Catégorie : Politiques

L’éphéméride du 22 septembre

La République est proclamée en Martinique le 22 septembre 1870.

Dans le sud, l’annonce de ce régime qui avait permis l’émancipation des esclaves en 1848 donne le top départ pour un soulèvement organisé contre les blancs les plus racistes et la mise en place d’une république sur le modèle haïtien. À Rivière-Pilote d’où est originaire Léopold Lubin, la population incendie l’habitation de Codé, blanc esclavagiste, royaliste et surtout responsable de la condamnation qui a mis le feu aux poudres. L’état de siège est déclaré le 23 septembre si bien que le commandant Mourat assume le pouvoir civil et militaire. L’insurrection sétend à Saint-Esprit, à Rivière-Salée, à Sainte-Luce, à Sainte-Anne, à Ducos, au Lamentin, au Marin et au Vauclin. « La classe noire tout entière était dans le mouvement» d’àprès un rapport. Elle sèn prend aux biens et non aux personnes, exception faite pour Codé qui, ayant fui dans les mornes, est retrouvé le 24 septembre rôti comme un cochon. Les békés prennent peur. Les troupes militaires, avec des armes à feu contre des coutelas ou des bambous afffités, parviennent à étouffer le mouvement insurrectionnel dès le 26 septembre.<p>  Lire Plus

Le retour de la doctrine Monroe : La Martinique face au « corollaire Trump »

— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —

Alors que l’administration américaine réactive la logique d’exclusivité continentale de 1823 sous la forme d’un « corollaire Trump », la présence de la France et de l’union européenne dans la caraïbe redevient un enjeu géopolitique brûlant. Une résurgence qui rappelle que la départementalisation de 1946 fut avant tout un bouclier contre les velléités d’annexion américaines.

La « Donroe doctrine » : Le pré carré américain réaffirmé

En ajoutant explicitement un « Trump corollary » à la doctrine Monroe — ironiquement surnommé la Donroe doctrine en référence à Donald —, la stratégie de sécurité nationale des États-Unis franchit un cap décisif. L’objectif affiché par Washington est sans ambiguïté : réaffirmer la prééminence absolue des États-Unis sur l’hémisphère occidental, verrouiller le bassin des Caraïbes – la mare nostrum américaine – et stopper l’expansion de puissances rivales, en particulier la Chine. Cette orientation s’incarne désormais de manière très concrète par des démonstrations de force militaires et des pressions diplomatiques accrues autour du Venezuela et dans l’espace caraïbe. Le 11 août 2026, la diffusion par le département d’État d’une présentation officielle célébrant l’héritage de James Monroe a entériné ce retour au « pré carré ».<p>  Lire Plus

Que produisons-nous vraiment de ce que nous mangeons ?

— Par Rodolf Étienne

Après la terre, les agriculteurs, viennent l’assiette et le consommateur.

C’est là que la question de la souveraineté alimentaire devient concrète.

La Martinique parle beaucoup d’autonomie, mais elle continue d’importer des volumes considérables de denrées qui pourraient, au moins pour partie, être produites localement.

L’enjeu, à ce stade, n’est pas de savoir si l’île peut devenir totalement autonome — elle ne le sera probablement jamais — mais de savoir sur quels produits elle peut réduire sensiblement sa dépendance dans les dix prochaines années.

Les chiffres donnent immédiatement la mesure du problème. En 2024, la Martinique a importé 17 341 tonnes de légumes et tubercules frais, soit 3 % de plus qu’en 2023. Parmi ces importations figuraient 4 369 tonnes de pommes de terre, 4 224 tonnes d’oignons, 2 185 tonnes de carottes et 1 562 tonnes de tomates. Les importations de fruits frais, secs et séchés atteignaient quant à elles 11 732 tonnes.

Ces volumes ne signifient pas que tous ces produits peuvent être remplacés intégralement par une production locale. Certaines cultures sont mal adaptées au climat, d’autres répondent à des habitudes de consommation ou à des calendriers saisonniers précis.<p>  Lire Plus

CTM : De 39 à 11 jours de trésorerie

— Par Rodolf Étienne

11 jours. 

C’est probablement le chiffre le plus spectaculaire publié cette année sur les finances publiques en Martinique.

Mais il nous faut immédiatement préciser ce qu’il signifie.

Il ne s’agit pas de dire que la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) n’aurait plus que onze jours pour fonctionner, ni que la Martinique serait « en faillite ».

