« Danton-Robespierre » de Hugues Leforestier

— par Selim Lander —

Hugues Leforestier, l’auteur et interprète de Danton, est lui-même un personnage haut en couleur passé par d’improbables métiers pour un comédien (professeur de sport, banquier…) avant de se tourner vers le théâtre. En scène, avec son allure à la Portos (comme un critique l’a déjà fait remarquer) il impose la figure d’un Danton amoureux de la vie, de l’humanité et des femmes (à mettre dans l’ordre qu’on voudra). En face de lui c’est une comédienne, Nathalie Mann, qui a été choisie pour interpréter Robespierre. Mince, costume austère et visage que le maquillage a rendu blafard, elle campe un « Incorruptible » obstiné dans son rêve d’un bonheur égalitaire qu’il faudra imposer aux hommes par la terreur : « le despotisme c’est la liberté », un fanatisme contre lequel le bon sens de Danton ne peut que se briser. Mirabeau (le fils) aurait dit de Robespierre : « il ira loin car il croit ce qu’il dit » !

Dans un bord de scène à l’issue de la représentation, l’auteur explique qu’il a voulu coller le plus près possible à la réalité en situant dans une réunion qui a bien eu lieu entre les deux révolutionnaires, le 22 mars 1794, soit moins d’un mois avant la décapitation de Danton (le 5 avril), des propos tirés pour l’essentiel de leurs discours.

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