Quai des arachides –

– par Thierry Mathiasin

KARUKERA

Nuit crépue Fléchée de clameurs.

Étoiles envoûtées Aux frondaisons de lune.

Migrations de cotons Au cap affûté d’exil.

Versant.

Des entours lactescents Mamelonnés d’ignames.

Long champ de fibre Aux inflexions des mers.

Source flambante des plantations.

Gorgées de rives.

Mancenilliers des larges cratères.

Arrimés de dictames.

Vesou.

Du plus haut accent.

Aux conques des atolls tumultueux.

Vèvè du marronage.

Aux ensemencements de l’isolé soleil.

Le cœur d’angoisses qui alourdi.

Ton corps sans le secours du jour.

Dans tes yeux, l’essaim de clair-obscur.

Qui exsude des mots sur l’enceinte.

Des lèvres, l’ascension des maux.

Éclos sur le mirador de tes doigts.

Tournoyant Sur le front des gestes.

Font des appels où se greffent Les resserres du sang.

Le circuit des vertiges S’estompe dans la lingerie des barreaux.

Relaxe d’un dénuement aux souvenirs.

Des couloirs qui égouttent les nuits.

Aux rondes des machines à digérer.

Les murs qui ne savent plus.

Dans quelle garde-robe se déteindre.

 

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre. Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.  Lire Plus