Sociologie

Histoire et usages politiques de l’esclavage

Comment restituer l’expérience de l’esclavage alors que si peu d’archives sont disponibles pour en témoigner directement ? Du fait de la condition des esclaves, les récits biographiques comme celui de Solomon Northup que Steve McQueen a adapté au cinéma dans « Twelve Years A slave » sont rarissimes. Esclavages et post-esclavages est le titre d’une nouvelle revue qui paraît en libre accès sur la plateforme Openedition. Au sommaire de ce premier numéro des contributions qui couvrent cette histoire aussi bien au Mexique, qu’au Chili, en Haïti, au Cameroun, qui traitent de la question des droits de la diaspora des travailleurs indiens et s’emparent d’un des points de vive discussion entre ceux qui élaborent cette histoire : comment restituer l’expérience des esclaves eux-mêmes alors que si peu d’archives sont à disposition qui en témoignent directement ? 

Une revue pluridisciplinaire

_Esclavages et post-esclavage_s promet de relater la vitalité des recherches en cours en affirmant que la notion de post-esclavage répond à un effacement contraint de cette histoire : puisque les esclaves étaient désormais libres, il n’était plus souhaitable d’en parler après l’abolition.

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Exhiber son sexe est-il un geste politique ?

— par Marie Piccoli-Wentzo —
Benjamin Griveaux a renoncé la semaine dernière à sa participation aux élections municipales de Paris en raison de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo et de photos à caractère sexuel. L’incident n’est pas nouveau et plusieurs hommes politiques ont déjà subi les mêmes déboires : en 2011, l’Américain Anthony Weiner est contraint de démissionner du Congrès pour avoir publié sur son compte Twitter une photo de lui dénudé, puis en 2017, il est condamné à de la prison ferme pour avoir envoyé d’autres photos de son sexe à plusieurs jeunes femmes dont l’une seulement âgée de 15 ans Aujourd’hui connue par l’anglicisme « sexting », cette pratique n’est pourtant pas nouvelle.

Montrer sa force de frappe

Au XVIe siècle, le peintre florentin Bronzino exécute une commande passée par l’amiral de Gênes, Andrea Doria. Le condottiere vient alors de repousser les forces navales ottomanes, et c’est pourquoi il demande à être immortalisé sous les traits du Dieu de la mer Neptune. Bronzino s’exécute et peint l’amiral génois à mi-corps, muni du triton et posant fièrement devant un mât et une voile.

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« Les gens de l’or », ouvrage de Baj-Michèle Strobel

Une véritable « pépite » !

— Par Scarlett Jésus —

J’ai rencontré Baj en 1994 et fut l’une des toutes premières à lire les Gens de l’or, publié alors, en 1998, par les éditions Ibis Rouge. Cette lecture m’avait laissé perplexe : avais-je affaire à un ouvrage d’ethnologie ou à un journal de voyage ?

Quelques vingt ans plus tard, à la relecture de l’ouvrage paru aujourd’hui aux éditions Plon, dans la collection « Terre humaine », c’est paradoxalement ce questionnement relatif au genre qui me séduit. L’auteure, une ethnologue se dit « libre de toute attache académique », refusant « les codes convenus de l’académisme néo ou ancien ». Et c’est cette liberté prise à l’égard d’une démarche scientifique qui lui fait préférer une approche poétique pour parvenir à la connaissance de ces « gens ». Consciente de ce marronnage hors des sentiers battus et répondant aux critiques qui ont pu lui être faites, elle cite à l’appui de l’Avant-Propos de 1998, une phrase d’Edouard Glissant, tirée de L’intention poétique, dans laquelle ce dernier dit haïr l’ethnographie « chaque fois que s’achevant ailleurs, elle ne fertilise pas le vœu dramatique de la relation ».