Le chiffre provient du pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), présenté le 9 juin dernier. Il concerne les comptes consolidés des collectivités territoriales de Martinique figurant dans l’annexe consacrée aux collectivités ultramarines. Ces données sont principalement établies à partir des comptes de gestion de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Et ce chiffre dit déjà quelque chose de suffisamment préoccupant pour qu’il n’est pas nécessité à l’exagération : à la fin de 2025, la trésorerie nette consolidée représente seulement onze jours de dépenses de fonctionnement, tandis qu’un an auparavant, elle en représentait environ 39.

De 39 à 11 jours d’avance de trésorerie

Ici, le mouvement est clairement brutal. Selon l’OFGL, la trésorerie nette s’établit en 2025 à 72 euros par habitant, soit une diminution de 74,1 % en un an. <p>  Lire Plus

Nous perdons les hommes… et les terres

— Par Rodolf Étienne

À l’orée d’octobre 2026, l’agriculture martiniquaise se trouve au cœur d’un paradoxe.

Rarement les mots de souveraineté alimentaire, de production locale, de circuits courts et de reconquête foncière auront été aussi présents dans le débat agricole.

Pourtant, la structure agricole reste fragilisée par la diminution du nombre d’exploitations, le vieillissement des responsables d’exploitation, le recul historique des surfaces cultivées et la difficulté à assurer la relève.

Le dernier recensement agricole exhaustif montre qu’en 2020 la Martinique comptait environ 2 679 exploitations agricoles, soit près de 19 % de moins qu’en 2010. La taille moyenne des exploitations, elle, augmentait légèrement, signe d’une concentration progressive de l’activité.

Surtout, plus de la moitié des exploitations étaient dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans ou plus. Pour les exploitations dont le chef ou le plus âgé des exploitants dépassait 60 ans, la question de la succession se posait déjà avec acuité : sur 833 exploitations concernées, seules 235 déclaraient une reprise identifiée par un coexploitant, un membre de la famille ou un tiers.

Ce vieillissement n’est pas une donnée abstraite.<p>  Lire Plus

Martinique 2026 : Les cinq hommes qui pèsent

– Par Rodolf Etienne

Qui détient aujourd’hui le pouvoir en Martinique ?

La question dérange presque autant qu’elle intrigue. Politique, économie, communes, intercommunalités : derrière les institutions, quelques hommes concentrent aujourd’hui une capacité particulière à orienter les décisions en Martinique. 

Serge Letchimy, Stéphane Hayot, Didier Laguerre, Bruno Nestor Azérot et Justin Pamphile sont les hommes qui apparaissent au centre du réseau de pouvoir.

Un classement nécessairement discutable et, précisément pour cela, révélateur. 

Il serait évidemment absurde de chercher un homme qui, seul, commanderait l’île. La Martinique est traversée par plusieurs pouvoirs : celui du suffrage universel, celui de l’argent, celui de l’administration, celui des communes, celui des réseaux professionnels, celui de la rue, celui des médias et, de plus en plus, celui de la capacité à mobiliser rapidement l’opinion publique. Mais tous les acteurs ne disposent pas du même nombre de leviers.

En septembre 2026, cinq hommes paraissent disposer d’une influence locale particulièrement importante.

Il ne s’agit ni d’un palmarès de popularité, ni d’un jugement sur leurs qualités personnelles, encore moins d’une mesure scientifique. L’influence dont il est question ici est la capacité concrète à faire entrer une question dans l’agenda public, à réunir des acteurs, à mobiliser des moyens ou à peser sur une décision concernant la Martinique. <p>  Lire Plus

Quid de la douleur sociale ?

— Par Rodolf Étienne

En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.

Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.

On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.

Transport — quand la crise devient institutionnelle

La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 6 septembre

Publication du Manifeste des 121 le 6 septembre 1960

Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté. Le manifeste est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et plutôt orienté à gauche. Il est important pour l’histoire de la gauche et de l’extrême gauche en France.

