Politiques

La démolition des statues de Victor Schœlcher exprime un malaise méconnu

— Par Jean-Marc Party —

La destruction des deux statues de Victor Schoelcher que compte la Martinique, ce 22 mai 2020, a suscité d’innombrables commentaires et réactions, locales ou extérieures. Cet acte pose la question du nécessaire débat sur les grandes figures de notre histoire.

 Le bris des deux statues de l’abolitionniste républicain français, à Fort-de-France et dans la ville portant le nom de Victor Schœlcher, est diversement apprécié. La destruction de ces monuments constitue un crime de lèse-majesté pour certains, un acte de vandalisme pour d’autres, un signe de méconnaissance de pans entiers de notre histoire tourmentée pour d’autres encore.

La plupart des responsables politiques qui ont réagi à ce geste inédit le condamne fermement. Le président de la République s’est mêlé à ce concert de protestations. Il dénonce « les actes qui salissent la mémoire de Schoelcher et celle de la République ». La ministre des Outre-mer ne dit pas autre chose.

C’est dire si le traumatisme est important. L’acte revendiqué par deux jeunes femmes s’exprimant dans une vidéo postée sur des réseaux sociaux est de la même veine qu’un communiqué signé « Lanmounité ». 

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Outre-mer : un plan d’un milliard pour aider les collectivités et entreprises

Le ministère des Outre-mer et l’Agence française de développement (AFD) ont signé lundi un plan doté d’un milliard d’euros pour accompagner les collectivités locales et les entreprises ultramarines dans la crise sanitaire et économique liée au coronavirus.

Ce plan, baptisé «Outre-mer en commun», se veut «une réponse à la crise sanitaire mais aussi à son impact économique», dans le cadre de la «trajectoire outre-mer 5.0 »(déclinaison des objectifs de développement durable pour les territoires ultramarins, ndlr), lancée depuis avril 2019, explique un communiqué commun. Ce plan se décline notamment en trois points : une réponse sanitaire, une réponse économique et une réponse environnementale.

Relance des investissements

En matière sanitaire, l’AFD va renforcer «son appui aux réseaux régionaux de surveillance épidémiologique» et va «contribuer au plan de réforme et de relance des investissements» pour les hôpitaux d’Outre-mer, précise le communiqué, sans donner de chiffres.

Pour «soutenir le tissu économique», l’AFD va examiner «avec bienveillance les demandes de report d’échéances de 6 mois de ses prêts aux collectivités locales et aux entreprises», accélérer «ses décaissements» (à hauteur de 250 millions d’euros), «les instructions de prêts budgétaires annuels des grandes collectivités» (250 millions), et mettre en place des «prêts d’urgence d’aide à l’investissement sur 20 ans pour les collectivités ultramarines».

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La statue foyalaise de Schoelcher : une œuvre d’anciens esclaves.

— Par Yves-Léopold Monthieux —

Voilà qu’enfin apparaissent sur les blogs les justes interventions d’intellectuels, d’historiens ou de professionnels de l’histoire qu’on entendait peu et qui donnent un ton nouveau et semblent vouloir faire passer au second plan le discours traditionnel qui a conduit à la haine et l’intolérance. Hélas, il a fallu pour cela en arriver à ces extrémités qui sont le résultat d’un discours et d’une politique qui ont malheureusement réussi.

Certes, il est juste de reconnaître qu’avant les années soixante l’école s’était très peu préoccupée d’apprendre leur histoire aux jeunes Martiniquais. L’unique livre de lecture de la nation véhiculait la même parole dans toutes les colonies. Il n’est pas moins vrai que, portés par les idées de décolonisation, la Martinique s’est largement rattrapée. De sorte qu’aujourd’hui il n’y a sans doute aucun peuple caribéen qui ait un meilleur niveau de connaissance de son histoire que le nôtre. D’autant plus que le souci quotidien de ces populations quant au gîte et au couvert leur laisse peu du temps pour les considérations mémorielles.

