Politiques

L’affaire « Pénélope Fillon » commentée par quinze éditorialistes : un cas d’école

— Par Laurence Mauriaucourt —

Dis-moi quel journal tu lis, je te dirai ce que tu penses des révélations du Canard Enchaîné, affirmant que « Pénélope Fillon » a bénéficié d’emplois fictifs, mais de salaires bien réels, notamment comme collaboratrice parlementaire de son mari. Un cas d’école pour juger de la nécessaire pluralité des points de vue dans la presse. Tour de France en 15 extraits d’éditos.

L’affaire « Pénélope Fillon » s’inscruste dans l’actualité. Les éditorialistes n’ont pas fait l’impasse sur ce sujet qui croisent de nombreuses questions en cette année de campagne électorale. Les Echos agitent « la présomption d’innocence ». La Voix du Nord flaire un complot dont François Fillon serait la victime. L’Humanité ne s’étonne pas de l’affaire, tant est notoire « la propension du champion de la rigueur budgétaire à dépenser sans compter l’argent des contribuables pour assurer son train de vie ».

Tour de France en 15 extraits d’édito parus ce jeudi 26 janvier 2017

1) Libération (Laurent Joffrin)

« (…) S’il se confirme, comme le soutient le Canard enchaîné, que la présence de Penelope Fillon au travail est aussi mythique que la tapisserie de son homonyme de l’Odyssée, le candidat LR se retrouvera au coeur d’une tempête difficile à apaiser.

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La semaine de 4 jours et/ou de 32 heures, de quoi parle-t-on?

La semaine de quatre jours est une revendication économique et politique pronant une semaine de travail standard réduite à quatre jours au lieu de cinq. Lancée dans les années 1990 en Europe, et soutenue par des hommes politiques tels que Jacques Delors ou Gilles de Robien, elle est l’une des quinze propositions du Collectif Roosevelt.

Le principe est de mieux partager le temps de travail, y compris dans le secteur privé, ce qui conduit à engager de nouvelles personnes, et par là à réduire le chômage tout en dégageant du temps de loisir supplémentaire pour les salariés. On parle alors de « partage du temps de travail ».

La formule a été initiée et véhiculée par Pierre Larrouturou dès 1993. Elle a été mise en application par la droite en 1996, avec une loi facultative votée à l’initiative de Gilles de Robien, la loi Robien sur l’aménagement du temps de travail, qui a été abrogée avec la promulgation des lois Aubry.

D’après Pierre Larrouturou, 400 entreprises (restaurants, auto-écoles, SSII, TPME) ont pu profiter de la Loi Robien entre juin 1996 et juin 1998.

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Le piège de la « lutte contre l’islamophobie »

— Par Lutte Ouvrière —

Une politique de construction de fronts pour « lutter contre l’islamophobie » est de plus en plus défendue par une partie de l’extrême gauche. Au point de perdre tout repère de classe, et d’user de démagogie vis-à-vis de l’islam politique.

Le débat sur cette question s’est amplifié avec les différentes affaires de jeunes filles voilées à l’école, à partir de 1989, et surtout après la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Il s’est poursuivi avec la polémique sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, adoptée en 2010.

Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par démagogie électorale.

Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante.

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Angela Davis :« L’Histoire ne peut être effacée comme on efface une page Web »

— Par Angela Davis —

Six cents rassemblements dans le monde. Samedi 21 janvier, la Marche des femmes a donné de la visibilité à celles et ceux qui s’opposent à Donald Trump. Parmi les trois millions de manifestant-e-s, la militante féministe Angela Davis, qui a pris la parole à Washington.

 » À ce moment décisif de notre histoire, rappelons-nous que nous toutes et tous qui sommes ici — ces centaines de milliers, voire de millions de femmes, de personnes transgenres, d’hommes et de jeunes —, à la Marche des femmes, représentons les puissantes forces du changement : nous sommes déterminés à empêcher que ces vieilles cultures racistes et hétéro-patriarcales reviennent au devant de la scène. Nous considérons que nous sommes des agents collectifs de l’Histoire et que celle-ci ne peut pas être effacée comme on efface une page Web. Nous savons que nous nous rassemblons cet après-midi sur des terres indigènes et nous suivons l’exemple des peuples des premières nations — qui, malgré la violence génocidaire massive qu’ils ont connue, n’ont jamais renoncé à la lutte pour leur territoire, pour l’eau, pour la culture et pour leur peuple.

