Je n’ai pas pris l’autre chemin

— Par Robert Lodimus —

Les yeux embastillés dans la noirceur,

Le paysage gourd, encore sous l’effet de l’hébétude,

Reçoit en plein visage la vague de froidure de l’aube.

À cette période de l’année,

La nature n’arrive pas à s’échapper

De l’emprise des ténèbres épaisses libérées par Nyx,

La déesse de la nuit.

Les maisons glacées et les arbres effeuillés

Se dévoilent lentement à la clarté rebelle du jour.

Je me rends compte, comme la plupart de mes camarades,

Que je vieillis dans « Le pays sans étoiles » de Pierre Véry.

Loin des forêts tropicales, touffues et verdoyantes,

Qui berçaient de l’hiver à l’été mon enfance joyeuse

Avec les chants symphoniques des grives de Bicknell,

Les jacassements des pies, les coassements des crapauds,

Les cancanements des canards, les trissements des hirondelles,

Les béguètements des chèvres…<p>  Lire Plus