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La Démocratie est-elle l’horizon inséparable de notre temps ?

— Par Lucien Cidalise-Montaise —

Aujourd’hui, pris dans l’engrenage morbide et très « personnel » du confinement, nous affirmons que les obligations qui nous sont imposées, confirment la réalité d’une catastrophe propre à cette néo-démocratie qui nous gère, alimentée par de brèves interventions de « nos » dirigeants. Cette démocratie est aujourd’hui une réalité idéologique qui peut se résumer à ceci « la démocratie cé dé mo ki rassis, lè i kon sa, i kon pain. Yo ka di i perdu, d’où pain perdu ! ».

Nous condamnons les actions, ô combien insouciantes d’individus en colère. Nous condamnons parce que nous ne partageons pas les méthodes, gestes inconscients et inqualifiables de certains de ces contradicteurs, mais apprécions avec lucidité les revendications qui risquent d’être éternelles parce que réelles, engoncées et politiquement œuvres de l’idéologie que nous combattons, eux et nous.

La démocratie qui fleurit, ici, ne semble pas favorable à la neutralité. Elle entretient le doute, le mensonge, l’hypocrisie etc…

Elle ne me semble pas être une arme qui nous fera avancer. Que faire ? Consolider les rapports entre ceux-ci, les Révoltés ! et ceux qui n’apprécient pas. Est-ce un profond désir de la gauche anticolonialiste martiniquaise ?

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Louisiane : Fabienne Kanor à la croisée des mondes noirs

— Par Frédérique Briard —

Alors que la Journée mondiale de l’Afrique sera célébrée ce 25 mai, l’écrivaine Fabienne Kanor met en perspective dans son nouveau roman « Louisiane » les mondes noirs d’aujourd’hui. Une traversée toute en nuance de l’Afrique dans le monde.

Comme souvent avec Fabienne Kanor, les pages de son nouveau roman semblent tresser le récit d’une vie parfaitement banale. Comme toujours, cette impression est trompeuse et on referme Louisiane avec en tête un dédale d’existences parcourues. Français né au Cameroun, son héros Nathan quitte Paris pour la Nouvelle-Orléans sur les traces d’un grand-oncle, Etienne John Wayne Marie-Pierre, qui aurait vécu en Louisiane où il serait mort. `

la promesse d’une belle aventure

Ce patronyme extravagant constituerait à lui seul la promesse d’une belle aventure. Raté. Sur place, notre protagoniste, plus passif que téméraire, végète dans sa chambre, erre, procrastine. Quand il finit par prendre la route de la plantation où aurait travaillé son ancêtre, il ne trouve aucun signe de vie le concernant.

Mais sa quête, loin d’être vaine, l’amène à se révéler, à explorer ses failles, à dire son identité complexe.

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Soigner le corps et les murs : des graffeurs sénégalais au service de la lutte contre la covid 19

— Par Dominique Daeschler —

La Fondation Dapper avec ses derniers nés, des e-books à télécharger gratuitement sur son site, poursuit sur un mode plus ludique, plus directement accessible aux jeunes via smartphone et WhatsApp, la promotion de l’art contemporain africain. Dernière parution en ligne, « Le graffiti pour sauver des vies » qui valorise à la fois l’engagement des artistes graffeurs sénégalais au service du coronavirus et la volonté de la Fondation de présence au monde d’aujourd’hui pendant la pandémie.

L’ouvrage édité sous la direction d’Aude Leveau Mac Elhone, illustré par de nombreuses photos d’œuvres et d’artistes, se compose d’un historique sur le développement du graffiti, d’interviews et de présentations d’artistes et de collectifs, mettant particulièrement en exergue son rôle dans les rapports sociaux et dans sa façon d’aborder les problèmes de santé publique. Le propos tenu est clair et rigoureux, dans la lignée des livres d’art édités par Dapper. L’autrice s’est mise « au service de » : pas de discours redondant ou sentencieux mais une volonté d’entrer dans le vif du sujet en privilégiant le descriptif et la parole recueillie. A notre tour, écoutons – la.

