Catégorie : Politiques

Les sargasses en Martinique : gouverner l’urgence, construire l’avenir

Quand la crise nous impose de repenser collectivement l’avenir

— Par Rodolf Étienne —

Face aux échouements massifs de sargasses qui touchent régulièrement la Martinique, la réponse ne peut plus se limiter à l’urgence.

Entre coûts économiques croissants, enjeux sanitaires et défis environnementaux durables, la crise des sargasses impose désormais de repenser l’action publique et la gouvernance des territoires littoraux.

Quand science et politique se rencontrent

Après avoir compris ce que sont les sargasses, d’où elles viennent et pourquoi elles prolifèrent, une question s’impose avec force : que fait-on, concrètement, face à ce phénomène ?

Depuis 2011, la Martinique et ses îles voisines sont confrontées à une situation inédite : une pollution naturelle d’origine globale, aux effets locaux massifs, récurrents et durables. Cette situation met à l’épreuve les politiques publiques classiques, pensées pour des crises ponctuelles, et non pour un risque environnemental chronique.

Le phénomène des sargasses agit comme un révélateur : révélateur des limites de l’action publique, des tensions entre État et collectivités, des inégalités territoriales, mais aussi des capacités d’innovation, de coopération et d’adaptation. Ce deuxième volet propose une analyse critique et structurée des réponses institutionnelles mises en place, de leurs réussites comme de leurs insuffisances, et ouvre des pistes pour une gouvernance plus efficace, plus juste et plus durable.

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Fascisme et capitalisme, un débat nécessaire

— RS n° 432 lundi 2 février 2026 —

Lors de notre conférence de samedi 24 janvier, une question a été abordée dans le débat : faut-il une lutte spécifique contre le fascisme ? Ne suffit-il pas de se battre contre le capitalisme lui-même ?

Nous sommes totalement convaincu·e·s que l’anticapitalisme et l’antifascisme sont liés et complémentaires, mais que cela ne supprime pas la nécessité de comprendre et combattre de manière spécifique l’abomination fasciste. Les fascismes sont une réponse extrême des systèmes de domination, lorsque ceux-ci sont menacés par le soulèvement ou le risque de révolte des classes et des peuples dominés.

L’idéal le plus économique pour la bourgeoisie, est de régner sans avoir besoin de l’extrémisme fasciste. Elle peut alors se vêtir des oripeaux de la démocratie en réduisant au maximum les coûts économiques et idéologiques de la répression, de la guerre civile, etc. Mussolini a surgi après la frayeur des conseils ouvriers de Turin. Hitler a été la solution, lorsque le communisme renaissait après l’écrasement du mouvement ouvrier allemand de 1919-1923. Franco est né de la volonté de conjurer les dangers de la république espagnole.

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Les sargasses en Martinique : comprendre pour agir

Quand une crise écologique devient un enjeu de santé publique et de territoire
Par Rodolf Étienne

Depuis plus d’une décennie, les échouements massifs de sargasses rythment la vie du littoral martiniquais. Loin d’un simple désagrément saisonnier, le phénomène révèle un basculement écologique global aux conséquences sanitaires, environnementales et sociales durables.

Comprendre les mécanismes scientifiques à l’œuvre est aujourd’hui indispensable pour passer de la réaction à l’anticipation.

Une crise devenue structurelle

Cela fait maintenant plus de dix ans que la Martinique et ses îles voisines vivent au rythme d’arrivages massifs de sargasses. Dès lors, ce qui aurait pu être un épisode écologique ponctuel s’est transformé au fil du temps en une crise durable, multiforme, touchant autant la santé publique que l’environnement, l’économie ou l’habitat.

À chaque nouvelle saison, les mêmes images nous reviennent : plages envahies, odeurs suffocantes, habitants évacués, écoles fermées, pêche à l’arrêt, électroménager rongé par la corrosion. Et derrière ces images, il existe une réalité scientifique complexe, aujourd’hui encore partiellement comprise.

Les sargasses ne sont pas « un fléau naturel » au sens commun du terme : elles sont le produit d’un basculement écologique global, à l’interface du climat, de l’océanographie, des apports anthropiques, des dynamiques biologiques.

