634 search results for "art et hasard"

« Art et hasard »

Vendredi 9 juin 2017 – 18h30 – à la Bibliothèque Schoelcher (Fort-de-France)

Dominique Berthet, Laurette Célestine, Hugues Henri, Frédéric Lefrançois et Sentier.

 «Le processus créateur est souvent comparé à une lutte entre une intention, une prévision, une volonté et l’irruption de l’imprévu, de l’aléa, de l’incontrôlé.

La création ne se fait pas dans la sérénité, mais dans la recherche, l’expérimentation, l’exploration ; bref, dans l’incertitude, dans l’intranquillité.

« La création n’est qu’une série d’hésitations. S’il n’y a pas d’hésitations, d’inquiétude, d’interrogation, ce ne serait plus que de l’habilité » disait Édouard Pignon avant d’ajouter : « C’est dans la découverte, dans le frémissement de l’inquiétude, dans le frémissement de l’hésitation qu’on cueille les fleurs de la création ».

La création artistique nous plonge dans une constante oscillation entre intention et hasard, projet et inconnu, dessein et surprise. Il s’agit d’un saut dans l’inconnu. Dans le cas contraire, la création ne serait que de l’habilité, du savoir-faire, de la technique.

Questionner la présence et le rôle du hasard dans l’art, c’est découvrir les voies inattendues explorées par les artistes. Les sentiers de la création ne sont pas balisés.

→   Lire Plus

« Art et hasard » conférence du CEREAP

Mardi 21 février 2017 , à 18 h

ESPE (Route du phare, Fort-de-France)

Intervenants : Anne-Catherine Berry, Dominique Berthet, Olivia Berthon

A cette occasion vous pourrez découvrir le nouveau numéro de la revue Recherches en Esthétique (n° 22) portant sur le même thème.

*****

Le hasard a toujours fasciné les artistes.
Conscient du formidable potentiel qu’il recèle, les artistes ont tenté à plusieurs reprise de le convoquer au coeur même de leur démarche afin de pouvoir jouir de ses bienfaits créatifs.

Le hasard reste avant tout une notion difficilement définissable. Néanmoins deux catégories de hasard peuvent être distinguées comme l’a établi avec justesse le biologiste et biochimiste Jacques Monod, dans la mesure où un hasard peut effectivement être soit subi, soit provoqué. Le premier répondant à « une incertitude essentielle » et le second à une « incertitude opération nelle ».
Dans le premier cas le hasard peut se donner à voir comme un accident et un événement fortuit, inexplicable et inattendu, pouvant s’inviter à tout instant dans l’acte créatif, aussi bien avant que pendant ou aussi après.
Il peut être alors perçu comme un acteur – important ou non – venant bouleverser l’oeuvre en bien ou en mal.

→   Lire Plus

« Art et hasard » 21e colloque du CEREAP

 26 & 27 novembre 2016 au Mémorial ACTe

art__hasard-2Programme ci-dessous.

Hasard et aléatoire, Dada et art génératif

— Par Augustin Manaranche —

Le hasard a toujours fasciné les artistes.
Conscient du formidable potentiel qu’il recèle, les artistes ont tenté à plusieurs reprise de le convoquer au cœur même de leur démarche afin de pouvoir jouir de ses bienfaits créatifs.
Au travers de l’exemple du mouvement Dada et de l’art génératif nous chercherons à découvrir la signification de leurs rapports au hasard.

Introduction au hasard et à l’aléa dans le champ de l’art
Le hasard reste avant tout une notion difficilement définissable. Néanmoins deux catégories de hasard peuvent être distinguées comme l’a établi avec justesse le biologiste et biochimiste Jacques Monod, dans la mesure où un hasard peut effectivement être soit subi, soit provoqué. Le premier répondant à « une incertitude essentielle » et le second à une « incertitude opérationnelle(1).

Dans le premier cas le hasard peut se donner à voir comme un accident et un événement fortuit, inexplicable et inattendu, pouvant s’inviter à tout instant dans l’acte créatif, aussi bien avant que pendant ou aussi après.

