Catégorie : Les chroniques de Jean-Marie Nol

L’épargne antillaise doit financer les Antilles

10 milliards d’euros d’«épargne paresseuse» aux Antilles : il est plus que temps de mettre cette manne financière au service de notre économie

— Par Jean-Marie Nol —

C’est une nouvelle plutôt mauvaise pour cette rentrée. Les antillais sont de moins en moins riches par rapport à leurs compatriotes de l’hexagone et qui eux mêmes sont plus pauvres que leurs voisins européens . Dans les années 2000, le PIB français par habitant était au-dessus de 15% de la moyenne européenne mais depuis 2022, il est largement en dessous. La problématique du développement économique se pose donc de façon aiguë et les freins doivent donc être à présent pris en compte notamment sur la thématique de l’épargne. En effet, l’épargne accumulée aux Antilles doit enfin financer l’économie locale et cesser de financer l’ailleurs.
La Guadeloupe et la Martinique disposent d’un paradoxe économique qui ne peut plus être ignoré : elles possèdent une épargne importante, mais celle-ci contribue encore trop peu au financement de leur propre développement. Près de 10 milliards d’euros d’épargne des ménages antillais seraient ainsi déposés dans les banques les assurances et la bourse, tandis qu’une part significative de cette épargne est investie en dehors des territoires.<p>  Lire Plus

Le modèle de la départementalisation en question

Les fondamentaux économiques et financiers de la France ne sont pas bons, alors quelles sont les conséquences prévisibles pour la Guadeloupe et la Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —

Les fondamentaux de l’économie française ne sont pas tous au vert en raison d’un cumul de déséquilibres structurels profonds, notamment des finances publiques fragilisées par un déficit persistant et une dette record de plus de 3550 milliards d’euros . L’État dépense plus qu’il ne gagne chaque année, ce qui crée un déficit public (établi autour de 5,1 % du PIB).L’addition de ces déficits année après année fait grimper la dette publique au-dessus de 115 % du PIB, un niveau élevé par rapport aux autres pays européens.Le coût de la dette (les intérêts à rembourser) augmente fortement, ce qui pèse lourdement sur le budget de l’État.Une croissance économique faible qui reste molle (autour de 0,7% voire même 0,5 %).La consommation des ménages stagne malgré une inflation plus basse, car les Français privilégient l’épargne par prudence. La France souffre d’une désindustrialisation historique qui fragilise sa balance commerciale sur les biens, même si certains secteurs de pointe (aéronautique, nucléaire) s’en sortent mieux.Le<p>  Lire Plus

Et si le tout-local était une impasse ?

Comment changer l’avenir économique des Antilles qui ne peut plus reposer sur l’agriculture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Il s’avère qu’il est plus que temps de resituer le débat en Guadeloupe et Martinique d’une question devenue presque rituelle — « comment produire davantage localement ? » — vers une question beaucoup plus économique : « où pouvons-nous créer davantage de valeur ? »
La sécheresse exceptionnelle que connaissent actuellement la Martinique et la Guadeloupe n’est pas seulement une nouvelle crise agricole : elle constitue peut-être le révélateur d’une impasse économique plus profonde. Lorsque les rendements dépendent à ce point des pluies, des cyclones, des températures et désormais du dérèglement climatique, continuer à présenter l’agriculture comme le socle d’une future souveraineté économique apparaît de moins en moins comme une stratégie crédible et de plus en plus comme une croyance chimérique . Prenons l’exemple de la Guadeloupe , l’agriculture ne représente plus que 1,8 % de la valeur ajoutée selon les derniers comptes régionaux disponibles dans cette série Insee. En 2023, elle représente 2,7 % des emplois, contre 41,9 % pour commerce-transports-services et 41 % pour administration-éducation-santé-action sociale.<p>  Lire Plus

Quel système financier pour les Antilles ?