Contenu du manifeste
« On ne réclamait plus seulement le droit du peuple à ne plus être opprimé, mais le droit du peuple à ne plus opprimer lui-même. »

— François Maspero, Le droit à l’insoumission, le dossier des 121, Paris, François Maspero, 1961, « Avertissement de l’éditeur »

Selon ses propres termes, le manifeste cherche à informer l’opinion française et internationale du mouvement de contestation contre la guerre d’Algérie. Les 121 y critiquent l’attitude équivoque de la France vis-à-vis du mouvement d’indépendance algérien, en appuyant le fait que la « population algérienne opprimée » ne cherche qu’à être reconnue « comme communauté indépendante ».<p>  Lire Plus

Europe : « Garde ta terre ! Tes plaines, tes hommes, tes hivers… »

— par Rodolf Etienne

L’investisseur voit un actif. L’agriculteur voit une terre. La puissance publique, elle, devrait voir la capacité de nourrir demain !

Parce qu’un champ, ce n’est pas seulement une surface, ce n’est pas seulement une valeur inscrite dans un bilan comptable. Un champ, c’est une possibilité de produire, une capacité de nourrir, une réserve de biodiversité. Un champ, c’est un paysage, un patrimoine, ou, tout simplement une histoire familiale. Mais… un champ, c’est aussi, et de plus en plus, un actif stratégique.

Une agriculture européenne puissante, mais fragilisée

L’UE (Union européenne) est l’une des plus grandes puissances agricoles et agroalimentaires mondiales. Ses campagnes produisent céréales, lait, viande, fruits, légumes, vins, huiles et produits transformés. Des millions d’emplois dépendent directement ou indirectement de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Pourtant, derrière cette puissance apparaît une fragilité croissante : les exploitations disparaissent, les agriculteurs vieillissent, l’installation des jeunes devient difficile, le prix des terres augmente dans de nombreuses régions, les marges sont comprimées par le coût de l’énergie, des engrais, des machines et du crédit, et les revenus agricoles demeurent extrêmement variables selon les filières.<p>  Lire Plus

Espionnage : comment l’IA a transformé le réseau du renseignement ?

– Par Rodolf Etienne

Vous ne verrez plus jamais James Bond de la même manière !

Milan, NSA, pétrole iranien, hackers nord-coréens, réseaux privés de renseignement et essaims d’agents artificiels, le pouvoir ne réside plus seulement dans la capacité de collecter des données.

Il réside désormais dans celle de les comprendre, de les croiser et, de plus en plus, d’agir automatiquement à partir d’elles.

Il y avait autrefois quelque chose de presque rassurant dans l’image de l’espion.

Un homme ou une femme, une fausse identité, un rendez-vous discret, un micro dissimulé, quelques photographies, un dossier rangé dans un coffre. Le renseignement avait ses hommes, ses méthodes, ses frontières et ses secrets. Cette représentation appartient peut-être déjà au passé.

De Washington à Milan, de Pékin à Pyongyang, les affaires apparues ces dernières années dessinent progressivement un autre monde. Les services d’État demeurent, les agents humains n’ont évidemment pas disparu, mais entre eux se sont installés d’immenses réservoirs de données, des sociétés privées de renseignement, des pirates informatiques, des infrastructures dispersées dans plusieurs pays et, désormais, des intelligences artificielles capables d’exécuter elles-mêmes une partie des opérations.<p>  Lire Plus

Elections présidenteilles françaises ( V) ; Programmes et dynamiques

— RS n° 462 du lundi 31 août 2026 —

Notre précédent article visait à évaluer la proposition programmatique de Jean-Luc Mélenchon concernant l’indépendance de la Kanaky. Du fait de l’alliance conçue sur cette base avec le mouvement national kanak, ce pas en avant dans le sens de l’autodétermination du peuple kanak entre dans une dynamique positive. Toutefois, si celle-ci ouvre bien la voie à une échappée émancipatrice, elle ne débouche pas fatalement sur une certitude de victoire. Il en est d’ailleurs ainsi du reste.

En dépit des cris d’orfraie amplifiés par les médias asservis, le programme de LFI (La France insoumise) ne revêt pas un caractère à proprement parler révolutionnaire. Son anticapitalisme n’est pas la planification du renversement pur et simple du capitalisme que nous considérons, nous, comme la condition d’une survie digne de l’humanité. Mais le programme auquel LFI accorde une importance cardinale, ouvre la perspective d’une rupture claire avec toutes les orientations social-démocrates ou social-libérales d’accompagnement et d’aménagement du capitalisme.