→   Lire Plus

Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Vladimir Skoda

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

J’ai rencontré Vladimir Skoda à la Fondation Clément en décembre 2018, lorsqu’il est venu finir l’installation de sa pièce « Ciel de sphères, sphères de ciel ». Immense artiste et charmant au possible. Il portait un costume de couleur claire, et un chapeau, une longue barbe blanche aussi. Nous avons discuté pendant des heures, sur le banc face à son œuvre, en parlant de l’œuvre que ses aides installaient, de son enfance, de son fils qui est au Canada, du jardin, des fleurs boulets de canon qu’on y trouve et qui l’avaient enchanté, de Prague, où il a grandi. J’ai beaucoup ri quand il m’a raconté qu’après avoir été considéré dissident pour être parti étudier à Paris avant le printemps de Prague, et n’être jamais revenu au pays, il lui était interdit d’y revenir. Mais un jour, ses parents étant très âgés, il a voulu y aller quand même et pour éviter qu’on lui retienne sur place, il avait organisé un voyage d’études avec ses élèves d’une école d’art.

→   Lire Plus

Caroline Castelli : une conteuse en Martinique du 19 au 31 mars 2021

Il était une fois Caroline…

Initiée dès le berceau à la transmission orale, au mystère de la Parole et du Verbe, Caroline n’a eu qu’une quête depuis ce temps : continuer de récolter les paroles anciennes des vieux sages et des vieilles femmes mystiques aux yeux qui brillent comme des étoiles.

Sa curiosité des autres cultures la fait voyager autour de la Terre, elle se balade sur les continents avec une oreille attentive à l’origine du monde.

Son attirance pour l’Afrique et la Caraibe l’entraînent dans une quête du savoir des Anciens.iennes Rastas au Ghana ( Peuple Asante-Ashanti) et en Jamaique, elle récolte leurs témoignages pour nourrir son répertoire de leur sagesse et connaissance animiste.

Conteuse sans frontières, sa vie dans la banlieue pluriculturelle de Seine St Denis la conforte vers l’universalité des contes.

Hyperactive de la création, elle a créé plus d’une centaine de spectacles.

Sa voix puissante ou caressante aux accents changeants et surprenants, transporte et éveille ceux qui l’écoutent. Allant de la tonitruance à la délicatesse, son arc-en-ciel de voix illustre à merveille les légendes et mythes.

Comme le lui avait dit cet enfant à la fin d’un spectacle : « T’as toutes les voix de la Vie.

→   Lire Plus

Le jardin des sculptures, entretiens d’artistes : Gilles Barbier

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

Entretien avec Gilles Barbier à la Fondation Clément en novembre 2018 lors de l’installation de The Misthrown dice (Le dé cassé) au jardin des sculptures. L’œuvre m’intéressait mais ce n’est qu’après avoir parlé avec son créateur que j’ai saisi toute la portée de cet immense dé rouge saisi en pleine course sur le damier.

Matilde dos Santos : « Le dé cassé » (The Misthrown dice) peut sembler énigmatique pour qui ne connait pas votre œuvre, pouvez-vous revenir sur sa genèse ?
Gilles Barbier : En fait pour vous parler de cette œuvre je dois vous parler de tout mon travail. Ce dé apparait dans mon travail dès les années 90. J’ai commencé à faire de l’art en étant très intéressé par les techniques du hasard et notamment le lancer de dés qui permet d’obtenir différentes possibilités à partir d’un projet unique. J’ai donc créé un parcours au dé ; et au même moment je lisais le roman « L’homme dé » de Luke Rhinehart1 qui m’a servi à la fois pour théoriser mon processus de travail mais aussi pour m’ouvrir à l’idée d’une démarche artistique qui ne soit pas monolithique et que puisse emprunter les chemins du dé.

→   Lire Plus

Le dépeuplement de la Martinique : ira-t-on vers une substitution choisie ? 