De la déconstruction des idées reçues sur le développement économique des Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

La société antillaise se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire politique, économique et intellectuelle. Les catégories de pensée qui ont longtemps structuré le débat public sur l’autonomie n’ont malheureusement pas joué un rôle majeur dans la compréhension du fonctionnement de l’économie et dans la construction des idées contemporaines de la responsabilité locale sur les questions de fiscalité et de nouveau pouvoir normatif . Mais leur permanence dans le débat intellectuel ne garantit plus leur pertinence pour penser les transformations qui viennent. En effet, croire que la maîtrise de la fiscalité sur le plan local et l’octroi d’un nouveau pouvoir normatif pourrait induire un développement économique est une profonde erreur d’analyse des élus locaux de la Guadeloupe et de la Martinique, et à l’avenir le risque d’une terrible impasse . En réalité le noeud gordien du développement économique se situe au niveau du secteur bancaire et financier. En fait, le problème de mal développement réside en partie dans la disparition des banques locales et des sociétés de développement tels que la Sodega, la Sodem, la Soderag : Les banques purement antillaises (comme la Banque des Antilles Françaises et le Crédit Martiniquais et d’autres) ont été absorbées par les grands groupes bancaires français (BPCE, Crédit Agricole, BNP Paribas, LCL, etc.)<p>  Lire Plus

Génération Z antillaise : le grand exil

Pourquoi l’exode des jeunes antillais va encore s’accélérer massivement au cours de la prochaine décennie ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les perspectives d’exode ou d’expatriation qui semblent connaître une accélération chez une grande partie des jeunes antillais s’expliquent par un cumul de pressions économiques, sociales , sociétale et structurelles qui alourdissent le coût de la vie , diminuent la qualité de vie et bloquent l’ascenseur social. Bien que parler de « condamnation à l’exil des jeunes » relève d’une formule alarmiste, les données d’instituts comme l’INSEE  confirment une hausse de l’attrait pour l’hexagone et l’étranger chez les étudiants et jeunes actifs face aux crises budgétaires des collectivités locales et au sentiment de déclin économique. La génération Z antillaise semble désormais sur la corde raide face à la décennie du doute : entre exil , révolution technologique et invention d’un nouveau modèle de société.

Un paradoxe frappe aujourd’hui la Guadeloupe et la Martinique avec une intensité particulière : les jeunes quittent massivement les Antilles, mais le chômage sur place demeure à un niveau très élevé. Cette contradiction révèle une réalité beaucoup plus profonde qu’une simple inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi.<p>  Lire Plus

Les Antilles, tête de pont européenne

Les termes du débat actuel entre l’intégration à l’Europe versus l’intégration à la Caraïbe.

— Par Jean-Marie Nol —

L’une des plus grandes contradictions du débat institutionnel aux Antilles françaises réside dans le décalage qui existe entre les discours politiques et surtout idéologiques et la réalité des pratiques quotidiennes, ainsi que la nouvelle vision prospective financière et économique qui se dégagerait au cours de la prochaine décennie . Et force est de souligner qu’en l’espèce le débat actuel devrait s’affranchir de toutes considérations de nature géographique et surtout de doctrine idéologique identitaire qui parasite la réflexion sur ce sujet . Depuis plusieurs décennies, une partie du débat public présente la Caraïbe comme l’horizon naturel de la Guadeloupe et de la Martinique, au nom de la géographie, de l’histoire et des affinités culturelles. Pourtant, l’observation des comportements sociétaux , économiques et sociaux des populations antillaises conduit à une conclusion radicalement différente.
En réalité, l’immense majorité des centres d’intérêt des Guadeloupéens et des Martiniquais se situe aujourd’hui en Europe. Les flux de population en apportent la démonstration la plus évidente. Chaque année, des dizaines de milliers d’Antillais traversent l’Atlantique pour rejoindre l’Hexagone ou d’autres pays européens pour des raisons familiales, professionnelles, universitaires, administratives, médicales ou touristiques.<p>  Lire Plus