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« Pourquoi interroger la race au théâtre ? »

— Par Sylvie Chalaye —

Sylvie Chalaye, anthropologue et historienne, codirectrice de l’Institut de recherche en études théâtrales de l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle (France) est spécialiste des arts du spectacle et des représentions du monde noir dans les sociétés occidentales. À l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Race et théâtre. Un impensé politique (Actes Sud-Papiers, 15 janvier 2020), l’auteure interroge la persistance d’une distribution stéréotypée des rôles en fonction de la couleur de peau. Elle a également publié « Cirques, scènes et café-théâtre ou le mélange des genres (1850-1930) », in Exhibitions. L’invention du sauvage, Arles/Paris, Actes Sud/Musée du quai Branly, 2011, Culture(s) noire(s) en France : la scène et les images, Africultures, n°92-93, 2013 ainsi que Sexualités, identités et codirigécorps colonisés (CNRS Éditions, 2020)

Le monde du théâtre est loin d’être représentatif de la diversité chromatique de la société française. Alors que les médias, la publicité, la mode sont aujourd’hui soucieux de se faire le reflet de la diversité des consommateurs, le milieu théâtral tente d’expliquer ce manque par la rareté des personnages noirs au répertoire.

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« L’église catholique aux Antilles françaises de Christophe Colomb à nos jours », par Emmanuel Jos

De la catholicisation à l’évangélisation

Cet ouvrage montre comment, sous l’Ancien régime, le pouvoir colonial s’est servi de l’Eglise catholique pour cautionner la conquête de nouveaux territoires, le sort fait aux Caraïbes, la traite négrière et l’esclavage des « Noirs ». Il présente la façon dont les membres du clergé se sont situés et comment le processus de catholicisation a été mis en œuvre en Guadeloupe et en Martinique. Il aborde ensuite le positionnement de l’Eglise aux Antilles françaises, entre 1789 et 1945. Il évoque la création des évêchés, les positions papales ou le sort réservé aux prêtres dissidents.
Enfin, est abordée l’évangélisation de la fin du XXe siècle.

Emmanuel Jos est docteur d’Etat en droit international du développement et professeur honoraire des universités en droit public. Il a été doyen de la faculté de droit et d’économie de la Martinique et directeur du Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe. Il a exercé le ministère presbytéral en Martinique entre 1971 et 1978, après des études de philosophie et de théologie.

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Davi Kopenawa, chaman et chef indigène : « Les Blancs détruisent l’Amazonie parce qu’ils ne savent pas rêver »

— Propos recueillis par Nicolas Bourcier —
Alors que s’ouvre à la Fondation Cartier la rétrospective de la photographe Claudia Andujar, qui a consacré son œuvre à la défense du peuple Yanomami, au Brésil, le leader indigène alerte sur les nouvelles menaces.

Entretien. Il a l’autorité naturelle d’un pape ou d’un prince, en beaucoup plus simple. A 54 ans, silhouette bonhomme, mains costaudes, Davi Kopenawa, chaman et leader du peuple indigène yanomami du Brésil, est un homme en colère. Face à la destruction de la forêt et à l’avancée meurtrière sur ses terres des trafiquants de bois et autres « garimpeiros », les orpailleurs clandestins, il sonne l’alarme aux quatre coins du monde.

En décembre 2019, à Stockholm, il a reçu le Right Livelihood Award, connu comme le « prix Nobel alternatif ». A la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, le 30 janvier, il a ouvert la formidable rétrospective consacrée à la photographe Claudia Andujar aux côtés de l’artiste-activiste et de l’anthropologue Bruce Albert.

Lire la critique : Avec ses photographies, Claudia Andujar donne une voix aux Indiens

C’est avec eux qu’il parvint à faire démarquer, en 1992, la Terra Indigena Yanomami, un territoire de 96 650 kilomètres carrés, soit une superficie légèrement supérieure à celle du Portugal.

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Divorce et séparation : comment réviser le montant d’une pension alimentaire ?

Le montant d’une pension alimentaire évolue dans le temps. Sa révision est prévue à la date mentionnée dans le jugement du juge aux affaires familiales ou bien dans la convention. Son montant peut augmenter ou bien diminuer selon l’indice des prix à la consommation. Comment calculer cette réévaluation ?