Par Yves-Léopold Monthieux
Depuis les derniers chiffres de l’INSEE sur la démographie décroissante, des spécialistes et autres observateurs se penchent sur ce phénomène qui pourrait être déterminant pour les choix politiques à venir. Ces chiffres tombent à point nommé pour nourrir des projets en vue de l’élection de la Collectivité territoriale de Martinique. Deux intellectuels connus, le sociologue André Lucrèce et l’anthropologue Gerry Létang, apportent leur éclairage sur la nature du problème jusqu’à, pour le second nommé, esquisser une solution. Pour expliquer la décroissance de la population de ce début de siècle, le premier a cru devoir se référer à des déclarations politiques du passé.
Est-il encore besoin, en effet, de faire appel à des propos tenus par des leaders indépendantistes pour qui, loin de se préoccuper d’avenir démographique de Martinique, il s’agissait de faire feu de tout bois pour combattre le système politique français en vigueur. Edouard Glissant, membre fondateur du FAGA, le grand frère de l’OJAM, est cité pour sa métaphore douteuse : « Le pays, vidé de son sang jeune sera sans ressort et pourra être tenu en toute quiétude ».

→   Lire Plus

Année 2020 : le retour du nationalisme martiniquais

Par Yves-Léopold Monthieux

Ce n’est pas chose aisée de désigner le Martiniquais de l’année. L’année de la pandémie aurait pu mettre en évidence un médecin hospitalier ou un grand dirigeant de la santé. Par ailleurs, eu égard à son succès en Equipe de France de football féminin, Wendy Renard pourrait aussi prétendre à la distinction de Martiniquaise de l’année, encore qu’elle pourrait être nommée la sportive martiniquaise de l’année. Mais on est plutôt enclin à porter le regard vers ceux qui nous dirigent : les élus.

C’est peu dire qu’au cours d’une année marquée par la grève des enseignants la plus longue que la Martinique ait connue, l’absence durable d’eau dans les foyers, la pandémie qui se poursuit ainsi qu’un activisme ethno-politique sans précédent, aux couleurs du drapeau Rouge-Vert-Noir du nationalisme, les hommes politiques n’ont pas brillé par leurs initiatives. Tout au plus se sont-ils flattés d’offrir à la communauté médicale l’aide de médecins cubains, façon de mordre les jarrets du pouvoir régalien de la santé. Leur embarras a été, pour la plupart d’entre eux, particulièrement perceptible lors des menées activistes où les postures les plus inattendues se sont dévoilées.

→   Lire Plus

Christian Boutant change de partition et quitte ses fonctions de délégué régional de la Sacem

— Par Peggy Pinel-Fereol —

C’est avec un petit message intitulé « Dernière note » que Christian Boutant a annoncé son départ de ses fonctions de délégué régional Sacem de Martinique et de Guyane après 35 ans de service. Seul antillais à ce poste, il a oeuvré pour le développement et la professionnalisation de la musique.

Son départ d’ici quelques jours, fin novembre 2020, Christian Boutant le vit « merveilleusement bien« . Dans son petit message qui a fait le tour des réseaux sociaux, c’est « à tous les auteurs, compositeurs, éditeurs, aux professionnels, à la presse et aux médias, à tous les amoureux et défenseurs de la musique » qu’il l’adresse. Il faut dire qu’en poste depuis 1985, l’homme a rencontré et travaillé avec beaucoup de monde. 

J’ai adoré ma fonction au service des artistes, de la création, de la culture. Mais j’ai un âge aujourd’hui et effectivement ça me fait du bien de prendre du recul.
Je devais déjà partir depuis le mois de mars et je suis resté.  C’est vrai qu’il y a cette crise, mais c’est aussi vrai que nous sommes de plus en plus centralisés et ça me fatigue aussi.

→   Lire Plus

Écriture inclusive : n’en déplaise aux linguistes, la langue appartient vraiment à tout le monde

—Par Bérengère Viennot —

Traductrice, rédactrice et correctrice, répond à Éliane Viennot qui estime que la linguistique n’appartient qu’aux experts et les débats sur l’écriture inclusive avec.

Marianne a publié le 18 septembre dernier une tribune rédigée par les linguistes Yana Grinshpun, Franck Neveu, François Rastier, Jean Szlamowicz et signée par une tripotée de leurs collègues plus ou moins médiatisés. Cette tribune réfute la thèse ardemment défendue par les partisans de l’écriture inclusive selon laquelle la langue telle que nous l’utilisons aujourd’hui est intrinsèquement sexiste.