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Le fascisme n’attend pas les victoires électorales, mais prépare le pire dès aujourd’hui

— RS n° 431 lundi 26 janvier 2026 —

Deux initiatives législatives en France méritent que l’on sonne l’alerte en organisant la riposte nécessaire.

La première vise à transformer en délit toute critique de l’État génocidaire sioniste. Ainsi, écrire cette simple phrase serait assimilé à de l’antisémitisme. Les chantres de l’extrême droite dont le parti a été porté sur les fonts baptismaux par des hitlériens notoires, des antisémites patentés, jubilent de voir la droite dite républicaine, leur emboîter le pas, voire les devancer, en faisant de la solidarité légitime avec le peuple palestinien, un délit punissable par la loi.

L’autre tentative consiste à faire adopter une loi scélérate blanchissant par avance les homicides policiers qui d’ailleurs se multiplient. La police et la gendarmerie bénéficieraient, comme le veut le syndicat d’extrême droite Alliance, d’une présomption de légitime défense lorsqu’elles feraient usage de leurs armes à feu, dès lors que les conditions légales seraient réunies. On voit en ce moment même ce que donnerait cette loi en France, avec l’exemple des USA. La ville de Minneapolis développe un remarquable mouvement de solidarité avec les immigré·e·s pourchassé·e·s par la police fédérale envoyée par Trump.

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Entre relance économique et réforme institutionnelle, la Nouvelle-Calédonie à un tournant

— Par Jean Samblé —

Après plusieurs jours de discussions intenses à Paris, une majorité de responsables politiques calédoniens et l’État français ont acté, le lundi 19 janvier 2026, un nouveau compromis destiné à relancer l’avenir institutionnel, économique et social de la Nouvelle-Calédonie. Baptisé accord Élysée-Oudinot, ce texte vient compléter l’accord de Bougival signé en juillet 2025 et marque une étape supplémentaire dans un processus politique resté bloqué depuis plusieurs mois.

Signé à l’Élysée puis finalisé au ministère des Outre-mer, l’accord résulte de négociations qualifiées d’âpres mais respectueuses par les participants. Cinq délégations calédoniennes, réunissant des sensibilités indépendantistes, non-indépendantistes et centristes, ont accepté de travailler ensemble, malgré le boycott du FLNKS, principal mouvement indépendantiste historique. Pour les signataires, cette capacité à dialoguer au-delà des clivages constitue en soi un signal politique fort.

Sur le plan institutionnel, le texte réaffirme les principes posés à Bougival tout en apportant des clarifications majeures. Il confirme la reconnaissance de l’identité kanak et insiste sur la construction progressive d’une identité calédonienne commune. L’accord réaffirme également le droit à l’autodétermination, entendu comme la possibilité, dans la durée, de transférer de nouvelles compétences de l’État vers les institutions locales, selon un cadre concerté.

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Comprendre le monde pour agir mantenant à partir d’ici !

Conférence-débat du samedi 24 janvier

— RS n° 430 lundi 19 janvier 2026 —
Rarement, la pertinence du concept d’accélération de l’histoire aura été aussi avérée que maintenant ! L’avalanche de faits, le déferlement de noms de lieux, de personnages, de dates récentes ou anciennes, imposent un gros travail d’information et de réflexion pour ne pas perdre pied.

Deux impasses nous guettent devant cette marée de situations sidérantes, plus ou moins directement liées. L’une consiste à s’enfoncer la tête dans le sable mouvant des seuls problèmes locaux, comme si les déterminants extérieurs ne les conditionnent pas, en grande partie. L’autre, au contraire, est la tentation de se transformer en commentateur savant et impuissant de ce qui se passe ailleurs. Entre ces deux écueils, la passe est étroite, et pourtant on ne peut la traverser en solitaire.

Les combattant·e·s de l’émancipation doivent chercher, dans l’action et la discussion communes, les moyens de tenir les deux bouts, le « local » et le « global» pour avancer. Avoir conscience des dangers quand le fascisme, les guerres, l’effondrement climatique, pointent le nez dans un océan d’inégalités, mais aussi repérer et faire progresser les radicalités progressistes.

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La France doit restituer les 30 milliards volés à Haïti

Les Français doivent restituer les 30 milliards d’euros qu’ils ont volés au peuple haïtien…!