Le simulateur de révision des pensions alimentaires de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), accessible en ligne sur Service-public.fr, vous permet de calculer le nouveau montant de la pension avec quelques éléments :

  • la date de votre jugement ;
  • le type d’indice des prix à la consommation sur lequel est indexée la pension (ensemble des ménages ou ménages urbains) ;
  • la date de révision de la pension ;
  • le montant de la pension alimentaire à réévaluer.

Ces informations sont inscrites dans le jugement ou l’ordonnance de divorce ou de paiement. En général, elles se trouvent dans les dernières pages du jugement, dans le paragraphe « par ces motifs », la date du jugement étant le plus souvent portée en 1re page.

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Philippe Descola : « La nature, ça n’existe pas »

L’anthropologue Philippe Descola nous a fait reconsidérer l’idée de nature. Sa pensée a profondément influencé l’écologie, et dessine la voie d’une nouvelle relation entre les humains et le monde dans lequel ils sont plongés. Reporterre a conversé avec lui : voici son interview, à écouter en podcast et/ou à lire.

Philippe Descola est titulaire de la chaire d’Anthropologie de la nature au Collège de France et directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale (ENS/EHESS). Il est l’auteur des Lances du crépuscules (Plon, 1993) et de Par delà nature et culture (Gallimard, 2005).

Écoutez l’émission, enregistrée au Ground Control, à Paris     • Lien du podcast ici

Reporterre – Philippe Descola, vous êtes un penseur ‘cardinal’ dans l’évolution de la pensée écologique depuis 20 à 30 ans. Jeune étudiant, dans les années 1970, vous êtes parti au fin fond de l’Amazonie, entre l’Equateur et le Pérou, à la découverte des Achuars. Vous y avez passé deux à trois ans en immersion et plus tard plusieurs séjours. Comment avez-vous vécu chez ce peuple, que s’est-il passé ?

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La grève de Février 1900

Vendredi 7 février 2020 – 19 H : Représentation théâtre amateur. Terrain de l’Usine – François Municipalité du François

Samedi 15 février 2020 – 19 H : Swaré bèlè Salle des fêtes du François AM 4

Télécharger le dossier de la CTM, transmis par Marie-Hélène Léotin

Il y a 120 ans, la Martinique était touchée par le premier mouvement de grève générale dans le pays. Il s’agissait d’une grève des ouvriers de la canne, principale force productive à cette époque. Après la lutte des esclaves pour la liberté en mai 1848, la lutte des paysans pauvres pour la terre et la dignité en septembre 1870, la classe ouvrière martiniquaise entamait la longue lutte pour l’amélioration de ses conditions de travail.
Tous les gros centres sucriers ont été touchés. Cette grève fut marquée par l’épisode tragique de la fusillade du François qui eut un retentissement international. Le dirigeant russe Lénine eut l’occasion d’évoquer «La Martinique, le pays des vaillants ouvriers du François».

LA CRISE SUCRIEREE
La grève de février 1900 se situe dans le contexte de crise sucrière de la fin du XIXe siècle.

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« Le mythe de la virilité », un essai d’Olivia Gazalé

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes. Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste »…). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme. Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause.

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L’affaire Mila, une défaite pour la République

— Par Razika Adnani. Philosophe, islamologue(*) —

Mila, une jeune fille de 16 ans, a été harcelée par des menaces de violences et de mort parce qu’elle a critiqué l’islam. C’est inacceptable mais aussi très inquiétant. Les jeunes qui ont proféré ces menaces sont des Français. De jeunes Français pensent donc que l’islam, leur religion, prime sur les valeurs et les lois de la République qui garantissent la liberté de s’exprimer et de blasphémer. En appelant à la violence et au meurtre, ils veulent se faire justice eux-mêmes et ainsi se substituer au droit. Le problème est plus grave encore étant donné que des non musulmans trouvent que Mila mérite ce qui lui arrive, car elle a provoqué par ses propos. De plus en plus la provocation revient dans les discours pour justifier les agressions et les violences. Ainsi, certains trouvent normal que la liberté de s’exprimer soit bafouée ou que les individus se substituent à la justice et que chacun punisse lui-même celui qu’il estime lui causer du mal. Voilà pourquoi cette affaire n’est pas seulement une menace contre Mila, elle est également une menace contre la République.