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Coronavirus : « La crise ouvre le champ des possibles pour faire de l’humour », explique Charline Vanhoenacker

— Propos recueillis par Aude Lorriaux —

Le livre « Debout les damnés de l’Uber » de Charline Vanhoenacker est sorti en librairie le 11 mai dernier, l’occasion de parler capitalisme et humour confiné avec la chroniqueuse de France Inter

On a lu le livre Debout les damnés de l’Uber (Denoël), de Charline Vanhoenacker, sorti le 11 mai dernier, et on a bien ri. Et pas seulement ri, on a aussi réfléchi, grâce à ce choix de 80 chroniques, à cette société où tout est livrable en un rien de temps, « devenue un vaste room service » comme l’écrit la chroniqueuse de France Inter, au détriment de tout un tas de gens appelés pudiquement « employés », et que l’humoriste préfère qualifier d’ouvriers ou d’ouvrières.

On avait donc hâte de dialoguer avec l’autrice, et aussi de savoir comment elle avait vécu cette crise, qui a confiné son livre de force pendant deux mois, mais lui a aussi offert un vaste terrain d’analyses et de blagues, l’épidémie ayant « tout fait marcher à l’envers ». Ce fut au moins une bonne nouvelle pour l’humour, qui se nourrit volontiers de retournements de situations.

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« Le port du masque oblige à inventer de nouveaux modes d’expression des émotions »

Pour la chercheuse Anna Tcherkassof, la généralisation du masque transforme en profondeur nos relations sociales.

— Propos recueillis par Claire Legros —

Docteure en psychologie et maître de conférences à l’université de Grenoble, Anna Tcherkassof s’intéresse tout particulièrement au processus de reconnaissance des expressions faciales et à la communication non verbale des émotions. Elle est notamment l’auteure de l’ouvrage Les Emotions et leurs expressions (Presses universitaires de Grenoble, 2008).

Quels changements l’usage du masque dans les espaces publics peut-il entraîner dans nos échanges ?

Avec un masque, les informations transmises par plus de la moitié du visage deviennent invisibles. Or ces expressions sont importantes pour exprimer nos émotions et faciliter les interactions sociales. Elles appartiennent à ce qu’on appelle la communication non verbale, qui se traduit par des gestes, des postures, la distance entre les interlocuteurs et, bien sûr, par ces expressions faciales qui jouent un rôle considérable dans nos échanges.

Afficher ses émotions, c’est le plus souvent vouloir faire passer un message, même s’il existe des exceptions. Ces informations apportent à nos propos une forme de ponctuation qui permet de les clarifier, lever d’éventuelles ambiguïtés.

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L’esclavage ne doit pas être la carte de visite de la Martinique

— Par Yves-Léopold Monthieux —

Les commentaires inspirés par mon précédent article1 sur l’abolition de l’esclavage m’amènent à retranscrire ci-après l’échange public, légèrement toiletté, que j’ai eu sur le net avec Daniel Marie-Sainte (DMS)2. Mais après un récent dialogue avec une historienne qui lui est proche, j’ai compris que les défenseurs du « 22 mai » sont bien campés dans leur refuge idéologique. Le paradoxe a longue vie, qui permet aux vieux militants du matérialisme marxiste de donner dans la symbolique humaniste : un idéalisme mémoriel qui n’a rien à voir avec l’histoire. Cependant n’est-ce pas le destin de la Martinique d’avancer à pas contrariés ?

L’historienne me l’a accordé : « c’est vrai que « l’heure de l’abolition [avait] sonné, l’esclavage n’[avait] plus sa raison d’être, moralement, politiquement, économiquement « , pour toutes les raisons, conditions et circonstances que vous avez citées3 ». Elle ajoute : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait mettre en avant une raison plutôt qu’une autre. » Empruntant à son raisonnement, la seule date qui réponde à cette triple dimension morale, politique et économique est bien celle du décret d’Abolition, le 27 avril 1848.