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Statues de Schœlcher : n’y aurait-il aucune oreille ?

— Par  Anique Sylvestre, écrivaine —
N’y aurait-il aucune oreille pour entendre la voix de ces jeunes révoltés qui ont osé expulser de son trône Victor Schœlcher ?
N’y aurait-il aucune oreille pour écouter les raisons d’une telle colère ?
N’y aurait-il personne pour voir les visages de ces deux jeunes femmes qui bravent l’interdit et qui se montrent au grand jour pour clamer la raison, sinon les raisons de leur acte ?
En d’autres temps, on en avait voulu à Joséphine qui finalement est restée étêtée. Et c’est pas plus mal ! À part qu’une explication en bonne et due forme de l’acte aurait pu servir à dire publiquement l’histoire.
Plusieurs tentatives avaient été faites préalablement sur la personne de Schœlcher, personnage de notre histoire encore très controversée, d’autant que des plus éminents de nos littérateurs, politiques et démocrates l’avaient, en leur temps, eux aussi, encensé.
Aujourd’hui, historiens, syndicalistes, politiques ou citoyens ordinaires s’horrifient de cet acte. Et moi, la première, me suis souvenue des Talibans pour ne citer qu’eux, en voyant ces images défiler sur les réseaux sociaux puis à la télévision.

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« Engageons-nous tous pour la #ScèneFrançaise »

L’appel de 142 artistes et acteurs du monde culturel

« Nous vivons une crise sanitaire sans précédent, qui a des impacts économiques dramatiques et immédiats pour notre pays. La culture est durement frappée, et la situation est catastrophique pour le secteur de la musique, avec plusieurs mois d’arrêt complet des activités au moment de l’année où s’ouvre la saison des festivals. À la différence d’autres secteurs d’activité, les professionnels de la musique ne sont pas concernés dans l’immédiat par le déconfinement progressif.

Pour toute la scène artistique française, autrices/auteurs, compositrices/compositeurs, artistes, DJ, techniciennes/techniciens, et leurs partenaires éditrices/éditeurs et productrices/producteurs, cette situation implique une double peine économique : avec la disparition de l’important canal de diffusion de leurs œuvres que sont les concerts, ils subissent une perte de revenus instantanée. Pour les artistes, les créateurs et les éditeurs rémunérés grâce aux droits d’auteur, cette perte de revenus s’inscrit dans la durée. Le coup d’arrêt porté aujourd’hui à la diffusion de leurs œuvres générera un effondrement de leurs revenus, en droits d’auteur, dans les douze à dix-huit mois à venir.

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Mauvais geste, saine révolte

Déclaration de Louis Maugée après le saccage des statues de Victor Schœlcher

Le 22 mai dernier, de jeunes activistes nationalistes ont renversé la statue de Victor Schœlcher dans la commune de Schœlcher et à Fort de France en Martinique.

Victor Schœlcher est l’abolitionniste de l’esclavage le plus connu. En France et dans les outremers francophones.

Le 22 mai est la journée de commémoration de l’insurrection anti esclavagiste du 22 mai 1848 en Martinique. Elle avait contraint le gouverneur de l’île à décréter l’abolition de l’esclavage avant l’arrivée du décret gouvernemental. En effet le gouvernement issu de la révolution de 1848 en France avec notamment Victor Schœlcher avait décrété l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848.

Certes, on peut trouver chez Schœlcher des déclarations et propos contestables, condamnables, mais néanmoins secondaires eu égard à son combat pour l’abolition.

Et cela n’en faisait pas de toute façon un ennemi des esclaves. Il fut au contraire un défenseur de leur liberté à partir d’un certain moment de sa vie. Et il s’est battu pendant de longues années pour l’abolition de l’esclavage.

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Une intéressante contribution au débat

Tribune de Myriam Cottias, France Antilles du 24 mai, Pages Débats.