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« France-Antilles », seul quotidien des Antilles et de Guyane, en liquidation judiciaire

Le journal régional est mis en redressement judiciaire, sans capacité à exercer ses activités.
Les salariés du groupe avaient cependant toujours un petit espoir vendredi 24 janvier, avant que la décision ne tombe, même s’ils étaient inquiets en cas de reprise : « Si l’activité se poursuit, au 1er février on va partir sur un contenu totalement nouveau sur lequel nous n’avons pas discuté, nous n’avons pas travaillé sur ce projet », comme l’expliquait au site d’outre-mer La 1ere, Mélinda Boulai, du Syndicat national des journalistes.

Le groupe France-Antilles était en redressement judiciaire depuis le 25 juin 2019. Le tribunal de commerce avait laissé jusqu’à mercredi soir (heure de la Martinique) à l’actionnaire pour fournir « les éléments complémentaires liés au bouclage financier » de son offre de reprise, présenté le 14 janvier dernier.
« Un cataclysme social »

Mais AJR Participations (société de Aude Jacques-Ruettard, petite-fille de Robert Hersant, l’actionnaire majoritaire du journal), n’aurait pas réussi à boucler son plan de financement, alors qu’il avait fait une offre de reprise à hauteur de 7 millions d’euros, prévoyant de conserver 125 postes sur les 235 du groupe, avec la parution d’un trihebdomadaire en Guadeloupe et en Martinique et une version numérique en Guyane.

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Le Boucanier, Hachoir Lugubre à Kakos.

— Par Pierre Pastel, Sociologue / Psychothérapeute.—

« Nous proposons, par ce texte, une lecture pour le moins originale de la société, à la fois française et mondiale, dans laquelle nous sommes tous  appelés à évoluer en tant qu’individu et en tant que groupe. Chacun fera son idée et son décryptage ».

Cent ans pour…

Le Boucanier hennit, ses leptoméninges1 sont sectionnées. Il court, il court après l’arachnoïde2 et la pie-mère3.

Lobotomisé4, l’âme vidée, à leur recherche, il erre de rameaux en bronches, de bronches en bronchiectasie5.

Nerveux, il ne parvient pas à les attraper ; il s’acharne donc sur les kakos6 ou ce qu’il croit être des kakos. Kakos pour kakos au pays des moins que rien, ce n’est que viande et os sans science à son humble conscience.

S’il rit d’avoir déjà terrassé de nombreux groins, hautain, il ne s’aperçoit même pas de son arrogance. Il veut béquer encore et encore. Il bèque, il bèque alors, sans parvenir à assouvir sa faim de goule.

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Pierre Singaravélou « La décolonisation commence au premier jour de la colonisation »

« Décolonisations » série documentaire  à voir en replay sur Arte

— Par Sophie Joubert —

Historien et professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne et au King’s College, Pierre Singaravélou est l’auteur, avec Karim Miské et Marc Ball, de la série documentaire « Décolonisations », diffusée sur Arte. Un point de vue neuf qui tisse un récit global et donne de nouvelles clés d’explication.

Votre série documentaire change radicalement de perspective en adoptant le point de vue des colonisés…

Avec les deux réalisateurs, Karim Miské et Marc Ball, nous avons tout simplement essayé de changer de « sujet ». Jusqu’à aujourd’hui, l’histoire de la colonisation et de la décolonisation a été presque exclusivement appréhendée du point de vue des Européens ; les populations autochtones étant considérées comme de simples agents ou victimes passives de la domination étrangère. Il fallait restituer à ces « sujets indigènes » leur capacité d’action. Cela supposait d’abandonner les pronoms « ils » et « eux », qui pendant des décennies ont essentialisé des millions d’individus pour retrouver le « je » et le « nous » de ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour leur liberté.