Indignée que ces gens « s’affichent comme linguistes », Éliane Viennot, égérie des partisans de l’écriture inclusive en général et du point médian en particulier, a publié aussi sec une riposte sur le site Slate.fr visant à les décrédibiliser. Comme elle l’a asséné dans une tribune répondant à la mienne l’année dernière (oui, ça fait beaucoup de tribunes) je ne fais pas partie de la catégorie des linguistes puisque je ne suis qu’une « praticienne ». En effet, en tant que traductrice, essayiste, journaliste, professeur de traduction, de compétences rédactionnelles et de révision, j’ai les mains dans les mots, jusqu’aux coudes, jusqu’à la glotte, jusqu’au cortex, tous les jours de ma vie et une bonne partie de mes nuits.

→   Lire Plus

Dominique de Villepin : « N’entre pas ici, Arthur Rimbaud »

— Par Dominique de Villepin Ancien premier ministre (2005-2007) —

Faire entrer Arthur Rimbaud et Paul Verlaine au Panthéon serait trahir ces esprits rebelles et, sous prétexte d’honorer un couple, réduire leur œuvre respective à leur passion amoureuse, s’insurge, dans une tribune au « Monde », l’ancien premier ministre.

Tribune. 

Lancée il y a peu, une pétition suggérant de transférer les dépouilles d’Arthur Rimbaud et de Paul Verlaine au Panthéon a engendré une de ces polémiques dont la France, pays éminemment littéraire, a le secret. Pour assurer le battage, les auteurs ont motivé leur supplique, présentant les deux poètes comme « les Oscar Wilde français » : le but affiché n’est pas tant de célébrer deux génies de la littérature que d’installer dans le mausolée un couple érigé au rang d’icône.

Ainsi, deux vies, deux œuvres aussi protéiformes seraient réduites à une passion amoureuse. Cette essentialisation, qui paraît reléguer la poésie au rang d’accessoire, est en soi si caricaturale qu’elle n’appelle d’autre commentaire qu’un immense éclat de rire. Elle est aussi absurde que les protestations des ligues de vertu.

Il s’est cependant trouvé, pour soutenir cette pétition, plus de cinq mille signataires dont la qualité et l’autorité obligent à la considérer non pour ce qu’elle dit, mais pour ce qu’elle est : un symptôme de la crise d’identité que traverse la France.

→   Lire Plus

À la Martinique, renaissance bienvenue de la vie culturelle

— par Janine Bailly —

L’épidémie semble s’ancrer dans le territoire, et pourtant la vie culturelle, trop longtemps contrainte au sommeil, se hasarde à reprendre des couleurs.

Vinrent d’abord les manifestations organisées par diverses associations en l’honneur du 150° anniversaire de l’Insurrection du Sud de 1870.  Ainsi, le dimanche 13 septembre de ce mois, à l’initiative de Culture-Égalité une marche théâtralisée eut lieu au Vauclin, au cours de laquelle artistes et comédiennes ont « jalonné le parcours pour nous raconter et mimer l’histoire des Insurgés du Sud ». Le 19 du même mois, l’Union des Femmes de Martinique nous a invités au village-mémoire « Fanm limiè, léritaj lensireksion lisid », à l’Habitation La Mauny,  offrant aux uns la possibilité  de découvrir, aux  autres celle de se remémorer  « l’héritage de Lumina Sophie et des femmes insurgées », au travers notamment de performances artistiques et théâtrales.

Sont maintenant inscrites à notre horizon deux représentations théâtrales, que nous attendons dans l’impatience et la fébrilité ! La première, un Oratorio nommé « Antigone ma sœur »,  composé  à partir de la pièce  de Sophocle et proposé par l’enfant bien connu et bien-aimé du pays Nelson-Rafaell Madel, aura lieu les 2 et 3 octobre sur la scène Frantz Fanon de Tropiques Atrium.