— Par Robert Lodimus —

« Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une Nation : l’une est par l’épée; l’autre par la dette. »

(John Quincy Adams, 6e président des Etats-Unis)

Tout ce que les populations du Sud ont hérité de l’Occident, c’est la religion et son illusionnisme. La prédication de l’Évangile a permis aux colons européens de commettre des crimes abominables en Amérique et en Afrique au nom de leur « Dieu ». Les Indiens, les Noirs et les Arabes ont grandement pâti de la cruauté de l’esclavage. Le 15e siècle, avec la fameuse expédition colombienne, a ouvert davantage la voie à la « déshumanisation de l’être » par des activités de travail dévalorisantes qui ont fait l’objet d’études et de dénonciation dans les travaux et les essais de plusieurs sociologues et philosophes progressistes, notamment Karl Marx, Friedrich Nietzsche…

L’individu, parvenu au stade de l’état déshumanisant dans lequel les systèmes féodal, capitaliste, impérialiste, néolibéral l’ont précipité et maintenu contre son gré, n’est presque plus capable de réfléchir lucidement et d’organiser son avenir.

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Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela !

— Collectif d’organisations syndicales et politiques(*) —
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA.

Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme étatsunien en Amérique latine, s’inscrivant dans l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États-Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays.

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Venezuela : Contre la loi du plus fort, faisons état de celle du plus juste

— Communiqué du MODEM Martinique —
Le Modem Martinique ne peut que se réjouir de la destitution d’un Maduro dictateur qui a plongé son pays dans une crise économique et sociale sans fin.
En même temps, nous ne pouvons que condamner l’intervention des Etats Unis, telle qu’elle s’est manifestée : une agression d’un pays en dehors des lois internationales. Une telle forme d’action, justifie une loi du plus fort quand l’Europe, la France et le MoDem ont toujours revendiqué des actions légitimées par un consensus large dans des structures faites pour cela.
S’en dispenser, paraît plus efficace du fait des blocages systématiques de certains pays dans ces instances internationales, mais ne fait que renforcer le refus de nombreux pays de supporter plus longtemps l’hégémonie des pays occidentaux.
Que Trump s’occupe plus des intérêts financiers des Etats-Unis que d’instaurer une justice mondiale est une évidence. Que nous ne puissions l’accepter est bien la volonté de nous maintenir dans le cadre d’une morale humaniste, la seule recevable pour tous :
Pour nous, MoDem, à la loi du plus fort doit l’emporter la loi du plus juste.

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Les réactions internationales à l’intervention étasunienne au Vénézuela

— Par Jean Samblé —

L’intervention militaire américaine menée au Venezuela au début du mois de janvier a déclenché une vague de réactions internationales d’une intensité rare. L’arrestation spectaculaire de Nicolas Maduro par les forces américaines, suivie de l’annonce par Donald Trump d’une phase de transition placée sous supervision de Washington, a été perçue comme un tournant majeur dans la politique étrangère des États-Unis. Si peu d’acteurs internationaux se sont portés à la défense de l’ancien président vénézuélien, la méthode employée par Washington a profondément divisé chancelleries, médias et experts, mettant en lumière une crise plus large de l’ordre international.

Dans une grande partie de la presse européenne, l’événement est analysé avant tout sous l’angle du droit. Des quotidiens de référence au Royaume-Uni, en Espagne, en Belgique ou en Allemagne dénoncent une opération jugée illégale, menée sans mandat des Nations unies et en dehors de tout cadre multilatéral. La capture d’un chef d’État en exercice sur le sol d’un pays souverain est décrite comme un précédent grave, susceptible de fragiliser durablement les principes de non-ingérence et de souveraineté nationale. Plusieurs éditorialistes soulignent que, même face à un régime autoritaire et discrédité, le recours à la force unilatérale constitue une ligne rouge que Washington aurait délibérément franchie.

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Municipalités et élections, avant, pendant, après! (4)

— RS n° 428 lundi 5 janvier 2026 —

L’une des caractéristiques les plus têtues de l’électoralisme (tare qu’encore une fois, nous ne confondons pas avec les participations aux élections) réside dans la façon de considérer les élections comme un moment à part, une sorte de quintessence de la vie politique qui serait, paradoxalement, vidée de tout contenu de classe et coupée de l’avant et de l’après.

