— Par Rodolf Étienne
Les sargasses qui atteignent la Martinique ne peuvent plus être regardées comme une simple nuisance locale.
Elles appartiennent à un système transatlantique désormais installé, nourri par les dynamiques de l’Atlantique tropical, déplacé par les courants et appelé à accompagner durablement les territoires de la Caraïbe.
Mais que se passe-t-il réellement lorsque ces millions de tonnes d’algues terminent leur voyage sur les côtes de Martinique ?
En pleine mer, les sargasses peuvent constituer un écosystème. À proximité immédiate des côtes, leur accumulation massive, au contraire, peut contribuer à en étouffer d’autres.
Entre la masse flottante observée par satellite et le tas brun que l’on retire d’une plage, il existe un espace trop peu regardé : celui des mangroves, des herbiers, des petits fonds, des baies, des poissons, des récifs et des sédiments.
Quand un habitat devient une pression écologique
La sargasse n’est pas naturellement un déchet. Dans l’océan, ses radeaux constituent des habitats flottants où vivent ou transitent poissons, crustacés, invertébrés et jeunes tortues marines. Le problème apparaît lorsque des quantités considérables se concentrent dans des baies, des anses et des petits fonds où l’eau circule beaucoup moins.<p> Lire Plus




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