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Donald Trump signe son premier décret présidentiel sur l’«Obamacare»

À peine investi, le nouveau président des États-Unis a marqué sa rupture avec l’ancienne administration en signant un décret contre le système de santé «Obamacare» qui a fourni une couverture santé à 20 millions de personnes parmi les plus pauvres. Cette réforme, qu’il a promis d’abroger, est un symbole des années Obama.

Donald Trump, nouveau président des États-Unis, a signé vendredi un premier décret contre l’emblématique loi «Obamacare» de son prédécesseur, engageant la politique de rupture présentée plus tôt au monde dans un discours aux accents populistes et nationalistes. Le texte, signé peu après la fin de la parade militaire inaugurale, demande aux services gouvernementaux de «lever, reporter, décaler l’application ou octroyer des exemptions» pour les dispositions de l’Affordable Care Act imposant des contraintes fiscales aux États, sociétés ou personnes.

L’abrogation et le remplacement de l’Affordable Care Act, réforme emblématique de l’assurance maladie de Barack Obama, est l’une des promesses clés de la campagne de Trump. Le décret demande aussi aux agences d’accorder plus de flexibilité aux États dans la mise en œuvre des programmes d’assurance santé en développant «un marché libre et ouvert dans le cadre d’un commerce inter-États pour offrir des services de santé et d’assurance santé».

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Primaire de la gauche : la Martinique aux abonnés absents!

Echec d’une tentative de localiser un bureau de vote pour la primaire de la gauche ce vendredi 20 janvier 2017 en Martinique.

L’article de France-Antilles intitulé  » Primaire : faire mieux que la droite »  précise : « La Fédération socialiste, puissante organisatrice de la primaire citoyenne de gauche et de Belle alliance populaire, n’est pas la seule. Le PPM et Vivre à Schoelcher sont également engagés dans l’organisation de cette primaire. »

A la fin le papier indique : « 50 bureaux de vote seront disponibles sur l’ensemble du territoire (voir site www.lesprimairescitoyennes.fr). »,

Recherche d’un bureau de vote sur le site indiqué. La réponse ne tarde pas :

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Mémoires de l’esclavage : le saccage ultime

— Par Loïc Céry(*) —

Retour sur les soubresauts actuels autour de la véritable guerre des dates de commémoration du souvenir de l’esclavage, après la grève de la faim de Serge Romana et la réintroduction par le Sénat de l’article 20A si controversé, du projet de loi Égalité réelle outre mer. Chronique d’un saccage annoncé.
À vrai dire, c’est au gré d’un excellent sujet du JT de France Ô du mercredi 18 janvier 2017, au moment même de la réintroduction au Sénat de l’article 20A, qu’on peut mesurer combien ce qui est aujourd’hui considéré par le CM98 comme une victoire, provient d’une très longue guerre des dates de commémoration. Archives à l’appui (c’est aussi la force des synthèses journalistiques de fond), on reverra ici combien dès l’instauration en 2006 du 10 mai comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, Serge Romana s’est toujours opposé à ce choix, en faisant prévaloir la légitimité exclusive du 23 mai, en référence au 23 mai 1998 et à la manifestation des Antillais de Paris, manifestation dont il fut l’un des organisateurs, avant de fonder son association CM98.

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Solidarité avec la Women’s March du 21 janvier !

L’UFM participe à l’appel féministe unitaire

Le 21 janvier 2017, au lendemain de la prestation de serment de Donald Trump, des féministes et des défenseurs des droits humains marcheront pour les droits des femmes, à Washington et dans d’autres villes du monde.

Alors que le nouveau président des Etats-Unis s’apprête à appliquer l’idéologie violemment sexiste, lesbophobe, homophobe, xénophobe et raciste qu’il a défendue durant toute sa campagne, il faut se mobiliser et réagir !
– Trump envisage de nommer à la Cour suprême William Pryor, un juge qui considère que « l’avortement est la pire abomination de l’histoire du droit ».
– Son vice-président, Mike Pence, promeut ouvertement des thèses créationnistes.
– Son principal conseiller, Steve Bannon, publie sur son site des messages racistes et misogynes haineux.
– Il veut aussi détruire la loi sur la santé dite Obama Care.
– L’équipe de Donald Trump a déjà demandé au Département d’Etat la liste des programmes et des fonds dédiés à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes à l’étranger.