Jean-Luc Mélenchon affirme sans ambiguïté que la seule façon de barrer la route au fascisme des temps modernes, c’est d’affronter le système au nom de l’intérêt collectif humain.<p>  Lire Plus

« Peut-on construire l’autonomie dans la défiance? »

— Collectif —
Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Martinique est de nouveau devant nous. Il est légitime. Il est même nécessaire. Mais quelque chose nous trouble dans la manière dont nous le conduisons. Nous parlons beaucoup des pouvoirs que nous voudrions exercer demain. Beaucoup moins de la confiance que les Martiniquais accordent aujourd’hui à ceux qui exercent le pouvoir.

Or les deux questions peuvent-elles réellement être séparées ? Il ne s’agit pas ici de se prononcer pour ou contre l’autonomie. Cette alternative, posée ainsi, risque même de nous enfermer dans un débat ancien : d’un côté ceux qui seraient supposés porter l’émancipation de la Martinique, de l’autre ceux qui seraient soupçonnés de vouloir préserver le statu quo.

La question qui nous intéresse est différente : peut-on accroître durablement le pouvoir d’institutions lorsque s’affaiblit la confiance que les citoyens leur accordent ? Nous n’avons pas de réponse toute faite à cette question. Mais nous croyons que nous aurions tort de ne pas la poser.

Ce que l’on ne voit pas

Pierre Rosanvallon a récemment consacré un livre à ce qu’il appelle les institutions invisibles.<p>  Lire Plus

Fort-de-France : L’usure du pouvoir dans le miroir de l’Afrique

– Par Rodolf Étienne

Au moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.

Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.

Aimé Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste. Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable. Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014.

Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale. Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde. Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.

Une majorité arrivée depuis quatre ans peut invoquer l’héritage. Après quatre-vingts ans, l’héritage devient aussi un bilan.<p>  Lire Plus

Le Parti Communiste Cubain et la Révolution

— RS n° 461 du lundi 24 août 2026 —

             Dans un communiqué célébrant le centième anniversaire de la naissance de Fidel Castro, Jean-Pierre Étilé, au nom du PKLS écrit : « nous partageons la fierté du peuple cubain d’avoir pu faire une révolution conduite par le parti communiste… ». 

            Il nous semble important d’apporter quelques précisions sur le PCC et la révolution cubaine, non par simple souci historique, mais parce que cette expérience permet de réfléchir, de façon utile pour nous-mêmes, sur la complexité des processus révolutionnaires, et donc sur les efforts nécessaires afin de les mener à bien. 

             Il existe une conception linéaire, officielle, orthodoxe, de la révolution en tradition soviétique. Dans cette vulgate, le parti communiste, avant-garde naturelle du prolétariat, conduit la révolution. C’est son devoir et en quelque sorte un droit qui lui serait reconnu par « l’Histoire ». En fait, la vie est toujours plus riche et plus complexe que les schémas de ce type. Même le parti Bolchevik, une manière de modèle en matière de révolution, s’il a conduit la révolution, c’est aussi parfois en se laissant conduire par elle, ce qui ne fut jamais sans contradictions, déchirements, rectifications et nouvelles erreurs.<p>  Lire Plus

Accord-cadre : l’autonomiste Serge Letchimy déroule

— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Ainsi donc, le président de la CTM a présenté à l’État le vœu d’évolution statutaire exprimé par le congrès des élus. Il convient de rappeler que le seul objet de cette institution est de faire des propositions à l’État sur l’évolution statutaire de la Martinique.

Absence d’opposition de gauche ou de droite 

Le Président est conforté par l’accord des 6 parlementaires martiniquais et par une forte délégation d’élus reçus officiellement à l’Élysée, unis derrière sa personne et son autorité. Sa légitimité est renforcée par des gestes identitaires forts comme l’adoption d’un drapeau nationaliste en remplacement d’un emblème français, la reconnaissance du créole comme langue « co-officielle », l’adoption en cours d’un hymne national martiniquais. Ces manifestations de nationalisme ne font pas l’objet d’oppositions et se déroulent dans un univers médiatique acquis à sa cause. En conséquence, il est difficile de reprocher à l’État de tenir compte de la proposition d’évolution institutionnelle présentée dans ces conditions.

Serge Letchimy ne suit pas le peuple, il le précède.

