Abrogation du Code noir : pourquoi nous avons refusé de cautionner un texte uniquement symbolique

—Par Marcellin Nadeau, député —

Le 28 mai 2026, l’Assemblée nationale a examiné la proposition de loi visant à abroger formellement le Code noir. Ce texte portait une exigence légitime dans la mesure où il condamnait explicitement un dispositif juridique qui a organisé la déshumanisation, la marchandisation et l’exploitation de millions d’Africains réduits en esclavage dans les colonies françaises, notamment aux Antilles et en Martinique. Personne ne peut contester la nécessité de cette condamnation historique et morale.

Cependant, avec mon collègue député Jean-Philippe Nilor, nous avons choisi de nous abstenir — ou de ne pas prendre part au vote — car nous avons estimé que le texte proposé demeurait insuffisant et essentiellement symbolique sans aller au fond. Nous refusons en effet que la mémoire de l’esclavage serve uniquement à produire des déclarations ou des effets de manche sans conséquences concrètes pour les peuples qui continuent aujourd’hui à subir les héritages économiques, sociaux, fonciers, culturels et institutionnels du système colonial.

Pourquoi donc notre réticence dans cet unanimisme de façade bon marché ? C’est que le Code noir n’a pas seulement été un texte du passé.

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