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Hollande s’invite aux voeux des Outre-mer et défend la loi Egalité réelle

Paris – François Hollande s’est invité lundi soir aux voeux de la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, insistant sur son souhait de faire adopter « dans les prochains jours » la loi Egalité réelle Outre-mer, examinée à partir de mardi au Sénat.

« Je sais tous les problèmes qu’il reste à régler » dans les territoires ultramarins », a dit le président de la République devant la presse, à son arrivée au ministère des Outre-mer. « Mais on a fait, on a fait beaucoup », a-t-il insisté, évoquant par exemple « l’emploi, l’emploi des jeunes », même s’il « n’ignore pas le taux de chômage dans les départements et territoires ultramarins » (supérieurs à la moyenne nationale, ndlr).

Il a également souligné la loi Egalité réelle Outre-mer, destinée à réduire les écarts de développement entre les Ultramarins et la métropole, adoptée déjà par l’assemblée, et examinée à partir de mardi par les sénateurs. « Je suis fier qu’on puisse porter ce texte jusqu’au bout », a-t-il expliqué.

« Nous allons la faire voter je l’espère dans les prochains jours », a-t-il dit, et « je m’engage à ce qu’elle puisse être mise en oeuvre dès 2017 », a-t-il dit, estimant « important qu’on montre les premiers signes notamment en terme d’égalité dans les prestations » (sociales ndlr).

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Des budgets d’autonomie

— Par Roland Tell —
La politique économique des Collectivités de la Martinique reste fondée sur le déficit budgétaire, et sur la précarité de l’emploi. Les charges de remboursement des dettes contractées, au lieu d’entrainer une politique d’austérité sur le plan de l’emploi continu, notamment au sein des administrations et des services des dites Collectivités, sont à leur tour financées par de nouveaux emprunts, ou par des augmentations d’impôts, dont font d’ailleurs partie les tout récents endettements.
L’Etat Français, pratiquant de plus en plus une politique récessionniste, réduit ses aides et ses investissements. D’où l’entrée dans un nouveau cycle de développement, dans un nouveau régime de gestion, voire d’autogestion, ardu, héroïque, exigeant, mais fort propice et indispensable pour aller jusqu’à considérer l’économie et le social comme des dépendances de l’action politique. La société martiniquaise peut-elle devenir soudainement une société immédiate à elle-même ? Le paradoxe caractéristique de la non-consommation des fonds structurels européens dans l’oeuvre commune à accomplir pourrait le laisser croire. Est-ce donc le seul intérêt politique régional, qui règle les rapports sociaux, strictement fondés sur l’assistanat ?

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Indignons-nous !

— Par Michel Herland —

Face aux désordres du monde, le citoyen se sent impuissant. Les guerres avec leur cortège d’atrocités, le dérèglement climatique, la pollution des milieux naturels et l’épuisement des ressources, les injustices criantes dans la répartition des richesses, tout cela nous accable d’autant plus que nous ne voyons pas comment faire advenir un monde meilleur. Notre arme est le bulletin de vote, mais l’expérience nous a appris que les politiciens qui se succèdent aux pouvoir, d’un côté ou de l’autre, ne changent jamais les choses en profondeur, soit qu’ils aient peur de heurter les corporatismes de tous bords dont les intérêts seraient atteints nécessairement par une réforme un tant soit peu radicale, soit qu’ils ne sachent tout simplement pas quoi entreprendre pour remplir effectivement les promesses qui les ont fait élire. La politique a eu ses moments glorieux, malheureusement exceptionnels, lors desquels les gouvernants poussés par le peuple firent faire à la société plus de progrès en quelques semaines ou quelques mois que pendant des décennies. Ce n’est hélas pas d’actualité.

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Jean-Philippe Nilor sera-t-il, au Sud, le vrai candidat du PPM ?