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En Guadeloupe, la mémoire de l’esclavage

— Par Pascal Charrier —

L’emploi massif d’une main-d’œuvre asservie a laissé de nombreux vestiges sur l’archipel antillais. Alors que l’oubli a longtemps été de mise, les collectivités territoriales valorisent le patrimoine laissé par cette histoire douloureuse.

De ce promontoire dressé au-dessus de Basse-Terre, la préfecture de la Guadeloupe, la vue est imprenable sur l’océan Atlantique. Les Français y avaient bâti un premier fortin dès le XVIIe siècle pour défendre leur possession face aux appétits anglais. Le conseil départemental, aujourd’hui propriétaire de ces 5 hectares entourés d’épais remparts, va y inaugurer en 2020 une œuvre conçue pour magnifier « l’esprit de résistance et de résilience » des Guadeloupéens.

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Autour de l’affaire Matzneff, l’affrontement de deux époques

Paris – Il y a ceux qui découvrent les faits, abasourdis, et ceux qui savaient sans trop voir le mal: les révélations d’une éditrice racontant sa relation sous emprise, alors qu’elle avait 14 ans, avec l’écrivain Gabriel Matzneff, font s’entrechoquer deux époques et deux regards sur la pédophilie.

Le goût autoproclamé de l’écrivain de 83 ans pour les « moins de 16 ans » et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie avait jusqu’ici très peu fait ciller. La sortie, prévue jeudi, du livre « Le Consentement » de Vanessa Springora, 47 ans, semble être en train de changer la donne. 

Apportant son « soutien » à « toutes les victimes » de l’écrivain, le ministre de la Culture Franck Riester a ainsi rappelé samedi que « l’aura littéraire n’est pas une garantie d’impunité« . 

Autre signe de cette bascule: la séquence où Bernard Pivot interviewe Gabriel Matzneff est devenue virale (près de 900.000 vues) et fait scandale, près de trente ans après sa diffusion. Il y est interrogé de manière badine sur ses conquêtes sexuelles.

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« La censure se communautarise »

La philosophe Carole Talon-Hugon dénonce un « tournant moralisateur dans l’art » et un nouveau type de censure qui s’exprime par la pétition ou par les tribunes.

— Propos recueillis par Thomas Mahler —
2019 resterera-t-elle comme une année sombre pour la liberté d’expression dans le domaine artistique ? Cette année, un film, J’accuse, a été déprogrammé de plusieurs salles publiques du fait d’accusation de viols contre son réalisateur. Une mise en scène des Suppliantes d’Eschyle n’a pu être joué à la Sorbonne pour cause d’un anachronique « blackface ». Une pétition a exigé le retrait d’une fresque d’Hervé Di Rosa au Palais-Bourbon alors que celle-ci célèbre pourtant l’abolition de l’esclavage. Spécialiste d’esthétique, la philosophe Carole Talon-Hugon a publié aux PUF un livre passionnant, L’Art sous contrôle, où elle analyse comment les artistes, après des décennies de transgression, sont devenus obsédés par la morale, et comment est apparu un nouveau type de censure émanant non de l’État, mais de groupes communautaires. Nous précisons que cet entretien a été réalisé avant le déclenchement de l’affaire Matzneff.

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Journée internationale des personnes migrantes

« Les migrations favorisent la croissance économique, le dynamisme des sociétés et la tolérance. Elles offrent une chance à des millions de personnes en quête d’une vie meilleure, et profitent aussi bien aux communautés d’origine et qu’à celles de destination. » — António Guterres, Secrétaire général de l’ONU
La Journée internationale des personnes migrantes est l’occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination.