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Un monde culturel déterminé et agissant

Emmanuel Demarcy-Mota : Stimuler la pulsion de vie et donner de l’espoir

Emmanuel Demarcy-Mota et la troupe du Théâtre de la Ville sont restés très actifs pendant ces dernières semaines, et comptent bien le rester dans les mois à venir. Voici quelques extraits de La Tribune publiée le 15 mai 2020, dans « Scenweb, l’actualité du spectacle vivant ».

« Tenir parole »

La santé a été notre priorité absolue ces derniers mois. La culture est notre priorité absolue au moment de la sortie du confinement.

Notre pays, certes affaibli, mais modifié profondément, a un désir fort de reconstruction vers un monde différent où la pensée solidaire est au coeur du débat. Pour que notre société puisse reprendre corps, nous voulons proposer un nouveau modèle qui puisse réunir les arts, les sciences et l’éducation avec comme pierre de voûte, l’union entre la santé et la culture. Nous avons souhaité réunir un ensemble d’alliés venus de la santé, de la justice, de l’éducation et des arts, pour créer un nouvel espace de dialogue et coordonner de nouvelles actions.

Ensemble nous fondons « Tenir Parole », une nouvelle alliance d’acteurs venus de champs différents et dont la volonté commune est de stimuler et d’impulser un nouvel imaginaire.

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La pandémie de Covid-19 aggrave la condition des femmes dans le monde

Le Fonds des Nations unies pour la population alerte sur les risques accrus de grossesses non désirées, de mariages forcés et de violences sexistes pendant l’épidémie.

— Par Martine Valo —

0L’écran montre d’abord des sages-femmes chinoises à l’allure de cosmonautes, équipées de pied en cap. Puis, en cette journée internationale dédiée à ces soignantes qui accueillent la vie, mardi 5 mai, Jismin Khatun finit par apparaître à son tour, tout sourire, le visage encadré d’un simple voile rose. Du fond d’un camp de réfugiés au Bangladesh, malgré une liaison difficile, elle dit avoir toujours voulu aider les mères à ne pas mourir en couches, se dit « fière d’œuvrer auprès des femmes, sans discrimination ». Pour elle, le nouveau coronavirus apparaît simplement comme un obstacle de plus dans un quotidien de difficultés, alors que pour nombre de ses homologues dans le monde exercer par temps de pandémie relève de la gageure.

« Oui, je peux faire mon métier en ce moment… Mais dans des conditions que je qualifierais de troublantes, inhabituelles, inconfortables et parfois effrayantes, a notamment répondu au Monde Marie Bass Gomez, qui travaille au centre de santé maternel et infantile Bundung, à Serrekunda, en Gambie.

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Un appel de Vincent Lindon: «Comment ce pays si riche…»

— Par Fabrice Arfi —

Le comédien a confié à Mediapart une longue réflexion, lue face caméra chez lui, sur ce que la pandémie révèle du pays qui est le nôtre, la France, sixième puissance mondiale empêtrée dans le dénuement (sanitaire), puis le mensonge (gouvernemental) et désormais la colère (citoyenne). Un texte puissamment politique, avec un objectif: ne pas en rester là.

«Spécialiste en rien, intéressé par tout », comme il se définit lui-même, Vincent Lindon cultive une parole publique rare que la crise insensée que nous vivons a libérée. Radicalement absent des réseaux sociaux – il n’est ni sur Facebook, ni sur Twitter, ni Instagram, ni nulle part de ce genre –, le comédien a décidé de confier à Mediapart une longue réflexion, lue face caméra chez lui, sur ce que la pandémie révèle du pays qui est le nôtre, la France, sixième puissance mondiale empêtrée dans le dénuement (sanitaire), puis le mensonge (gouvernemental) et désormais la colère (citoyenne).

Ce n’est pas un comédien qui s’exprime ici, et encore moins un artiste coincé dans son écosystème, celui de la culture ; le mot est d’ailleurs absent de son texte.

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L’avenir de la départementalisation aux Antilles doit désormais nous interpeller ! 