— Par Yves-Léopold Monthieux —

Dans mon livre MARIE-JEANNE, la fin d’une époque, j’écrivais :

« Le crime de parricide n’a pas eu lieu, ou pas encore, au moment où s’écrivent ces lignes [décembre 2014], mais il y a un tel désordre dans la famille qu’il n’est plus utopique d’envisager l’éclatement du MIM et l’émergence de l’axe NILOR – AZEROT (…) Ne dit-on pas que Jean-Philippe NILOR, qui n’est plus très à l’aise dans un parti indépendantiste, serait depuis longtemps acquis à cette idée. La réponse se trouve peut-être dans cette déclaration alambiquée du député qui laisse pantois plus d’un affidé du MIM. Il a affirmé, le dimanche 30 novembre 2014 à la télévision, qu’il n’est pas indépendantiste mais « anti-dépendant ». Comprenne qui pourra : il ne lui resterait peut-être plus qu’une marche à franchir pour intégrer la famille autonomiste. »

N’est pas BRUTUS qui veut et lorsqu’on veut tuer le père il est dangereux de manquer sa cible. Le processus a été lancé et seule la victoire inattendue de GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS à l’élection de la CTM semble avoir repoussé l’échéance fatale.

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Notre mobilisation et les raisons de notre combat pour les mémoires de l’esclavage

— par Loïc Céry, pour l’Institut du Tout-Monde —

Le 13 janvier 2017, M. Serge Romana (président de l’association CM98) a entamé une grève de la faim devant le Sénat, à la suite du retrait de l’article 20A du projet de loi sur l’Égalité réelle outre mer décidé par la commission des lois. Nous soutenons ce retrait. Les raisons de notre mobilisation, de notre vigilance, de notre combat qui est loin de s’achever.

  Le 9 octobre, l’Institut du Tout-Monde lançait une pétition, « Stop au bricolage législatif sur la mémoire des l’esclavage », qui a recueilli plus de 460 signatures à ce jour. Citoyens, intellectuels, universitaires de renom, écrivains et artistes se sont mobilisés contre ce tournant imposé à tous, et fatal à tous. En novembre dernier, nous vous faisions part d’un rapport d’étape concernant cette pétition : 

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Archéologie des relations Canada-Haïti

Saint-Domingue et Nouvelle-France

ARCHÉOLOGIE DES RELATIONS CANADA-HAÏTI1

— Par Lyonel Icart —

Nouvelle-France et Saint-Domingue, ainsi se nommaient les deux possessions françaises que l’on appelle aujourd’hui Québec et Haïti. Les historiens canadiens qui se sont penchés sur l’histoire de la Nouvelle-France ont développé leurs études dans une optique nationaliste, souvent québécoise, en cantonnant cette histoire à l’intérieur des frontières actuelles, nous dit Jacques Mathieu2. Quant à l’historiographie haïtienne, elle ne s’est jamais préoccupée des relations entre Saint-Domingue et la Nouvelle-France. La forte immigration haïtienne au Québec, aujourd’hui, invite à regarder cette présence dans une optique plus large. On a souvent fait remonter cette présence aux années 1960; mais si cette immigration a commencé à cette date, les contacts entre ces deux pays  sont plus anciens que cela, et bien avant le vingtième siècle les relations étaient régulières et constantes.

1. Le commerce triangulaire

La Nouvelle-France ne se limitait pas à la vallée du Saint-Laurent. Le premier empire colonial français, qui a disparu en 17633, s’étirait sur un espace gigantesque.

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«Je suis toujours Charlie»

Les victimes des attentats de janvier 2015 honorées

Deux ans après les attentats à Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo et l’épicerie Hyper Cacher, quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir dans le centre de la capitale pour un hommage sobre aux 17 morts, dont les noms ont été lus.

«Il pleut, il fait froid, je suis un peu enrhumée, mais je suis quand même venue, parce qu’il fallait que je sois là», a expliqué place de la République à l’AFP, visiblement émue, une femme âgée appuyée sur une canne, qui a connu le dessinateur Cabu, l’une des victimes, lorsqu’il dessinait dans un amphithéâtre de l’université en mai 68.

L’attaque contre Charlie Hebdo (12 morts le 7 janvier 2015), «ça fait quelque chose, surtout que ça a été le point de départ de tout ce qui a suivi après», a-t-elle ajouté, en référence à la vague d’attentats qu’a connus la France en deux ans.