Par ailleurs, Serge Letchimy a toujours été un autonomiste. Il a même été le président du plus grand parti autonomiste de la Martinique (le PPM).<p>  Lire Plus

Dossier actualisé de la corruption au F.N.E. d’Haïti

Données factuelles et analytiques. Mise à jour datée du 20 juin 2026

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le Fonds national de l’éducation (FNE), lancé en 2011 et formellement créé en 2017 pour financer le système éducatif national haïtien –où sont scolarisés plus de 3 millions d’élèves–, pour subventionner les infrastructures et les politiques éducatives, est devenu lun des symboles les plus documentés de la corruption d’État en Haïti. Les enquêtes journalistiques et administratives montrent une opacité systémique, un détournement massif des ressources financières de l’État et une absence totale d’états financiers et d’audits des états financiers. Le Fonds national de l’éducation a été créé par les deux plus puissants caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, l’ancien Président Michel Martelly et l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe. RAPPEL Michel Martelly et Laurent Lamothe ont été sanctionnés en 2022 et 2024 par le Canada et les États-Unis pour corruption grave, abus de fonction, participation au financement de gangs. Ils sont interdits de séjour au Canada.

A.    CHRONOLOGIE DES PRINCIPAUX SCANDALES ET MOMENTS CRITIQUES LIÉS AU FONDS NATIONAL DE LÉDUCATION (FNE) EN HAÏTI, DE 2011 À 2025, EN DISTINGUANT LES FAITS POLITIQUES, JURIDIQUES ET MÉDIATIQUES

1/ 20112013Création politique dun fonds opaque

  • 2011Annonce par le président Michel Martelly.

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Quand «la maison brûle»…

— RS n° 460 lundi 17 août 2026 —

À Génipa, sur le littoral de la commune de Ducos, sept hectares de mangrove sont partis en fumée.

Déjà, l’Assaupamar s’interroge légitimement sur l’origine des foyers surgis nuitamment, mais chacun a pu noter que le réchauffement climatique en pleine saison des pluies, a sous-hydraté les palétuviers constitutifs de notre forêt la plus humide, la mettant ainsi à la merci des étincelles de toute origine.

En France, en Espagne, en Grèce, aux Pays-Bas, dans l’État de Washington, au Canada…, le phénomène atteint des proportions plus inquiétantes avec des causes profondes identiques. Les derniers fanatiques et endoctrinés de la planète jouent aux climatosceptiques, nient l’évidence, mais les prévisions majoritaires des scientifiques du monde se réalisent sous nos yeux, en pire. Les records de températures, de sécheresses, d’incendies, sont régulièrement battus.

Et le phénomène se poursuivra mécaniquement. Les mesures à prendre aujourd’hui ne pourront dans le meilleur des cas, inverser la tendance avant des décennies. L’urgence est de s’organiser pour la prévention des conséquences et de s’adapter à l’irréversible. Reconstruire le bâti brûlé, replanter judicieusement les forêts ravagées, assurer l’entretien adéquat, recruter et former des équipes de pompiers et de secouristes, acquérir et localiser le matériel en quantité suffisante pour attaquer rapidement les feux, adapter l’agriculture et l’habitat.<p>  Lire Plus

Racisme, suprémacisme, fascisme : Derrière l’ennemi immédiat…

— RS n° 459 lundi 10 août 2026 —

Un arbitre africain, de renommée mondiale, se voit interdit de coupe du monde pour l’unique raison de son origine somalienne.

Une virulente sénatrice du Paraguay déverse sa bile raciste contre Mbappé.

Un ex-premier ministre d’Espagne conteste la nationalité de joueurs français pour la seule raison de leur ascendance africaine.

Des dizaines de milliers de HaïtienNEs se cachent pour échapper à une expulsion des États-Unis par le raciste en chef qui les traite de «mangeurs de chats »,  tout comme il traite tel ou tel pays de « pays de merde »  parce qu’il n’est pas peuplé de Blancs.

L’équipe nationale de Football d’Haïti a été contrainte d’enlever de son maillot officiel toute référence aux Grenadiers, ces vaillants combattants de la liberté haïtienne pour la simple raison que ces nègres avaient eu l’outrecuidance de vaincre l’armée blanche de Napoléon, la plus puissante au monde de l’époque.

Tel éluE de France de 2026, déclenche la rage raciste des politicienNEs du RN et de leurs relais médiatiques en raison de la même tare : Yo pa blan !<p>  Lire Plus

Donald Trump, le mal ordinaire et la grammaire de la guerre

— Par : Dominique Steiler(*) —

Donald Trump incarne, selon l’auteur Dominique Steiler, une banalisation de la brutalité et du rapport de force qui dépasse largement le seul champ politique.

