« J’en ai marre », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
J’en ai marre vous dis-je
Marre de la mer que l’on dit morte
Et de celle qui se retire sans crier gare
Marre de voir interdire à certains le droit de vivre
Comme si cela allait de soi
Comme si ce n’étaient pas des hommes des femmes et des enfants qui ne demandent qu’à jouir de la tendresse du jour et de la nuit
Sans l’affreux bruit des bombes et de la mort
Oui triste triste était mon âme
Même si jamais je n’ai connu ni le fracas des bombes
Ni l’odeur âcre de la mort
O Dieu des hommes
Faites que les murs et que la haine s’effacent
Tout comme le désir de tout avoir
Tout posséder
Sous prétexte que ces lieux n’appartiennent pas à ceux qui pourtant y ont toujours vécu
L’autre soir
un ami me disait que Judas Iscariote s’était pendu sur la terre de ses ancêtres
Dépossédés par ceux qui se croyaient chez eux
Au point que sa famille se retrouva sur une île des Antilles
Mais au lieu de trouver le repos
Il vit un jour sa maison brûler telle une torche maudite
Avec ses parents rendant l’âme devant lui impuissant
Son calvaire venait tout juste de commencer
Et il mourut dans une forêt où il n’avait que faire
Entouré d’animaux démoniaques
Et recouvert d’une grande cape de poussière
Qu’avait-il fait pour mériter cela
Ah j’en ai marre vous dis-je
Marre de la souffrance
De la misère
Et de l’injustice
Tous mes amis sont morts
A telle enseigne que j’en arrive à connaître plus de morts que de vivants
Oui triste triste était mon âme comme dirait l’autre
Qui ne connut que l’errance
Dans un quartier où j’ai longtemps vécu
Mais au fait cher lecteur
Mon frère
Pourquoi te parler de tout ça
A te dire vrai
Je n’en sais fichtre rien
GARY KLANG

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