Au lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo par les frères Kouachi, Amédy Coulibaly avait tué une policière municipale à Montrouge, en banlieue parisienne.

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«Charlie Hebdo», deux ans après, le bout du tunnel?

— Par Sophie Torlotin —

Le 7 janvier 2015, les frères Saïd et Chérif Kouachi, faisaient irruption au siège parisien du journal satirique Charlie Hebdo et tuaient Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski. Assassinés avec eux, la psychiatre Elsa Cayat, l’économiste Bernard Maris, le correcteur du journal Mustapha Ourrad, le journaliste Michel Renaud, le policier Franck Brinsolaro, garde du corps de Charb, et l’agent de maintenance Frédéric Boisseau. Une fois sortis, les terroristes tuaient le policier Ahmed Merabet, avant d’être abattus, deux jours plus tard. Juste avant la tuerie qui allait en faire un symbole de la liberté d’expression, Charlie Hebdo était au bord du dépôt de bilan. L’attentat a provoqué un soulèvement populaire et une vague d’abonnements qui a plus que renfloué les finances de l’hebdomadaire.

En se vendant à plus de sept millions d’exemplaires, le numéro qui a suivi le 7 janvier a pulvérisé tous les records de la presse française. Si les plus de 260 000 abonnements souscrits après les attentats n’ont pour la plupart pas été renouvelés, le journal se vend bien davantage qu’avant 2015: 50 000 exemplaires en kiosques et plus de 50 000 par abonnement chaque semaine, contre 30 000 auparavant, selon sa direction.

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Sauver Mumia Abu Jamal

— Message du Comité Martiniquais par Gilbert Pago —

Le texte suivant reprend largement les informations données par le comité français de soutien à Mumia.

La justice fédérale fait injonction immédiate à l’Administration pénitentiaire de soigner Mumia Abu-Jamal

Hier en fin d’après-midi, le Juge Fédéral Mariani a ordonné à l’Administration pénitentiaire de Pennsylvanie d’accorder immédiatement à Mumia Abu-Jamal le traitement contre l’hépatite C dont il souffre, justifiant sa décision en ces termes « les contraintes budgétaires ne peuvent pas l’emporter sur la garantie constitutionnelle de soins médicaux adéquats ».

Ainsi, un an et demi après, les mobilisations dans le monde entier et les batailles juridiques ont eu raison de l’inhumanité de l’Administration. Bret Grote de l’Abolition Law Center et Maître Robert Boyle de la défense de Mumia se sont félicités de « cette grande victoire remportée par les milliers de gens qui ont soutenu Mumia ». Cela a exigé deux procès, des milliers d’heures pour des motions, des rassemblements, des manifestations, des coups de téléphone, des mails et des pétitions.
Il fallait prouver que tout retard de traitement causerait des dommages irréversibles à Mumia et aux 6.000 prisonniers de Pennsylvanie souffrant d’hépatite C et qui n’étaient pas soignés.

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L’esprit et la mentalité

— Par Roland Tell —

Les uns à côté des autres, tous assis en silence, dans la grande salle de conférence, prenaient progressivement conscience de la maladie de l’esclavage. Et ceux, dont ils avaient reçu semblable révélation, entre passé et avenir, retrouvaient, avec la vérité servie, tout l’héritage doctrinal, permettant d’en guérir. L’esprit collectif martiniquais est-il vraiment une émanation du monde invisible des esclaves africains ? Reste-t-il victime de ce dualisme fondateur entre l’origine et l’histoire, entre sa substance de peuple et les maux de l’esclavage? Où est la perfection ? Où est la dégradation ? L’intelligence moderne appelle-t-elle cette fascination de l’originaire ? Certes, n’est-il pas dépassé, inutile, ce positivisme affiché, qui s’attache à fixer pour toujours un état historique, datant de plusieurs siècles, à illustrer, comme causes originelles de maladie, les faits d’exploitation d’un racisme systématisé et légitimé, en provenance des pires théories de la dégénérescence, durant la période coloniale ? Tout l’avenir du peuple martiniquais serait-il contenu là, à l’origine des sacrifices humains de l’esclavage ? N’est-ce pas philosophie pessimiste que ce renvoi continuel à tous les sens cachés de cette période ?