Nous proposons l’inverse. Les élections se doivent d’être un moment où les revendications de changement imposent une visibilité, un impact maximum et si possible un débouché politique. On peut ainsi observer dans les axes revendicatifs développés précédemment, des exigences et des propositions pour lesquelles nous nous sommes impliqués hors élections.

Ainsi, par exemple, notre soutien au comité citoyen du sud, nos efforts pour la création d’autres comités du même type ailleurs, trouvent leur prolongement naturel dans la propagande électorale pour une gestion publique de l’eau sous contrôle populaire.

La bataille contre la dilapidation capitaliste des hôtels, menée à plusieurs reprises sur le front syndical, se poursuit avec les propositions d’alternatives en termes d’économie sociale et solidaire à contenu ouvrier, dont les collectivités (mairies, CTM…) peuvent être des vecteurs décisifs d’impulsion.

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À propos de l’invasion du Venezuela par les USA

— Communiqué de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de Guadeloupe —

Les peuples de la Caraïbe ne peuvent manquer de s’inquiéter devant la situation créée par l’invasion du Venezuela par les USA et la capture de son Président et de son épouse qui viennent de se produire.

Après la commission, depuis plusieurs mois, d’actes inqualifiables à l’égard des hommes de ce pays, expulsions brutales et attaques ciblées d’embarcations dans la mer des Caraïbes, au mépris du droit international et de leurs propres lois, de leur propre Constitution, les USA viennent de franchir une étape nouvelle dans leur démonstration de force sans retenue.

Mis en avant, le même prétexte, la lutte contre les narcotrafiquants.

Hier, les bateaux explosés en mer, étaient ceux de narcotrafiquants ; aujourd’hui, le Président du Venezuela est un baron de la drogue.

Il s’agit en réalité de l’application de la fameuse « doctrine Monroe » (1823) – dans son extension impérialiste de la fin du 19ème. Trump a clairement évoqué cette doctrine dans sa conférence de presse depuis Mar-a-Lago, samedi dernier.

Autrement dit, TOUT le continent, du Nord au Sud, est la propriété des USA.

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« Nous ne serons plus jamais esclaves » : le discours de Delcy Rodríguez, vice-présidente duVenezuela

—  TraductionAlain Marshal —

Déclaration de la vice-présidente Delcy Rodríguez devant le Conseil de défense de la Nation, le 3 janvier 2026, à la suite de l’agression américaine et de l’enlèvement du président vénézuélien et de son épouse

Comme le savent bien le peuple vénézuélien et la communauté internationale, aujourd’hui, à exactement 1h58 du matin, le gouvernement des États-Unis a lancé une agression militaire sans précédent contre la République bolivarienne du Venezuela. Cela constitue une tache terrible dans le développement des relations bilatérales.

Au cours de cette opération militaire, le président Nicolás Maduro et la première dame, première combattante, Cilia Flores, ont été enlevés. Nous avions déjà averti qu’une agression était en cours, sous de faux prétextes et de fallacieuses excuses, et que les masques étaient tombés. Cette agression n’avait qu’un seul objectif : le changement de régime au Venezuela, afin de permettre l’appropriation de nos ressources énergétiques, minières et naturelles. Tel est le véritable objectif, et le monde comme la communauté internationale doivent en être pleinement conscients.

Nous avons convoqué ce Conseil de défense de la Nation, auquel participent les pouvoirs publics de l’État vénézuélien.

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Le kidnapping de Maduro : l’impérialisme américain à l’œuvre

— Communiqué de la CGTM —

Nicolas Maduro, le président du Venezuela, ainsi que son épouse ont été enlevés très tôt dans leur résidence à Caracas le samedi 3 janvier 2026 et déportés aux Etats-Unis le même jour. L’opération a été menée par les forces armées états-uniennes sur ordre de Donald Trump, agissant en qualité de chef des pays impérialistes et du premier d’entre eux, les Etats-Unis.