— Par Jean-Marie Nol, économiste —

Avec la crise actuelle du coronavirus et celle  demain  de la dette publique, le système de départementalisation est menacé d’implosion au sein même de ce qui est considéré comme étant son cœur, le modèle social français.
L’effondrement économique qui se prépare, et dont l’intervention massive de l’État en France a permis de repousser les prémices d’une crise sociale , obligera la Martinique et la Guadeloupe à des choix très contraints. Deux possibilités s’offriront :  Une certaine forme d’autonomie politique mais sans aucune marge de manœuvre budgétaire et financière, ou l’étatisme low cost avec l’instauration imposée par l’Etat d’un revenu universel de base de 800 euros pour tous . 
Je suis convaincu que ce choix se posera en ces termes d’ici à la fin 2022 . 
Aussi nous devons prendre le temps de la réflexion avant de procéder à une sérieuse réévaluation des enjeux politiques, économiques et sociaux du changement statutaire à tout le moins dans le contexte actuel .  

Pour l’instant, l’effondrement économique est invisible en Martinique et Guadeloupe, et ce même si beaucoup de secteurs d’activité sont à l’arrêt . Et

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En Martinique, la crainte d’un déconfinement sans préparation ni moyens

Le collectif Martinique contre le Covid-19, composé de syndicats de la santé, considère que les directives nationales ne peuvent pas s’appliquer intégralement sur le territoire et préconise la généralisation du port du masque sur l’île.

— Par Hervé Brival —

En Martinique, la perspective du déconfinement suscite autant d’espoir que d’appréhension au sein de la population. Selon le dernier bilan de l’agence régionale de santé (ARS), dimanche 3 mai, le département comptait 181 cas confirmés, dont cinq en réanimation, et quatorze décès sont à déplorer depuis le début de l’épidémie. Dans l’île, on craint les conséquences d’une sortie de confinement sans une véritable préparation et sans moyens. En attendant, on s’organise.

Après sept semaines de confinement, pendant lesquelles l’économie de l’île a tourné au ralenti, s’il y a un secteur qui ne souffre pas de cette épidémie, c’est bien celui de la grande distribution. Il faut s’armer de patience dans les longues files d’attente qui serpentent devant les différentes enseignes de l’île. Alors qu’il n’y a jamais eu de rupture dans le ravitaillement des grandes surfaces et que l’industrie locale peut – même modestement – compenser l’absence de tel ou tel produit dans les rayons.

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“Kapital !”, le jeu des Pinçon-Charlot

Imaginé par Monique et Michel Pinçon-Charlot, un jeu à offrir à vos « potes de droite »…

On ne présente plus Monique et Michel Pinçon-Charlot, célèbres sociologues, spécialistes de la grande bourgeoisie et des élites. Les deux anciens directeurs de recherche au CNRS — ils ont pris leur retraite en 2007 — critiquent depuis des années le comportement des « ultra-riches » et leurs techniques pour garder le pouvoir à tout prix. Un engagement intellectuel devenu politique en 2017, lorsque Monique Pinçon Charlot est devenue candidate aux élections législatives pour le Parti communiste… Livres, BD, documentaires jeunesse, tous les moyens sont bons pour vulgariser leurs travaux ! Ils ont réalisé, en novembre 2019, un jeu didactique et drôle sur la “guerre des classes”. Un jeu qui questionne les rapports entre les classes sociales, et les stratégies « des dominants » pour garder leur position. Le stock, vite épuisé, a été reconstitué aujourd’hui. Un délicieux « cadeau empoisonné » pour vos « potes de droite »…

Quand tout est politique…

Mais le jeu « Kapital ! » est bien plus qu’un jeu de société, c’est tout simplement le premier jeu de sociologie critique.

