paru le 18 novembre 2025 sur le site Madinin’art. Il a été diffusé en Haïti sur les 17 plateformes régionales du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH) et sur le fil info de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA). La version créole de cet article a été élaborée par Job SILVERT, linguiste, traductologue, traducteur, professeur de créole et de traduction et membre du GRESKA (« Gwoup rechèch sou sans nan kreyòl ayisyen »), l’un des deux laboratoires de recherche de la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti. Job SILVERT a soutenu en créole, le 30 novembre 2025, une remarquable thèse de doctorat rédigée en créole et intitulée « Tradiktoloji kreyòl ayisyen an kòm lang sib : etid sou fondman teyorik travay tradiktè yo pou yon didaktik tradiksyon kreyòl ayisyen an, soti 2015 rive 2025 ».

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L’éphéméride du 4 mai

Le pape Alexandre VI promulgue la bulle Inter caetera, qui confirme le partage de toutes les terres à découvrir entre le Portugal et l’Espagne le 4 mai 1493

Inter Cætera est une bulle pontificale émise par le pape Alexandre VI et adressée aux souverains catholiques du royaume de Castille, Ferdinand et Isabelle, le 4 mai 1493.

Cette bulle donnait à l’Espagne toutes les terres à l’ouest et au sud d’un méridien à 100 lieues (418 km) à l’ouest ou au sud de toutes les îles des Açores et du Cap-Vert (soit à 36°8’W). Déjà, dans la bulle Æterni regis, le pape avait donné au Portugal tous les territoires de l’Afrique et le droit de s’approprier toutes les terres nouvelles que les Portugais découvraient à condition de les évangéliser. Le traité de Tordesillas entre l’Espagne et le Portugal en 1494 changea un peu la ligne de démarcation, à 39°53’W.

En 1533, le roi de France François Ier demanda au pape Clément VII de changer la bulle en faveur de la France. Le pape précisa donc que la bulle n’affecte que les territoires occupés par l’Espagne ou le Portugal, toutes les terres nouvelles non occupées pouvant être réclamées par d’autres monarques chrétiens.

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Journées de la mémoire et du rapprochement des peuples 3ème édition

Du 3 au 23 mai. Les Anses d’Arlet
La commune des Anses-d’Arlet, en Martinique, accueillera le dimanche 3 mai 2026 le docteur Denis Mukwege, invité d’honneur de l’ouverture de la troisième édition des Journées de la mémoire et du rapprochement des peuples (JMR), qui se dérouleront jusqu’au 23 mai. Cette journée inaugurale sera ponctuée, dès 11 heures, par une cérémonie officielle de dénomination d’une rue en son honneur, suivie à 17 heures de la projection du documentaire Muganga, celui qui soigne, prolongée par un échange avec ce médecin congolais de renommée internationale.

Nées du jumelage entre les Anses-d’Arlet et la ville historique de Ouidah, ces journées s’inscrivent dans la commémoration de l’abolition de l’esclavage, tout en dépassant le cadre d’une simple manifestation culturelle. Elles constituent un acte civique et politique majeur, visant à raviver la mémoire d’une tragédie longtemps tue, alors même que ses répercussions continuent d’imprégner nos sociétés contemporaines à travers le racisme, les préjugés et les discriminations.

Dans un contexte où la communauté internationale reconnaît progressivement l’ampleur de ces crimes, les JMR entendent jouer un rôle essentiel : éclairer l’histoire pour mieux comprendre le présent et contribuer à bâtir un avenir plus juste.

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De la périphérie à l’intégration européenne

Vers une adhésion institutionnelle graduelle de la Guadeloupe à l’UE : passer des paroles aux actes, maintenant !

— Par jean-Marie Nol —

L’idée d’un rattachement institutionnel direct de la Guadeloupe à l’Union européenne, longtemps reléguée au rang de spéculation intellectuelle, s’impose progressivement comme une hypothèse crédible d’une nouvelle doctrine de décolonisation en lieu et place de la doctrine tiers mondiste désormais obsolète, pourtant toujours défendue par les autonomistes et indépendantistes des Antilles françaises, voire comme une alternative structurante dans le débat sur l’avenir institutionnel de l’archipel. Dès l’abord, un constat s’impose avec une évidence rarement contestée mais trop souvent éludée dans le débat public : la Guadeloupe vit, circule et échange d’abord avec l’Europe, et de manière très marginale avec son environnement caribéen immédiat. Les flux de voyageurs comme ceux de marchandises traduisent une réalité économique profonde qui dépasse les discours politiques. L’essentiel du trafic aérien de passagers relie l’archipel à l’Hexagone et, plus largement, au continent européen, faisant de cette relation un axe vital pour la mobilité des personnes, qu’il s’agisse de déplacements familiaux, professionnels, éducatifs ou touristiques. De la même manière, les flux commerciaux témoignent d’une dépendance structurelle aux importations en provenance de l’espace européen, tant pour les biens de consommation que pour les équipements, les produits industriels ou les intrants nécessaires à l’activité économique locale.