Les migrations sont une réalité incontournable. De nombreuses raisons amènent les gens à se déplacer – que ce soit pour étudier à l’étranger, rejoindre des membres de la famille, chercher un emploi ou des moyens de subsistance, ou assurer un meilleur avenir à leurs enfants. D’autres quittent leur pays pour fuir la criminalité, la violence, les conflits, la persécution, l’insécurité, la discrimination, les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement, ou encore la pauvreté.

La plupart passent d’un pays en développement à un autre ou quittent un pays en développement pour un pays développé.

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Concurrence des mémoires : position du CNMHE du 4 juin 2019

Le Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CNMHE) s’oppose à toute forme de concurrence des mémoires des crimes contre l’humanité.

La notion de crime contre l’humanité est affirmée dans le décret d’abolition de l’esclavage, le 27 avril 1848 qui qualifie l’esclavage comme un « attentat à la dignité humaine ». Le fait de posséder des esclaves est alors puni de la peine de déchéance de la citoyenneté. Ces dispositions législatives ont été oubliées et la loi Taubira a remis en avant ce concept en 2001. Le procès de Nuremberg a qualifié de crime contre l’humanité, « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile ».
L’esclavage colonial et les entreprises d’extermination nazies ont été commis dans des contextes historiques, politiques, juridiques, sociaux, économiques et idéologiques très différents. Vouloir les hiérarchiser relève de l’ignorance.

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« Le pouvoir sur scènes » de Georges Balandier

Pas de pouvoir sans  sa théâtralisation

— Par André Akoun —
L’ouvrage que nous donne Georges Balandier a deux intérêts : un intérêt théorique nous rappelant, à propos du pouvoir, que les faits sociaux ne sont. jamais des faits de nature, c’est-à-dire de simples rapports de force, mais des faits de communication et de langage, . des faits symboliques ; un intérêt conjoncturel,’ en nous rappelant, en cette période de campagne électorale (mais y a-t-il des périodes hors campagne électorale dans nos sociétés) ? le lien qui unit intimement pouvoir et spectacle.
Le livre veut montrer qu’il n’y a pas de pouvoir — jamais et nulle part — qui n’implique une théâtralisation, une mise en scène, un apparat ; qu’il n’y a pas de pouvoir nu et muet. Mais il -faut aller plus loin et’ refuser ce qu’une tradition politique veut croire : le pouvoir ne se réduit jamais au rapport de domination entre dominants et assujettis. Le « théâtre » qui l’accompagne n’est jamais un habit qui s’ajoute à la réalité du pouvoir pour la dissimuler.

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C’est un petit retraité de 63 ans qui s’adresse à vous…

— Par Jean-Jacques Rey —

Depuis trente ans au moins, il y en a qui nous rebattent les oreilles avec le fait (statistique) que nous vivons de plus en plus vieux et qu’en conséquence, « inévitablement », il faudra augmenter la durée et les montants de cotisations; reculer -encore- l’âge légal de départ à la retraite (jusqu’à 70 ans pour certains !) diminuer le taux des pensions, etc.

Mais ces oiseaux de malheur oublient soigneusement de reconnaître que beaucoup d’entre nous ne vivons pas assez longtemps (quand ce n’est mourir avant !) pour profiter significativement de notre retraite, notamment dans les catégories sociales, modestes : avec de fréquents revenus minables et métiers ingrats et/ou pénibles ; sans parler des situations de détresse et des exclus de toutes sortes : je rappelle quand même qu’un quart grosso modo de la population française est maintenant en-dessous du seuil de pauvreté…

La vision de société de ces esprits chagrins qui veulent tout soumettre à leur économisme, même les rouages de la Vie sur Terre, est catastrophique.