Guadeloupe-Martinique : changer de cap

« Dépenses publiques en voie de baisse » : quand l’État n’est plus providence , alors sera -t-il donc aux abonnés absents en Guadeloupe et Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —
Pendant plusieurs décennies, la Guadeloupe et la Martinique ont  construits leur développement économique et social sur un pilier fondamental : la puissance financière de l’État providence. Derrière les infrastructures publiques, les aides sociales, les exonérations fiscales, les emplois publics, les investissements hospitaliers, les dispositifs de soutien aux entreprises, les indemnisations après les catastrophes naturelles et les transferts sociaux se trouvait une réalité rarement remise en cause : l’État français disposait des moyens budgétaires nécessaires pour amortir les crises et maintenir un niveau de vie relativement élevé dans des territoires dont l’économie productive demeurait structurellement fragile. Ce modèle a longtemps donné l’illusion d’une protection permanente, capable de compenser les handicaps liés à l’insularité, à l’éloignement des grands marchés, à l’étroitesse du tissu industriel et à la faiblesse des exportations. Aujourd’hui, cette époque semble toucher à sa fin avec la crise de la dette .
Au moment même où l’ensemble des élus de Guadeloupe, toutes sensibilités politiques confondues, affiche un front uni pour demander au président de la République et au gouvernement un engagement financier exceptionnel afin de sortir durablement de la crise de l’eau, une question essentielle reste largement absente du débat public : l’État français dispose-t-il encore des moyens financiers lui permettant de répondre à une telle demande ?
<p>  Lire Plus

Construire l’avantage

De la question des avantages comparatifs de la Guadeloupe et la Martinique appliquée à la coopération régionale avec la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

Depuis plusieurs décennies, l’autonomie couplée intrinsèquement avec la coopération régionale avec la Caraïbe est présentée comme l’un des grands horizons stratégiques de la Guadeloupe et de la Martinique. À chaque débat institutionnel, à chaque réflexion sur l’autonomie ou sur l’évolution des compétences locales, l’ouverture vers l’environnement caribéen revient comme une évidence, presque comme une promesse de développement. Pourtant, cette vision repose rarement sur une véritable démonstration économique. Elle s’appuie davantage sur une proximité géographique, historique ou culturelle que sur les fondements mêmes de l’économie internationale. Or, lorsqu’on applique rigoureusement la théorie des avantages comparatifs formulée par l’économiste David Ricardo, force est de constater que cette ambition se heurte à une difficulté majeure : la Guadeloupe et la Martinique ne disposent aujourd’hui d’aucun avantage comparatif significatif vis-à-vis des économies de leur environnement régional.

La théorie économique associée à l’avantage comparatif explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose de l’écart de productivité (ou du coût) le plus fort en sa faveur, ou le plus faible en sa défaveur, comparativement à ses partenaires.<p>  Lire Plus

Réforme institutionnelle : le risque de l’affrontement

Une pensée dichotomique s’installe subrepticement dans le champ politique et surtout économique en Guadeloupe et Martinique, et cela ne laisse rien présager de bon à l’avenir !

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps, les difficultés institutionnelles ont été présentées comme la principale explication du mal-être identitaire des sociétés antillaises contemporaines. Pourtant, les données les plus récentes invitent à dépasser cette lecture simplificatrice. En France hexagonale comme aux Antilles françaises, les différents idéologiques progressent rapidement, mais ils ne s’expriment pas selon les mêmes ressorts. Avant d’aborder le cœur de notre analyse sur le potentiel danger de la division , il convient de noter que la question institutionnelle qui surgit dans le débat public de la Martinique et, par extension, la Guadeloupe semble aujourd’hui nous entraîner sur une pente glissante , notamment en raison des non dits sur la stratégie de l’État qui est le véritable maître de l’échiquier et des horloges en matière d’évolution statutaire.<p>  Lire Plus