Pour rappel : le 27 juin 1970, un autre sinistre représentant des Etats-Unis, Henri Kissinger, avait eu ces mots à propos du président chilien, Salvador Allende : « « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple ». En septembre 1973, Pinochet, avec l’appui des Etats-Unis, menait un coup d’état qui aboutissait à la mort de Allende et l’installation d’une féroce dictature dans le pays pendant des années.

Avec le kidnapping de Maduro dans son pays, Donald Trump confirme un peu plus son vrai visage ; celui d’un brigand ne reculant devant aucune méthode, aucun moyen pour appliquer la loi du plus fort.

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Après l’agression des forces armées des USA au Venezuela A bas l’impérialisme !

Au cours de la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les bombardements au Venezuela perpétrés par l’armée américaine de Trump et l’enlèvement du président Maduro et de sa femme constituent des actes de piraterie internationale.

Le prétexte ? Maduro serait à la tête d’un puissant réseau de drogue ! Ce qui n’est absolument pas prouvé.

Les vraies raisons : mettre au pas un régime, ami de Cuba, qui ne se soumet pas aux diktats de l’impérialisme nord américain. Et surtout tenter d’avoir la main sur les immenses réserves de pétrole vénézuélien, les plus grandes du monde. Voila les vraies raisons de cette intervention militaire américaine sur terre après avoir bombardé plusieurs bateaux qui transportaient soi-disant de la drogue. Ce qui n’est pas prouvé. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées lors de ces bombardements.

L’impérialisme américain instaure sa dictature dans le monde entier. L’Amérique latine et les Caraïbes sont l’arrière cour des USA depuis plus d’un siècle. D’autres pays sont menacés comme la Colombie, le Mexique.

On en revient à la vieille doctrine impérialiste de Monroe : ‘l’Amérique aux américains »

La direction de la bourgeoisie mondiale est aux Etats-Unis.

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L’enlèvement de Nicolas Maduro

La crise actuelle du Venezuela s’inscrit dans une longue dégradation de la démocratie et de l’État de droit, dont Nicolás Maduro porte une responsabilité centrale. Désigné successeur d’Hugo Chávez, il n’a jamais bénéficié d’une légitimité populaire pleine et entière. Son accession au pouvoir s’est faite à l’issue d’élections extrêmement serrées, organisées dans un contexte de déséquilibre manifeste : institutions électorales majoritairement inféodées au pouvoir, usage massif des ressources de l’État à des fins partisanes, accès inégal aux médias et climat de pression politique permanente sur l’opposition. Les scrutins ultérieurs n’ont fait qu’aggraver ces soupçons, notamment lorsque des résultats ont été proclamés sans publication complète des procès-verbaux, vidant l’acte électoral de sa crédibilité démocratique.

À cette fragilité politique s’ajoute un bilan humain et institutionnel alarmant. Les enquêtes menées par les Nations unies font état de violations graves et systématiques des droits de l’Homme, commises dans le cadre d’une répression politique organisée. Selon ces rapports, ces exactions ne relèvent pas de dérives isolées, mais d’une politique d’État, impliquant directement les plus hauts responsables civils et militaires. Arrestations arbitraires, violences lors des manifestations, persécutions ciblées contre les opposants : autant de pratiques qui ont contribué à priver Nicolás Maduro de toute légitimité morale et démocratique aux yeux d’une grande partie de la communauté internationale.

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Des municipalités écologistes pour préparer demain (4)

— RS n° 427 lundi 29 décembre 2025 —

Les propositions citées dans les deux précédents numéros visent à répondre aux urgences et à préparer demain. Poursuivons dans la même optique en complétant l’indispensable volet écologique.

Cet aspect est certes déjà présent, étroitement mêlé au social, dans la question du transport public, d’une médecine prise en charge par la Sécu (dans des maisons communales de santé), dans le choix de création de structures publiques ou semi publiques pour la politique de transition énergétique, de l’eau, de l’agriculture paysanne (en lien avec l’alimentation des cantines scolaires). Dans tous ces domaines, la ville en étant un centre d’impulsion réaliste, doit chercher à avoir un effet d’entraînement sur les communautés de communes, mais aussi sur la CTM.

Toute édilité conséquente cherchera à combiner les échelles, allant du local à l’intercommunal et au territorial. Ces combats, il faudra d’ailleurs les mener en cherchant des alliés dans les autres colonies comme en France même.