Donald Trump n’a pas inventé la brutalité, le mépris ou la logique du rapport de force. Mais il a contribué à les rendre dicibles, acceptables et imitables. Cette analyse voit dans cette désinhibition le symptôme d’un paradigme plus profond, qui traverse la politique, l’entreprise, les relations sociales et notre rapport au vivant.

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • Donald Trump est présenté comme le révélateur et l’accélérateur d’une “désinhibition morale” qui banalise l’insulte, le mépris et la transgression.
  • À partir d’Hannah Arendt, René Girard, Emmanuel Levinas ou Erich Fromm, le texte analyse le mal comme un processus de division et de rupture des liens.
  • Cette logique du rapport de force dépasse la politique : elle traverse le management, l’économie, les relations sociales et notre rapport au vivant.
  • La “guerre économique” et la brutalisation du langage sont décrites comme participant d’un même paradigme que les affrontements géopolitiques.
  • Face à cette “grammaire de la guerre”, le texte défend une culture de paix fondée sur la reconnaissance de l’autre comme sujet digne.
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Cuba résiste à l’étau despotique

— RS n° 458 lundi 3 août 2026 —

Dimanche 26 juillet, nous étions une soixantaine à traverser la ville du Lamentin, avec la participation de son maire, aux cris de « Cuba Si ! Yankee no !»  Ce slogan historique soulignait que, de fait, que la majorité des manifestantEs venaient des rangs des forces convaincues de longue date de l’importance de Cuba comme symbole de la résistance à l’impérialisme des USA.    

Devant la statue d’Antonio Maceo, les prises de parole ont évidemment insisté sur l’importance des enjeux. Le danger, ce n’est pas seulement la vie de Cuba. C’est aussi le maintien des acquis de la révolution cubaine qui, malgré toutes les difficultés et les souffrances infligées à la population, démontrent qu’un petit pays peut tenir tête à la grande puissance dont l’obsession est de supprimer cet exemple aux yeux de sa chasse gardée centre et sud-américaine.

La Martinique qui a généreusement rempli deux containers d’aide humanitaire pour Cuba, dénonce la tyrannie que fait régner Trump sur la région en bloquant toutes les voies d’accès à l’île héroïque. Ce gigantesque crime contre l’humanité se réalise avec la honteuse complicité des grandes puissances capitalistes dont la France qui, elle-même, dispose des colonies que nous sommes dans la région.<p>  Lire Plus

Tour des Yoles : Elle n’est pas belle, la fête !

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux.—

Fort-de-France, le 25 juillet 2026

Lorsque, à l’approche de la récolte de nos patates douces cultivées en sac bwano ou de nos trois pieds de gombos plantés près du pignon de la maison, nous devisons avec nos voisins, il n’est pas rare que la boutade s’invite : “lanné tala nou ké fouwni GBH” ! Lorsqu’autour d’un verre ou au bout de son téléphone sans fil ça devise grave sur tel service qui ne fonctionne pas à la CTM, la conclusion arrive souvent : “an nou ba Hayot géré ça”. On le dit avec gravité pour les transports, l’eau, l’environnement et même pour la CTM, en son entièreté.

Plus sérieusement, lorsqu’il y a besoin de résoudre d’urgence une panne de l’action publique touchant au patrimoine culturel qu’on s’est donné, on se retourne alors vers l’homme à double casquette, le Janus bifron de la Martinique à qui il a été confié deux missions : être tête de Turc et sauveur national. A l’image de Césaire dans un registre plus consenti (du Discours sur le colonialisme à ce “c’est grâce à vous que nous survivons” en passant par le moratoire et “l’arbre de la fraternité”), Bernard Hayot remplit à la perfection ces deux fonctions contraires.<p>  Lire Plus

Dix ans de CTM : dépasser le procès, regarder l’Histoire en face

— Par Serge Letchimy, président du conseil exécutif de Martinique —

Une institution ne se juge pas seulement à ses lenteurs, pas davantage qu’un pays ne se résume à ses blessures. Elle se mesure à ce qu’elle porte, à ce qu’elle protège, à ce qu’elle transforme et à la capacité qu’elle conserve de préparer l’avenir au milieu des contraintes. La CTM n’est pas née sur une page blanche. Elle est issue de la réunion de deux grandes administrations, de deux cultures professionnelles, de deux histoires politiques et de plusieurs milliers d’agents. Une loi peut fusionner des structures en quelques lignes. Elle ne fusionne ni les habitudes, ni les méthodes, ni les mémoires. Réunir des institutions est un acte juridique ; construire une administration nouvelle est une œuvre humaine, nécessairement plus lente, plus complexe et plus exigeante.