Myriam Cottias  :  Directrice du Centre International de Recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC). Historienne, Directrice de recherche au CNRS, Coordinatrice du programme de l’Agence Nationale de la Recherche « Réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) (XIXe-XXIe) », ancienne présidente du CNMHE (Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage, remplacé en 2019 par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage).

TRIBUNE : Lors du 22 mai — jour de commémoration du soulèvement des esclavisé.e.s qui a abouti à la proclamation anticipée de l’abolition de l’esclavage en 1848 en Martinique — deux statues de Victor Schœlcher ont été brisées, jetées à terre, rappelant le déboulonnage des statues des généraux confédérés aux États-Unis. Ses assaillants ont alors donné des coups de pied et ont craché, semble-t-il, sur ce symbole honni transposant en Martinique des actions politiques qui se sont déroulées, entre autres, à la Nouvelle-Orléans, à Baltimore ou à Nashville contre les statues des généraux Lee et Nathan Bedford Forrest, fondateur du Ku Klux Klan.

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Schoelcher : détruire une statue est-il toujours illégitime ?

— Par Catherine Bertho Lavenir —

Catherine Bertho Lavenir, ancienne rectrice de l’académie de Martinique, est inspectrice générale de l’Éducation nationale, professeure des Universités, ED Arts et médias, Sorbonne-Nouvelle. Après la destruction de deux statues de Victor Schoelcher en Martinique ce 22 mai, elle  s’interroge sur le sens que peut avoir, en 2020, l’iconoclasme.

En ce 22 mai 2020, jour de commémorations de l’abolition de l’esclavage en Martinique, un groupe d’activistes s’attaque à deux statues de Victor Schoelcher et les détruit d’une manière qui n’autorisera aucune restauration. Une vidéo est immédiatement postée sur le net, suivie d’autres où de jeunes militantes expliquent la signification de l’acte. Deux temporalités s’affrontent : le discours « lent » des statues qui, décennie après décennie, portent dans l’espace public un même discours et l’articulation évènement-image-débat-diffusion immédiate, B.A.BA de l’activiste contemporain.

Dans une atmosphère d’épidémie où l’expression politique est raréfiée, les activistes occupent l’espace public puis médiatique. Leurs revendications associent l’indemnisation des victimes du chlordécone avec l’exigence de réparations pour les descendants d’esclaves. Reporté une première fois, leur procès pour une action antérieure – le blocage de supermarchés – doit se tenir dans quelques semaines.

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Le débat ce n’est pas ça !

— Par Fola Gadet, écrivain et universitaire —

Quand ça se passe en Afrique du Sud, vous comprenez, vous applaudissez. Quand ça se passe aux États-Unis, vous comprenez, vous applaudissez, vous écrivez. Quand ça se passe chez nous, ça vous semble vide de sens, vous récriminez. L’indignation de ces jeunes activistes doit être entendue. Pour ma part, je préfère dix jeunes debout derrière leurs idées que 100 fatalistes, conformistes et individualistes. Ils ne sont pas les premiers à faire ça et ils ne seront pas les derniers si nous ne saisissons pas ce moment pour avoir une conversation autour de notre mémoire, de notre histoire. Ces jeunes ne sont pas bêtes et sans raisonnement intellectuel. Ils ne sont pas non plus les marionnettes d’un groupe politique. Arrêtons de les insulter et de les ridiculiser à partir du confort de nos petites vies. Vous avez eu leur âge ? Vous savez que ce sont des années où on veut changer le monde et nous avons besoin de cette énergie. Nous sommes le fruit de gens qui avaient cette énergie à un moment donné.

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Une drôle de salade de fruits !

L’autre événement du 22 mai, à Fort-de-France

— par Janine Bailly —

Depuis le déconfinement, et le retour à une vie presque normale, les affiches et publicités qui évoquent la nécessité de se tenir à un mètre minimum de quiconque se multiplient. Et si elle prétendent nous aider à tenir la maladie en respect, elles se voient pourtant reçues avec plus ou moins de bonheur.