→   Lire Plus

Bréviaire pour un nouveau modèle économique et social en Martinique

— Par Jean-Marie Nol, économiste —

Hier, nous n’avons pas réussi à surmonter nos difficultés, ni à construire un projet Martiniquais fiable sur le plan politique et économique , ni à ce jour transcender nos divisions et différences sur l’évolution de nos institutions ,alors, pourrons-nous le faire demain, alors que le contexte socio-économique inhérent au covid 19 ne s’y prête pas aujourd’hui ?

A l’heure actuelle, l’optimisme n’est plus de mise. La crise de confiance des chefs d’entreprises et des ménages est en effet passée par là. Et les nuages ne cessent de grossir à l’horizon. Les prévisions de croissance de L’Insee et de l’IEDOM en 2020 sont de plus en plus battues en brèche. Conséquences : » Le chômage de longue durée tout comme le chômage des jeunes devraient repartir à la hausse , ajoutent les experts . Les entreprises devraient continuer à maîtriser les coûts et à couper dans les effectifs afin de maintenir leur compétitivité voire à pérenniser l’activité . De plus, la note de conjoncture observe une accélération dans le désengagement des banques . Des bouleversements sans précédents sont en train de se produire, qui conduisent à des ruptures, à des recompositions non encore pensées, note L’Insee pour qui la Martinique est rentrée dans des zones grises .

→   Lire Plus

Sarah Malléon : “Tous mes films se passent en Martinique ou mettent en scène des Antillais”

À l’origine de certains épisodes de séries télévisées  françaises comme Mongeville, Sam, ou Tropiques Criminels, se trouve une jeune femme martiniquaise, Sarah Malléon, scénariste diplômée. Reçue au concours sélectif du Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle (CEEA), à Paris, elle  a suivi une formation de deux ans, au terme de laquelle elle est sortie de l’école, en 2015, « avec une bible de fiction-télé et une bible de fiction-animation ». Quelques mois après, elle trouvait un agent et entrait dans la vie active, au sein du monde de la télévision et du cinéma français.

À la différence de certains cinéastes qui se dirigent vers les industries cinématographiques africaines ou canadiennes, son travail de scénariste, c’est en France qu’elle veut le faire. Et ce en dépit des difficultés rencontrées, voire des oppositions auxquelles elle peut se heurter, car « partir, c’est laisser les autres gagner ». Elle ne veut pas, dit-elle, « laisser l’entre-soi hexagonal gagner ». Mais pense que « c’est encore possible », qu’il faut garder espoir.

Si elle refuse d’être « mise dans une case » en ce qui concerne le cinéma — son talentueux Doubout lui seul en est une preuve — elle reconnaît qu’elle l’est déjà pour la télévision.

→   Lire Plus

« Mémoires et Partages », pour que nos villes changent

Karfa Diallo : « La France a débaptisé des rues qui portaient des noms de collabos, pourquoi pas celles qui portent des noms de négriers ? » 

En marge des manifestations contre le racisme, après la mort de Georges Floyd, des statues de négriers sont déboulonnées aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Belgique etc. Et en France, qu’en est–il du passé négrier de certains grands ports de la façade atlantique ? Pourquoi certaines rues n’ont-elles jamais été débaptisées ? France Inter a demandé à Karfa Sira Diallo son avis sur la question. Karfa Sira Diallo est essayiste, éditorialiste, et consultant franco-sénégalais, né à Thiaroye en 1971. Engagé depuis de nombreuses années sur les questions de la diversité culturelle et du travail de mémoire, en particulier autour de l’esclavage et de la colonisation, il est actuellement directeur fondateur de l’association internationale « Mémoires et Partages », basée à Bordeaux et à Dakar.

Beaucoup de rues portent encore les noms des familles qui ont prospéré sur le commerce d’esclaves. Square Rasteau, square Giraudeau, rue Admirault en sont un exemple à la Rochelle, où six lieux portent le nom d’armateurs qui ont bâti fortune et renom sur la traite négrière au 18e siècle.