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Karayib

— par Ralph Geraldy Jasmin —

M pe ke, di ou sa……
Mwen te ka, di ou sa……
Se pawòl yon sèl bib
Tout se son karayib !
Tout zile sa yo, se yon sèl
Nou tout renmen, manje disèl
Ayisyen ak panyòl se fo jimo
Men se de men ki pou tifle gonbo
Nou tou de, abite yon sèl zile
Jou sa gate, ansanm nap plonje

Kiba, Ariba, Naso, Ayiti,
Tou pre, bwa long kenbe sa pou ki !
Sa pi rèd, si ou gen rasin ayisyen
Ou pa ka nan rasis vwazen
Sispann, kanpe sou sa !
Pa touye de fwa Madiba
Ki nèg ki gen plis cheve nan karayib ?
Repons la fasil, monchè : nèg Jamayik
Ak kòd pit sa, yo pran ayisyen pou bourik
Eske yon ti tèt kole antre nou enposib ?

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Coronavirus : « Les inégalités tuent aujourd’hui en Seine-Saint-Denis »

— Collectif —

La crise sanitaire liée au Covid-19 que nous traversons affecte toutes les régions, tous les territoires. Pour autant, les chiffres publiés récemment par les autorités montrent une « surmortalité exceptionnelle » dans le département de la Seine-Saint-Denis. Ces chiffres doivent encore faire l’objet d’analyse mais ils nous mettent en colère.

Les communes de Seine-Saint-Denis sont celles où les inégalités, pointées par de nombreux rapports, persistent dans de nombreux domaines : l’éducation, la justice, la sécurité ou bien sur la santé. Ces inégalités rendent aujourd’hui nos habitantes et habitants, les classes populaires, de plus en plus vulnérables au virus.

Celles et ceux qui, exemptés de confinement, sont contraints de travailler, parfois sans les protections suffisantes. Celles et ceux qui sont caissiers ou caissières des grands magasins, éboueurs, agents d’entretien, aides-soignants, aides à domicile, livreurs. C’est d’ailleurs ce qui justifient la majorité des déplacements que nous observons dans les rues de nos villes.

Un réseau des médecins de ville plus faible qu’ailleurs

Gardons aussi à l’esprit que le confinement dans un appartement est autrement plus difficile à vivre dans des situations de mal logement, lorsque l’on est la proie des vendeurs de sommeil, contraints de vivre dans des logements insalubres ou sur occupés…

La pandémie actuelle instaure une course de vitesse entre la propagation du virus, le degré de sévérité chez les patients atteints et la capacité de prises en charge des structures sanitaires.

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L’ abbé Jean-Pierre Moussa : modèle noir et abolitionniste

 —Par Jean-Durosier Desrivières, Université des Antilles, Chargé de ressources documentaires et scientifiques —

 Au Mémorial Acte de Pointe-à-Pitre (en Guadeloupe), s’affichait du 14 septembre au 29 décembre 2019 : « Le modèle noir, de Géricault à Picasso ». Cette exposition temporaire jouait les prolongations quand, le dimanche 5 janvier 2020, notre regard s’est confronté aux diverses œuvres représentées. Le portrait de l’abbé Jean-Pierre Moussa, peint par Pierre-Roch Vigneron en 1847, a beaucoup attisé notre curiosité. Plus qu’un modèle noir, l’histoire de ce personnage controversé, qui a dit la messe à Fontainebleau, devant le roi Louis-Philippe 1er, qui s’est engagé auprès de Victor Schoelcher dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage, qui s’est mis à dos une bonne partie du clergé catholique en suscitant des remous jusqu’au Vatican, qui termine son ministère en Haïti, en jouissant parfois des bonnes grâces de l’Empereur Soulouque 1er et de son épouse Adélina, cette histoire mérite un sérieux détour…

Saint-Louis – Paris, aller – retour

Jean-Pierre Moussa, d’après plusieurs sources croisées, serait né en 1814, à Saint-Louis du Sénégal, mais ailleurs on évoque l’année 1815. Celui dont le nom – Moussa – semble signifier Moïse en wolof, pousse ses premiers cris sur une terre où la colonisation française, assez vieille déjà, commençait à se consolider avec l’établissement des premières missions de l’église catholique.