Ainsi, ce vendredi 22 mai, la préfecture de Martinique avait publié sur les réseaux sociaux un message appelant ses habitants à respecter cette distance entre chacun. Un visuel légendé « 1 m ou 5 ananas », sur lequel la séparation était donc symbolisée par… cinq ananas  posés entre deux personnages, l’un noir et l’autre blanc, bien pourvus de masques.  Un dessin censé illustrer l’importance de cette distanciation physique, nécessaire pendant l’épidémie de coronavirus. Une affiche qui a paru enjoindre les Martiniquais à compter non en mètres, mais en ananas… Une utilisation du fruit exotique qui n’a pas été du goût de tous !

Suivre l’exemple ? En effet, le 10 avril dernier, la municipalité de Rapa Nui, sur l’île de Pâques, avait  la première utilisé cette comparaison pour rappeler l’importance de ce geste-barrière à appliquer contre le coronavirus.

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Points de vue sur un évènement marquant de ce 22 mai 2020

France Antilles du 22 mai 2020 :  l’événement à Fort-de-France

« En ce jour de commémoration du 22 Mai, un groupe d’activistes a fait tomber deux statues de leur socle avant de les endommager à coups de masse. Les militants sont passés à la vitesse supérieure cette année, contestant l’action de Victor Schœlcher et lui reprochant notamment le décret suivant l’abolition de l’esclavage, ayant permis l’indemnisation des propriétaires d’esclaves. »

Sur People Bò Kay : un acte assumé, un témoignage

Deux militantes martiniquaises ont revendiqué samedi, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, avoir participé à la destruction des deux statues de Victor Schoelcher le 22 mai, jour du 172ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique.

« Ceci est un message à la gendarmerie de la Martinique, la police, les forces armées, les juges, les magistrats. Nous assumons pleinement notre acte parce que nous en avons assez, nous jeunes Martiniquais d’être entourés de symboles qui nous insultent », déclare Jay Assani, activiste martiniquaise très connue sur les réseaux.

« Et nous avons pris la décision, nous ne sommes pas les premiers à s’en prendre à ces symboles.

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Distanciation : le préfet de Martinique retire une affiche jugée raciste

Plusieurs personnes se sont indignées de cette affiche publiée vendredi, qui représente deux hommes, un Blanc et un Noir, séparés par des ananas.

La préfecture de Martinique a fait machine arrière samedi 23 mai, après avoir publié sur les réseaux sociaux la veille une affiche pour illustrer la distanciation physique à respecter pour limiter la propagation du Covid-19, la distance en question ayant été transcrite en ananas. Deux personnages sont représentés : un Noir et un Blanc. Ce visuel a fait polémique sur les réseaux sociaux, avec un tweet remarqué du chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a qualifié la démarche des services de l’État dans le département d’outre-mer de « honte ».

Lire aussi Déconfinement et gestes barrières : ce qu’il faut savoir

Excuses de la préfecture

Face à ça, les services du nouveau préfet Stanislas Cazelles, ex-conseiller à l’Élysée pour l’outre-mer nommé en février, ont retiré l’illustration. « Nous présentons nos excuses si elle a pu heurter certains d’entre vous. L’unique objectif était de montrer l’importance de la distanciation face à l’épidémie », a écrit le service communication du préfet sur son compte Twitter.

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Casser les statues de Schoelcher est une démarche qui méconnait une part de l’histoire de la fin de l’esclavage!

— Par Gilbert Pago —

Ma lettre traduit une volonté de dialogue ( serait-elle impossible ?) avec les jeunes activistes. Accepteront elles et ils cette invite ?

Des statues de Victor Schoelcher tant au centre Camille Darsières ( ex tribunal de Fort de France) que celle de l’entrée du bourg de Schoelcher ( à Case Navire), ont été abattues ce vendredi 22 mai.

Le coup d’éclat se définit grandement comme militant, il reste très malheureusement erroné et perturbe encore plus notre compréhension de notre histoire.