Les problèmes écologiques affectant déjà notre présent et menaçant gravement notre futur, appellent des réponses jusque sur le plan international. Il faut agir local et aussi…agir global.

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Les arrière-petits-fils d’esclaves martiniquais sont-ils les plus heureux de la terre ?

Par Yves-Léopold Monthieux —

La Martinique et les Martiniquais d’origine africaine ont connu la déportation, l’esclavage, les insurrections dont celles de 1848 et 1870, l’expédition du Mexique en 1861, la grève de février 1900, l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les départs vers le Panama et le Vénézuéla vers 2010, la guerre 1914 – 1918, la marche de la faim de 1936, la guerre 1939 – 1945, l’Amiral Robert, 1939-1945, (la dépendance au ” biscuit américain” et la menace d’envahissement de Fort-de-France par les USA), la départementalisation – assimilation de 1946, les évènements du Carbet, de Bassignac et de Basse-Pointe entre 1948 et 1950, les morts de décembre 1959, l’ordonnance d’octobre 1960, les morts du Lamentin en 1961, l’OJAM en 1962, le BUMIDOM en 1963, la grève de février 1974, le traumatisme du chlordécone, la grève de février 2009, les incidents de 2021 liés au covid, la revendication en cours contre la vie chère, déclenchée par le RPPRAC en 2024.

Que de chemin de croix parcouru par les Martiniquais et la Martinique depuis la déportation d’Afrique, de la guerre pour la liberté et contre la faim jusqu’aux batailles pour la consommation !

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Élections en Haïti en 2026

« Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. »  (William Shakespeare)

— Par Robert Lodimus —

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer. »

(Voltaire) 

Le docteur Jean Price Mars, de son époque, parlait déjà de crise de pensée dans la société haïtienne. Nos « intellectuels », en ces instants tristes et sombres, ne devraient-ils pas prendre le temps, ou se redonner le plaisir de revisiter le « Discours sur la méthode » de René Descartes ? On ne construit pas l’avenir d’une Nation sans disposer d’une boussole d’idées rationnelles et d’un laboratoire de réflexions méthodiques. Haïti dérive à tous les niveaux. Socio-économiquement misérable, elle l’est tout aussi – si ce n’est davantage – sur le plan de l’ « intelligence créative ». Le 7 février 1986, le pays s’est libéré des Molochs duvaliéristes, mais pour se replonger bien vite dans la mare d’une incompétence anarchisante et d’une irresponsabilité détruisante. 

Nous sommes de plus en plus loin des époques mémorables qui ont donné le mouvement insurrectionnel baptisé « Les Cinq Glorieuses de Janvier 1946 », qui a renversé le lescotisme proétatsunien.

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Interdire l’extrême droite pour sauver la démocratie ? Le vieux dilemme européen

— Par Andrea Martini (*) —

Classée comme organisation extrémiste, l’AfD relance en Allemagne un débat aussi ancien que la démocratie elle-même : faut-il interdire pour se protéger ? De la France des années 1930 à l’Europe d’après-guerre, l’histoire de la “démocratie militante” montre une efficacité réelle… mais toujours fragile.

Début mai 2025, l’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution a établi que le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) devait être considéré comme une organisation extrémiste. Ce statut permet aux magistrats et aux services de renseignement de mener des investigations plus approfondies sur les activités de l’AfD. Désormais, son interdiction ne peut, en termes absolus, être exclue, du moins selon ce qui est prévu par la Constitution du pays, qui considère comme l’un des scénarios envisageables la dissolution de tous les partis – qu’ils soient de droite ou de gauche – représentant une menace pour la démocratie elle-même (art. 21).

En Allemagne, cette décision de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a déclenché un débat intense, interrogeant l’opportunité de mettre en œuvre des mesures répressives pour protéger la démocratie.

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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Les municipalités qu’il nous faut (3)

— RS n° 426 lundi 22 décembre 2025 —

La réflexion sur les municipalités et les campagnes municipales du passé, doit nous servir à sauver ce qu’il y a de meilleur dans les divers héritages, nous aider à se débarrasser des tares du passé et du présent, nous permettre de confronter ce legs d’expériences aux impératifs des temps présents et à venir.