Au-delà de la production locale

Le grand malentendu sur le développement de la production locale grâce à l’autonomie !
— Par Jean Marie Nol —
Le débat sur l’autonomie comme facteur incontournable du développement de la production locale en Guadeloupe et  Martinique s’appuie sur un raisonnement qui est d’ores et déjà biaisé du fait d’un postulat de départ totalement erroné sur le plan de la nouvelle doctrine économique.
Cette approche des élus locaux partisans de l’autonomie semble vouloir nous enfoncer dans une impasse, dans la mesure où il s’accompagne de plus en plus d’un discours récurrent selon lequel la clé du développement économique résiderait avant tout dans une augmentation progressive de la production agricole locale afin de réduire la dépendance aux importations. Cette idée propagée par les élus, et largement partagée dans le débat public, apparaît séduisante puisqu’elle répond à une aspiration légitime à davantage de souveraineté économique. Pourtant, elle repose sur un profond malentendu quant aux véritables mécanismes du développement économique dans les petites économies insulaires ouvertes. Confondre autonomie politique, autonomie économique voire productive et développement économique risque d’orienter les futurs choix institutionnels vers une stratégie qui, malgré de bonnes intentions, conduirait à une impasse totale en matière de développement .
<p>  Lire Plus

Autonomie : le choc des modèles

Pourquoi le nœud gordien de la problématique de l’autonomie est en l’espèce le modèle économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Martinique et de la Guadeloupe est souvent présenté sous un angle juridique ou identitaire. Pourtant, la véritable question est beaucoup plus simple : un changement de statut permettrait-il de résoudre plus efficacement les difficultés économiques, sociales et administratives qui handicapent ces territoires depuis des décennies ? Les opposants soulignent immédiatement un paradoxe. Si une autonomie accrue s’accompagne d’une réduction des transferts financiers de l’État, comment les collectivités pourraient-elles améliorer leur situation avec moins de moyens ? À première vue, l’équation paraît insoluble. Elle ressemble à une promesse de transformer le plomb en or.L’autonomie ne constitue pas une formule magique. Elle déplace simplement la responsabilité politique. Les succès éventuels dépendraient alors directement de la qualité des décisions prises localement. Si les nouvelles compétences étaient utilisées sans vision stratégique, sans rigueur budgétaire, sans réforme administrative et sans politique économique ambitieuse, les difficultés actuelles pourraient même s’aggraver. Une autonomie mal préparée pourrait conduire à une diminution des ressources publiques sans augmentation suffisante de la richesse produite.<p>  Lire Plus

Autonomie : qui tient les horloges ?

Autonomie des Antilles-Guyane : l’État français seul maître du jeu , mais avec quelle vision prospective pour l’avenir ?

— Par Jean-Marie Nol —

Désormais, force est de constater que l’autonomie est en marche en dépit des réticences des uns et des autres , pour autant il semble nécessaire de noter que nous sommes en présence d’un théâtre d’ombres chinoises où l’État français au delà des apparences demeure le seul maître de l’échiquier et surtout des horloges.

L’annonce de la signature de l’accord-cadre entre l’État et la Collectivité territoriale de Martinique, ouvrant officiellement le processus de discussions sur l’évolution institutionnelle du territoire, marque une étape symbolique dans une transformation qui semble inéluctable et qui ne date pas d’hier. Derrière l’apparente initiative des élus locaux et le débat public sur l’avenir statutaire des territoires ultramarins, une réalité plus profonde semble se dessiner : l’État français demeure l’acteur central, celui qui fixe le rythme, organise le calendrier et accompagne progressivement une mutation institutionnelle déjà préalablement pensée sur le temps long.

La scène actuelle ressemble ainsi à un véritable théâtre d’ombres chinoises où les acteurs visibles — élus, partis politiques, représentants de la société civile — occupent le devant de la scène, tandis que l’État conserve en coulisse une capacité d’influence majeure sur l’orientation générale du processus d’autonomie.<p>  Lire Plus

Penser l’avenir dans une France en crise.

— Par Jean-Marie Nol —

Penser l’avenir de la Guadeloupe et de la Martinique dans une France hexagonale en crise n’est plus un exercice intellectuel lointain : c’est devenu une nécessité stratégique pour les acteurs politiques et économiques . Une société qui ne pense pas son avenir accepte, souvent sans le vouloir, que celui-ci soit écrit par d’autres. Or l’avenir n’est pas seulement ce qui arrive ; il est aussi ce que les choix du présent rendent possible. Prévoir, ce n’est donc pas seulement anticiper les événements, c’est préparer les conditions d’un futur maîtrisé.