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Dans les anciens ports négriers, la politique mémorielle balbutie

— Par Lucie Delaporte —
Bordeaux, La Rochelle et Le Havre ont, dans le sillage de Nantes, tiré leurs richesses du commerce triangulaire. Dans ces villes, ce passé reste encore largement occulté et les élus comme la plupart des candidats aux municipales semblent peu enclins à raviver cette douloureuse mémoire.

Malgré les bourrasques de vents contre lesquelles l’architecture d’Auguste Perret n’offre que peu d’abris, une vingtaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville du Havre pour écouter cet après-midi-là Karfa Diallo.

« Nous sommes ici, devant ce lieu symbolique à la veille des élections municipales, parce que nous pensons que c’est un moment important pour faire prendre conscience aux élus d’événements qu’ils ignorent souvent », commence l’intellectuel franco-sénégalais, qui rappelle que Le Havre a été l’un des principaux ports négriers de France. Ce qu’ici, hormis une petite plaque commémorative sur l’esplanade Guynemer, rien ne vient rappeler.

Organisée par l’association Mémoires et partages, qu’il a fondée, la visite emmène ce jour-là dans différents endroits emblématiques du commerce triangulaire auquel s’est livrée la ville entre le XVIIe et le XIXe siècle.

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Kannaval-Foyal

— Par Daniel M. Berté —

Kannaval-Foyal fénoménal
Tout Matnik ka désann ek osi étranjé
Mi kannaval mondjal

Kannaval-Foyal entégral
Eti tout Pewsonaj ka kouri an vidé
Mi kannaval brital

Kannaval-Foyal enpérial
Travesti épi Rèn an lari pavané
Mi kannaval majistral

Kannaval-Foyal espésial
Lè Mawriaj-biwlesk fèt san misié labé
Mi kannaval bouwjwazial

Kannaval-Foyal triyonfal
Kawolin-zié-loli ni mari’y ka pòté
Mi kannaval vital

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Africains, Afro-descendants et émancipation humaine

— Par Robert Albert Saé —
I/ L’Afrique rompt ses chaînes : c’est l’humanité qui se libère !

S’il est vrai que, jusqu’alors, la résistance héroïque des Peuples Africains contre le colonialisme n’avait pu empêcher que le continent subisse les affres de la domination et du pillage, incontestablement, une nouvelle page de l’histoire s’est ouverte : L’Afrique est entrain de rompre ses chaînes et la fin du règne des prédateurs colonialistes est désormais irréversible.

Aujourd’hui, les « lions » sont en capacité d’écrire leur histoire et les « chasseurs » ne parviennent plus à cacher les cortèges de massacres qui ont accompagné leurs entreprises coloniales. Traite des noirs, mise en esclavage de millions d’êtres humains, Code Noir, indigénat, travail forcé, destruction de joyaux culturels et scientifiques africains, spoliation des biens, tous leurs démons surgissent des cachots de l’histoire. Les incantations des castes adeptes du « white power », des géreurs de la « Françafrique », et autres « civilisateurs » qui, jadis, avaient pu aliéner des consciences, provoquent aujourd’hui des levées de bouclier.

Partout grondent les légitimes exigences : Condamnation des coupables des crimes contre l’humanité  et obligation de réparation!

Sur tout le continent, des guerriers et des guerrières, Anciens et Jeunes se dressent avec les mêmes injonctions :

Départ inconditionnel des troupes d’occupation et fermeture des bases étrangères !

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Collectif des Ouvriers Agricoles empoisonnés par les pesticides : réunion d’information

Dimanche 16 février 2020 à partir de 9 heures Bourg du Robert

Le Collectif des Ouvriers Agricoles empoisonnés par les pesticides « Doubout pou Réparasyon » s’est constitué pour rassembler les premières victimes directes de l’empoisonnement par le chlordécone et autres produits toxiques, travailleurs qui ont été contraints de les semer dans les bananeraies. Son objectif est de présenter leurs témoignages et leurs revendications afin d’obtenir des réparations. A cette fin, ce Collectif organise une réunion d’information pour exposer sa démarche :
Dimanche 16 février 2020 à partir de 9 heures
à l’école Lucien Laroche (Bourg du Robert).

