Autonomie : changer de modèle

L’autonomie politique sans indépendance financière : le grand paradoxe de la schizophrénie antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles, le débat sur l’autonomie bute désormais sur une vérité politique que personne ne peut éternellement contourner : on ne peut pas réclamer le pouvoir de décider seul et demander, dans le même temps, à l’État français de payer lorsque les décisions deviennent trop difficiles à assumer. C’est pourtant cette contradiction qui structure aujourd’hui une grande partie du débat public en Guadeloupe et en Martinique. Et elle révèle une réalité beaucoup plus profonde : derrière la revendication d’autonomie se trouve encore une dépendance financière à l’égard de l’État, tandis que la confiance des citoyens dans leurs propres institutions locales s’est considérablement érodée. Et c’est là que l’on retrouve une position schizophrénique des élus locaux des Antilles qui réclament l’autonomie et dans le même temps appelle l’État à l’aide pour suppléer les manquements graves des élus locaux dans la gestion de l’action publique et leur incapacité à régler les problématiques de déficits et d’effondrement des filières agricoles et du BTP. En réalité,les Antilles attendent trop de l’Etat or dans le même temps veulent l’autonomie et la responsabilité locale qui à leurs yeux sont indispensables au retour de la confiance, qui est donc plus faible qu’ailleurs.<p>  Lire Plus