Cette réflexion prend une dimension particulière pour la Guadeloupe, territoire insulaire confronté à ses propres défis alors que la France hexagonale traverse une période de profondes incertitudes économiques, sociales et politiques. Endettement public, ralentissement économique, crise de confiance, difficultés des services publics, transition écologique imposée par le changement climatique : le modèle national qui a longtemps constitué un cadre protecteur apparaît aujourd’hui fragilisé. Dans ce contexte, attendre passivement les réponses venues de l’extérieur reviendrait à prendre le risque de subir les transformations plutôt que de les accompagner.<p>  Lire Plus

L’impasse du récit assimilationniste

De la question de la vision paradoxale des Guadeloupéens et Martiniquais sur l’avenir  ? 
— Par Jean-Marie Nol —
La Guadeloupe tout comme la Martinique traversent aujourd’hui une période singulière où le rapport au temps semble profondément bouleversé. Entre mémoire du passé et difficulté à imaginer l’avenir, le paradoxe d’une société antillaise en quête de nouveaux questionnements identitaires à la recherche d’un nouveau cycle de progrès social . Alors que dans l’Hexagone le pessimisme face à l’avenir s’exprime surtout par une critique d’un modèle national jugé en déclin, la perception guadeloupéenne et martiniquaise apparaît plus paradoxale : l’avenir inquiète, mais le passé semble parfois offrir davantage de repères que le futur. Cette différence de regard révèle une question fondamentale : la promesse historique de progrès portée par la départementalisation est-elle arrivée au bout de son cycle, laissant place à une forme de désenchantement collectif ?
Pendant plusieurs décennies, la départementalisation de 1946 a constitué un horizon politique et social puissant. Elle incarnait avec l’idéologie de l’assimilation une promesse claire : celle d’une convergence progressive avec la France hexagonale, d’une amélioration continue des conditions de vie, d’un accès renforcé aux droits sociaux, aux infrastructures et aux services publics.
<p>  Lire Plus

Pourquoi la Guadeloupe doit sauter dans le train de l’intelligence artificielle ?

— Par Jean-MArie Nol —

Le gouvernement a dévoilé, mardi 16 juin à Bercy, son plan pour équiper l’administration d’outils IA. En 2026, 65 % des collectivités locales qui ont eu recours à l’IA ont utilisé des IA génératives. « Facile d’accès, tout au moins pour réaliser des tests et faire les premiers pas, l’IA générative est très logiquement le système qui progresse le plus en 2026 dans les collectivités pionnières avec plus de 70 % d’utilisation. Dévoilé à la veille de l’ouverture du salon Vivatech, le plan gouvernemental prévoit notamment la généralisation à l’ensemble de la fonction publique d’Etat de l’« assistant IA », un agent conversationnel qui était expérimenté depuis 2025 auprès de 10 000 agents volontaires. Développé par la direction interministérielle du numérique, ce chatbot de l’administration s’appuie sur les modèles de la société française Mistral AI, tandis que les données sont hébergées par Outscale, la division cloud de Dassault Systèmes. Le Premier ministre a détaillé plusieurs annonces sur le développement de l’intelligence artificielle, dont un investissement de 655 millions d’euros. Des outils d’IA seront créés pour transformer l’action publique, comme un chatbot santé public et un assistant conversationnel unique.Ces<p>  Lire Plus

Automatisation : quels emplois demain ?

La Guadeloupe et la Martinique face au risque d’un véritable ravage sur l’emploi en raison du décrochage numérique et économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intelligence artificielle n’est plus une simple perspective technologique réservée aux grandes entreprises mondiales ou aux laboratoires de recherche. Elle est désormais en train de pénétrer progressivement les secteurs qui structurent le quotidien économique et administratif des sociétés modernes : la banque, les services publics, les collectivités territoriales et l’ensemble du secteur tertiaire. Les inquiétudes concernant le remplacement des travailleurs humains par l’intelligence artificielle se sont intensifiées au cours de l’année écoulée, à mesure que les entreprises réduisent leurs effectifs, que les modèles d’IA deviennent plus performants pour les tâches de bureau et que les entreprises intègrent plus profondément l’IA dans leurs opérations. « De nombreuses banques ont fait état de gains d’efficacité de l’ordre de 30 % grâce à l’IA et à la poursuite de la numérisation », écrit la direction de Morgan Stanley.

