Contes de la Martinique
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Christine Colombo, après avoir étudié doctement le conte créole, entreprend de démentir l’adage qui voudrait que « ce que l’on ne sait pas faire on l’enseigne! » En effet elle publie ces jours-ci un recueil de contes créoles « Ti Jean et Monsieur le roi (Ti Jan é Misié li wa) », travail de mémoire , travail de la nostaglie d’un temps qui n’est plus et qui pourtant demeure.
Elle a bien voulu répondre à quelques questions.
Roland Sabra : Comment êtes-vous venue à l’écriture?
Christine Colombo : J’ai commencé à écrire quand j’ai entrepris des études d’ethnologie à l’Université Marc Bloch, à Strasbourg. En effet, la préparation de la maîtrise exige la préparation de mémoires dans certaines UV, et un mémoire général. J’ai fait plusieurs études : un travail collectif sur une population de jeunes à Karspach, au Sud de l’Alsace, un petit mémoire sur le bananier. Le mémoire général avait pour sujet « le conte créole dans la culture martiniquaise ». Je me suis un peu éloignée du conte pour mon mémoire de DEA Traditions et changements, où j’ai étudié « Les immigrés antillais à Strasbourg », et je suis revenue au conte quand j’ai entrepris une thèse de doctorat « Ti Jean dans le conte créole martiniquais ».












« Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’histoire ! » A la tribune de l’amphithéâtre Descartes, à la Sorbonne, Aimé Césaire conclut sous les applaudissements un fougueux discours brossant le portrait d’une culture noire mutilée par le colonialisme. Nous sommes en juin 1956, en pleine effervescence tiers-mondiste, un an après la réunion de Bandung, qui a lancé le mouvement des non-alignés autour de chefs d’Etat comme Nasser, Nehru et Zhou Enlai. Aimé Césaire est l’un des acteurs clés de ce premier Congrès des écrivains et artistes noirs, une réunion historique qui rassemble à Paris, pendant deux jours, la fine fleur de l’intelligentsia noire. Senghor, Fanon, Ba, Alexis… ils sont tous là, y compris les Noirs américains comme l’écrivain Richard Wright qui apprécieront modérément que leurs collègues les considèrent, eux aussi, comme des colonisés en leur pays !
Marqué par l’uniformisation du monde et la perte progressive du sentiment du divers, le monde vit de plus en plus dans le doute et dans un sentiment d’insécurité sous la « menace » de nouveaux barbares venant de l’extérieur avec une culture, une religion, une manière de vivre différentes. Oyez ce qui se passe aujourd’hui dans les cités des ban lieues où des jeunes assiégés dans leur ghetto hurlent leur révolte sociale dans une malencontreuse violence contre l’ignorance et le mépris.




Topographie inventée, dans l’attente du jour