→   Lire Plus

Carnaval de Martinique : histoire et déroulement

Le carnaval de Martinique se déroule du samedi au mercredi de la semaine des jours gras précédant le carême ; notamment le samedi gras (présentation des reines du carnaval), le lundi gras (défilé des mariages burlesques costumés en travestis), le mardi gras (défilé des diables rouges costumés en rouge) et le mercredi des cendres (défilés en noir et blanc, mort de Vaval).

Histoire

Le carnaval de la Martinique est né de la rencontre des cultures européennes et africaines durant la colonisation. Il a connu son heure de gloire à Saint-Pierre, à la fin du XIXe siècle. La tradition du carnaval se perpétue à Fort-de-France depuis la destruction de Saint-Pierre en 1902 (éruption de la montagne Pelée)1.

Déroulement

Les manifestations commencent un peu plus tard que dans les deux autres départements français d’Amérique (DFA), généralement après l’Épiphanie, soit mi-février. Chaque week-end, dès le début de la saison du carnaval, des parades d’orchestres de rues et de groupes à pied déguisés animent Fort-de-France et les communes de l’île mais avec beaucoup moins d’ampleur que pendant les jours gras. Des élections de reines sont organisées dans les communes, il y a aussi parfois des spectacles carnavalesques et des expositions.

→   Lire Plus

Un référendum sur l’indépendance de la Martinique ? Chiche !

Par Yves-Léopold Monthieux —

Raphaël Confiant souhaite que soit organisé un referendum sur l’indépendance de la Martinique. Le sujet est aujourd’hui opportun où dans une incontestable léthargie populaire, se développe un activisme aux couleurs de la violence, celles du drapeau rouge-vert-noir, en pleine promotion. Quoi de plus normal pour un indépendantiste, serait-on tenté de se dire ? A moins qu’il ne s’agisse d’une pure provocation intellectuelle de la part du polémiste qui nous habitués à cette forme d’agilité de l’esprit. Votre serviteur avait écrit qu’en défendant l’article 74 en 1970, Alfred Marie-Jeanne se dirigeait vers la perte de la consultation électorale et de l’élection de la région qui allait se tenir 3 mois plus tard. Ce qui fut fait, ouvrit la porte à Serge Letchimy, et fit sortir l’écrivain de ses gonds. Ayant retrouvé son calme, mais toujours adepte des challenges hasardeux, Confiant fait monter de plusieurs crans la barre de l’échec.

Mais prenons-le au mot. Rejoignons-le et sortons de l’hypocrisie. Ecartons les demi-mesures institutionnelles et sortons de la situation d’entre-deux où ceux qui ne cessent de vouer aux gémonies d’autres qui prononcent le mot « métropole », en prennent eux-mêmes promptement l’usage, dès l’instant qu’ils sentent monter le fumet des « fonds d’Etat ».

→   Lire Plus

Le SNUEP-FSU Martinique demande la mise à l’écart du Recteur

À Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale Monsieur BLANQUER Ministère de l’Éducation Nationale 110, rue Grenelle 75 357 PARIS SP 07

FDF le 26 juin 2019

Objet : Mise à l’écart de M JAN Pascal

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,

J’ai l’honneur de vous saisir sur le cas de M JAN Pascal, recteur de l’académie de mon île..

Comme vous le savez, M JAN Pascal est accusé de faits extrêmement graves, qui se seraient déroulés quand il était en poste comme professeur de l’IEP. Ces accusations ont fait le tour de Bordeaux et ont même été relayées sur facebook et twitter, devenant virales également en Martinique.

→   Lire Plus

Exposition « Pictural » : peinture actuelle en Martinique

Par Selim Lander

Après l’exposition tirée du fonds de l’entreprise Renault, présentant quelques grands noms des arts plastiques du XXe siècle, la Fondation Clément a eu l’excellente idée de réunir trente-cinq artistes martiniquais toujours actifs dans une exposition collective intitulée Pictural. « Pictural » comme peinture, même si l’on n’est pas surpris de trouver des exceptions au châssis rectangulaire habituel, tant les frontières entre peinture, sculpture, installation se sont désormais estompées.

