— Par Emmanuel Davidenkoff —
L’école est le creuset de la nation, et non un simple dispositif de pacification sociale visant à légitimer par les diplômes la persistance des inégalités de naissance.
La question est non pas de savoir si le libéralisme fera irruption dans le secteur éducatif, mais dans quel délai et avec quelle ampleur.
Dans la plupart des secteurs où public et privé sont en concurrence prévaut un relatif équilibre : l’Etat garantit à tous les usagers l’égal accès à un service, y compris aux plus démunis, via divers dispositifs de solidarité ; ceux qui font le choix du privé paient le prix fort pour accéder à une prestation sur mesure, mais ils ne peuvent se prévaloir, en cas de problème, des garanties offertes par l’Etat ni ne bénéficient des investissements lourds que seule peut consentir la collectivité. Un domaine fait exception, et non des moindres, puisqu’il conditionne notre avenir : l’éducation et l’enseignement supérieur.
Le caractère « libre » du privé, largement théorique
Ici, la ressource privée peut être massivement mobilisée tout en continuant à profiter de la bienveillante protection de l’Etat.

Kishore Singh, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’éducation, dénonce l’explosion de la privatisation de l’éducation dans les pays en voie de développement. Un phénomène qui aggrave les inégalités et développe un enseignement très utilitariste.
Dans un contexte préoccupant pour l’avenir de l’université en Guadeloupe et en Martinique, qui suscite à juste titre la mobilisation des enseignants-chercheurs, des personnels et des étudiants, les parlementaires français sont appelés à se pencher sur l’installation de l’Université des Antilles. C’est pourquoi les anciens parlementaires que nous sommes et qui avons activement travaillé à la construction de l’institution universitaire dans la région, entendons apporter notre point de vue sur le projet de loi portant transformation de l’Université des Antilles-Guyane (UAG) en Université des Antilles (UA).
Le temps consacré à la lecture baisse, inexorablement. Ce résultat, confirmé par la récente étude publiée par le Centre national du livre (CNL), est celui de nombreuses enquêtes depuis plusieurs années. Le phénomène est d’ailleurs plus prononcé encore chez les jeunes. Que faire de ce constat ? Une discussion de café du commerce ? Un essai réactionnaire de plus sur la fin de la France qui était mieux avant ? Ou un point de départ, un levier pour agir ? C’est ce choix-là que nous avons fait. Répondant à la demande de Fleur Pellerin, la ministre de la Culture et de la Communication, nous avons, accompagnés de Sylvie Vassallo, directrice du Centre de promotion de la lecture jeunesse de Montreuil, initié une fête de la lecture pour la jeunesse. Elle se tiendra du 17 au 31 juillet dans toute la France. Le pari est ambitieux. Sauf erreur, aucune des grandes fêtes nationales voulues par l’État n’a été organisée au cœur de l’été, lorsque les Français sont en vacances. Pour nous, ce choix était nécessaire : il s’agit de toucher les jeunes lorsqu’ils ont du temps de loisir, lorsque l’école, les activités parascolaires, les devoirs… ne laissent pas à la lecture une portion congrue.
REPORTAGE – Deux mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, certains veulent continuer à perpétuer « l’esprit du 11 janvier ». C’est le cas des membres de l’association Coexister, créée en 2009, qui luttent pour favoriser le vivre ensemble. Jeudi dernier, le groupe était dans un lycée à Saint-Denis pour déconstruire les préjugés des élèves.
TRIBUNE
Nous, les élus des étudiants du Pôle Guadeloupe et du pôle Martinique, de manière unanime, déplorons les évènements que nous traversons actuellement au sein de l’UA. Nous ne prnons part à aucun conflit, àa aucun préavis degrève, et à aucune motion signée par l’intersyndicale qui pourraient par la suite handicaper notre vie étudiante. Nous EXGEONS que les choses s’améliorent et que les étudiants soient plus concertés sur l’avenir institutionnel de notre !université. Notre but n’est pas politique mais il est motivé par notre envie de défendre avant tout l’intérêt des étudiants de notre institution.