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« Primitivismes; une invention moderne « 

— Par Philippe Dagen —

Dans un moment où l’histoire des cultures est en cours de réécriture et ne peut plus être réduite à la chronique des avant-gardes occidentales, et alors que les études postcoloniales ont plusieurs décennies d’ancienneté, une notion est demeurée jusqu’ici à l’abri de toute révision critique : primitivisme. Le mot est d’usage courant dans la langue de l’histoire de l’art autant que dans celle de la critique et du marché de l’art actuel. La notion dont il est dérivé, primitif, ne saurait plus être employée. Mais primitivisme résiste, fort de l’autorité qu’acheva de lui conférer une exposition célèbre du MoMA de New-York en 1984 et les noms de ses plus fameux artistes – Gauguin, Matisse, Picasso, Kirchner, Nolde, Kandinsky, Klee, Miró, Giacometti, etc. – et de ses plus illustres écrivains – Jarry, Apollinaire, Cendrars, Tzara, Breton, Éluard, etc. Aussi est-il nécessaire de mettre à nu tout ce qu’il contient de sous-entendus et de stéréotypes depuis que primitif, dans le dernier tiers du XIXe siècle, est une notion centrale de la pensée occidentale.

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Guadeloupe: quatre lycéens mis examen pour viol en réunion

Deux d’entre eux sont aussi poursuivis pour « diffusion d’image de mineure à caractère pornographique aggravée par l’utilisation d’un réseau social »

Quatre lycéens de 16 ans, scolarisés à Capesterre Belle-Eau, en Guadeloupe, ont été mis en examen samedi pour viol en réunion d’une camarade, et une information judiciaire a été ouverte, a-t-on appris lundi auprès du parquet, confirmant une information de médias locaux.

Les quatre mis en cause seront poursuivis pour «viol en réunion» et aussi pour deux d’entre eux, pour «diffusion d’image de mineure à caractère pornographique aggravée par l’utlisation d’un réseau social, en l’occurrence WhatsApp», sur lequel ont été diffusées les images d’un rapport sexuel, a précisé Michael Ohayon, procureur adjoint de la République de Pointe-à-Pitre.

Les faits se seraient déroulés en trois temps, les 10 et 17 octobre et le 5 novembre, toujours dans une école désaffectée du bourg de Capesterre-Belle-Eau.

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Un visiteur à la Martinique

— Par Michel Pennetier —

Pour la troisième fois depuis une dizaine d’années, je suis en visite à la Martinique , invité par un ami de longue date qui vit depuis une vingtaine d’années sur ce territoire. L’envie d’écrire un compte-rendu naît de mon impression d’avoir cette fois franchi un pas de plus dans la connaissance de la vie sur cette île et de son passé. C’est un regard nécessairement extérieur, mais emprunt du désir de s’approcher de l’altérité et comme le dit E.Glissant d’entrer dans le processus de la RELATION. Je présenterai d’abord les deux protagonistes de ce séjour et l’amitié qui les lie, ce qui constitue les conditions de ma rencontre avec la Martinique puis j’évoquerai en quatre petits tableaux ce qui m’a permis d’approfondir mon regard.

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Station Vito aéroport : on a frôlé, une fois de plus, une grave catastrophe.

— Par Alphonse Dégras de la CGTM —

Ce samedi vers 17h30, les employés de la station Vito Aeroport ont une nouvelle fois été témoins d’un accident au sein même de la station.

Deux voitures sont entrées en collision dans l’un des couloirs de ravitaillement de la station-service. Pas de blessés grave, des véhicules accidentés et des employés qui ne cessent de compter les accidents sur leur lieu de travail.
« Ça commence à bien faire »: C’est en ces termes qu’a réagi, avec une colère contenue et en employant un langage châtié, une cheffe d’équipe de la SESA/Station-service VITO de l’aéroport après le nouvel accident qui a eu lieu dans cette station le 30 novembre 2019.
Rappelons qu’en juillet 2017, un jeune homme de 21 ans y a perdu la vie alors qu’il était à son poste de travail. Et en août 2019, deux nouveaux accidents ont à nouveau fait la une de l’actualité. Ce 30 novembre 2019, ce nouvel accident vient allonger cette liste déjà trop longue à notre goût.

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