Les banques sont à l’avant-poste de l’adoption de l’intelligence artificielle et tentent d’automatiser une partie de leurs activités pour essayer de profiter des économies promises par les avancées technologiques.Dans<p>  Lire Plus

Pointe-à-Pitre : quand le déclin économique nourrit la violence

Pourquoi derrière le succès de la ZI de Jarry, la ville de pointe à Pitre est -elle en échec économique et sécuritaire ?

— Par Jean-Marie Nol —
Le cœur de Pointe-à-Pitre se désagrège depuis le départ des entreprises et commerces vers la zone industrielle et commerciale de Jarry, de Dothemare et également vers les centres commerciaux, et par voie de conséquence une frange de la jeunesse de la Guadeloupe est désormais prise au piège de la pauvreté et de la violence . C’est là un effet dû au temps long. Je veux dire par là que cela relève de la responsabilité de la rénovation urbaine ratée pour partie avec une erreur de jugement des municipalités successives qui a contribué à un urbanisme par trop social. La récente escalade de violence entre adolescents dans le département a une fois de plus mis en lumière une réalité préoccupante : la jeunesse de Pointe-à-Pitre et des environs est confrontée à une violence endémique et à des défis d’ordre économiques majeurs, accentués par la pauvreté croissante et le manque de perspectives d’avenir. Et c’est dans ce contexte, que les guadeloupéens devraient enfin finir par comprendre qu’aucun développement harmonieux et durable de la Guadeloupe n’interviendra sans prise de conscience sur l’importance des mécanismes économiques.<p>  Lire Plus

Pour une nouvelle révolution productive antillaise

Souveraineté industrielle , planification économique :
penser la réindustrialisation de la Guadeloupe et de la Martinique
à partir de l’intérêt social.

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps reléguée au rang de variable d’ajustement au sein de la pensée libérale, la question industrielle doit nécessairement effectuer aujourd’hui un retour en force au centre du débat public.

Ce regain d’attention est la conséquence d’une violente accélération des destructions d’emplois prévisibles dans le secteur tertiaire avec la révolution technologique de l’intelligence artificielle et de la robotisation . Penser la réindustrialisation de la Guadeloupe et de la Martinique s’inscrit dans la théorie de la loi des cycles économiques et exige dès lors de rompre avec les incantations sur la souveraineté alimentaire et l’autonomie alimentaire pour affronter les dynamiques structurelles du capitalisme contemporain dont le nouveau cycle industriel est en marche avec l’intelligence artificielle et les destructions d’emplois des cols blancs.

La Guadeloupe ainsi que la Martinique se trouvent probablement à l’un des moments les plus décisifs de leur histoire économique contemporaine. Depuis plusieurs décennies, leur modèle de développement repose essentiellement sur un triptyque composé de l’administration publique, du commerce et des services.<p>  Lire Plus

L’urgence d’un nouveau pacte ultramarin

L’Etat est incapable d’assumer ses propres responsabilités , alors gare à la surprise Union Européenne en 2035 !

— Par Jean-Marie Nol —

Face à l’accumulation des crises qui frappent simultanément la Guadeloupe, la Martinique et, dans une plus large mesure, la Guyane, une question fondamentale s’impose désormais avec une force nouvelle : quel doit être le rôle de l’État français dans la reconstruction économique, sociale et institutionnelle de ces territoires ? Car les signaux d’alerte se multiplient. L’insécurité progresse, les trafics de drogue gagnent du terrain, la violence des jeunes inquiète les familles, les divorces et les situations de monoparentalité augmentent, le chômage demeure structurellement élevé et l’exode des compétences continue de fragiliser le tissu économique local. Dans le même temps, les moteurs traditionnels de l’économie antillaise montrent des signes d’essoufflement préoccupants. Le BTP ralentit, le tourisme peine à retrouver un véritable dynamisme durable, l’administration publique ne peut plus absorber indéfiniment les demandeurs d’emploi et les activités tertiaires sont confrontées aux bouleversements provoqués par la révolution numérique et l’intelligence artificielle.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement massif des États, les tensions géopolitiques, les mutations technologiques accélérées et les conséquences du changement climatique.<p>  Lire Plus

Entre démocratie et dictature

L’éco- cannibalisation mondiale est bien un scénario plausible en lieu et place de la mondialisation.