Le CIO de Fort-de-France organise une manifestation autour du thème » les hommes et les femmes dans les métiers du soin et du social » jeudi 12 mars de 8H30 à 11H
Laissez-moi vous conter une histoire, celle de la Révolution et des droits de l’homme…
Question du député Jean-Philippe Nilor à Najat Vallaud-belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le 18 février, plusieurs organisations syndicales publiaient en urgence un commu- niqué de presse visant à alerter la communauté universitaire, les élus et la populations sur les risques que faisait courir à la future Université des Antilles le vote de transformation de l’UAG en UA, plus un mois et demi après la création officielle de l’Université de Guyane. L’introduction d’amendements de dernière minute à propos desquels personne n’avait été informé était de nature à susciter nos pires craintes. Les débats du lendemain au sein de l’hémicycle de l’Assemblée nationale ont démontré que la vérité dépassait largement ces craintes…
Des filles plus littéraires et studieuses, des garçons plus scientifiques et moins scolaires… Le rapport annuel « Filles et garçons sur le chemin de l’égalité », publié par le ministère de l’éducation nationale vendredi 6 mars − deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes −, montre que ce ne sont pas là que des poncifs.
La fessée a longtemps été utilisée pour punir les agissements considérés comme inacceptables, qu’il s’agisse des erreurs de conduite des enfants ou des adultes jugés par leurs parents ou leurs supérieurs hiérarchiques. S’agissant des enfants, les ethnologues nous apprennent que dans les sociétés humaines primitives, ils étaient d’autant plus battus que ces sociétés étaient plus guerrières (Montagu, Prescot). La fessée des enfants semble être un acquis culturel qui, s’il s’est développé parallèlement à d’autres violences telles que les rites d’initiation ou les sacrifices, a fait une carrière beaucoup plus longue.
— Par Pierre-Yves Cusset, Hélène Garner, Mohamed Harfi, Frédéric Lainé et David Marguerit —
Favoriser une meilleure compréhension
Monsieur le Président, Madame la Ministre, Monsieur le rapporteur, Chers collègues,
Madame la Ministre,
Il est fréquent d’imputer à l’école publique la réparation des dégâts que les politiques économiques libérales produisent. Plus de trois décennies de paupérisation, de précarisation, de destruction des services publics, ont eu des effets catastrophiques sur la vie quotidienne des classes populaires (et plus récemment sur celui des couches moyennes). Et l’on voudrait dans ce contexte que l’école puisse être un « sanctuaire » protégé des bruits et nuisances d’un environnement social en crise multiforme.
Voici plusieurs années que Catherine Kintzler tente d’élaborer une construction philosophique du concept de laïcité. Elle en a proposé en 2007 (Qu’est-ce que la laïcité?, éd. Vrin) une exposition raisonnée de type « académique ». Il s’agit ici pour elle d’exposer et de reprendre cette réflexion de manière plus ample, tout particulièrement en la jugeant à l’aune de l’actualité. En effet, on doit pouvoir attendre d’une théorie qu’elle soit capable d’élucider le plus grand nombre possible de phénomènes entrant dans son champ, et qu’elle soit en mesure soit de prévoir de manière détaillée des phénomènes inédits, soit d’y faire face de manière tout aussi détaillée s’ils se présentent.
Oui il existe en France des « black schools » qui scolarisent majoritairement des élèves issus de l’immigration. Notre système scolaire produit du séparatisme ethnique et social. Dans leur ouvrage sur L’Apartheid scolaire (Seuil, 2005), les sociologues Georges Felouzis, Françoise Liot et Joëlle Perroton ont levé ce tabou. Nous sommes en 2005, les statistiques ethniques n’ont pas droit de cité. La ségrégation ethnique n’est toujours pas mesurée de manière officielle.
« Ni rire, ni pleurer, comprendre » Spinoza