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Internet et la déspatialisation de la proximité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Paradoxe du lointain proche et du proche lointain…

L’internet nous met en présence d’une autre catégorie de proximité par rapport à la proximité classique (géographique et physique) des êtres humains. Il s’agit de fait de la possibilité d’une multilocation virtuelle nous donnant pignon sur la planète et ses habitants au hasard des contacts.

Mon voisin de ville voire de palier que je ne rencontre qu’au hasard des côtoiements, tout en étant mon proche peut m’être lointain si jamais notre avoisinement se borne à de banales salutations indifférentes ou au silence. Ceux qui sont proches par l’espace immédiat, ne sont pas forcément des proches, c’est même un truisme que de le rappeler! Dans le même temps, mon abonné de blog qu’il soit allemand, algérien, russe, britannique… que je n’ai jamais perçu sur mon chemin physique, est mon proche auditeur ou interlocuteur par la communication des idées. Une proximité idéelle permise par un virtuel qui excède ses propres contours de virtualité à travers la vérité bien factuelle des contacts. Ainsi, le cyberespace fait naître un grand paradoxe où se chevauchent deux types de proximités, la proximité classique et la proximité électronique.

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Kannari ! Ou « Moun isi, la suite… « , une comédie d’Hervé Deluge

Mercredi 6 mai 2026 – 15h et 20h – Grand Carbet Parc Aimé Césaire – FDF

— Par Rodolf Étienne —

(Reprise d’un article publié le 13/11/24)

Un Vendredi sur deux chez la famille Mounici, la coutume veut que l’on mange tous ensemble. Manman, ses fils, sa fille et ses belles filles. Ce vendredi est particulier car la famille va recevoir quelques invités. Hautement professionnel pour Louis Philippe, familial pour Lyas. Trois invités étrangers au reste de la famille… Une soirée toute en tensions, attisée par la petite dernière, Léonie qui se veut rebelle et non conventionnelle. Madame Mounisi « poto mitan de la famille » risque d’avoir bien du mal à passer une soirée ou tout devient « mutation » au sein de cette famille martiniquaise. Voilà pour un aperçu de l’histoire. Hervé Deluge, le metteur-en-scène explique que c’est « le succès fulgurant du spectacle « Moun Isi », variation créole tiré de la pièce de théâtre de Bacri-Jaoui « un air de famille » qui a vu huit représentations à guichet fermé à La salle Marcé de Saint Joseph, et deux au grand Carbet du Parc floral Aimée Césaire, à Fort-de-France, soit plus de 3 000 spectateurs en un mois, l’accueil de ce spectacle et la reconnaissance du public qui le soutient, tant pour la distribution que pour les auteurs », qui lui ont donné l’envie, comme une continuité demandée par la troupe et par le public, de créer un deuxième volet de l’histoire de cette famille.

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Guerrier du verbe ou « Les armes miraculeuses » & Requiem pour aujourd’hui !

Guerrier du verbe ou « Les armes miraculeuses »

Pour stopper la souffrance
et consoler les larmes
mes mots seront des armes
qui sculptent le silence…

Tranchants et acérés
tels des silex taillés :
pointes dures de lances,
de flèches décochées

contre l’iniquité
que je prendrai pour cible…
Et si ces mots je lance
parfois avec violence,

c’est que tout est possible
à qui sait s’en servir,
non pas pour asservir
mais pour se rendre libre,

rétablir l’équilibre
rompu par l’égoïsme,
la haine et le racisme…
Puisque depuis toujours

je dis que les poètes
sont guerriers de l’amour
et leurs mots sont en fait
de miraculeuses armes
pour sécher bien des larmes,

faire cesser les guerres,
repousser la misère
comme a écrit Césaire
et puis pour être “Aimé”
de ceux qu’ils ont sauvés !

Requiem pour aujourd’hui !

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