Étiquette : musique martiniquaise

Agenda culturel (31 octobre au 8 novembre 2026)

Du 31 octobre au 8 novembre 2026, la Martinique déploie une programmation culturelle où se croisent danse contemporaine, théâtre caribéen, musique, arts plastiques et célébration de la langue créole.

De Fort-de-France au Vauclin, du François aux Trois-Îlets, cette première semaine de novembre offre l’occasion de découvrir des artistes, de revisiter les mémoires et de faire vivre les lieux culturels de l’île.

Du 3 au 8 novembre : les écritures théâtrales prennent possession de l’île

Le principal temps fort de la semaine est sans doute Les Théâtrales de novembre, organisées par ETC Caraïbe, structure martiniquaise consacrée à l’accompagnement et à la valorisation des écritures dramatiques contemporaines. Pendant six jours, lectures, spectacles, ateliers et rencontres investissent plusieurs communes, dessinant une géographie théâtrale qui dépasse les scènes traditionnelles.

  • Jeudi 5 novembre, à 19 h, l’Espace Pory-Papy, au Carbet, accueille Le 7 mai 1902, de Dan Dantin. Le texte revient sur les tensions politiques et humaines précédant la catastrophe de Saint-Pierre.
  • Vendredi 6 novembre, à 19 h, Terre d’Arts présente La Petite Fille que le soleil avait brûlée, de l’autrice haïtienne Andrise Pierre, dans une mise en scène de Rita Ravier.
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Philippe Burdy : Le coeur musical de la Martinique

– par Rodolf Etienne

Philippe « Pipo » Burdy, bassiste martiniquais, a accompagné quelques-unes des aventures musicales les plus fécondes de son territoire, de Marius Cultier à Dédé Saint-Prix, de Marcé à Kali ou Claude Césaire aux musiques traditionnelles réinventées aux racines du jazz créole.

Retour sur un parcours singulier qui raconte aussi un demi-siècle de transformations de la musique martiniquaise.

La basse, cet instrument qui tient la musique debout

Dans un orchestre, certains instruments attirent immédiatement l’attention. Le chanteur capte les regards, le soliste impose ses phrases, le tambour entraîne la danse et les cuivres donnent à la musique son éclat. La basse, subtile, travaille dans une relative discrétion. Pourtant, elle occupe une position essentielle : elle relie la pulsation à l’harmonie, soutient le mouvement, organise les appuis et donne à l’ensemble sa profondeur.

Philippe « Pipo » Burdy appartient à la famille des musiciens dont la présence – la basse – transforme la manière dont l’orchestre respire.

Depuis les années 1970, son nom traverse plusieurs univers artistiques qui ont contribué à façonner la musique martiniquaise contemporaine.  Lire Plus

Agenda culturel des 24 et 25 octobre 2026

Agenda | Culture | Sorties 

Cinéma, musique, littérature, patrimoine, arts plastiques, contes et célébrations du créole : à quelques jours de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, la Martinique propose un week-end riche en rencontres et en découvertes. Les principaux rendez-vous à ne pas manquer.

Ce dernier week-end d’octobre met particulièrement en lumière la vitalité de la création artistique et culturelle martiniquaise. La langue créole sera célébrée au Saint-Esprit et à La Trinité, le cinéma international refermera sa vingtième édition du CinéMartinique Festival, tandis que la musique, les expositions et les ateliers de création investiront plusieurs lieux de l’île.
Des propositions pour le jeune public aux concerts en soirée, en passant par les arts visuels et les contes au bord de la mer, voici notre sélection pour les samedi 24 et dimanche 25 octobre.

Samedi 24 octobre — La langue créole à l’honneur

La Dikté Kréyol au Saint-Esprit : écrire la langue, penser le monde

10h – 12h | Médiathèque Alfred Melon-Dégras, Saint-Esprit. À l’approche de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, célébrée le 28 octobre, la médiathèque Alfred Melon-Dégras accueille une nouvelle édition de la Dikté Kréyol, organisée par Martinique Écologie avec le concours de la municipalité.  Lire Plus

Lu Wilson ou le reggae comme géographie

– par Rodolf Etienne

Il y a des musiciens que l’on raconte par une discographie. Pour Lu Wilson, il faudrait presque commencer par une carte.