Nous vous serions reconnaissants d’en informer votre public et de couvrir l’événement.
Vous en remerciant d’avance, nous vous adressons nos salutations distinguées.
Pour le Collectif : Yvon SERENUS

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« Empoisonné aux pesticides, j’ai été rejeté par la profession »

Par Arnaud Gonzague

Il fait partie de ces milliers – peut-être dizaines de milliers, le chiffre est inconnu – d’agriculteurs français qui se sont gâté la santé en utilisant des pesticides, mais qui ne bénéficient d’aucune reconnaissance officielle. Et qui donc n’existent pas dans les statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA), la Sécurité sociale des paysans.

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Un rapport parlementaire fait des propositions pour les futures retraites en outre-mer

Un rapport parlementaire portant sur l’application en outre-mer de la future réforme des retraites préconise de mettre en place «un comité de négociation et de suivi» pour l’élaboration des ordonnances qui devront adapter la réforme aux territoires ultramarins.

» LIRE AUSSI – Antilles: forte mobilisation dans l’éducation contre la réforme du bac et des retraites

Le rapport, issu d’une mission d’information flash menée par Mansour Kamardine (LR, Mayotte), Serge Letchimy (app. PS, Martinique) et Sophie Panonacle (LREM, Gironde), soulignent que les systèmes de retraites actuels des outre-mer «ont des particularités qui seront adaptées» par ordonnances et qui doivent l’être «avec vigilance».

Les régimes de retraites varient selon les territoires: le régime national de l’assurance-vieillesse s’applique, avec quelques nuances, dans les départements et régions d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion), et dans les collectivités de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Pour Mayotte, département depuis 2011, le régime de retraite a été créé seulement en 1987. Ses règles convergent progressivement vers le régime commun, mais pour l’instant, la retraite mensuelle moyenne ne s’élève qu’à 282,35 euros, et elle est en moyenne de 617 euros pour un assuré ayant une durée d’assurance complète.

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Oscars 2020 : quatre récompenses pour « Parasite » de Bong Joon-ho, dont celle du meilleur film

Le film sud-coréen, qui traite du gouffre entre classes sociales, a gagné l’Oscar du meilleur film, ainsi que ceux du réalisateur, du film international et du scénario original.

La 92e cérémonie des Oscars va rentrer dans les annales. Elle a vu triompher, dimanche 9 février, Parasite, de Bong Joon-ho, le premier film sud-coréen récompensé à Los Angeles par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Ce thriller a raflé quatre Oscars : ceux du meilleur film, réalisateur, film international (où il affrontait Les Misérables du Français Ladj Ly), ainsi que scénario original.

Parasite, satire cruelle sur le gouffre entre classes sociales, avait déjà été récompensé par la Palme d’or au 72e Festival de Cannes, puis le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. « Merci, je vais boire jusqu’au matin », a déclaré Bong Joon-ho en acceptant la récompense de meilleur réalisateur.

Pour les experts, c’est un énorme coup de théâtre : 1917, de Sam Mendes, partait favori de la compétition. L’audacieux film de guerre britannique a toutefois remporté trois prix techniques, que sont le mixage son, les effets spéciaux et la cinématographie.

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Les femmes très sous-représentées dans l’histoire des Oscars (et ça ne risque pas de changer en 2020)

L’histoire des Oscars, depuis leur création en 1929, montre une très nette sous-représentation des femmes dans les récompenses, en particulier dans les catégories reines. La 92e édition, dimanche, s’annonce déjà comme très masculine. 

L’accusation revient chaque année ou presque et 2020 n’a pas fait exception : l’Académie des Oscars sélectionne des candidats majoritairement masculins et néglige les femmes dans les catégories les plus en vue, comme le dénonce le hashtag #OscarsSoMale sur les réseaux sociaux.

Comment sera l’édition 2020 ?