Les militants et militantes des années 1960 et 1970 (avec lesquels je suis fier d’avoir très fortement agi) rejetaient le rôle d’une France qui aurait octroyé l’émancipation, par l’action bienfaitrice de ses seuls abolitionnistes dont Schoelcher. Cette génération exigeait de ne pas minorer le rôle de la lutte des esclaves pour l’arrachement de leur émancipation. Elle faisait ressortir que l’ignorance et la méconnaissance des 22 et 23 mai, ne devaient pas perdurer.

Le 22 mai, jour de 5 événements marquants à Saint Pierre et au Prêcheur, devenait à juste raison la date-phare qu’elles et ils érigeaient comme date de commémoration et de célébration, avant même celle du 23 mai, date réelle et officielle de l’abolition de l’esclavage.

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S’appuyer sur une mémoire partagée pour bâtir une vision ambitieuse de l’avenir

— Par Olivier-Ernest Jean-Marie —

Deux statues de Victor Schoelcher ont été détruites aujourd’hui (22 mai 2020) devant l’Espace Camille Darsières à Fort-de-France et à l’entrée du bourg de Schoelcher en Martinique.

Je constate que Nous (communauté martiniquaise) ne partageons pas (plus?) la même mémoire. Il existe des divergences sur les références historiques que nous devons retenir pour asseoir notre communauté dans le Monde et nous situer dans le temps.

En préambule, je précise que mon intervention n’a pas pour objectif de justifier ou de condamner ces destructions.

Au-delà du jugement moral que nous pouvons porter sur les motivations et les méthodes des auteurs de ces actes, il me semble important, si nous voulons créer ou consolider notre communauté martiniquaise, que nous entamions un devoir de mémoire profond, sincère, participatif et courageux.

Les statues de Schoelcher, de Joséphine et de D’Esnambuc sont régulièrement dégradées… puis furtivement restaurées (à l’exception de celle de Joséphine…), les plaques des rues Gallieni et Blénac sont régulièrement enlevées…puis remplacées discrètement.

Il y a là le signe d’un désaccord profond qui mine la construction d’une communauté martiniquaise sereine et ambitieuse.

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Sur l’abolition de l’esclavage : fausses querelles et vrais problèmes

— Par Édouard de Lépine —

Au moment où s’annonce bruyamment la préparation des fêtes du 22 mai, il nous a semblé qu’on ne pouvait laisser passer sous silence, la date du 27 avril, date de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Pour éclairer le débat, un extrait de l’ouvrage d’Édouard de Lépine, Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique, Maisonneuve Larose – Servédit, Paris 1999

…Faut-il opposer le 22 mai au 27 avril comme on tend à le faire depuis une trentaine d’années, après avoir, il est vrai, outrageusement privilégié le 27 avril par rapport au soulèvement du 22 mai qui a conduit à l’abolition anticipée de l’esclavage à la Martinique et à la Guadeloupe ? S’il est vrai que c’est la France qui a introduit l’esclavage dans ses colonies et qu’il n’y a pas lieu de se confondre en actions de grâce pour la remercier d’avoir aboli ce qu’elle avait établi, rien ne nous oblige à donner raison à ceux qui pensent qu’il « y a des services si grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude ».

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Commémorer les dates historiques c’est aussi préparer les luttes d’aujourd’hui et de demain

Déclaration de « Combat Ouvrier » sur les 22 et 27 mai en Martinique et en Guadeloupe

Le 22 mai 1848, en Martinique, les esclaves brisent leurs chaînes. L’esclave Romain est arrêté et emprisonné pour avoir joué du tambour. Ses compagnons manifestent et il est libéré. Mais peu après, une milice esclavagiste tire sur le défilé des esclaves. Plusieurs morts. L’insurrection armée part de Saint-Pierre et se répand dans l’île. Le 23 mai, le gouverneur Rostolan décrète l’abolition en Martinique.