Si l’art contemporain, on ne le sait que trop, trop souvent déçoit (« le n’importe quoi ou le presque rien » selon la formule célèbre de Jean Clair), ce n’est nullement le cas des œuvres rassemblées ici, à quelques réserves inévitables près. Aucune mièvrerie dans cette exposition, et si les silhouettes « approximativement » dessinées sont de rigueur, ce n’est pas gaucherie ou maladresse mais simplement parce que l’avènement de la photographie a « tué » le dessin académique (sauf chez de rares récalcitrants qui font parfois figure désormais de révolutionnaires. Voir le portrait par Claude Cauquil reproduit en tête de cet article). On sait d’ailleurs, depuis Münch et d’autres, qu’une physionomie n’a pas besoin d’être exacte ni même précise pour être réaliste et expressive.

→   Lire Plus

Compartiment fumeuses

20 & 21 mars 2019 à 19 h 30 au T.A.C.

Compartiment fumeuses
de Joëlle Fossier
Mise en scène Anne Bouvier
Assistant metteur en scène Pierre Hélie
Compositeur Stéphane Corbin
Avec Bérengère Dautun, Sylvia Roux, Nathalie Mann,
Equipe artistique Anne Bouvier et Joëlle Fossier
Scénographie Georges Vauraz

La violence faite aux femmes est plus que jamais, hélas, une grande cause nationale. Combien de tragédies secrètes ? De bleus à l’âme ? De dommages intériorisés ? Combien de femmes battues, violées, maltraitées ? Combien meurent, de par le monde, sous les coups de leurs conjoints ?
Une prison : cellules minuscules où viennent s’échouer des femmes meurtries.
Hasard ? Destin ?
Suzanne, la rebelle, fait régner l’ordre « chez elle », jusqu’au jour où, contrainte et forcée, elle accueille Blandine de Neuville. Entre ces deux femmes que rien socialement n’aurait dû rapprocher, éclôt une histoire d’amour sous l’oeil jaloux de la troisième, la surveillante.
L’histoire de Blandine de Neuville est une histoire humaine, universelle. Un authentique témoignage d’espérance : « L’amour » dans lequel elle est plongée, a valeur de révélation. Au travers de cet amour, j’ai cherché l’émerveillement.

→   Lire Plus

« Nous vivons aujourd’hui avec la passion du particulier » par Tristan Garcia

Âmes

Histoire de la souffrance I
Collection Blanche, Gallimard
Parution : 10-01-2019
«— J’ai peur de la croix. Il paraît que ce n’est pas très long, mais c’est le dernier moment, il faut le passer, et ça fait mal. J’ai peur d’avoir encore mal. Je n’ai pas le courage, et… S’il y avait quelque chose d’agréable après, mais il n’y a rien… J’ai peur que ça dure, j’ai peur d’avoir la respiration coupée, de sentir une enclume contre mes poumons. J’aimerais être mort. Je ne veux pas attendre. Je ne veux plus vivre maintenant, je voudrais que ça finisse tout de suite, sans avoir à y penser.
— Tu vis. Tu ne mourras jamais.»
À travers les siècles, depuis la toute première étincelle de douleur au sein d’un organisme, quatre âmes se croisent, se battent, se ratent et se retrouvent. Successivement animales et humaines, elles voyagent au néolithique, en Mésopotamie, à travers la Méditerranée à l’âge de bronze, dans la Chine ancienne des Wu, sous l’Empire romain, dans le royaume indien de Samudragupta ou au beau milieu du désert australien. Elles meurent, elles reviennent.

→   Lire Plus

A Parté, de Françoise Dô : être femme

— par Janine Bailly —

Françoise Dô, l’une des artistes cette année en résidence de création à Tropiques-Atrium, a de toute évidence plus d’une corde à son arc. Les bonnes fées se seraient-elles penchées sur son berceau ? Pour l’avoir vue les années dernières dans Aliénation Noire, devenu plus tard Aliénation(s), puis dans la « maquette » de Reine Pokou, je la sais merveilleuse interprète, qui conjugue sur un plateau intelligence et sensibilité, au service de ses propres textes autant que de ceux des autres.