Cela ne doit servir d’excuse à rien. Les retards de paiement, les lourdeurs administratives et les blocages qui fragilisent une entreprise, une association ou une famille doivent être nommés, combattus et corrigés. La responsabilité publique commence par la capacité à ne pas détourner le regard de ses propres insuffisances.<p>  Lire Plus

La démocratie, c’est aussi savoir regarder les bilans : la Martinique face à l’exigence d’alternance.

— Yan Monplaisir —
Dans le débat politique martiniquais actuel, une idée revient régulièrement : certains voudraient que la droite n’ait plus la légitimité de critiquer la situation présente, au motif qu’elle a exercé des responsabilités dans le passé. Cette affirmation pose une question essentielle : une famille politique peut-elle être privée du droit de participer au débat public simplement parce qu’elle a gouverné ?

La réponse est évidemment non. En démocratie, aucun parti ne possède un droit permanent à gouverner, mais aucun parti ne peut non plus être exclu du débat. La légitimité politique se mesure aux idées, aux projets et aux résultats.

Or les résultats d’une période importante de notre histoire méritent d’être rappelés.
Entre 1948 et 1983, la Martinique a connu une transformation profonde et sans précédent. En quelques décennies, l’île est passée d’une société encore marquée par de grandes difficultés matérielles à une société moderne disposant d’infrastructures, de services publics et d’un niveau de vie considérablement améliorés.

Les logements se sont développés, les quartiers insalubres ont reculé, les réseaux d’eau et d’électricité se sont étendus, les routes ont été modernisées.<p>  Lire Plus

 1960 – 1980 : Voilà les réalisations des 20 Glorieuses

— Yan Monplaisir —

Il est dommage que les partisans de la majorité de l’époque se contentent de courber l’échine face aux accusations de ceux qui ont échoué partout. Cependant, un simple clic sur l’IA pourrait leur permettre d’avoir un comportement moins honteux face à ces fausses allégations.

Contrairement au récit nationaliste qui ne retient de cette période que la « répression coloniale », ces deux décennies ont transformé la vie quotidienne des Martiniquais bien plus que ne l’avait fait l’abolition de l’esclavage en son temps, ou l’avènement du département.

Ne revenons pas sur l’escroquerie de la prétendue baisse de la population pendant ces 20 ans. En réalité, celle-ci a augmenté de plus de 55 000 habitants de 1962 à 1982 : les activités dans les campagnes et à Fort-de-France étaient foisonnantes.

Voilà en 10 points un aperçu des progrès et réalisations répertoriés dans dix domaines clés pendant la période de 1960 à 2090 :

Éducation et formation :
Création du Lycée Frantz Fanon,
Réservation des lycées pour les élèves du secondaire (seconde, 1ère, Terminale),
Une dizaine de collèges supplémentaires,
Des lycées professionnels,
Université des Antilles et de la Guyane (UAG),
l’AFPA,
Le Service militaire adapté (SMA).<p>  Lire Plus

Raoul Vaneigem (1934-2026)

Écrivain, philosophe libertaire et théoricien de l’insurrection de la vie quotidienne

— Par Sarha Fauré —

Raoul Vaneigem (1934-2026) est l’une des grandes figures de la pensée critique et libertaire de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Écrivain, philosophe, philologue de formation et ancien membre de l’Internationale situationniste, il est l’auteur d’une œuvre abondante qui a profondément marqué la contestation de Mai 1968 et influencé plusieurs générations de militants, de penseurs et d’artistes. Son œuvre, traversée par une exigence constante de liberté, de plaisir de vivre et d’autonomie individuelle, constitue une critique radicale de la société marchande, de toutes les formes de domination et des idéologies autoritaires.

Une jeunesse marquée par le monde ouvrier

Raoul Vaneigem naît en 1934 à Lessines, dans le Hainaut belge, au sein d’un milieu populaire. Son père est cheminot et sa mère est originaire de Tournai. La région est alors profondément marquée par les carrières de porphyre et par les luttes ouvrières, qui façonnent très tôt sa conscience sociale.

Encouragé par son père, il entreprend des études de philologie romane à l’Université libre de Bruxelles entre 1952 et 1956.<p>  Lire Plus