Le 27 mai en Guadeloupe, le gouverneur Layrle fait de même. Il craint que l’insurrection de Martinique gagne la Guadeloupe. En effet, désobéissances et marronnages augmentent. Les esclaves sont au bord de la révolte ouverte.

Quarante-six ans auparavant, les 26, 27 et 28 mai 1802, en Guadeloupe, la guerre anti-esclavagiste était déclenchée car Bonaparte y rétablit l’esclavage. Une première abolition avait été décrétée en 1794 par le gouvernement révolutionnaire de la Convention, mais l’abolition n’est appliquée qu’en Guadeloupe. La Martinique était sous occupation britannique. La guerre anti- esclavagiste dirigée par Delgrès et Ignace sera un échec.

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« Réparations une exigence urgence pour l’Humanité »

Vendredi 22 mai 2020 de 15h à 16h30 (+6h pour la France)

Dans le cadre des commémoration de l’abolition de l’esclavage, Patriculture vous invite à participer à une conférence virtuelle qui se déroulera le 
Vendredi 22 mai 2020 de 15h à 16h30 (+6h pour la France) animée par Rodolphe Solbiac, maître de conférence HDR en études anglophone à l’Université des Antilles à la Martinique. 
 
Durant la conférence Rodolphe Solbiac nous présentera le dernier ouvrage collectif international Réparations une exigence urgence pour l’Humanité publié par le MIR (Mouvement International pour les Réparations) et coordonné par Garcin Malse, Mame Hulo et Myriam Malsa
 
Pour le bon déroulement de la conférence virtuelle, il est nécessaire de s’inscrire via ce lienframaforms.org/patriculture-conference-virtuelle-1-1589743277
 
Vous recevrez le lien de la conférence la veille et jusqu’à 12 h le 22 mai. 

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Le 22 mai 1848, les esclaves de Martinique brisaient leurs chaînes.

Depuis des décennies, révoltes, incendies de plantations, marronnage des esclaves révoltés se multipliaient

A Paris, la révolution de Février 1848 renverse le roi Louis-Philippe. Un vent de liberté souffle sur le petit peuple de France. Aux Antilles, colonies françaises, il gagne les ateliers et les habitations où les esclaves ne supportent plus privations de liberté inhumaines, humiliations, sévices cruels

Le 20 mai 1848, le maitre de l’habitation Duchamp fait arrêter l’esclave Romain pour avoir bravé l’interdiction de jouer du tambour lors de la « grage du manioc ». Le 22 mai, plusieurs groupes d’esclaves et de Noirs libres de Saint Pierre se forment devant la mairie de Saint Pierre pour exiger la libération du tambouyé. Devant la colère qui montait Pory-Papy, adjoint au maire fait libérer l’esclave injustement puni. En rentrant sur leurs habitations tout joyeux, les esclaves vont se trouver face à l’attaque d’une milice du maire du Prêcheur, le béké Huc. L’attaque fait plusieurs morts. Rassemblant des milliers d’esclaves venus de St Pierre, du Prêcheur, mais aussi du Carbet, de Morne-Rouge, la riposte des esclaves à ce nouveau massacre se transformera en une insurrection.

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22 mai, date symbolique : « Il est nécessaire de restaurer notre mémoire »

L’église catholique rappelle l’intérêt de faire mémoire de l’abolition de l’esclavage, et de ne pas tourner la page trop rapidement.

Ce jeudi 21 mai, le comité diocésain « Mémoire et réconciliation Cap 170 » propose aux Martiniquais de commémorer l’abolition de l’esclavage, chez eux, par un temps de partage et de méditation. Le père Jean-Michel Monconthour, curé de la cathédrale et coordinateur de l’équipe, rappelle l’intérêt de faire mémoire et de ne pas tourner la page trop rapidement.

Question : Cette année, les festivités prévues par l’Église dans le cadre du 22 Mai sont annulées pour cause de crise sanitaire. Toutefois, le comité Cap 170 a tenu à marquer cette date. De quelle manière ?