Des choix politiques adaptés à l’échevon municipal

L’échelon municipal est celui qui met le plus immédiatement au contact des problèmes du quotidien. C’est là que le rapport de proximité est le plus évident entre la population et les élu·e·s.

Si l’on s’en tient aux institutions politiques, la commune comme la ville, doit être l’instance première de résistance à la politique scélérate des classes dominantes et de leurs divers relais. Les traditions d’identification aux masses laborieuses, sur le plan social, et de résistance au colonialisme sur le plan politique, sont un patrimoine précieux qui doit nous écarter des discours aseptisés de la neutralité dans la lutte de classes, de la prétention trompeuse de représenter aussi bien les exploiteurs et les dominants que les exploités et les dominés, au féminin comme au masculin.

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Municipalité d’aujourd’hui (2)

— RS n° 425 lundi 15 décembre 2025 —

L’élément nouveau de la situation des municipalités de Martinique, découle de l’évolution de la configuration politique globale. Cette dernière reste à mettre en rapport avec les évolutions économiques, sociologiques, géographiques lourdes, sur lesquelles il conviendra de revenir. Pour l’heure, disséquons-en l’aspect politico-institutionnel.

Par rapport aux époques d’affrontements idéologiques évoqués dans notre précédente édition (RS n°424), la nouveauté est la succession des recompositions politiques avec leurs conséquences au niveau des luttes municipales. Au grand clivage autonomistes/assimilationnistes (PCM/PPM versus DROITE/PS), a succédé le fort conflit PPM/MIM. Cette querelle a structuré la vie politique de façon très pesante.

Il a signifié la course effrénée aux alliances, menée par chaque camp. Le système électoral antidémocratique régnant encore (barre pour fermer la route aux courants minoritaires, et prime pour transformer le courant arrivé en tête en courant dominant absolu) a aggravé les choses.

Dans les alliances extravagantes conclues de part et d’autre, celle réalisée entre le MIM et la droite de Monplaisir mérite une mention spéciale par l’ampleur de ses effets délétères sur le « mouvement anticolonialiste » au sens large.

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18 décembre : Journée internationale des migrant.es

Les migrant.es fuient la misère, la dictature, les menaces de mort…mais ils affrontent ici une autre violence : celle des files d’attente, des dossiers refusés, des droits suspendus…d’une administration qui les jette dans des situations inhumaines…

Disons non aux violencs administratives :

⁃ titres de séjour bloqués / refusés sans explication

⁃ dossiers perdus, lointains rendez-vous pas toujours honorés

⁃ -droits sociaux suspendus brutalement ( CAF/Santé/ emploi )

Non aux violences sociales

⁃ Accès limité au logement et aux soins

⁃ Isolement, pauvreté, souffrance psychique…

⁃ Femmes et enfants en première ligne de la précarité

Non au racisme et à la xénophobie

⁃ les Haïtiens.nes/Dominicain.es/ Saint.es Lucien.nes /Vénézuélien.es…qui composent la grande partie de la population migrante en Martinique sont nos frères et soeurs partageant la  même histoire.

Exigeons

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Budget de la Sécurité sociale : les députés martiniquais divisés lors du vote final

Un vote sous tension, des enjeux majeurs pour la Martinique

— Par Jean Samblé —

L’Assemblée nationale a définitivement adopté, mardi 16 décembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le texte a été approuvé par 247 voix contre 232, un écart de 15 voix seulement, révélateur d’un Parlement profondément divisé. Ce vote permet au gouvernement de faire adopter le premier budget social sans recourir à l’article 49.3 depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Derrière ce scrutin national se cachent des enjeux particulièrement sensibles pour la Martinique, territoire confronté à une population vieillissante, à des difficultés d’accès aux soins et à une forte dépendance aux mécanismes de solidarité nationale. Le PLFSS pour 2026, largement amendé par les députés, acte notamment la suspension de la réforme des retraites, une décision lourde de conséquences pour de nombreux retraités martiniquais, souvent bénéficiaires de pensions modestes.

Retraites : un soulagement pour de nombreux Martiniquais

La suspension de la réforme permet d’éviter un allongement de la durée de travail et un recul de l’âge effectif de départ à la retraite.

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