Cette année, les critiques se sont cristallisées autour de l’Américaine Greta Gerwig, réalisatrice du film Les Filles du Docteur March, que beaucoup voyaient figurer dans la liste des nominations pour l’Oscar du meilleur réalisateur. Son absence, et surtout le fait que les cinq nominations dans cette catégorie soient pour des hommes, ont suscité une vive polémique.

Néanmoins, Les Filles du Docteur March est sélectionné dans la catégorie du meilleur film, la plus prestigieuse, et dans celle du meilleur scénario. Et surtout, au-delà de Greta Gerwig, les femmes n’ont jamais été aussi présentes dans les nominations aux Oscars : 65 sur 209 candidats au total, comme l’a souligné l’Académie et 9 des 24 producteurs sélectionnés sont des femmes. 

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Le Musée de l’Illusion, à Paris, promet des expériences renversantes

— Par Odile Morain —
Ce tout nouveau musée vient d’ouvrir ses portes dans le centre de Paris. Un parcours étonnant où tous les sens sont mis à contribution.

Illusion d’optique, distorsion des formes, trompe-l’œil, le Musée de l’Illusion de Paris promet une multitude d’expériences renversantes. Il vient tout juste d’ouvrir dans le quartier des Halles et attire déjà de nombreux visiteurs.

Inégaux face à l’illusion d’optique

Avec plus de 60 installations interactives, le parcours immersif invite les visiteurs à expérimenter leurs sensations cognitives et sensorielles. Et face aux illusions, chacun réagit différemment. « Il y a des gens qui vont imprimer et réagir sur certaines exhibitions simplement parce que leur œil, leur éducation et leur façon de vivre diffère des autres », explique Steven Carnel, co-fondateur du musée.

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Mort de Claude Régy : l’épure comme une grâce

Intégrité, sens du mot et du silence… les mises en scène de Claude Régy, mort le 26 décembre à 96 ans, en imposaient par leur rigueur parfois austère. Mais, longtemps après que le rideau était tombé, la force de sa vision du théâtre vous habitait profondément.

“Il est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, tranquillement, dans une maison de retraite médicalisée”, ont indiqué son compagnon Alexandre Barry et son attachée de presse Nathalie Gasser. Claude Régy était un homme de théâtre respecté qui jusqu’au bout de ses forces a continué à monter des spectacles. Le dernier, “Rêve et Folie” de Georg Trakl avait été programmé au Festival d’Automne 2018 à Nanterre. Claude Régy avait alors annoncé que c’était sa dernière mise en scène.

Lire aussi :Rêve et Folie : Claude Régy à l’apogée de son art  Par Roland Sabra —

Longtemps assistant d’André Barsacq au théâtre de l’Atelier, travaillant la plupart du temps en collaboration avec des dramaturges contemporains, il a amené sur scène des écritures aussi diverses que celles de Peter Handke, Marguerite Duras, Jon Fosse, Arne Lygre, Botho Strauss ou Leslie Kaplan ainsi que les traductions de la Bible par Henri Meschonnic.

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«Parents, la nocivité des écrans pour vos enfants est avérée!»:

TRIBUNE – Un enfant de plus de 3 ans doit regarder des écrans moins d’une heure par jour, tous écrans confondus, et bénéficier de temps et de lieux sans écran, argumentent les auteurs.

Il n’est plus possible d’affirmer qu’«il n’y a pas d’étude» sur le danger que représente l’exposition précoce des enfants aux écrans,
comme l’avait soutenu voilà près d’un an le gouvernement en réponse à une proposition de loi du Sénat. Michel Desmurget, chercheur à l’Inserm et au CNRS, a publié un livre au titre évocateur, La Fabrique du crétin digital. Et il existe
bien des études qui vont toutes dans le même sens: les écrans sont délétères pour l’enfant.

Une recherche dans une base de données scientifiques (PubMed), certes en anglais, est à la portée de tous. Or une recherche associant les mots-clés «enfant» et «temps d’écran» («screen time» and «children») conduit à découvrir que 1656 études ont été publiées sur ce sujet ces cinq dernières années dans des revues scientifiques partout dans le monde.

Nous avons effectué une synthèse à partir de plus de 120 de ces études.

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