— Par Jean-Marie Nol —

Une dictature mondiale n’est plus une hypothèse d’école, mais s’avère désormais possible avec des déclinaisons autoritaires dans chaque pays du monde.
Depuis plusieurs années, un nombre croissant d’analystes, de chercheurs et d’observateurs de la vie internationale s’interrogent sur la solidité des démocraties contemporaines. Longtemps considérée comme une hypothèse marginale relevant davantage de la science-fiction politique que de l’analyse sérieuse, l’idée d’une progression mondiale des régimes autoritaires apparaît aujourd’hui comme une possibilité que beaucoup jugent de moins en moins improbable. Sans qu’il soit possible d’affirmer qu’une dictature mondiale fomentée par les grandes puissances du G7 + la Chine et la Russie, soit appelée à s’imposer de manière inéluctable, les évolutions observées dans de nombreuses régions du monde nourrissent un débat de fond sur l’avenir des libertés publiques, de la souveraineté populaire et des institutions démocratiques.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS définissent des sphères d’influence sur le monde. Au sein de ces sphères, ils promeuvent tous deux des modèles socio-économiques alignés sur eux et leurs intérêts, ce qui amène à constater dès 1946 que le monde est divisé par les grandes puissances de l’époque.<p>  Lire Plus

Regarder la vérité en face !

— Par Jean-Marie Nol —

Toutes les conditions sont désormais potentiellement réunies et tous les ingrédients sont déjà en place pour l’écriture de cette nouvelle page de histoire de la France: la dictature.

Cela étant,la vérité m’oblige à dire que selon ma propre analyse prospective, ce n’est pas qui l’on croit qui sera à l’origine de ce changement de régime en France. Il est évident que je ne souhaite certainement pas m’eriger en une Pythie ou jouer les Cassandre, mais force est de souligner que ce ne sera pas le rassemblement national et encore moins reconquête qui sera à l’origine de cette dictature, car si le RN et ses alliés arrivent au pouvoir en 2027 ils seront très rapidement balayés par leur impuissance à résoudre les problèmes de la France et le RN finira bien aux oubliettes de l’histoire politique française. Selon moi, il y aura une autre mouvence politique et idéologique en gestation aujourd’hui qui instaurera la dictature en France, mon nous y reviendrons en temps voulu.

En 2035, nous vivrons bien dans un régime de dictature en France , et ce n’est malheureusement plus une hypothèse de travail, et encore moins une vue de l’esprit, mais une réalité devenue inéluctable avec les crises à venir…
Et c’est là un phénomène inarrêtable !<p>  Lire Plus

Refuser le réel ne sauvera pas le modèle social

Deux visions de l’avenir et deux conceptions du changement se profilent dans le débat intellectuel aux Antilles avec comme seul juge de paix : la crise qui vient….

— Par Jean-Marie Nol —
La France est aujourd’hui menacée de récession, l’inflation accélère, et les marges des entreprises se réduisent. De mauvais chiffres qui ne s’expliquent pas que par la guerre en Iran et qui valident nos analyses précédentes. Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1 % au premier trimestre
par rapport au dernier trimestre de 2025, selon les chiffres publiés par l’Insee ce vendredi. C’est la première fois depuis la crise du Covid que la France affiche une croissance négative sur un trimestre. Les déficits se creusent. La dette explose. Et pourtant, le déni collectif persiste. Politiques comme citoyens peinent à reconnaître à l’aube de la prochaine présidentielle que ce système n’est plus soutenable. Le confort social auquel nous nous sommes habitués repose désormais sur des bases financières de plus en plus fragiles. Le déficit chronique de la Sécurité sociale, qui se chiffre désormais en dizaines de milliards d’euros, l’explosion de la dette publique, le vieillissement de la population française, le ralentissement économique et les menaces récurrentes de récession témoignent d’un essoufflement progressif de l’État-providence.<p>  Lire Plus

Antilles 2035 : entre chaos et refondation

Comment la mutation de la société antillaise se profile, non sans très gros risque, à l’horizon 2035 ?