Réponse : Ce 21 mai, à partir de 19 heures, le comité invite chacun, seul ou en famille, à participer chez lui, à un temps de méditation et de partage que nous avons intitulé « Lumières de la liberté ». Dans cette nuit du 21 au 22 mai, chacun pourra donc faire mémoire des combats menés pour la liberté, en allumant un flambeau ou une bougie, en fait une lumière symbolique, et en écoutant « Rhapsodie Martinique IV/La marche de la Liberté », de Manuel Césaire.

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Solidarité avec Christian Le Gilet Jaune

— Communiqué du Groupe Révolution Socialiste —
La mise en garde à vue au commissariat de Fort de France dans la journée du mardi 20 mai de l’auteur d’une vidéo sur les violences policières de la dernière période dans notre pays constitue un précédent d’une extrême gravité.
Christian le gilet jaune n’a fait que rendre compte par l’image des hauts faits répressifs de certains fonctionnaires de police particulierement devant le tribunal vendredi 16 mai. Le commentaire de la vidéo en réalité souligne l’écart entre ces pratiques et la déontologie officielle proclamée. Une autre séquence de la vidéo rapelle le triste épisode d’une journaliste violentée par un policier devant les locaux de la Préfecture il y a quelques mois.
Venant après les pièges grossiers tendus aux militants antichlordécone devant le Milénis et les provocations policières le 13 janvier toujours aux abords du tribunal à Fort de France, cette grotesque garde à vue est aujourd’hui le symbole d’un système qui ne peut supporter la vérité et craint plus que tout le regard informé du peuple.

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Brésil: un peuple indigène isolé victime de «génocide», selon une ONG

Le peuple indigène brésilien Awa Guaja, qui vit isolé au cœur de l’Amazonie, est en train de «subir un génocide», a affirmé mercredi le collectif des Gardiens de la forêt.

» LIRE AUSSI – La déforestation s’intensifie en Amazonie

«Il faut empêcher les incursions dans nos territoires, sinon, les Awa Guaja vont mourir», explique Olimpio Guajaja, responsable des Gardiens de la forêt, dans un communiqué relayé par l’ONG Survival. «Nous devons avertir à nouveau le gouvernement brésilien et la communauté internationale que les Awa Guaja sont en train de subir un génocide», a-t-il insisté.

Activités illégales

Le collectif des Gardiens de la forêt a été fondé en 2012 dans le Maranhao, Etat amazonien du nord-est du Brésil, pour y empêcher les incursions de trafiquants de bois ou orpailleurs illégaux sur des terres censées être réservées aux indigènes. Plusieurs de ces Gardiens ont été assassinés ces derniers mois.

Le collectif s’est fixé pour misson de préserver l’environnement en tentant d’empêcher la déforestation et de protéger des peuples isolés comme les Awa Guaja, près de 400 personnes vivant coupées du monde dans le Maranhao.

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Les Seigneurs féodaux sont de retour en Macronie!

— Par Robert Saé —

On sait que, sous le régime féodal, le roi et les seigneurs avaient droit de vie et de morts sur  « leurs sujets ». Aucune autorité autre  que la leur n’était habilitée à juger du bien-fondé de leurs décisions. Ils  étaient intimement convaincus que l’aliénation  dans laquelle  les superstitions et la propagande religieuse  maintenaient les manants et autres roturiers ne permettrait jamais que cet ordre des choses puisse changer.

Et puis, la Révolution bourgeoise de 1789 est venue balayer l’Ancien Régime. Depuis, on a beaucoup parlé  du règne de la « raison », de « souveraineté populaire »,  et du respect des « droits de l’homme ». Bien sur, le pouvoir et la jouissance de privilèges  restaient l’apanage des classes dominantes, mais on s’appliquait à le  cacher derrière les écrans du formalisme institutionnel. Vive la République criait-on de toute part !

Avec la constitution de 1958, la République Française a pris une forme manifestement monarchique, la rhétorique de la démocratie s’accommodant ouvertement de l’apparat des châteaux de la dite République et des larges privilèges  offerts aux gouvernants.