Bouaké, la Martinique, Londres et Brixton, Kingston, Tahiti. Afrique, Caraïbe, Europe, Jamaïque, Pacifique : autant de lieux traversés, habités parfois pendant des années, qui ont fini par dessiner un parcours où le reggae est vécue comme une langue commune.

Revenu en Martinique pour un séjour de plusieurs mois, le chanteur et guitariste entend en profiter pour ouvrir – écrire – une nouvelle étape de son histoire et de son parcours musical. Pas simplement revenir jouer dans son pays, reprendre contact, reconstruire une formation, enregistrer, rencontrer, en un mot, partager.

Né en Afrique, grandi en Martinique

Lu Wilson est né à Bouaké, en Côte d’Ivoire, de parents martiniquais. La Martinique est ensuite l’île où il grandit, fréquente l’école, se fait des amis et construit une partie essentielle de son identité. Mais la trajectoire de Lu Wilson est justement faite de départs. Londres devient l’un de ses territoires de formation musicale et humaine. Brixton, avec ce que ce quartier a représenté pour les diasporas caribéennes, africaines et pour la culture reggae britannique, constitue une étape importante.  Lire Plus

Cultier – Coltrane : Le jazz comme territoire

  • par Rodolf Etienne

Le 23 septembre 2026, John Coltrane aurait eu cent ans.

Le monde du jazz célèbre celui qui transforma le saxophone en instrument de recherche harmonique, spirituelle et presque métaphysique.

Depuis la Martinique, cet anniversaire invite à écouter en regard une autre aventure : celle de Marius Cultier, parce que chacun, dans son espace, a refusé de considérer le jazz comme une musique achevée.

Au moment où l’œuvre du pianiste martiniquais fait l’objet d’un important travail de transcription, de publication et de transmission, Marius Cultier apparaît plus que jamais comme l’un de ceux qui ont donné au jazz une langue caribéenne.

John Coltrane naît le 23 septembre 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord. Il meurt en 1967, à seulement 40 ans, mais laisse derrière lui une œuvre qui aura suffi à transformer une partie du vocabulaire du jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Blue Train, Giant Steps, puis son quartet avec McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones constituent autant d’étapes d’une recherche qui ne semble jamais vouloir s’arrêter.

Puis vint A Love Supreme, enregistré en décembre 1964.

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Patrimoine : Trois façons de transmettre la Martinique

– par Rodolf Etienne

Edouard Glissant, Eugène Mona, Valérie Kristofic. 

Le 21 septembre 1928 naît Édouard Glissant. Le 21 septembre 1991 disparaît Eugène Mona. Et le 21 septembre 2024 Fabienne Valérie Kristofic, autrice martiniquaise de littérature jeunesse s’éteint.

Il est des dates qui, sans l’avoir cherché, finissent par dessiner une géographie de la mémoire. Trois générations, trois univers, trois engagements, trois manières de dire le pays. 

Le 21 septembre en est une pour la Martinique. 

Chez Édouard Glissant, la Martinique devient pensée du monde. Né le 21 septembre 1928, l’écrivain, poète et philosophe élargit l’expérience antillaise jusqu’à en faire une réflexion sur la Relation, les langues, les mémoires, l’archipel et les identités qui ne se ferment pas sur elles-mêmes. L’œuvre d’Edouard Glissant interroge la façon dont nous entrons en relation avec les autres.

Chez Eugène Mona, cette même interrogation passe par le corps, la voix, le tambour et la flûte. Le chanteur martiniquais meurt le 21 septembre 1991, à 48 ans. Son œuvre plonge dans la langue créole, l’oralité, les mornes, les héritages africains, européens et indiens. Mona n’écrit pas un traité de l’identité martiniquaise : il la fait entendre.  Lire Plus