—Par Jean-Marie Nol —

À l’horizon 2035, la société antillaise pourrait entrer dans une phase de transformation historique comparable aux grands bouleversements qui ont marqué les périodes de transition du XXe siècle. Ce qui se profile désormais en Guadeloupe et plus largement dans les Antilles françaises dépasse largement le cadre d’une simple future crise économique ou sociale. Il s’agit d’une mutation profonde des structures sociétales collectives, des repères culturels, du rapport à l’État, du modèle économique et même de la manière dont les individus envisagent leur avenir dans un autre univers politique.

À l’horizon 2035, la société guadeloupéenne et martiniquaise pourrait être confrontée à une impasse sociétale en raison d’une fracture culturelle et identitaire d’une ampleur inédite depuis la fin de la colonie et de l’actuelle départementalisation. En réalité, la désintégration de la société antillaise semble programmée en raison d’une disparition du sens de l’intérêt général et de l’affaissement de la notion de vivre ensemble.  

Derrière les crises économiques, sociales et institutionnelles qui s’annoncent, une autre mutation beaucoup plus profonde semble déjà émerger : celle de la fragmentation du récit collectif qui structurait jusqu’à présent le vivre-ensemble antillais.<p>  Lire Plus

La France fragilise ses outre-mer

La crise importée qui vient en Martinique et Guadeloupe, sera douloureuse pour les trésoreries des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages , en raison d’un constat alarmant de la santé de l’économie de la France.

— Par Jean-Marie Nol —

La crise qui s’installe en France n’est plus un simple ralentissement conjoncturel ni une turbulence passagère liée aux tensions géopolitiques internationales. Elle prend désormais la forme d’un choc économique profond, cumulatif et structurel, dont les répercussions risquent d’être particulièrement brutales pour des territoires ultramarins comme la Guadeloupe et la Martinique. Dans un contexte de guerre durable au Moyen-Orient, de flambée des prix de l’énergie, de ralentissement de la croissance européenne, d’endettement massif de l’État français et d’essoufflement du tissu entrepreneurial, les Antilles françaises apparaissent aujourd’hui comme des économies extrêmement vulnérables à une crise importée dont elles ne maîtrisent ni les causes ni les leviers de sortie.

Le premier constat est celui d’une économie française qui donne des signes de faiblesse de plus en plus inquiétants. La croissance est quasiment à l’arrêt, le chômage repart à la hausse, les faillites d’entreprises explosent, l’inflation repart sous l’effet du choc pétrolier et la consommation des ménages ralentit fortement.<p>  Lire Plus

Quid de la question des réparations de l’esclavage ?

— Par Jean-Marie Nol —

La nécessité de l’heure oblige à regarder cette problématique sous un autre angle plus rationnel , et qui demain devrait être appréhendée et traitée nécessairement sur le plan économique et financier.

Pendant des décennies, la question des réparations de l’esclavage a souvent été enfermée dans une approche essentiellement morale, mémorielle et symbolique. Les débats publics se concentrent sur les excuses officielles, les commémorations, les monuments, les journées du souvenir ou encore la reconnaissance de crimes contre l’humanité. Si cette dimension historique et humaine demeure fondamentale, elle reste pourtant incomplète lorsqu’elle évacue la réalité centrale qui a présidé à la naissance même du système esclavagiste : l’économie. L’esclavage colonial n’a jamais été conçu comme un projet moral ou civilisationnel ; il fut avant tout un système économique, financier et industriel destiné à enrichir les puissances européennes, notamment l’Espagne , le Portugal , la Hollande, la France et l’Angleterre. Dès lors, traiter aujourd’hui la question des réparations uniquement sous l’angle mémoriel revient à occulter la logique fondamentale qui a structuré plusieurs siècles de domination coloniale : l’accumulation du capital.<p>  Lire Plus