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TPE : les oubliés du monde du travail peuvent donner de la voix

Aujourd’hui commence l’élection des représentants de ces 4,6 millions de salariés, souvent isolés.

Pour « donner de la force à nos métiers » selon la CGT, « donner du poids à vos droits » pour FO, pour que « petite entreprise ne rime pas avec petits droits » d’après la CFDT, pour « un syndicalisme de lutte qui agit contre les discriminations » avec Solidaires… Via des marches, des diffusions de tracts et de guides d’information sur le droit du travail et les conventions collectives, des sites Internet dédiés, les syndicats rivalisent d’imagination pour capter l’attention des salariés des très petites entreprises (TPE).
L’affaire ne fait pas grand bruit, mais à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 13 janvier en métropole (20 janvier dans les DOM) quelque 4,5 millions de travailleurs, employés par des sociétés ou artisans de moins de 11 salariés ou par des particuliers employeurs, sont invités à voter pour le syndicat de leur choix lors de ce deuxième scrutin national TPE après celui de 2012. En principe, ils ont reçu à leur domicile le matériel électoral et peuvent voter soit par courrier, soit par Internet.

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Le droit de grâce en questions

Si la libération de Jacqueline Sauvage fait l’unanimité au sein de la classe politique, qui a salué la décision de François Hollande de lui accorder une grâce totale, mercredi, certains magistrats sont eux en colère. Rappelant que la sexagénaire a été condamnée à dix ans de prison en première instance puis en appel et que la justice a refusé par deux fois de la remettre en liberté, ils dénoncent un choix fait en dépit de multiples décisions de justice. Interrogée par Europe 1, la présidente de l’Union syndicale des magistrats (USM), Virginie Duval, a ainsi dénoncé une décision « consternante ».

« Ce n’est pas un bon signal ». « On a un président de la République qui remet en cause plusieurs décisions de justice », explique Virginie Duval. « On a deux cours d’assises différentes, avec des jurés populaires qui avaient connaissance de toute l’affaire, de toute la situation, qui ont décidé de prononcer une peine de dix ans d’emprisonnement et puis ensuite on a des magistrats professionnels, avec des avis de psychiatres, d’experts, qui ont décidé de ne pas prononcer de libération conditionnelle », détaille la magistrate.

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Élire Donald Trump ou défier le récit des puissants

 — Par Lyonel Icart —

Elire Donal Trump
ou

Défier le récit des puissants1 :

 
C’est le titre du livre du cinéaste engagé Ken Loach, palme d’or au festival du film de Cannes en 2016. Jamais titre ne fut plus approprié pour décrire ce qui se passe dans le monde occidental ces jours-ci. Après les référendums2 danois, irlandais, français, néerlandais rejetés par les peuples mais fourgués à ce vulgum pecus par voie parlementaire ou en les faisant revoter, c’est comme si les peuples avaient décidé de s’attaquer au cœur de l’Empire. Si la surprise du Brexit s’apparentait au rat qui quitte le navire, la commotion de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis donne peut-être l’impression que c’est le capitaine lui-même qui abandonne le navire. Qu’en est-il réellement ?

Quand la classe moyenne arrive sur la scène politique pour faire valoir son point de vue, cela s’appelle une révolution. On l’a vu au Québec en novembre 1976 lorsque le Parti Québécois a pris le pouvoir. Le visage du Québec s’en est trouvé profondément, et à jamais, modifié.

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Alep, une honte profonde et indélébile

— Par Bernard-Henri Lévy —

« La pyramide des martyrs obsède la terre. » Ce vers de René Char me revient comme une gifle, ce matin, face aux nouvelles d’Alep. Et j’ai honte. Je n’ai pas vraiment honte de Vladimir Poutine, ce petit tsar vulgaire, ce chef d’Etat voyou, qui, entre deux shooting photos et étalages de testostérone, envoie ses avions bombarder les ruines de la ville : Alep n’est rien, pour lui, qu’un théâtre parmi d’autres de son narcissisme furieux et il est, au fond, dans son rôle.
Je n’ai pas vraiment honte d’Assad, avec sa grande silhouette terne où se vautre l’âme la plus vile, la plus noire, la plus lâche, des salauds de notre temps : ce type de personnage s’est, depuis longtemps, retranché du rang des humains ordinaires et c’est de crimes contre l’humanité qu’il aura à répondre, le moment venu, devant la justice des hommes.
« J’ai plaidé, hurlé dans le désert »
Mais j’ai honte de moi parce que j’ai plaidé, hurlé dans le désert, écrit des textes en grand nombre – et que je me trouve, cette fois, renvoyé à mon impuissance, à ma rage froide et ravalée, à mes alertes lancées en vain.