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Covid-19 : des personnalités d’Outre-mer interpellent Macron sur les conséquences de la crise sanitaire

Des personnalités, en majorité d’outre-mer, interpellent le président de la République dans une tribune, « sur les conséquences de la crise sanitaire qui pourraient être dramatiques » pour les territoires d’outre-mer, « sous la menace d’une crise économique, sociale, morale et politique sans précédents ».

» LIRE AUSSI – Perspectives économiques 2020 «particulièrement dégradées» en Outre-mer

Tout en se félicitant « que la catastrophe annoncée sur ces territoires n’ait pas eu lieu« , ces personnalités, emmenées par l’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer Patrick Karam (LR), soulignent « que les territoires d’outre-mer sont passés tout près d’une hécatombe (…), même si tout danger n’est pas écarté, comme le montre la situation à Mayotte« . 

Les Outre-mer comptaient lundi plus de 2.450 cas déclarés, dont plus de la moitié à Mayotte, qui enregistre aussi 18 des 50 décès recensés dans l’ensemble des territoires.  

« Cette crise a joué le rôle d’un révélateur des carences structurelles et de la paupérisation dramatique de nos territoires d’outre-mer, dénoncées année après année« , écrivent les signataires, dont la chanteuse du groupe Kassav Jocelyne Beroard, les acteurs Pascal Légitimus et Firmine Ricard ou la journaliste Christine Kelly. 

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La Révélation !

— Par Pierre Alex Marie-Anne —

La Martinique compte un citoyen français de plus et pas n’importe lequel : l’Artaban qui préside aux destinées du Parti (prétendument )Progressiste Martiniquais.

C’est ce qui nous fut récemment révélé au détour d’une interview-choc sur un des médias locaux.

En substance,“Français je suis, français je resterai” pour paraphraser la célèbre proclamation du Poète;

l’accouchement fut certes difficile mais quelle joie de la délivrance pour l’intéressé, hanté par cette insupportable contradiction ,de nature existentielle : “être ou ne pas être français”,en restant un mariniquais authentique.

Il faut saluer à son juste prix cet effort combien méritoire, (même s’il ne devait être que de courte durée !),tant les doutes planent sur la sincérité de l’appartenance à la Collectivité Nationale des hiérarques PPM ; les exemples à cet égard abondent:

Chef d’un parti ne tarissant pas d’avanies et de quolibets à l’égard de la marâtre FWANS , accusée de tous les maux ;

Rejet des insignes distinctifs nationaux;

Refus de s’intéresser à la formation des équipes ministérielles et à participer aux centres de décision gouvernementaux où se joue l’élaboration des politiques publiques impactant notre territoire.;

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L’esclavage ne doit pas être la carte de visite de la Martinique

Les commentaires inspirés par mon précédent article1 sur l’abolition de l’esclavage m’amènent à retranscrire ci-après l’échange public, légèrement toiletté, que j’ai eu sur le net avec Daniel Marie-Sainte (DMS)2. Mais après un récent dialogue avec une historienne qui lui est proche, j’ai compris que les défenseurs du « 22 mai » sont bien campés dans leur refuge idéologique. Le paradoxe a longue vie, qui permet aux vieux militants du matérialisme marxiste de donner dans la symbolique humaniste : un idéalisme mémoriel qui n’a rien à voir avec l’histoire. Cependant n’est-ce pas le destin de la Martinique d’avancer à pas contrariés ?

L’historienne me l’a accordé : « c’est vrai que « l’heure de l’abolition [avait] sonné, l’esclavage n’[avait] plus sa raison d’être, moralement, politiquement, économiquement « , pour toutes les raisons, conditions et circonstances que vous avez citées3 ». Elle ajoute : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait mettre en avant une raison plutôt qu’une autre. » Empruntant à son raisonnement, la seule date qui réponde à cette triple dimension morale, politique et économique est bien celle du décret d’Abolition, le 27 avril 1848.

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