Nous l’avons retrouvée avec bonheur, pour le Festival des Petites Formes, mais à la mise en scène cette fois de sa propre pièce A Parté, dont elle confie les rôles à Astrid Bayiha et Abdon Fortuné Khoumba. Une histoire censée être vécue par cinq personnes, mais deux personnages seulement à faire exister sur scène, Nicole et Stéphane, couple en rupture de ban. Nicole et Stéphane, tous deux chargés de dire l’histoire, de se dire, de dire les autres, dont ils rapportent aussi les dialogues. Dire le présent et le passé. Nous faire découvrir, et pas à pas reconstituer, par leurs monologues alternés, en différents lieux de la ville, une vie en lambeaux.

→   Lire Plus

« Existence » : Arthur Francietta, Brice Lautric, Ford Paul et Jérémie Priam exposent

Du 23 janvier au 28 février 2019

— Dossier de presse —

Quatre artistes pour une exposition aussi délicate que brutale. Faisant converger, oeuvres graphiques, plastiques et volumineuses. L’exposition mettra en commun leurs explorations obstinées du point du trait et de l’aplat.

« Existence» », tel est l’intitulé de cette exposition qui regroupe les artistes Arthur Francietta, Brice Lautric, Ford Paul et Jérémie Priam. À travers ce terme, ils ont souhaité rendre compte d’un lien qui les unit : l’expérience qu’ils tirent de leur rapport à la fragilité de leur existence et la façon dont celle-ci influence leur démarche, mais aussi l’expérience issue de leur vécu respectif et du rapport au monde au-delà de l’insularité.

Les oeuvres se perçoivent et s’appréhendent comme des réflexions personnelles de l’existence, notamment la vie prise dans sa durée ou la qualité qu’on lui attribue.

Réfléchir sur la fragilité du vivant, l’interdépendance de l’homme et du vivant, mais aussi le pouvoir que le homme peut imposer au vivant, sont des réflexions récurrentes dans l’ensemble de leurs démarches.

Ces réflexions peuvent parfois se traduire par une certaine névrose.

→   Lire Plus

Renault : une entreprise investie/t dans l’art

— Par Selim Lander —

Une exposition de la fondation Clément en Martinique

La Fondation Clément dont nos lecteurs savent quel rôle elle joue pour apporter l’art contemporain aussi bien aux Martiniquais qu’aux dizaines de milliers de touristes qui la visitent annuellement, organise désormais pendant chaque hiver une grande exposition en partenariat avec les musées nationaux ou des fondations amies, en sus des expositions consacrées aux artistes caribéens pendant le reste de l’année. Ce fut ainsi le cas, en partenariat avec le Centre Pompidou, pour Hervé Télémaque (2016) et les expressionnistes abstraits de l’Ecole de Paris (le Geste et la Matière, 2017), puis, avec la fondation Dapper, pour les artistes africains d’hier et d’aujourd’hui (Afriques, 2018). Voici maintenant une abondante sélection puisée dans les quelque 300 œuvres de la collection du constructeur automobile Renault.

→   Lire Plus

Martine Baker : « Imaginaires // Telluriques »

Du 19 Novembre au 15 décembre 2018 à Tropiques-Atrium

Le fil conducteur de Martine Baker est l’exploration de la création.
Créer des liens, du partage est une partie essentielle de son travail.

La céramique est son médium de prédilection, le feu puissant du Raku la subjugue mais sa curiosité la pousse aussi vers la gravure, vers la photographie et la vidéo.
Passionnée par les sciences naturelles, elle se laisse guider par la loi de Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». La transformation est omniprésente dans ses actes de création, le travail du feu est son compagnon de route.
Entre le contrôle de la cuisson de la terre, et les effets presque imprévisibles de la technique du raku, elle obtient des formes aux textures craquelées, minérales qui laissent entrevoir des failles obscurcies comme des écritures brouillées, où l’imaginaire creuse le mystère de l’en-dessous des choses et des mémoires caribéennes et universelles enfouies.
L’artiste explore l’objet, met l’accent sur lui, en l’investissant de ses visions.
Elle raconte des histoires qui ouvrent des mondes où le rêve est omniprésent, elle nous parle de la création, de la transmission, de la transformation et de la symbiose.

→   Lire Plus