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Le monde du cinéma se remobilise pour le cinéaste iranien Keywan Karimi

DOCUMENT – Vingt-six organisations du monde du cinéma européen ont cosigné une lettre demandant la grâce du cinéaste iranien, condamné à recevoir 223 coups de fouet et à purger une peine d’un an de prison pour «insultes contre les valeurs sacrées» et «propagande contre le régime».

La Société civile des auteurs réalisateurs et producteurs (ARP), le Syndicat français de la critique de cinéma (SFCC), le Bureau de liaison des organisations du cinéma (BLOC)… Ils sont nombreux à avoir cosigné le texte demandant la grâce du cinéaste iranien Keywan Karimi. Au total, 26 organisations européennes, en majorité françaises, se sont mobilisées pour apporter leur soutien au cinéaste de 31 ans.Condamné à purger une peine d’un an de prison et à recevoir 223 coups de fouet, Karimi a été incarcéré à la fin du mois de novembre pour «insultes contre les valeurs sacrées» et «propagande contre le régime» pour son film sur les graffitis politiques à Téhéran, Écrire sur la ville. Alors que les tensions ethniques et religieuses sont nombreuses dans le pays, composé en majeure partie de musulmans chiites, il est important de préciser que Karimi, originaire du Kurdistan iranien, est sunnite, une population particulièrement persécutée.

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État d’urgence : un régime d’exception bientôt reconduit ?

Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat de la magistrature appellent les députés à ne pas voter cette nouvelle prolongation.

Ont voté pour l’état d’urgence: Alfred Marie-Jeanne, Bruno Nestor Azérot

Contre : Jean-Philippe Nilor

Sans opinion : Serge Letchimy

Régime d’exception, l’état d’urgence est en vigueur depuis les attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Mardi 13 décembre, dans la soirée, les députés doivent approuver en première lecture sa cinquième prolongation. Créé en 1955, durant la guerre d’Algérie, il permet notamment à l’État d’assigner à résidence toute personne « dont l’activité est dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics » et d’ordonner « des perquisitions à domicile de jour comme de nuit » sans passer par l’autorité judiciaire. Les ministres et préfets peuvent également décider la fermeture provisoire des salles de spectacles et des lieux de réunion, ou d’« interdire la circulation des personnes ou des véhicules » dans certains lieux ou à certaines heures, ou encore d’instituer « des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ».

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Victoire des Sioux face au pétrole

— Par Marie-Noëlle Bertrand —

Engagés contre un projet d’oléoduc qui menace leur réserve d’eau potable, les Lakotas ont obtenu gain de cause auprès des autorités.

«Nous espérons pouvoir rentrer chez nous et passer l’hiver en famille. Nous espérons pouvoir célébrer le Wopila (cérémonie de remerciements de la tribu Lakota – NDLR) dans les jours à venir. Nous espérons que l’administration Trump respectera la décision qui vient d’être prise. » C’est avec une fermeté toute en délicatesse que Dave Archambault II, président de la tribu sioux de Standing Rock, a accueilli la nouvelle, tombée dans la nuit de dimanche à lundi en Amérique du Nord. Vers 22 heures, heure locale, les autorités états-uniennes ont annoncé qu’elles ne valideraient pas le tracé de l’oléoduc qui devait frôler le territoire des Lakotas, Amérindiens du Dakota du Nord. « La meilleure façon de procéder de manière responsable est d’explorer les routes alternatives que pourrait emprunter l’oléoduc », déclarait Jo-Ellen Darcy, sous-secrétaire du corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis.

Près de 200 nations amérindiennes se sont oposées au groupe pétrolier

Cette simple phrase, issue d’un communiqué lapidaire, marque une victoire remportée in extremis par ceux qui se sont baptisés The Water protectors (les protecteurs de l’eau).

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